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AccueilDroit européen62025TJ0309
Jurisprudence CJUE62025TJ0309

Arrêt du Tribunal (septième chambre) du 8 juillet 2026.#SCM Biogroup contre Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle.#Marque de l’Union européenne – Procédure d’opposition – Demande de marque de l’Union européenne figurative BIO-GROUP MEDICAL SYSTEM – Marque de l’Union européenne figurative antérieure BIOGROUP – Motif relatif de refus – Risque de confusion – Article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (UE) 2017/1001.#Affaire T-309/25.

CELEX62025TJ0309
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 8 juillet 2026

Texte intégral

DOCUMENT DE TRAVAIL

ARRÊT DU TRIBUNAL (septième chambre)

8 juillet 2026 (*)

« Marque de l’Union européenne – Procédure d’opposition – Demande de marque de l’Union européenne figurative BIO-GROUP MEDICAL SYSTEM – Marque de l’Union européenne figurative antérieure BIOGROUP – Motif relatif de refus – Risque de confusion – Article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (UE) 2017/1001 »

Dans l’affaire T‑309/25,

SCM Biogroup, établie à Levallois-Perret (France), représentée par Mes S. Rigaud, A. Arnal et S. Mignot, avocates,

partie requérante,

contre

Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), représenté par Mmes E. Lobotková, C. Bovar, MM. T. Frydendahl et V. Ruzek, en qualité d’agents,

partie défenderesse,

l’autre partie à la procédure devant la chambre de recours de l’EUIPO ayant été

Bio Group Medical System Srl, établie à Rimini (Italie),

LE TRIBUNAL (septième chambre),

composé de MM. K. Kecsmár (rapporteur), président, P. Nihoul et U. Öberg, juges,

greffier : M. J. Čuboň, administrateur,

vu la phase écrite de la procédure,

à la suite de l’audience du 24 mars 2026,

rend le présent

Arrêt

1 Par son recours fondé sur l’article 263 TFUE, la requérante, SCM Biogroup, demande l’annulation de la décision de la cinquième chambre de recours de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) du 14 mars 2025 (affaire R 877/2024‑5) (ci-après la « décision attaquée »).

Antécédents du litige

2 Le 4 avril 2022, l’autre partie à la procédure devant la chambre de recours, Bio Group Medical System Srl, a présenté à l’EUIPO une demande d’enregistrement de marque de l’Union européenne pour le signe figuratif suivant :

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3 La marque demandée désignait les produits et services relevant de la classe 42 au sens de l’arrangement de Nice concernant la classification internationale des produits et des services aux fins de l’enregistrement des marques, du 15 juin 1957, tel que révisé et modifié, et correspondant à la description suivante : « Conception et développement de méthodes d’analyse et d’essai ; essais scientifiques assistés par ordinateur ; services de tests de diagnostic assistés par ordinateur ; échantillonnage pour détecter la contamination ; essais d’environnement ; analyses dans le domaine du génie technologique ; analyse de tissus humains pour la recherche médicale ; recherche clinique ; recherche et examen bactériologique ; analyse de sérum humain pour la recherche médicale ; services de conseil pour l’analyse de systèmes d’information ; services de conseil concernant l’analyse de systèmes informatiques ; services de développement et test de méthodes de production chimique ; analyses en laboratoire dans le domaine de la chimie ; services de génie chimique ; analyse chimique ; services de chimie ; recherches en chimie ; conseil concernant la chimie ; recherche scientifique dans le domaine de la chimie ; services d’un laboratoire de recherche chimique ; établissement de rapports liés à la recherche chimique ; développement de méthodes de mesurage et d’essai ; test, analyse et évaluation des produits et services de tiers à des fins de certification ; conception et développement d’appareils de diagnostic ; conception d’équipements et d’appareils de diagnostic ; recherche et développement dans le domaine des préparations de diagnostic ; services d’analyses scientifiques assistées par ordinateur ; analyses et recherches scientifiques ; analyses scientifiques ; services d’échantillonnage et d’analyse visant à déterminer la présence de contamination ; services d’échantillonnage et d’analyse permettant d’évaluer les niveaux de pollution ; recherche et analyse en bactériologie ; analyses bactériologiques ; services de conseils dans le domaine de l’analyse de systèmes informatiques ; analyse de systèmes informatiques ; tests, authentification et contrôle de la qualité ».

4 Le 11 juillet 2022, la requérante a formé opposition à l’enregistrement de la marque demandée pour les produits et services visés au point 3 ci-dessus.

5 L’opposition était fondée sur les droits antérieurs suivants :

– la marque de l’Union européenne figurative enregistrée le 3 février 2021 sous le numéro 18311178, notamment pour des services relevant de la classe 42, reproduite ci-après :

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– la dénomination sociale SCM BIOGROUP, utilisée dans la vie des affaires en Belgique, en Espagne, en France, au Luxembourg et au Portugal, et

– le nom de domaine biogroup.fr, utilisé dans la vie des affaires dans les mêmes États membres.

6 Les motifs invoqués à l’appui de l’opposition étaient ceux visés à l’article 8, paragraphe 1, sous b), et paragraphe 4, du règlement (UE) 2017/1001 du Parlement européen et du Conseil, du 14 juin 2017, sur la marque de l’Union européenne (JO 2017, L 154, p. 1).

7 Le 28 février 2024, la division d’opposition a fait droit à l’opposition au motif qu’il existait un risque de confusion entre la marque demandée et la marque antérieure.

8 Le 26 avril 2024, l’autre partie à la procédure a formé un recours auprès de l’EUIPO contre la décision de la division d’opposition.

9 Par la décision attaquée, la chambre de recours a annulé la décision de la division d’opposition et rejeté l’opposition dans son intégralité. En premier lieu, elle a considéré qu’il n’existait pas, au titre de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, de risque de confusion entre la marque antérieure et la marque demandée. En second lieu, elle a également considéré qu’il n’existait pas, au titre de l’article 8, paragraphe 4, dudit règlement, de risque de confusion entre la marque demandée, d’une part, et la dénomination sociale SCM BIOGROUP et le nom de domaine biogroup.fr, d’autre part.

Conclusions des parties

10 La requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– annuler la décision attaquée ;

– condamner l’EUIPO aux dépens.

11 L’EUIPO conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– rejeter le recours ;

– condamner la requérante aux dépens dans l’éventualité où une audience serait organisée.

En droit

12 La requérante invoque deux moyens, tirés, le premier, de la violation de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 et, le second, de la violation de l’article 8, paragraphe 4, dudit règlement.

13 Dans le cadre du premier moyen, la requérante soutient que la chambre de recours a commis des erreurs dans le cadre, premièrement, de la définition du public pertinent et de l’appréciation du niveau d’attention de celui-ci, deuxièmement, de la comparaison des signes en conflit, troisièmement, de l’appréciation du caractère distinctif de la marque antérieure et, quatrièmement, de l’appréciation globale du risque de confusion.

Sur la première branche du premier moyen, relative au public pertinent et au niveau d’attention de celui-ci

14 Le public pertinent pour l’appréciation du risque de confusion est constitué des utilisateurs susceptibles d’utiliser tant les produits ou services visés par la marque antérieure que ceux visés par la marque demandée. Ainsi, en règle générale, lorsque les produits ou services de l’une des marques en conflit sont inclus dans la désignation plus large visée par l’autre marque, le public pertinent est défini par référence au libellé le plus spécifique [voir arrêt du 24 mai 2011, ancotel/OHMI – Acotel (ancotel.), T‑408/09, non publié, EU:T:2011:241, points 38 et 39 et jurisprudence citée].

15 En outre, il y a lieu de rappeler que, dans le cadre de l’appréciation globale du risque de confusion, il convient de prendre en compte le consommateur moyen de la catégorie de produits concernée, normalement informé et raisonnablement attentif et avisé. Il y a également lieu de prendre en considération le fait que le niveau d’attention du consommateur moyen est susceptible de varier en fonction de la catégorie de produits ou de services en cause [voir, en ce sens, arrêt du 13 février 2007, Mundipharma/OHMI – Altana Pharma (RESPICUR), T‑256/04, EU:T:2007:46, point 42].

16 En l’espèce, la chambre de recours a considéré que les produits et services en cause s’adressaient principalement à des professionnels du domaine concerné ayant un niveau d’attention relativement élevé compte tenu de la nature spécialisée des produits et services achetés et que le territoire pertinent était celui de l’Union européenne.

17 La requérante conteste la définition du public pertinent retenue par la chambre de recours, sans toutefois remettre en cause le territoire pertinent. Elle soutient que les produits et services en cause s’adressent non seulement à des professionnels ayant un niveau d’attention élevé, comme l’a retenu la chambre de recours, mais également au grand public ayant un niveau d’attention moyen. En effet, certains services concernés par la demande d’enregistrement de la marque demandée, comme les « analyses de sérum et de tissus humains pour la recherche médicale », seraient souvent sollicités par des non-professionnels. En outre, le grand public se rendrait dans les laboratoires d’analyses médicales pour effectuer diverses analyses biologiques, bactériologiques ou médicales.

18 L’EUIPO conteste l’argumentation de la requérante.

19 À cet égard, il convient d’observer, tout d’abord, que la chambre de recours n’a pas limité le public pertinent aux seuls professionnels, mais indiqué, au point 40 de la décision attaquée, que les produits et services en cause s’adressaient « principalement » à eux. Contrairement à ce que soutient, en substance, la requérante, la chambre de recours n’a donc pas exclu, du moins de façon implicite, qu’une autre partie du public pertinent, fusse-t-elle marginale, était composée de non-professionnels ou du grand public.

20 Ensuite, les services mis en avant par la requérante dans sa requête ne permettent pas de remettre en cause l’appréciation de la chambre de recours quant à la composition du public pertinent.

21 En effet, les « analyses de tissus humains pour la recherche médicale » et les « analyses de sérum humain pour la recherche médicale », comprises dans les services relevant de la classe 42 visés par la demande d’enregistrement de la marque demandée, s’inscrivent, comme l’indique leur intitulé, dans le cadre d’activités de recherches, lesquelles s’adressent en premier lieu à des professionnels. En outre, selon la note explicative de l’arrangement de Nice, dans sa version applicable compte tenu de la date de la demande d’enregistrement de la marque demandée, la « classe 42 comprend essentiellement les services rendus par des personnes en rapport avec les aspects théoriques ou pratiques de domaines complexes d’activités ». Dans ces conditions, il n’apparaît pas que les services en question s’adressent à un autre public qu’à un public de professionnels, contrairement à l’affirmation de la requérante, par ailleurs non étayée par d’autres éléments.

22 Quant aux services proposés par les laboratoires d’analyses médicales pour effectuer diverses analyses biologiques, bactériologiques ou médicales, où se rendrait le grand public, ils ne relèvent pas de la classe 42 mais de la classe 44. En effet, selon la note explicative précitée, la classe 44 comprend notamment « les services de cliniques médicales et les services d’analyses médicales fournis par des laboratoires médicaux à des fins diagnostiques et thérapeutiques, tels que des examens radiographiques et prises de sang ». En outre, il convient de relever que ladite note explicative précise que les « services médicaux » relevant de la classe 44 ne sont pas compris dans la classe 42.

23 Enfin, s’agissant du niveau d’attention du public pertinent, la chambre de recours a considéré qu’il était relativement élevé compte tenu de la nature spécialisée des produits et services achetés. Or, même en supposant qu’une partie marginale du public pertinent soit composée de non-professionnels ou du grand public, il suffit de relever que les services en cause relevant de la classe 42 s’adressent à un public averti qui fera preuve d’un niveau d’attention nettement supérieur à la moyenne, et non d’un niveau d’attention moyen comme le fait valoir la requérante.

24 En effet, de manière générale, le public pertinent, y compris lorsqu’il s’agit du grand public, fait preuve d’un niveau d’attention élevé, à tout le moins, lorsque les produits ou services en cause concernent la santé [voir, en ce sens, arrêts du 8 octobre 2014, Laboratoires Polive/OHMI – Arbora & Ausonia (DODIE), T‑77/13, non publié, EU:T:2014:862, point 25 et jurisprudence citée ; du 20 octobre 2021, St. Hippolyt/EUIPO – Elephant (Strong like nature), T‑352/20, non publié, EU:T:2021:720, point 24 et jurisprudence citée, et du 4 décembre 2024, Jula/EUIPO – Mula (Mula), T‑22/24, non publié, EU:T:2024:875, point 30 et jurisprudence citée].

25 Partant, la chambre de recours n’a pas commis d’erreur en considérant que les produits et services en cause s’adressaient principalement à des professionnels du domaine concerné par les services relevant de la classe 42, possédant un niveau d’attention relativement élevé compte tenu de la nature spécialisée des produits et services achetés.

26 En conséquence, il y a lieu d’écarter la première branche du premier moyen.

Sur la deuxième branche du premier moyen, relative à la comparaison des signes en conflit

27 L’appréciation globale du risque de confusion doit, en ce qui concerne la similitude visuelle, phonétique ou conceptuelle des signes en conflit, être fondée sur l’impression d’ensemble produite par ceux-ci, en tenant compte, notamment, de leurs éléments dominants et distinctifs. La perception des marques qu’a le consommateur moyen des produits ou services en cause joue un rôle déterminant dans l’appréciation globale dudit risque. À cet égard, le consommateur moyen perçoit normalement une marque comme un tout et ne se livre pas à un examen de ses différents détails (voir arrêt du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P, EU:C:2007:333, point 35 et jurisprudence citée).

28 L’appréciation de la similitude entre deux marques ne peut se limiter à prendre en considération uniquement un composant d’une marque complexe et à le comparer avec une autre marque. Il y a lieu, au contraire, d’opérer la comparaison en examinant les marques en cause, considérées chacune dans son ensemble, ce qui n’exclut pas que l’impression d’ensemble produite dans la mémoire du public pertinent par une marque complexe puisse, dans certaines circonstances, être dominée par un ou plusieurs de ses composants (voir arrêt du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P, EU:C:2007:333, point 41 et jurisprudence citée). Ce n’est que si tous les autres composants de la marque sont négligeables que l’appréciation de la similitude pourra se faire sur la seule base de l’élément dominant (arrêt du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P, EU:C:2007:333, point 42). Tel pourrait notamment être le cas lorsque ce composant est susceptible de dominer à lui seul l’image de cette marque que le public pertinent garde en mémoire, de telle sorte que tous les autres composants de la marque sont négligeables dans l’impression d’ensemble produite par celle-ci (arrêt du 20 septembre 2007, Nestlé/OHMI, C‑193/06 P, non publié, EU:C:2007:539, point 43).

29 Il y a lieu d’observer que le caractère distinctif plus ou moins élevé des éléments communs à une marque demandée et à une marque antérieure est un des éléments pertinents dans le cadre de l’appréciation de la similitude des signes [voir arrêt du 26 mars 2015, Royal County of Berkshire Polo Club/OHMI – Lifestyle Equities (Royal County of Berkshire POLO CLUB), T‑581/13, non publié, EU:T:2015:192, point 41 et jurisprudence citée]. En effet, les éléments descriptifs, non distinctifs ou faiblement distinctifs d’une marque complexe ont généralement un poids moindre dans l’analyse de la similitude entre les signes en conflit que les éléments revêtus d’un caractère distinctif plus important, qui ont également une faculté plus grande à dominer l’impression d’ensemble produite par cette marque (voir, en ce sens, arrêt du 12 juin 2019, Hansson, C‑705/17, EU:C:2019:481, point 53 et jurisprudence citée).

30 Avant de traiter la question de la similitude des marques en conflit sur les plans visuel, phonétique et conceptuel, il y a lieu d’examiner l’appréciation des éléments distinctifs et dominants desdites marques qu’a effectuée la chambre de recours.

Sur les éléments distinctifs et dominants

– Sur le caractère distinctif de l’élément commun aux signes en conflit

31 En l’espèce, la chambre de recours a considéré, en substance, que la combinaison des deux termes « bio » et « group », pour former l’élément « biogroup » ou « bio-group », indépendamment de la séparation par un tiret, serait associée par le public pertinent à un groupe qui s’occupe des services en cause, qu’elle serait reconnue dans les deux marques en conflit comme descriptive des services pertinents du point de vue dudit public sur l’ensemble du territoire et, partant, qu’elle avait un caractère distinctif faible.

32 La requérante fait valoir que la juxtaposition des termes « bio » et « group » crée un seul terme fantaisiste, à savoir « biogroup », qui n’est utilisé dans aucun langage, qu’il soit professionnel, courant ou familier, pour désigner l’un des produits et services concernés. Elle estime que la chambre de recours a commis une erreur lorsqu’elle a apprécié le caractère distinctif de ladite juxtaposition, en ne considérant pas que celle-ci pouvait créer une expression ou un mot inhabituel et non familier pour le public anglophone et plus encore pour le public non anglophone et en ne tenant pas compte, à cet égard, de la jurisprudence issue de l’arrêt du 20 septembre 2001, Procter & Gamble/OHMI (C‑383/99 P, EU:C:2001:461).

33 L’EUIPO conteste les arguments de la requérante.

34 À titre liminaire, il y a lieu de relever que la requérante ne remet pas en cause les considérations de la chambre de recours exposées au point 52 de la décision attaquée, à savoir que le public pertinent désignerait les termes « bio » et « group » comme faisant respectivement référence, d’une part, à « biologique », « matière vivante » et « respectueux de l’environnement » et, d’autre part, à un groupe commercial d’entreprises. En l’occurrence, eu égard aux éléments du dossier, il n’y a pas lieu de remettre en cause ces considérations de la chambre de recours.

35 Eu égard à l’argumentation de la requérante, il convient de rappeler que, selon la jurisprudence, tout écart perceptible dans la formulation du syntagme proposé à l’enregistrement par rapport à la terminologie employée dans le langage courant de la catégorie de consommateurs concernée pour désigner le produit ou le service ou leurs caractéristiques essentielles est propre à conférer à ce syntagme un caractère distinctif lui permettant d’être enregistré comme marque (arrêt du 20 septembre 2001, Procter & Gamble/OHMI, C‑383/99 P, EU:C:2001:461, point 40).

36 Il ressort également de la jurisprudence que la simple juxtaposition de plusieurs termes descriptifs reste en principe descriptive, sauf si, en raison du caractère inhabituel de la combinaison de ces termes, le signe en cause crée une impression suffisamment éloignée de celle produite par la combinaison des significations des termes qui le composent, de sorte que ce signe, dans son ensemble, prime la somme de ses éléments. Le simple fait de juxtaposer plusieurs éléments descriptifs sans y apporter de modifications inhabituelles, notamment d’ordre syntaxique ou sémantique, ne peut produire qu’une marque descriptive dans son ensemble [voir, en ce sens, arrêts du 8 juillet 2008, Lancôme/OHMI – CMS Hasche Sigle (COLOR EDITION), T‑160/07, EU:T:2008:261, point 49, et du 14 mai 2025, Visable/EUIPO (Europages), T‑323/24, non publié, EU:T:2025:486, point 21 et jurisprudence citée].

37 Concernant l’élément « biogroup » ou « bio-group », qui est le seul élément commun aux signes en conflit, d’une part, il y a lieu d’observer que les termes « bio » et « group » qui le composent sont communs, que le public pertinent est en mesure de les identifier et de les décomposer au sein dudit élément, comme l’a souligné la chambre de recours au point 51 de la décision attaquée, et qu’ils sont aisément compréhensibles par ledit public, lequel est composé principalement de professionnels du domaine concerné par les services relevant de la classe 42. En outre, il convient de rappeler que les milieux scientifiques utilisent fréquemment l’anglais [voir, en ce sens, arrêt du 19 janvier 2005, Proteome/OHMI (BIOKNOWLEDGE), T‑387/03, EU:T:2005:14, point 33].

38 D’autre part, contrairement à l’appréciation défendue par la requérante, la juxtaposition des termes « bio » et « group » ne crée pas un terme fantaisiste en formant l’élément « biogroup » ou « bio-group ». En effet, la réunion des deux termes en question ne modifie pas leur sens ou leur portée et ne nécessite aucun effort intellectuel de la part du public pertinent pour comprendre le message véhiculé. Comme l’a indiqué la chambre de recours au point 53 de la décision attaquée, l’élément « biogroup » ou « bio-group » sera associé par le public pertinent à un groupe d’entreprises qui s’occupe des services relevant de la classe 42, en faisant référence aux idées véhiculées par les termes qui le composent, à savoir notamment « biologique » ou « matière vivante » pour le terme « bio » et groupe commercial d’entreprises pour le terme « group ».

39 Partant, dans la mesure où l’élément « biogroup » ou « bio-group », dans son ensemble, ne prime pas la somme des éléments qui le composent, la requérante n’est pas fondée à se prévaloir de la jurisprudence rappelée au point 35 ci-dessus.

40 En conséquence, il y a lieu de considérer que la chambre de recours n’a pas commis d’erreur en estimant que la combinaison des termes « bio » et « group », pour former l’élément « biogroup » ou « bio-group » commun aux signes en conflit, indépendamment de la séparation par un tiret dans la marque demandée, avait un caractère distinctif faible.

– Sur le caractère dominant des éléments composant les signes en conflit

41 Quant à l’appréciation du caractère dominant d’un ou de plusieurs composants déterminés d’une marque complexe, il convient de prendre en compte, notamment, les qualités intrinsèques de chacun de ces composants en les comparant à celles des autres composants. En outre et de manière accessoire, peut être prise en compte la position relative des différents composants dans la configuration de la marque complexe [arrêt du 23 octobre 2002, Matratzen Concord/OHMI – Hukla Germany (MATRATZEN), T‑6/01, EU:T:2002:261, point 35].

42 Le caractère distinctif faible d’un élément d’une marque complexe n’implique pas nécessairement que celui-ci ne saurait constituer un élément dominant, dès lors que, en raison, notamment, de sa position dans le signe ou de sa dimension, il est susceptible de s’imposer à la perception du consommateur et d’être gardé en mémoire par celui-ci [arrêt du 13 juin 2006, Inex/OHMI – Wiseman (Représentation d’une peau de vache), T‑153/03, EU:T:2006:157, point 32].

43 Le fait que l’un des termes composant une marque verbale est descriptif ne permet pas, à lui seul, de conclure que ce terme est négligeable dans l’impression d’ensemble produite par ladite marque [arrêt du 11 décembre 2014, Oracle America/OHMI – Aava Mobile (AAVA CORE), T‑618/13, non publié, EU:T:2014:1053, point 33].

44 Lorsqu’une marque est composée d’éléments verbaux et figuratifs, les premiers sont, en principe, plus distinctifs que les seconds, car le consommateur moyen fera plus facilement référence au produit en cause en citant le nom qu’en décrivant l’élément figuratif de la marque [voir arrêt du 28 septembre 2022, Copal Tree Brands/EUIPO – Sumol + Compal Marcas (COPAL TREE), T‑572/21, non publié, EU:T:2022:594, point 31 et jurisprudence citée].

45 En l’espèce, la chambre de recours a conclu que les marques en conflit ne contenaient aucun élément qui pourrait être considéré comme nettement plus dominant que les autres éléments qui composent chacune desdites marques.

46 La requérante fait valoir que, d’une part, la juxtaposition inhabituelle des deux termes « bio » et « group » confère à ladite juxtaposition un caractère distinctif suffisant qui aurait dû être pris en compte dans le cadre de l’appréciation des éléments dominants des marques en conflit. D’autre part, conformément à la jurisprudence, la chambre de recours aurait dû considérer que l’élément « biogroup » ou « bio-group » des marques en conflit attirerait particulièrement l’attention du public et était l’élément dominant desdits signes. À cet égard, la chambre de recours aurait dû tenir compte de la jurisprudence issue de l’arrêt du 21 juin 2023, Vitromed/EUIPO – Vitromed Healthcare (VITROMED Germany) (T‑514/22, non publié, EU:T:2023:350).

47 L’EUIPO conteste les arguments de la requérante. Étant donné que les deux signes en conflit seraient des marques complexes composées exclusivement d’éléments qui sont soit descriptifs, soit seulement faiblement distinctifs, aucun de ces éléments ne pourrait être considéré comme particulièrement dominant dans l’impression d’ensemble qu’ils produisent.

48 À cet égard, il y a lieu de relever d’emblée qu’une partie de l’argumentation de la requérante repose sur la prémisse que la juxtaposition inhabituelle des termes « bio » et « group » confèrerait un caractère distinctif à l’élément « biogroup » ou « bio-group » commun aux signes en conflit. Cette prémisse étant erronée, ainsi qu’il a été conclu au point 40 ci-dessus, cette partie de l’argumentation de la requérante doit être également écartée.

49 Dans la mesure où la requérante fait valoir que la chambre de recours aurait dû considérer que l’élément « biogroup » ou « bio-group » était l’élément dominant au sein des marques en conflit, il y a lieu de relever, eu égard à la jurisprudence rappelée au point 42 ci-dessus, que le fait que la combinaison des termes « bio » et « group », pour former l’élément « biogroup » ou « bio-group » commun aux signes en conflit, possède un caractère distinctif faible n’implique pas nécessairement que celle-ci ne saurait constituer un élément dominant, dès lors que, en raison, notamment, de sa position dans le signe ou de sa dimension, elle est susceptible de s’imposer à la perception du consommateur et d’être gardée en mémoire par celui-ci.

50 En l’occurrence, au point 53 de la décision attaquée, la chambre de recours a considéré que la combinaison des termes « bio » et « group », pour former l’élément « biogroup » ou « bio-group » commun aux signes en conflit, avait un caractère distinctif faible.

51 Au point 55 de la décision attaquée, la chambre de recours a estimé que les éléments verbaux « medical system » de la marque demandée étaient dépourvus de caractère distinctif. Au point 56 de ladite décision, elle a estimé que la police de caractères des signes et le tiret du signe demandé étaient de nature décorative et que leur rôle dans la comparaison des signes était très limité.

52 Au point 57 de la décision attaquée, la chambre de recours a également considéré que chacun des éléments figuratifs présent dans les marques en conflit faisait référence à la première lettre du terme « bio » et qu’il présentait un certain degré de caractère distinctif. À cet égard, au point 59 de ladite décision, elle a estimé qu’il n’était pas exclu qu’au moins une partie du public pertinent faisant preuve d’un niveau d’attention relativement élevé reconnaîtrait dans l’élément figuratif de la marque demandée les formes caractéristiques d’un microscope.

53 À ce stade, il y a lieu de relever que la chambre de recours a considéré que les seuls éléments disposant d’un caractère distinctif au sein des signes en conflit étaient, à des degrés différents, la combinaison des termes « bio » et « group », pour former l’élément verbal « biogroup » ou « bio-group » commun aux signes en conflit, laquelle était dotée d’un caractère distinctif faible, et chacun des éléments figuratifs présent dans lesdits signes qui faisait référence à la première lettre du terme « bio », lesquels présentaient un certain degré de caractère distinctif.

54 Or, il y a lieu de relever que, comme le fait valoir la requérante, l’élément verbal « biogroup » ou « bio-group » est davantage susceptible que les autres éléments de s’imposer à la perception du consommateur et d’être gardé en mémoire par celui-ci, dans la mesure où, au sein de la marque demandée, il se distingue par sa longueur, sa taille, sa position centrale et sa couleur foncée (qui contraste avec le vert clair des autres éléments) et où, au sein de la marque antérieure, il est le seul élément verbal.

55 La circonstance, mise en avant par l’EUIPO, que les marques en conflit seraient des marques complexes composées exclusivement d’éléments qui sont soit descriptifs, soit seulement faiblement distinctifs n’est pas suffisante pour écarter la possibilité que l’un de ces éléments domine les autres éléments au sein des marques en question, eu égard à la jurisprudence rappelée aux points 42 et 43 ci-dessus.

56 Partant, compte tenu de la jurisprudence rappelée au point 44 ci-dessus, également mentionnée au point 60 de la décision attaquée, il convient de considérer que la chambre de recours aurait dû déduire de ses propres constatations que l’élément verbal « biogroup » ou « bio-group » dominait les autres éléments présents au sein des marques en conflit et, en particulier, chacun des éléments figuratifs faisant référence à la première lettre du terme « bio », dans la mesure où, en principe, le consommateur moyen fera plus facilement référence au produit en cause en citant le nom qu’en décrivant l’élément figuratif desdites marques.

57 En conséquence, en se déterminant comme elle l’a fait au point 61 de la décision attaquée et en concluant, sans le justifier, que les signes en conflit ne contenaient aucun élément qui pouvait être considéré comme nettement plus dominant que d’autres éléments, la chambre de recours a commis une erreur d’appréciation lorsqu’elle a recherché le caractère dominant des éléments présents au sein des signes en conflit.

Sur la comparaison des signes en conflit

58 L’appréciation globale du risque de confusion doit, en ce qui concerne la similitude visuelle, phonétique ou conceptuelle des signes en conflit, être fondée sur l’impression d’ensemble produite par ceux-ci, en tenant compte, notamment, de leurs éléments distinctifs et dominants. La perception des marques qu’a le consommateur moyen des produits ou services en cause joue un rôle déterminant dans l’appréciation globale dudit risque. À cet égard, le consommateur moyen perçoit normalement une marque comme un tout et ne se livre pas à un examen de ses différents détails (voir arrêt du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P, EU:C:2007:333, point 35 et jurisprudence citée).

– Sur la comparaison visuelle

59 En l’espèce, la chambre de recours a considéré, en substance, que les signes en conflit présentaient tout au plus un degré de similitude inférieur à la moyenne sur le plan visuel, étant donné que les séquences communes de termes « biogroup » et « bio-group » des signes en conflit étaient descriptives des services pertinents du point de vue du public pertinent sur l’ensemble du territoire de l’Union et compte tenu des différences au sein desdits signes au niveau de leurs éléments figuratifs, de leurs couleurs et des éléments verbaux supplémentaires dans le signe demandé même si ces derniers sont dépourvus de caractère distinctif.

60 La requérante soutient que les marques en conflit présentent un degré de similitude supérieur à la moyenne ou, à tout le moins, un degré moyen de similitude sur le plan visuel. Elle fait valoir que la conclusion de la chambre de recours découle de l’appréciation erronée effectuée par cette dernière quant au caractère dominant et distinctif de la combinaison « biogroup » ou « bio-group ». Elle reproche également à la chambre de recours de ne pas avoir pris en considération le fait que la partie supérieure de l’élément figuratif de la marque demandée rappelait l’élément figuratif de la marque antérieure, ainsi que le fait que les couleurs noire et verte ne supprimaient pas les similitudes des signes en conflit, car ces couleurs sont très couramment utilisées. En outre, la jurisprudence issue de l’arrêt du 21 juin 2023, VITROMED Germany (T‑514/22, non publié, EU:T:2023:350), serait pleinement transposable à la présente affaire.

61 L’EUIPO conteste l’argumentation de la requérante.

62 À cet égard, compte tenu de l’erreur relevée au point 54 ci-dessus, dans la mesure où la chambre de recours aurait dû tenir compte du fait que l’élément « biogroup » ou « bio-group », commun aux signes en conflit, dominait les autres éléments présents au sein de chacun d’eux, il y a lieu de considérer qu’elle ne pouvait pas retenir une similitude des signes en conflit inférieure à la moyenne sur le plan visuel.

63 En effet, même en tenant compte des différences présentes au sein des signes en conflit, lesquels consistent en des éléments purement descriptifs ou décoratifs, à l’exception de l’élément figuratif faisant référence à la première lettre du terme « bio », lequel dispose d’un certain degré de caractère distinctif, il y a lieu de relever que l’élément verbal « biogroup » ou « bio-group » se distingue, au sein de la marque demandée, par sa longueur, sa taille, sa position centrale et sa couleur foncée (qui contraste avec le vert clair des autres éléments) et, au sein de la marque antérieure, par la circonstance que, même placé après l’élément figuratif, il est le seul élément verbal auquel le public se réfèrera plus aisément. Dans la mesure où l’élément verbal « biogroup » ou « bio-group » domine les autres éléments, il est de nature à conférer aux signes en conflit une similitude moyenne sur le plan visuel.

64 Partant, il y a lieu de considérer que la chambre de recours a commis une erreur lorsqu’elle a apprécié la similitude des signes en conflit sur le plan visuel.

– Sur la comparaison phonétique

65 En l’espèce, aux points 66 à 68 de la décision attaquée, la chambre de recours a estimé que les signes en conflit présentaient tout au plus un degré de similitude inférieur à la moyenne sur le plan phonétique, considérant que la prononciation desdits signes coïncidait par le son du groupe de lettres « biogroup », que l’élément figuratif des signes qui rappelle une lettre « b » ne serait pas prononcé et que si ces signes différaient par l’élément supplémentaire « medical system » présent dans le signe demandé, rien n’indiquait que le public pertinent ferait référence à un élément plutôt qu’à un autre en ce qui concerne la prononciation des éléments verbaux puisque les deux combinaisons d’éléments verbaux étaient composées d’éléments faibles ou non distinctifs.

66 La requérante fait valoir, outre que les éléments « biogroup » et « bio-group » disposent d’un caractère distinctif et correspondent à l’élément dominant des signes en conflit, que ceux-ci sont composés des huit mêmes lettres, placées exactement dans le même ordre, et sont donc parfaitement identiques sur le plan phonétique. Concernant l’élément « medical system », elle soutient, dans la mesure où il est purement descriptif et secondaire et où il n’est pas susceptible d’être prononcé par le public pertinent, que c’est à tort que la chambre de recours a considéré au point 67 de la décision attaquée que rien n’indiquait que le public pertinent ferait référence à un élément plutôt qu’à un autre en ce qui concerne la prononciation des éléments verbaux. La requérante s’appuie également sur la pratique décisionnelle des divisions d’opposition de l’EUIPO ainsi que sur la jurisprudence issue de l’arrêt du 21 juin 2023, VITROMED Germany (T‑514/22, non publié, EU:T:2023:350), pour soutenir que les signes en conflit présentent un degré de similitude élevé ou, à tout le moins, un degré de similitude supérieur à la moyenne sur le plan phonétique.

67 L’EUIPO conteste l’argumentation de la requérante.

68 À cet égard, compte tenu de l’erreur relevée au point 54 ci-dessus, dans la mesure où la chambre de recours aurait dû tenir compte du fait que l’élément « biogroup » ou « bio-group », commun aux signes en conflit, dominait les autres éléments présents au sein de chacun d’eux, il y a lieu de considérer qu’elle ne pouvait pas retenir une similitude des signes en conflit inférieure à la moyenne sur le plan phonétique.

69 En effet, la prononciation des signes en conflit coïncide par le son des lettres de l’élément « biogroup » ou « bio-group », alors que les éléments figuratifs faisant référence à la première lettre du terme « bio » et l’autre élément verbal « medical system » présent dans la marque demandée, lequel est dépourvu de caractère distinctif, ne sont pas susceptibles de jouer un rôle dans la façon dont le public pertinent prononcerait les signes en conflit. Il en découle que lesdits signes présentent une similitude au moins moyenne sur le plan phonétique.

70 Partant, il y a lieu de considérer que la chambre de recours a commis une erreur lorsqu’elle a apprécié la similitude des signes en conflit sur le plan phonétique.

– Sur la comparaison conceptuelle

71 En l’espèce, la chambre de recours a indiqué que les signes en conflit étaient similaires dans la mesure où ils véhiculaient le concept que le public pertinent associait à la dénomination sociale BIOGROUP ou BIO-GROUP. Elle a toutefois considéré que l’incidence de ce concept devait être considérée comme très faible puisque l’expression en question était descriptive des produits en cause. La chambre de recours a également tenu compte du fait que lesdits signes différaient par le concept de « medical system », qui était toutefois dépourvu de caractère distinctif et qui, en tant que tel, avait un faible degré d’incidence, et, pour une partie du public, par le concept d’un microscope vert, qui avait également un faible degré d’incidence en ce qui concernait les services en cause.

72 La requérante fait valoir, outre que la chambre de recours a erronément fondé sa décision sur le fait que les termes « biogroup » ou « bio-group » étaient dépourvus de caractère distinctif, que les signes en conflit sont très similaires sur le plan conceptuel puisqu’ils consistent en l’association singulière, et dans le même ordre, des termes « bio », qui peut renvoyer à l’idée de matière biologique ou vivante, et « group », qui renvoie à l’idée de groupe d’entreprises. De plus, la chambre de recours aurait considéré que les signes en conflit différaient par le concept de « medical system », alors que cette expression évoquerait les concepts de biologie, d’environnement et de soins de santé, auxquels renverrait le terme « bio », ainsi que la notion d’organisation ou d’entreprise, à laquelle renverrait le terme « group ». En outre, la requérante considère que l’élément figuratif de la marque demandée n’évoque pas un microscope, comme l’a retenu la chambre de recours, mais la lettre « b », laquelle rappelle la première lettre du mot « biogroup ». Même en supposant que l’évocation d’un microscope puisse exister pour quelques personnes, cela évoquerait toujours l’activité d’un laboratoire médical et ne permettrait pas de différencier les signes en conflit sur le plan conceptuel. Partant, la requérante soutient que les signes en conflit ont un degré de similitude élevé ou, à tout le moins, un degré de similitude moyen sur le plan conceptuel. Cela serait conforté par la jurisprudence issue de l’arrêt du 21 juin 2023, VITROMED Germany (T‑514/22, non publié, EU:T:2023:350).

73 L’EUIPO conteste l’argumentation de la requérante.

74 À cet égard, même en considérant que la chambre de recours aurait dû tenir compte du fait que l’élément « biogroup » ou « bio-group », commun aux signes en conflit, dominait les autres éléments présents au sein de chacun d’eux, il y a lieu de relever qu’elle n’a pas pour autant commis d’erreur en retenant une similitude faible entre les signes en conflit sur le plan conceptuel.

75 En effet, d’une part, dans la mesure où une partie de l’argumentation de la requérante repose sur la prémisse que la juxtaposition inhabituelle des termes « bio » et « group » confèrerait un caractère distinctif à l’élément « biogroup » ou « bio-group » commun aux signes en conflit, ainsi qu’il a été conclu au point 40 ci-dessus, cette partie doit être également rejetée.

76 En outre, il y a lieu d’observer que la requérante ne conteste pas, ainsi que cela a été relevé au point 34 ci-dessus, que le public pertinent comprendrait le terme « bio » comme faisant référence à « biologique », « matière vivante » et « respectueux de l’environnement » et le terme « group » comme faisant référence à un groupe d’entreprises.

77 Dans la mesure où, ainsi que cela ressort du point 38 ci-dessus, la réunion de ces deux termes ne modifie pas leur sens ou leur portée et ne nécessite aucun effort intellectuel de la part du public pertinent pour comprendre le message véhiculé, de sorte que, comme l’a indiqué la chambre de recours au point 53 de la décision attaquée, l’élément « biogroup » ou « bio-group » sera associé par le public pertinent à un groupe d’entreprises qui s’occupe des services relevant de la classe 42, en faisant référence aux idées véhiculées par les termes en cause, il y a lieu de considérer que la chambre de recours n’a pas commis d’erreur en considérant que l’incidence du concept véhiculé par ledit élément devait être considérée comme très faible puisque l’expression en question était descriptive des produits en cause.

78 D’autre part, si la requérante conteste l’appréciation de la chambre de recours quant au fait que les signes en conflit différaient par le concept de « medical system » et par celui d’un microscope, elle ne remet pas en cause l’appréciation de cette dernière selon laquelle les concepts véhiculés par ces éléments avaient, en tout état de cause, un faible degré d’incidence.

79 Partant, il y a lieu de considérer que la chambre de recours n’a pas commis d’erreur lorsqu’elle a apprécié la similitude des signes en conflit sur le plan conceptuel.

80 En conséquence, il convient d’accueillir la deuxième branche du premier moyen, en ce que la chambre de recours a commis une erreur d’appréciation lorsqu’elle a recherché le caractère dominant des éléments présents au sein des signes en conflit, dont il découle une erreur d’appréciation de sa part quant à la similitude des signes en conflit sur les plans visuel et phonétique.

Sur la troisième branche du premier moyen, relative au caractère distinctif de la marque antérieure

81 Ainsi qu’il découle du considérant 11 du règlement 2017/1001, l’appréciation du risque de confusion dépend de nombreux facteurs et notamment de la connaissance qu’a le public de la marque sur le marché en cause. Comme le risque de confusion est d’autant plus étendu que le caractère distinctif de la marque s’avère important, les marques qui ont un caractère distinctif élevé, soit intrinsèquement, soit en raison de la connaissance qu’en a le public, jouissent d’une protection plus étendue que celles dont le caractère distinctif est moindre (voir, par analogie, arrêts du 11 novembre 1997, SABEL, C‑251/95, EU:C:1997:528, point 24 ; du 29 septembre 1998, Canon, C‑39/97, EU:C:1998:442, point 18, et du 22 juin 1999, Lloyd Schuhfabrik Meyer, C‑342/97, EU:C:1999:323, point 20).

82 L’existence d’un caractère distinctif élevé, en raison de la connaissance qu’a le public d’une marque sur le marché, suppose nécessairement que cette marque soit connue d’au moins une partie significative du public concerné, sans qu’elle doive nécessairement posséder une renommée au sens de l’article 8, paragraphe 5, du règlement 2017/1001. Il ne saurait être indiqué d’une façon générale, par exemple en recourant à des pourcentages déterminés relatifs au degré de connaissance qu’a le public de la marque dans les milieux concernés, qu’une marque a un caractère distinctif élevé. Néanmoins, il y a lieu de reconnaître une certaine interdépendance de la connaissance qu’a le public d’une marque et du caractère distinctif de celle-ci en ce sens que plus la marque est connue du public ciblé, plus son caractère distinctif est renforcé. Pour examiner si une marque jouit d’un caractère distinctif élevé en raison de la connaissance qu’en a le public, il convient de prendre en considération tous les éléments pertinents de la cause, à savoir, notamment, la part de marché détenue par la marque, l’intensité, l’étendue géographique et la durée de son usage, l’importance des investissements réalisés par l’entreprise pour la promouvoir, la proportion des milieux intéressés qui identifie les produits ou services comme provenant d’une entreprise déterminée grâce à la marque ainsi que les déclarations des chambres de commerce et d’industrie ou d’autres associations professionnelles [voir, en ce sens, arrêt du 12 juillet 2006, Vitakraft-Werke Wührmann/OHMI – Johnson’s Veterinary Products (VITACOAT), T‑277/04, EU:T:2006:202, points 34 et 35 et jurisprudence citée].

83 En l’espèce, la chambre de recours a considéré que les éléments de preuve produits par la requérante n’étaient pas suffisants pour démontrer que les droits antérieurs qu’elle revendiquait étaient particulièrement distinctifs en raison d’un usage intensif ou d’une renommée. Elle a relevé que les éléments en cause consistaient en des références à des extraits du site Internet « biogroup.fr » et en des articles sur les laboratoires Biogroup, lesquels n’étaient pas suffisamment corroborés par d’autres documents de nature objective. Partant, la chambre de recours a indiqué, en substance, que l’appréciation du caractère distinctif de la marque antérieure devait reposer sur son caractère distinctif intrinsèque et a considéré, renvoyant aux considérations qu’elle avait exposées précédemment s’agissant des éléments distinctifs et dominants des signes en conflit, que le degré minimal de caractère distinctif de la marque antérieure résultait principalement de l’élément figuratif, de sorte que le caractère distinctif de la marque antérieure devait être considéré comme faible par rapport aux services en cause et au public pertinent.

84 La requérante fait valoir, outre que la chambre de recours a erronément considéré que l’élément « biogroup » avait un caractère distinctif pour le public pertinent du fait de sa construction singulière, que cette dernière n’aurait pas dû se référer à l’affaire ayant donné lieu à l’arrêt du 18 janvier 2023, YAplus DBA Yoga Alliance/EUIPO – Vidyanand (YOGA ALLIANCE INDIA INTERNATIONAL) (T‑443/21, non publié, EU:T:2023:7), laquelle concernait des marques constituées de séquences de mots, alors que la présente affaire porte sur un mot unique. En outre, la chambre de recours aurait minimisé les preuves de l’usage produites, alors que ces éléments seraient conséquents et souligneraient que la marque antérieure jouerait un rôle essentiel dans le secteur de l’analyse médicale.

85 L’EUIPO conteste l’argumentation de la requérante.

86 À cet égard, dans la mesure où une partie de l’argumentation de la requérante repose sur la prémisse que la juxtaposition inhabituelle des termes « bio » et « group » confèrerait un caractère distinctif à l’élément « biogroup » ou « bio-group » commun aux signes en conflit, ainsi qu’il a été conclu au point 40 ci-dessus, cette partie doit être également rejetée.

87 En premier lieu, quant aux éléments de preuve produits par la requérante qui démontreraient que la marque antérieure aurait un caractère distinctif acquis par son usage ou sa renommée, il y a lieu de relever, tout d’abord, qu’ils consistent en des extraits du site Internet « biogroup.fr » et d’articles sur les laboratoires Biogroup, accompagnés d’une traduction libre en anglais, ainsi qu’en une invitation à un webinaire et des photographies de façades de laboratoires où la marque antérieure est reproduite, avec quelques modifications.

88 Ensuite, il y a lieu d’observer que la chambre de recours n’a pas ignoré les éléments de preuve produits par la requérante et qu’elle a procédé à leur appréciation au point 76 de la décision attaquée.

89 Enfin, si la requérante fait valoir que la marque antérieure jouerait un rôle essentiel dans le secteur de l’analyse médicale, avec plus de 100 000 patients qui se rendraient chaque jour dans les laboratoires Biogroup en Europe, en particulier en France, en Belgique, au Luxembourg, en Espagne et au Portugal, lesquels représenteraient 25 % du marché au sein de l’Union, il y a lieu de constater que ces informations ne ressortent que des extraits de son propre site Internet et ne sont corroborées par aucun autre élément, ainsi que la chambre de recours l’a relevé au point 76 de la décision attaquée et ainsi que la requérante l’a confirmé en réponse à une question du Tribunal.

90 En deuxième lieu, quant aux articles sur les laboratoires Biogroup, il s’agit, d’une part, d’une dépêche annonçant le décès du fondateur du groupe, laquelle reprend des informations sur le nombre de collaborateurs et le nombre de laboratoires du groupe sans toutefois en indiquer la source et, d’autre part, d’une bibliographie rassemblant les articles et posters scientifiques que les biologistes du groupe ont rédigés pour des revues spécialisées ou présentés lors de congrès scientifiques.

91 Eu égard à la jurisprudence rappelée au point 82 ci-dessus, il y a lieu de relever que les éléments produits, s’ils accréditent l’existence d’un usage de la marque antérieure pour les services en cause, ne permettent pas de remettre en question l’appréciation de la chambre de recours selon laquelle ceux-ci n’étaient pas suffisants pour démontrer que les droits antérieurs étaient particulièrement distinctifs en raison d’un usage intensif ou d’une renommée, ni ne démontrent une erreur d’appréciation de celle-ci à cet égard concernant la connaissance que le public aurait de ladite marque.

92 En troisième lieu, quant à l’arrêt du 18 janvier 2023, YOGA ALLIANCE INDIA INTERNATIONAL (T‑443/21, non publié, EU:T:2023:7), auquel fait référence la chambre de recours au point 81 de la décision attaquée, il y a lieu de rappeler que, dans cette affaire, le Tribunal a approuvé la considération de la chambre de recours selon laquelle, d’une part, la faculté des éléments verbaux de la marque antérieure de dominer l’impression d’ensemble produite dans l’esprit du consommateur s’avérait limitée en raison de leur faible caractère distinctif et, d’autre part, compte tenu du caractère distinctif minimal de la marque antérieure considérée dans son ensemble, l’étendue de la protection de celle-ci était aussi limitée (voir point 111 dudit arrêt).

93 Or, conformément à la jurisprudence, il y a lieu de distinguer entre le facteur tiré du caractère distinctif de la marque antérieure, qui est lié à la protection accordée à une telle marque, et le caractère distinctif que possède l’élément d’une marque complexe, qui se rattache à la faculté de celui-ci de dominer l’impression d’ensemble produite par cette marque (voir arrêt du 18 janvier 2023, YOGA ALLIANCE INDIA INTERNATIONAL, T‑443/21, non publié, EU:T:2023:7, point 109 et jurisprudence citée).

94 En l’occurrence, si la chambre de recours aurait dû considérer, ainsi que cela a été constaté au point 54 ci-dessus, que l’élément verbal « biogroup » dominait les autres éléments présents au sein des marques en conflit, dans la mesure où, en principe, le consommateur moyen fera plus facilement référence au produit en cause en citant le nom qu’en décrivant l’élément figuratif desdites marques, il y a lieu de rappeler qu’elle n’a pas commis d’erreur en considérant que l’élément verbal « biogroup » avait un caractère distinctif faible, ainsi qu’il ressort du point 40 ci-dessus.

95 Or, eu égard à la jurisprudence rappelée au point 93 ci-dessus et aux éléments de preuve produits, à propos desquels la chambre de recours a estimé, sans commettre d’erreur, qu’ils ne permettaient pas à la requérante de revendiquer une protection plus étendue de la marque antérieure du fait de la connaissance qu’en aurait le public, il y a lieu de considérer que ladite chambre n’a pas non plus commis d’erreur en considérant, au point 81 de la décision attaquée, que la marque antérieure présentait un caractère distinctif faible, correspondant à son caractère distinctif intrinsèque.

96 Partant, la requérante n’est pas fondée à reprocher à la chambre de recours d’avoir fait référence à l’arrêt du 18 janvier 2023, YOGA ALLIANCE INDIA INTERNATIONAL (T‑443/21, non publié, EU:T:2023:7).

97 En conséquence, il y a lieu d’écarter la troisième branche du premier moyen.

Sur la quatrième branche du premier moyen, relative à l’appréciation globale du risque de confusion

98 Selon une jurisprudence constante, l’existence d’un risque de confusion dépend de nombreux facteurs et notamment de la connaissance de la marque sur le marché, de l’association qui peut en être faite avec le signe utilisé ou enregistré et du degré de similitude entre la marque et le signe et entre les produits ou les services désignés. Le risque de confusion doit donc être apprécié globalement en tenant compte de tous les facteurs pertinents du cas d’espèce (voir arrêt du 12 juin 2019, Hansson, C‑705/17, EU:C:2019:481, point 41 et jurisprudence citée).

99 L’appréciation globale du risque de confusion implique une certaine interdépendance des facteurs pris en compte et, notamment, de la similitude des marques et de celle des produits ou des services désignés. Ainsi, un faible degré de similitude entre les produits ou les services désignés peut être compensé par un degré élevé de similitude entre les marques, et inversement [arrêts du 29 septembre 1998, Canon, C‑39/97, EU:C:1998:442, point 17, et du 14 décembre 2006, Mast-Jägermeister/OHMI – Licorera Zacapaneca (VENADO avec cadre e.a.), T‑81/03, T‑82/03 et T‑103/03, EU:T:2006:397, point 74].

100 En l’espèce, aux points 84 et 85 de la décision attaquée, la chambre de recours a pris en considération la circonstance que les services étaient présumés être identiques, qu’ils s’adressaient principalement aux professionnels dont le niveau d’attention est relativement élevé, que les marques présentaient tout au plus un degré de similitude inférieur à la moyenne sur les plans visuel et phonétique et un faible degré de similitude sur le plan conceptuel, que la similitude entre les signes découlait du fait qu’ils coïncidaient par les expressions tout au plus faiblement distinctives « biogroup » ou « bio-group » et que les signes en conflit différaient par leur présentation générale ainsi que par la stylisation, les couleurs et les éléments figuratifs. Aux points 91 et 92 de ladite décision, elle a conclu que le public pertinent n’était pas susceptible de croire que les marques en cause provenaient de la même entreprise ou d’entreprises liées économiquement et qu’il distinguerait assurément les marques, étant donné qu’il reconnaîtrait leurs différences visuelles, de sorte que, même pour des services identiques, il n’existait pas de risque de confusion entre les marques en conflit au sens de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001.

101 La requérante fait valoir qu’il découle des erreurs commises par la chambre de recours quant à l’appréciation du public pertinent, du caractère distinctif de l’élément « biogroup » ou « bio-group », du caractère dominant de celui-ci au sein des signes en conflit, de la similitude desdits signes sur les plans visuel, phonétique et conceptuel et du caractère distinctif de la marque antérieure en raison de son usage intensif et de sa renommée que celle-ci a violé le règlement 2017/1001 en appréciant globalement le risque de confusion. En outre, la chambre de recours aurait dû considérer qu’il existait un risque d’association dans l’esprit du public pertinent. À cet égard, elle n’aurait pas expliqué pourquoi l’identité ou, à tout le moins, la très forte similitude entre les produits et les services en cause ne pouvait pas compenser le plus faible degré de similitude estimé entre les signes en conflit. Elle n’aurait donc manifestement pas tenu compte de l’interdépendance entre les facteurs pertinents pour apprécier globalement le risque de confusion, alors que le consommateur moyen percevrait normalement une marque comme un tout et ne se livrerait pas à un examen de ses différents détails.

102 L’EUIPO conteste l’argumentation de la requérante.

103 À cet égard, il ressort des points 63, 69 et 79 ci-dessus que les signes en conflit auraient dû se voir reconnaître une similitude moyenne sur le plan visuel, une similitude au moins moyenne sur le plan phonétique et une similitude faible sur le plan conceptuel.

104 Or, il y a lieu de relever que l’appréciation globale du risque de confusion par la chambre de recours repose sur le constat erroné que les marques en conflit présentaient tout au plus un degré de similitude inférieur à la moyenne sur les plans visuel et phonétique, de sorte que cette appréciation globale est elle-même erronée, eu égard à la jurisprudence citée au point 99 ci-dessus.

105 Il y a lieu, dès lors, de considérer que dans la mesure où la chambre de recours a présumé que les services couverts par les marques en conflit étaient identiques, celle-ci ne pouvait pas, sans commettre d’erreur, conclure au point 92 de la décision attaquée à l’absence de risque de confusion.

106 Partant, il y a lieu d’accueillir la quatrième branche du premier moyen.

107 Il résulte de l’ensemble de ce qui précède que le premier moyen doit être accueilli en ses deuxième et quatrième branches et, en conséquence, que la décision attaquée doit être annulée, sans qu’il soit besoin d’examiner le second moyen.

Sur les dépens

108 Aux termes de l’article 134, paragraphe 1, du règlement de procédure du Tribunal, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens.

109 L’EUIPO ayant succombé et la requérante ayant conclu en ce sens, il y a lieu de condamner celui-ci aux dépens.

Par ces motifs,

LE TRIBUNAL (septième chambre)

déclare et arrête :

1) La décision de la cinquième chambre de recours de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) du 14 mars 2025 (affaire R 877/2024‑5) est annulée.

2) L’EUIPO est condamné aux dépens.

Kecsmár

Nihoul

Öberg

Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 8 juillet 2026.

Signatures


* Langue de procédure : l’anglais.

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