| CELEX | 62024TN0630 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | mercredi 4 décembre 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/739 | 10.2.2025 |
Recours introduit le 4 décembre 2024 – eins energie in sachsen e.a./Commission
(Affaire T-630/24)
(C/2025/739)
Langue de procédure: l’allemand
Parties
Parties requérantes: eins energie in sachsen GmbH & Co. KG (Chemnitz, Allemagne) et six autres parties requérantes (représentants: I. Zenke et T. Heymann, avocats)
Partie défenderesse: Commission européenne
Conclusions
Les parties requérantes concluent à ce qu’il plaise au Tribunal:
| — | annuler la décision de la partie défenderesse, du 11 décembre 2023, portant déclaration de compatibilité avec le marché intérieur de l’aide de 2,6 milliards d’euros en faveur de RWE, adoptée dans le cadre de la procédure SA.53625 (2021/C); |
| — | enjoindre à la partie défenderesse de communiquer le calcul révisé du manque à gagner de RWE, tel qu’effectué par la société r2b energy consulting GmbH le 16 décembre 2022; |
| — | condamner la partie défenderesse aux dépens, en ce compris les frais d’avocat et de déplacement exposés par les parties requérantes dans le cadre de la procédure. |
Moyens et principaux arguments
À l’appui de leur recours, les parties requérantes invoquent trois moyens.
| 1. | Premier moyen, tiré de ce que la décision d’autorisation adoptée dans le cadre de la procédure SA.53625 est entachée d’un défaut de motivation La décision d’autorisation adoptée dans le cadre de la procédure SA.53625 ne permet pas de déterminer la manière dont l’aide accordée à RWE par la République fédérale d’Allemagne est censée faciliter le développement d’une certaine activité économique au sens de l’article 107, paragraphe 3, sous c), TFUE. La partie défenderesse ne précise pas par rapport à quel scénario contrefactuel l’aide devrait avoir des effets de développement. La partie défenderesse ne motive pas à suffisance la prétendue proportionnalité de l’aide de 2,6 milliards d’euros, puisqu’elle établit les perspectives de rentabilité de RWE en s’appuyant, en substance, sur des calculs qui figurent dans un rapport d’expertise produit à la demande de la République fédérale d’Allemagne, sans exposer les hypothèses de vente précises sur lesquelles reposent les perspectives de rentabilité indiquées dans le scénario contrefactuel. |
| 2. | Deuxième moyen, tiré de ce que la partie défenderesse n’a pas établi les faits à suffisance La partie défenderesse estime que l’aide accordée à RWE facilite (notamment) le développement de la production d’énergies renouvelables. Elle déduit ces effets du déficit de production qui résulte de la fermeture des unités au lignite, sans avoir examiné les circonstances qui ont une incidence sur le développement des énergies renouvelables. Elle n’a identifié ni les exigences réglementaires découlant de l’Erneuerbare-Energien-Gesetz (1) (loi allemande sur les énergies renouvelables), ni la participation historique à des appels d’offres relatifs à des énergies renouvelables ni le développement effectif du déploiement de ces dernières, afin de démontrer que l’aide permettrait d’accélérer le développement des énergies renouvelables. La partie défenderesse n’a pas non plus dûment identifié, lorsqu’elle a examiné les calculs fictifs des bénéfices figurant dans le rapport d’expertise, les circonstances pertinentes pour sa décision. Elle s’est basée, sans les ajuster, sur les prix du marché à terme en octobre/novembre 2022, non représentatifs et exceptionnellement élevés en raison de la guerre, afin de prévoir les bénéfices au cours des années de livraison 2023-2025. Elle est en outre partie du principe, sans examiner les possibilités réelles de vente et d’achat dont disposait RWE, que celle-ci avait, à l’époque, été en mesure de céder, en réalisant un profit, la totalité de la capacité des installations qui devaient être fermées. |
| 3. | Troisième moyen, tiré de ce que la partie défenderesse a commis une erreur manifeste d’appréciation De toute évidence, la partie défenderesse se méprend lorsqu’elle estime que l’aide facilite le développement de certaines activités économiques au sens de l’article 107, paragraphe 3, sous c), TFUE. Elle ne précise tout d’abord pas l’activité économique à laquelle elle se réfère. L’objectif général de réduction des émissions de gaz à effet de serre poursuivi, selon la République fédérale d’Allemagne, par ladite aide ne facilite pas certaines activités économiques. En outre, ce n’est pas la production d’électricité à partir de lignite – qui, en tout état de cause, ne peut pas être subventionnée – qui est facilitée, mais, tout au plus, l’arrêt de cette production. Lorsque la partie défenderesse s’est référée à la production d’énergies renouvelables comme une activité économique devant être facilitée, elle n’a démontré aucun effet de développement, puisqu’elle n’a pas tenu compte, dans son scénario contrefactuel, du fait que, même si aucune aide n’était accordée à RWE, le Gesetz zur Reduzierung und zur Beendigung der Kohleverstromung (2) (loi allemande sur la réduction et l’abandon de la production d’électricité à partir de charbon) entraînerait l’abandon progressif du charbon. De surcroît, il ne suffit pas que la production d’énergies renouvelables soit directement facilitée par le déficit de production qui résulte de l’abandon progressif du lignite. La partie défenderesse méconnaît le fait que l’aide altère les conditions des échanges, au sens de l’article 107, paragraphe 3, sous c), TFUE, dans une mesure contraire à l’intérêt commun. L’aide n’est pas nécessaire, étant donné que la République fédérale d’Allemagne a réglementé de manière exhaustive l’abandon progressif du lignite, en conformité avec son droit constitutionnel, sans même prévoir l’indemnisation de RWE. L’aide n’est pas non plus appropriée, car l’abandon progressif du lignite sans indemnisation, prévu par la loi allemande sur la réduction et l’abandon progressif du charbon, constituait une mesure moins contraignante pouvant aussi, ainsi que la partie défenderesse l’avait constaté à juste titre, être mise en œuvre au regard du droit de propriété. L’aide n’est pas davantage proportionnée, puisque la partie défenderesse a largement surévalué les perspectives de rentabilité en se basant sur un rapport d’expertise insuffisant, alors que, à l’inverse, elle a ignoré les autres avantages que l’aide apporterait à RWE, à savoir permettre à cette dernière de planifier et de réaliser la transformation et l’expansion de son parc d’installations. Tous ces éléments ont, en définitive, conduit à la conclusion, de toute évidence erronée, que les effets positifs de l’aide sur la concurrence et les échanges l’emportaient sur ses effets négatifs. La partie défenderesse méconnaît les prescriptions pertinentes du droit de l’Union. L’aide viole le principe de causalité visé à l’article 191 TFUE, car RWE elle-même est responsable (de la réduction) des conséquences environnementales de ses installations au lignite. En outre, la partie défenderesse n’a pas suffisamment tenu compte du fait que l’aide renforcerait le pouvoir de marché en cause de RWE, au sens de l’article 102 TFUE. |
(1) Gesetz für den Ausbau erneuerbarer Energien (EEG 2023) [loi allemande sur le développement des énergies renouvelables, du 21 juillet 2014 (BGBl. I, p. 1066), modifiée en dernier lieu par l’article 4 de la loi du 23 octobre 2024 (BGBl. 2024 I, 327)].
(2) Kohleverstromungsbeendigungsgesetz (KVBG) [loi allemande sur la réduction et l’abandon de la production d’électricité à partir de charbon, du 8 août 2020 (BGBl. I, p. 1818), modifiée en dernier par l’article 14 de la loi du 22 décembre 2023 (BGBl. 2023 I, 405)].
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/739/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Affaire C-908/24 P: Pourvoi formé le 31 décembre 2024 par Crescenzio Rivellini contre l’arrêt du Tribunal (cinquième chambre) rendu le 23 octobre 2024 dans l’affaire T-465/23, Rivellini/Parlement européen
31/12/2024
Affaire T-683/24: Recours introduit le 31 décembre 2024 – Green Asset/EUIPO – Domitys (hômity)
31/12/2024
Affaire C-906/24, Sirto: Demande de décision préjudicielle présentée par le Korkein hallinto-oikeus (Finlande) le 31 décembre 2024 – A e.a.
31/12/2024
Affaire T-684/24: Recours introduit le 30 décembre 2024 – Tone Watch/EUIPO – Munich (MUNICH10A.T.M.)
30/12/2024