Jurisprudence CJUE62025TJ0495

Arrêt du Tribunal (septième chambre) du 9 septembre 2026.#Almaviva - The Italian Innovation SpA contre Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle.#Marque de l’Union européenne – Procédure de nullité – Marque de l’Union européenne figurative MOOVA AlmavivA Group – Marque de l’Union européenne verbale antérieure MOOVIT – Cause de nullité relative – Risque de confusion – Article 8, paragraphe 1, sous b), et article 60, paragraphe 1, sous a), du règlement (UE) 2017/1001.#Affaire T-495/25.

CELEX62025TJ0495
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 9 septembre 2026

Texte intégral

DOCUMENT DE TRAVAIL

ARRÊT DU TRIBUNAL (septième chambre)

9 septembre 2026 (*)

« Marque de l’Union européenne – Procédure de nullité – Marque de l’Union européenne figurative MOOVA AlmavivA Group – Marque de l’Union européenne verbale antérieure MOOVIT – Cause de nullité relative – Risque de confusion – Article 8, paragraphe 1, sous b), et article 60, paragraphe 1, sous a), du règlement (UE) 2017/1001 »

Dans l’affaire T‑495/25,

Almaviva – The Italian Innovation SpA, établie à Rome (Italie), représentée par Mes F. Celluprica, F. Fischetti et F. De Bono, avocats,

partie requérante,

contre

Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), représenté par Mme E. Lobotková et M. R. Raponi, en qualité d’agents,

partie défenderesse,

l’autre partie à la procédure devant la chambre de recours de l’EUIPO ayant été

Moovit App Global Ltd, établie à Ness Ziona (Israël),

LE TRIBUNAL (septième chambre),

composé de MM. K. Kecsmár, président, P. Nihoul et U. Öberg (rapporteur), juges,

greffier : M. V. Di Bucci,

vu la phase écrite de la procédure,

vu l’absence de demande de fixation d’une audience présentée par les parties dans le délai de trois semaines à compter de la signification de la clôture de la phase écrite de la procédure et ayant décidé, en application de l’article 106, paragraphe 3, du règlement de procédure du Tribunal, de statuer sans phase orale de la procédure,

rend le présent

Arrêt

1 Par son recours fondé sur l’article 263 TFUE, la requérante, Almaviva – The Italian Innovation SpA, demande l’annulation et la réformation de la décision de la cinquième chambre de recours de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) du 27 mai 2025 (affaire R 1891/2024‑5) (ci-après la « décision attaquée »).

Antécédents du litige

2 Le 16 mai 2023, l’autre partie à la procédure devant la chambre de recours, Moovit App Global Ltd, a présenté à l’EUIPO une demande en nullité de la marque de l’Union européenne ayant été enregistrée à la suite d’une demande déposée le 17 février 2022, en vertu du règlement (UE) 2017/1001 du Parlement européen et du Conseil, du 14 juin 2017, sur la marque de l’Union européenne (JO 2017, L 154, p. 1), pour le signe figuratif suivant :

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3 Les produits et les services couverts par la marque contestée pour lesquels la nullité était demandée relevaient des classes 9, 41 et 42 au sens de l’arrangement de Nice concernant la classification internationale des produits et des services aux fins de l’enregistrement des marques, du 15 juin 1957, tel que révisé et modifié, et correspondaient, pour chacune de ces classes, à la description suivante :

– classe 9 : « Logiciel ; programmes d’ordinateurs téléchargeables ; programmes du système d’exploitation enregistrés pour ordinateurs ; programmes d’ordinateurs enregistrés ; logiciels [programmes enregistrés] ; instruments pour la navigation; logiciels pour applications mobiles permettant l’interaction et la communication entre des véhicules et des dispositifs mobiles; logiciels d’application pour dispositifs mobiles ; logiciels pour fournisseurs de solutions numériques; plates-formes logicielles ; plateformes informatiques sous forme de logiciels enregistrés ou téléchargeables ; logiciels d’applications informatiques destinés à implémenter l’internet des objets ; logiciel d’assistance ; interfaces [informatique] ; appareils de signalisation ; appareils d’intercommunication ; appareils de navigation pour véhicules [ordinateurs de bord] ; appareils de navigation par satellite ; appareils pour GPS [systèmes de repérage universel] ; appareils de traitement de données ; appareils électroniques pour le traitement de données ; ordinateurs ; interfaces [informatique] ; logiciel interactif pour ordinateur fournissant des informations de navigation et de voyage ; logiciels et plateformes pour le traitement, l’élaboration, la transmission, la diffusion et l’affichage de données et d’informations en matière de transit, de transport, de voyages, de localisation, de position, de navigation, d’acheminement, d’informations concernant des lieux et des points d’intérêt géographiques ; logiciels pour le calcul et l’affichage d’itinéraires de voyages ; logiciel utilisé comme interface de programmation d’applications (API) ; logiciels de planification, de programmation, de contrôle, de gestion et d’analyse des transports et des opérations logistiques ; logiciels de planification, de programmation, de contrôle, de gestion et d’analyse d’infrastructures, de moyens de transport et d’équipements pour la manutention de marchandises ; logiciels de vente de services de transport et de logistique, de gestion des relations avec la clientèle, de communication et d’information aux voyageurs » ;

– classe 41 : « Enseignement ; formation ; organisation d’expositions à buts culturels ou éducatifs ; organisation et conduite de conférences ; organisation et conduite de congrès ; organisation et conduite de colloques ; organisation et conduite de séminaires ; organisation et conduite d’ateliers de formation » ;

– classe 42 : « Conception et développement de logiciels ; consultation en matière de logiciels ; élaboration [conception] de logiciels ; logiciels en tant que service [SaaS] ; conception de systèmes d’information ; analyses informatiques ; services de génie logiciel ; installation de logiciels ; location de logiciels informatiques ; maintenance de logiciels d’ordinateurs ; création, entretien, manutention et adaptation de logiciels ; location de logiciels informatiques ; télésurveillance de systèmes informatiques ; programmation pour ordinateurs ; récupération de données informatiques ; recherche et développement de nouveaux produits pour des tiers ; développement de plateformes informatiques ; plateforme informatique en tant que service [PaaS] ; services de logiciels pour le traitement, l’élaboration, la transmission, la diffusion et l’affichage de données et d’informations en matière de transit, de transport, de voyages, de localisation, de position, de navigation, d’acheminement, d’informations concernant des lieux et des points d’intérêt géographiques ; offre de logiciels en ligne pour le calcul et l’affichage de la planification d’itinéraires ».

4 La demande en nullité était, notamment, fondée sur la marque de l’Union européenne verbale antérieure MOOVIT, enregistrée le 11 juin 2016 sous le numéro 13678081 et désignant notamment les produits et les services relevant des classes 9 et 42, y compris les produits et les services suivants :

– classe 9 : « Programmes informatiques et logiciels pour la collecte, la compilation, le traitement, la transmission et la diffusion de données GPS (système de positionnement mondial) utilisés dans des dispositifs fixes, mobiles et portables ; bases de données électroniques contenant des informations routières, géographiques, cartographiques, sur les circuits de transports en commun, des informations sur les itinéraires de transports en commun, les horaires des transports en commun et d’autres informations relatives aux transports en commun enregistrées sur des supports informatiques ; logiciels de navigation permettant de calculer et d’afficher des itinéraires ; systèmes de navigation par transports en commun proposant des présentations de cartes interactives numériques, des instructions interactives et des informations générées par l’utilisateur ; logiciels informatiques sociaux interactifs pour la récupération et l’affichage d’informations concernant les transports en commun, ainsi que d’informations de navigation, géographiques, cartographiques et de voyage ; logiciels informatiques sociaux interactifs permettant la transmission d’informations sur les transports en commun et d’informations cartographiques, de navigation, sur le trafic, les itinéraires et les points d’intérêt vers des réseaux de télécommunication, téléphones cellulaires, dispositifs de navigation et autres dispositifs mobiles et portables ; logiciels sociaux interactifs permettant l’échange d’informations entre utilisateurs » ;

– classe 42 : « Développement d’algorithmes et de méthodes de calcul pour le traitement et l’optimisation des données de navigation et de voyage ; développement d’algorithmes et de méthodes de calcul pour le traitement et l’optimisation des données envoyées par les systèmes de positionnement mondial (GPS) et réseaux de communication ; développement de logiciels informatiques dans le domaine de la navigation et de la planification d’itinéraires ; hébergement d’infrastructures en ligne pour le compte de tiers pour la conduite de discussions interactives ; services de recherche et de conception scientifiques et technologiques dans le domaine des signaux de télécommunication et de navigation ».

5 Le motif invoqué à l’appui de la demande en nullité était celui relatif à l’existence d’un risque de confusion visé à l’article 60, paragraphe 1, sous a), du règlement 2017/1001, lu conjointement avec l’article 8, paragraphe 1, sous b), du même règlement.

6 Le 31 juillet 2024, la division d’annulation a fait droit à la demande en nullité. Elle a conclu qu’il existait un risque de confusion entre la marque antérieure et la marque contestée pour le public concerné s’agissant de tous les produits et les services visés au point 3 ci-dessus.

7 Le 26 septembre 2024, la requérante a formé un recours auprès de l’EUIPO contre la décision de la division d’annulation.

8 Par la décision attaquée, la chambre de recours a rejeté le recours. Elle a confirmé l’existence d’un risque de confusion, au sens de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, entre la marque antérieure et la marque contestée s’agissant de tous les produits et les services visés par cette dernière, à l’exception des services compris dans la classe 41, compte tenu de l’identité ou de la similitude à des degrés différents des produits et des services visés par les marques en conflit, de la similitude visuelle et phonétique à un degré moyen desdites marques ainsi que du caractère distinctif intrinsèque moyen de la marque antérieure.

Conclusions des parties

9 La requérante demande à ce qu’il plaise au Tribunal :

– annuler la décision attaquée ;

– déclarer la validité de la marque contestée s’agissant de tous les produits restants relevant des classes 9 et 42 ;

– condamner l’EUIPO aux dépens, y compris à ceux exposés aux stades antérieurs de la procédure.

10 L’EUIPO conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– rejeter le recours ;

– condamner la requérante aux dépens en cas de convocation à une audience.

11 Au point 9 de la requête, la requérante a précisé que son premier chef de conclusions devait être interprété comme tendant à l’annulation de la décision attaquée uniquement dans la mesure où la chambre de recours avait conclu à l’existence d’un risque de confusion entre les marques en conflit.

En droit

Sur le premier chef de conclusions de la requérante, visant l’annulation de la décision attaquée

12 La requérante invoque en substance un moyen unique, tiré de la violation de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 au motif qu’il n’existe pas de risque de confusion entre les signes en conflit.

13 Aux termes de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, sur opposition du titulaire d’une marque antérieure, la marque demandée est refusée à l’enregistrement lorsque, en raison de son identité ou de sa similitude avec une marque antérieure et en raison de l’identité ou de la similitude des produits ou des services que les deux marques désignent, il existe un risque de confusion dans l’esprit du public du territoire sur lequel la marque antérieure est protégée. Le risque de confusion comprend le risque d’association avec la marque antérieure.

14 Constitue un risque de confusion le risque que le public puisse croire que les produits ou les services en cause proviennent de la même entreprise ou d’entreprises liées économiquement. Le risque de confusion doit être apprécié globalement, selon la perception que le public pertinent a des signes et des produits ou des services en cause, et en tenant compte de tous les facteurs pertinents en l’espèce, notamment de l’interdépendance de la similitude des signes et de celle des produits ou des services désignés [voir arrêt du 9 juillet 2003, Laboratorios RTB/OHMI – Giorgio Beverly Hills (GIORGIO BEVERLY HILLS), T‑162/01, EU:T:2003:199, points 30 à 33 et jurisprudence citée].

15 Par ailleurs, un risque de confusion présuppose à la fois une identité ou une similitude des marques en conflit et une identité ou une similitude des produits ou des services que ces marques désignent. Il s’agit là de conditions cumulatives [voir arrêt du 22 janvier 2009, Commercy/OHMI – easyGroup IP Licensing (easyHotel), T‑316/07, EU:T:2009:14, point 42 et jurisprudence citée].

16 C’est à la lumière de ces considérations qu’il convient d’examiner si la chambre de recours a, à juste titre, considéré qu’il existait, en l’espèce, un risque de confusion au sens de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001.

Sur le public pertinent

17 En l’espèce, en premier lieu, la chambre de recours a relevé que le territoire pertinent était celui de l’Union européenne, étant donné que la marque antérieure était une marque de l’Union européenne. Toutefois, en application de la jurisprudence selon laquelle il suffit que le risque de confusion existe dans une partie de l’Union, la chambre de recours a décidé, à l’instar de la division d’annulation, de se concentrer sur le public hispanophone et francophone.

18 En second lieu, en ce qui concerne le public pertinent et son niveau d’attention, la chambre de recours a considéré que les produits compris dans la classe 9 et les services compris dans la classe 42 visés par la marque antérieure relevaient tous du domaine de la navigation et du transport. S’agissant des produits compris dans la classe 9 visés par la marque antérieure, la chambre de recours a considéré que ceux-ci s’adressaient principalement aux professionnels faisant preuve d’un niveau d’attention supérieur à la moyenne et, dans une moindre mesure, au grand public faisant preuve d’un niveau d’attention moyen. S’agissant des services compris dans la classe 42 visés par la marque antérieure, la chambre de recours a considéré que ceux-ci s’adressaient aux professionnels faisant preuve d’un niveau d’attention supérieur à la moyenne.

19 La requérante fait valoir que la chambre de recours a commis une erreur en estimant que le public pertinent comprenait également le grand public s’agissant des produits compris dans la classe 9. En effet, il ressortirait clairement des descriptions de ces produits qu’ils s’adressent uniquement à des professionnels.

20 L’EUIPO conteste l’argumentation de la requérante.

21 Selon l’EUIPO, bien qu’un public professionnel spécialisé dans la navigation et les transports soit sans aucun doute pertinent, cela n’exclut pas l’insertion parallèle du grand public en tant qu’utilisateur final des produits compris dans la classe 9.

22 S’agissant, dans un premier temps, du choix de la chambre de recours de se fonder sur le public hispanophone et francophone, ainsi qu’il a été rappelé au point 17 ci-dessus, pour refuser l’enregistrement d’une marque de l’Union européenne, il suffit qu’un motif relatif de refus au sens de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 existe dans une partie de l’Union.

23 Par conséquent, étant donné que, en l’espèce, la chambre de recours a conclu à l’existence d’un risque de confusion, elle a pu, sans commettre d’erreur de droit, pour des raisons d’économie de procédure, se fonder sur la perception du public hispanophone et francophone de l’Union, ce que la requérante ne conteste pas.

24 S’agissant, dans un second temps, du public ciblé par les produits et les services en cause et de son niveau d’attention, en ce qui concerne les services compris dans la classe 42 visés par la marque antérieure, il n’y pas lieu de remettre en cause l’appréciation de la chambre de recours, au demeurant non contestée par la requérante, selon laquelle le niveau d’attention du public pertinent dans le secteur de la navigation et du transport est plus élevé que la moyenne.

25 En revanche, en ce qui concerne les produits compris dans la classe 9 visés par la marque antérieure, la requérante fait valoir que le public pertinent ne comprenait que le public professionnel.

26 À cet égard, la chambre de recours a considéré, à juste titre, que les produits relevant de la classe 9 visés par la marque antérieure relevaient tous du domaine de la navigation et du transport.

27 Certes, le public concerné par la navigation et le transport est principalement un public de professionnels et d’entreprises. Néanmoins, comme cela est indiqué au point 61 de la décision attaquée, les produits relevant de la classe 9 visés par la marque antérieure peuvent également être destinés au grand public [voir, en ce sens, arrêt du 16 juillet 2025, Abacus Research/EUIPO – American Bar Association (Aba), T‑553/24, non publié, EU:T:2025:726, points 21 et 22].

28 Dès lors, la chambre de recours n’a pas commis d’erreur d’appréciation en concluant que le niveau d’attention du public pertinent variait de moyen à supérieur à la moyenne s’agissant des produits compris dans la classe 9.

Sur la comparaison des produits et des services

29 La chambre de recours a considéré que les produits en cause relevant de la classe 9 étaient en partie identiques et en partie similaires à un degré élevé, tandis que les services relevant de la classe 42 étaient en partie identiques et en partie similaires à un degré moyen.

30 En ce qui concerne les produits relevant de la classe 9, la requérante fait valoir que ceux-ci doivent être considérés comme similaires à un degré moyen. En effet, les produits couverts par la marque antérieure compris dans la classe 9 seraient tous spécifiquement liés à des programmes d’ordinateurs destinés au secteur de la mobilité, tandis que les produits relevant de cette classe couverts par la marque contestée seraient constitués de types de logiciels plus génériques.

31 En ce qui concerne les services relevant de la classe 42, la requérante soutient que ceux couverts par la marque contestée ne sauraient être considérés que comme différents ou, tout au plus, comme faiblement similaires à ceux couverts par la marque antérieure compris dans les classes 9 et 42. À cet égard, la requérante fait valoir que ces produits et ces services ne sont ni complémentaires ni concurrents étant donné qu’ils diffèrent par leur nature et leur destination.

32 L’EUIPO conteste l’argumentation de la requérante.

33 À cet égard, l’EUIPO soutient que tous les produits compris dans la classe 9 relèvent d’une catégorie plus large de produits visés par la marque antérieure. Dès lors, la chambre de recours n’aurait commis aucune erreur en considérant qu’ils étaient identiques.

34 S’agissant des services couverts par la marque contestée compris dans la classe 42, l’EUIPO fait valoir que la prémisse de la requérante selon laquelle la chambre de recours a assimilé tous les produits et les services est erronée. En effet, la requérante ferait une lecture erronée des points 56 à 58 de la décision attaquée.

35 Selon une jurisprudence constante, pour apprécier la similitude entre les produits ou les services en cause, il y a lieu de tenir compte de tous les facteurs pertinents qui caractérisent le rapport entre eux. Ces facteurs incluent, en particulier, leur nature, leur destination, leur utilisation ainsi que leur caractère concurrent ou complémentaire. D’autres facteurs peuvent également être pris en compte, tels que les canaux de distribution des produits concernés [voir arrêt du 14 mai 2013, Sanco/OHMI – Marsalman (Représentation d’un poulet), T‑249/11, EU:T:2013:238, point 21 et jurisprudence citée].

36 En l’espèce, il n’est pas contesté que les produits désignés par la marque antérieure compris dans la classe 9, à savoir les logiciels spécialisés pour les services de cartographie, de navigation et de localisation numériques, relèvent de la catégorie plus large des logiciels et des programmes informatiques couverts par la marque contestée, qui inclut ces types spécialisés de logiciels. Il s’ensuit que ces produits désignés par la marque antérieure sont inclus dans ceux désignés par la marque contestée, de sorte que la chambre de recours a considéré, à juste titre, que ces produits étaient identiques [voir arrêt du 7 juillet 2005, Miles International/OHMI – Biker Miles (Biker Miles), T‑385/03, EU:T:2005:276, point 32 et jurisprudence citée].

37 En ce qui concerne les services couverts par la marque contestée compris dans la classe 42, force est de constater que la chambre de recours a relevé, au point 56 de la décision attaquée, que les services couverts par la marque contestée correspondant aux « services de logiciels pour le traitement, l’élaboration, la transmission, la diffusion et l’affichage de données et d’informations en matière de transit, de transport, de voyages, de localisation, de position, de navigation, d’acheminement, d’informations concernant des lieux et des points d’intérêt géographiques » ainsi qu’à l’« offre de logiciels en ligne pour le calcul et l’affichage de la planification d’itinéraires » étaient similaires aux services couverts par la marque antérieure correspondant aux « logiciels informatiques dans le domaine de la navigation et de la planification d’itinéraires » relevant de la classe 42.

38 Au point 57 de la décision attaquée, la chambre de recours a, par souci d’exhaustivité, constaté que les services couverts par la marque contestée mentionnés au point 37 ci-dessus étaient complémentaires des produits couverts par la marque antérieure compris dans la classe 9.

39 Dès lors, l’argument de la requérante selon lequel les services couverts par la marque contestée compris dans la classe 42 et les produits couverts par la marque antérieure compris dans la classe 9 diffèrent par leur nature et par leur destination ne saurait remettre en cause la conclusion énoncée au point 56 de la décision attaquée selon laquelle les services couverts par la marque contestée mentionnés au point 37 ci-dessus sont similaires aux services couverts par la marque antérieure mentionnés au même point.

40 Par ailleurs, et en tout état de cause, les services couverts par la marque contestée compris dans la classe 42 mentionnés au point 37 ci-dessus correspondent à des fonctions techniques, opérationnelles et continues qui participent directement à la gestion du cycle de vie des logiciels. Partant, c’est sans commettre d’erreur que la chambre de recours a constaté, au point 57 de la décision attaquée, que ces services étaient complémentaires des produits correspondant à des logiciels visés par la marque antérieure.

41 Il convient donc de conclure que la chambre de recours a pu, à bon droit, considérer, d’une part, que les produits compris dans la classe 9 visés par les marques en conflit étaient soit identiques, soit similaires à un degré élevé et, d’autre part, que les services compris dans la classe 42 désignés par lesdites marques étaient soit identiques, soit similaires à un degré moyen.

Sur la comparaison des marques en conflit

42 L’appréciation globale du risque de confusion doit, en ce qui concerne la similitude visuelle, phonétique ou conceptuelle des marques en cause, être fondée sur l’impression d’ensemble produite par ceux-ci, en tenant compte, notamment, de leurs éléments distinctifs et dominants. La perception des marques qu’a le consommateur moyen des produits ou des services en cause joue un rôle déterminant dans l’appréciation globale dudit risque. À cet égard, le consommateur moyen perçoit normalement une marque comme un tout et ne se livre pas à un examen de ses différents détails (voir arrêt du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P, EU:C:2007:333, point 35 et jurisprudence citée).

43 L’appréciation de la similitude entre deux marques ne peut se limiter à prendre en considération uniquement un composant d’une marque complexe et à le comparer avec une autre marque. Il y a lieu, au contraire, d’opérer la comparaison en examinant les marques en cause, considérées chacune dans son ensemble, ce qui n’exclut pas que l’impression d’ensemble produite dans la mémoire du public pertinent par une marque complexe puisse, dans certaines circonstances, être dominée par un ou plusieurs de ses composants (voir arrêt du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P, EU:C:2007:333, point 41 et jurisprudence citée). Ce n’est que si tous les autres composants de la marque sont négligeables que l’appréciation de la similitude pourra se faire sur la seule base de l’élément dominant (arrêt du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P, EU:C:2007:333, point 42). Tel pourrait notamment être le cas lorsque ce composant est susceptible de dominer à lui seul l’image de cette marque que le public pertinent garde en mémoire, de telle sorte que tous les autres composants de la marque sont négligeables dans l’impression d’ensemble produite par celle-ci (arrêt du 20 septembre 2007, Nestlé/OHMI, C‑193/06 P, non publié, EU:C:2007:539, point 43).

Sur les éléments distinctifs et dominants des marques en conflit

44 La chambre de recours a considéré que la marque contestée était une marque figurative qui présentait la séquence de lettres majuscules de couleur blanche « m », « o » et « o » suivie d’un élément composé des lettres majuscules « v » et « a » dans une teinte plus foncée, avec un point blanc entre ces deux lettres. Ce point pourrait être perçu soit comme formant la lettre « i » avec la branche droite de la lettre « v », soit comme un symbole décoratif. Sous l’élément « moov(i)a », l’élément « almaviva group » est représenté dans une police de caractères régulière de couleur blanche de taille beaucoup plus petite. Les deux éléments verbaux, à savoir « moov(i)a » et « almaviva group », sont par ailleurs enfermés dans une forme rectangulaire noire.

45 Selon la chambre de recours, l’élément composé des lettres majuscules « v » et « a » ainsi que d’un point constitue un élément figuratif possédant son propre caractère distinctif. Toutefois, étant donné que cet élément figuratif est placé vers la fin de l’élément verbal principal et qu’il est représenté dans une nuance nettement plus foncée que ce dernier, sa visibilité est limitée, ainsi que, par voie de conséquence, son incidence sur l’impression d’ensemble produite par le signe contesté.

46 S’agissant de l’élément verbal « almaviva group », la chambre de recours a relevé que la taille et la position de cet élément en faisaient un composant secondaire au sein de la marque. En effet, ledit élément est clairement subordonné à l’élément beaucoup plus grand, centré et mis en avant « moov(i)a ».

47 Ainsi, la chambre de recours a conclu que l’élément verbal « moov(i)a » était l’élément visuellement dominant du signe contesté en raison de sa taille et de sa position centrale.

48 En ce qui concerne la marque antérieure, la chambre de recours a considéré que l’élément verbal « moovit » de ladite marque serait perçu comme dépourvu de signification par le public pertinent. À cet égard, selon la chambre de recours, rien n’indique que le public pertinent décomposerait la marque antérieure en l’élément « moov » et en l’élément « it ».

49 En premier lieu, la requérante considère que l’élément « almaviva » de la marque contestée possède un caractère distinctif élevé et aurait dû se voir accorder un poids plus important dans le cadre de son appréciation, bien qu’il occupe une position moins dominante que l’élément « moov(i)a ».

50 En second lieu, en ce qui concerne la marque antérieure, la requérante fait valoir que le terme « moovit » de ladite marque sera compris par le public pertinent comme signifiant « move it » (à savoir « déplace-le »).

51 L’EUIPO conteste l’argumentation de la requérante.

52 L’EUIPO fait valoir que l’élément verbal de la marque contestée « almaviva group » occupe une position manifestement secondaire au sein de ladite marque et se trouve subordonné à l’élément dominant et central sur le plan visuel « moov(i)a ».

53 Par ailleurs, selon l’EUIPO, le public pertinent percevra l’élément « moovit » de la marque antérieure comme un élément fantaisiste.

54 Selon la jurisprudence, pour déterminer le caractère distinctif d’un élément composant une marque, il y a lieu d’apprécier l’aptitude plus ou moins grande de cet élément à contribuer à identifier les produits ou les services pour lesquels la marque a été enregistrée comme provenant d’une entreprise déterminée, et donc à distinguer ces produits ou ces services de ceux d’autres entreprises. Lors de cette appréciation, il convient de prendre en considération notamment les qualités intrinsèques de l’élément en cause au regard de la question de savoir si celui-ci est ou non dénué de tout caractère descriptif des produits ou des services pour lesquels la marque a été enregistrée [arrêts du 13 juin 2006, Inex/OHMI – Wiseman (Représentation d’une peau de vache), T‑153/03, EU:T:2006:157, point 35, et du 17 janvier 2024, Ona Investigación/EUIPO – Formdiet (BIOPÔLE), T‑61/23, non publié, EU:T:2024:10, point 34].

55 S’agissant de la marque contestée, à l’instar de la chambre de recours, le Tribunal constate que, au sein de l’élément verbal « almaviva group », le terme « almaviva » a un caractère distinctif et le mot « group » n’a qu’un caractère distinctif intrinsèquement faible en raison de sa signification généralement reconnue comme faisant référence à un « conglomérat d’entreprises » ou à un « groupe d’entreprises » [voir, en ce sens, arrêts du 15 juillet 2011, Ergo Versicherungsgruppe/OHMI – Société de développement et de recherche industrielle (ERGO Group), T‑221/09, non publié, EU:T:2011:393, point 29, et du 31 janvier 2012, Spar/OHMI – Spa Group Europe (SPA GROUP), T‑378/09, non publié, EU:T:2012:34, points 32 et 33].

56 Au vu de la petite taille de l’élément « almaviva group », celui-ci n’a effectivement pas de caractère dominant. Ainsi, il y a lieu de confirmer la conclusion de la chambre de recours selon laquelle l’élément « moov(i)a » est l’élément visuellement dominant de la marque contestée.

57 Toutefois, l’élément « almaviva group » n’est en l’espèce pas négligeable, puisqu’il indique clairement l’origine commerciale des produits et des services, et doit donc, en tant qu’élément secondaire, être pris en considération tant dans l’appréciation de la comparaison des signes en conflit que dans l’appréciation globale du risque de confusion pour le public pertinent.

58 S’agissant de la marque antérieure, selon la jurisprudence, les marques verbales sont constituées exclusivement de lettres, de mots ou d’associations de mots, écrits en caractères d’imprimerie dans une police normale, sans élément graphique spécifique. Dès lors, de telles marques ne présentent pas d’élément dominant, puisque, par nature, aucun de leurs éléments constitutifs ne revêt un aspect graphique ou stylistique particulier susceptible de lui conférer un tel caractère [voir arrêt du 2 mars 2022, UGA Nutraceuticals/EUIPO – Vitae Health Innovation (VITADHA), T‑149/21, non publié, EU:T:2022:103, point 79 et jurisprudence citée].

59 Aux fins de l’appréciation du caractère distinctif d’un élément composant une marque, il y a lieu d’examiner l’aptitude plus ou moins grande de cet élément à contribuer à identifier les produits ou les services pour lesquels la marque a été enregistrée comme provenant d’une entreprise déterminée, et donc à distinguer ces produits ou ces services de ceux d’autres entreprises. Lors de cette appréciation, il convient de prendre en considération notamment les qualités intrinsèques de l’élément en cause au regard de la question de savoir si celui-ci est ou non dénué de tout caractère descriptif des produits ou des services pour lesquels la marque a été enregistrée [voir arrêt du 21 décembre 2021, Dr. Spiller/EUIPO – Rausch (Alpenrausch Dr. Spiller), T‑6/20, non publié, EU:T:2021:920, point 99 et jurisprudence citée].

60 Selon une jurisprudence constante, un terme possédant une signification claire n’est considéré comme étant descriptif que s’il présente avec les produits ou les services en cause un rapport suffisamment direct et concret de nature à permettre au public concerné de percevoir immédiatement, et sans autre réflexion, une description des produits et des services en cause ou de l’une de leurs caractéristiques [voir arrêt du 24 février 2016, Tayto Group/OHMI – MIP Metro (REAL HAND COOKED), T‑816/14, non publié, EU:T:2016:93, point 63 et jurisprudence citée].

61 En l’espèce, la chambre de recours a considéré, au point 84 de la décision attaquée, que rien n’indiquait que l’élément verbal « moovit » de la marque antérieure soit effectivement perçu par le public pertinent francophone et hispanophone comme faisant allusion à l’expression anglaise « move it ».

62 À cet égard, il convient de rappeler que, selon une jurisprudence constante, la compréhension d’une langue étrangère ne peut, en général, être présumée [arrêts du 25 juin 2008, Zipcar/OHMI – Canary Islands Car (ZIPCAR), T‑36/07, non publié, EU:T:2008:223, point 45 ; du 24 mai 2011, Space Beach Club/OHMI – Flores Gómez (SpS space of sound), T‑144/10, non publié, EU:T:2011:243, point 63, et du 21 mai 2015, Nutrexpa/OHMI – Kraft Foods Italia Intellectual Property (Cuétara MARĺA ORO), T‑271/13, non publié, EU:T:2015:308, point 35].

63 Néanmoins, en l’espèce, les produits et les services couverts par les signes en conflit relèvent du domaine de l’électronique et de l’informatique. Selon la jurisprudence, dans ces domaines, l’utilisation de l’anglais est très fréquente [voir, en ce sens, arrêt du 20 mai 2009, CFCMCEE/OHMI (P@YWEB CARD et PAYWEB CARD), T‑405/07 et T‑406/07, EU:T:2009:164, point 35].

64 Partant, force est de constater qu’il peut être présumé que le public pertinent hispanophone ou francophone dispose au moins d’une certaine connaissance de l’anglais utilisé dans le domaine de l’électronique et de l’informatique.

65 Les mots anglais « move » et « it » doivent être considérés comme faisant partie du vocabulaire anglais de base. En effet, ces deux mots sont classés par le dictionnaire Oxford Learner’s Dictionary dans la catégorie A1/A2 correspondant au niveau de base de l’anglais conformément au cadre européen commun de référence pour les langues (CECR) [voir, en ce sens, arrêt du 14 mai 2025, Karneolis/EUIPO – Match Group (KinkySwipe), T‑332/24, non publié, EU:T:2025:489, point 45].

66 Par ailleurs, lorsqu’un terme anglais a un équivalent dans la langue du public non anglophone et qu’un lien peut être établi par ledit public entre ce terme et sa traduction dans la langue concernée, il y a lieu de considérer que ledit public comprend la signification dudit terme [arrêt du 29 avril 2020, Kerry Luxembourg/EUIPO – Döhler (TasteSense By Kerry), T‑108/19, non publié, EU:T:2020:161, point 68].

67 Or, en l’espèce, ainsi que l’a indiqué la requérante, sans être contestée par l’EUIPO, le terme anglais « move » trouve sa racine dans le terme latin « movere », qui évoque le mouvement et peut sans aucune difficulté être rapproché par une partie du public pertinent du mot espagnol « mover » et du mot français « mouvoir », qui sont des termes équivalents audit terme anglais.

68 À la lumière de ce qui précède, il y a lieu de constater que le public pertinent hispanophone et francophone comprendra le terme anglais « move », qui fait partie du vocabulaire courant dans la langue anglaise. De plus, le public pertinent disposant d’une certaine connaissance de l’anglais sera en mesure de comprendre que l’élément verbal de la marque antérieure « moov » est une variante orthographique du mot anglais « move », compte tenu de la proximité lexicale de ces deux termes.

69 Par ailleurs, le public pertinent disposant d’une certaine connaissance de l’anglais reconnaîtra également le mot anglais de base « it » dans la marque antérieure.

70 Ainsi, l’élément verbal « moovit » figurant dans la marque antérieure sera décomposé par le public pertinent en deux éléments, à savoir « move » et « it », ainsi que l’a fait valoir la requérante. En effet, si le consommateur perçoit normalement une marque comme un tout et ne se livre pas à un examen de ses différents détails, il n’en demeure pas moins que, en percevant un signe verbal, il décomposera celui-ci en des éléments verbaux qui, pour lui, ont une signification concrète ou qui ressemblent à des mots qu’il connaît [voir arrêt du 20 septembre 2017, Jordi Nogues/EUIPO – Grupo Osborne (BADTORO), T‑350/13, EU:T:2017:633, point 35 et jurisprudence citée].

71 Dès lors, il convient de constater que la chambre de recours a commis une erreur en considérant que le terme « moovit » de la marque antérieure serait compris comme un élément fantaisiste dépourvu de signification par le public pertinent francophone et hispanophone. En effet, ledit public reconnaîtra les mots anglais « move » et « it » dans la marque antérieure et percevra donc celle-ci comme l’injonction « move it », à laquelle il associera la notion de mouvement.

72 L’élément « moov » de la marque antérieure est évocateur des produits et des services relevant des classes 9 et 42, à savoir les produits et les services à utiliser dans le secteur de la mobilité, et possède donc un caractère distinctif intrinsèque faible, tandis que l’élément « it », pris isolément, n’est pas évocateur de ces produits et de ces services. Le public pertinent percevra toutefois le mot « it » associé au mot « moov » de telle manière qu’aucun de ces mots ne peut être considéré comme l’élément le plus distinctif de la marque antérieure, ce que la requérante ne conteste d’ailleurs pas.

Sur la comparaison visuelle

73 La chambre de recours a constaté que les marques en conflit coïncidaient s’agissant de leurs quatre, voire cinq, premières lettres, à savoir « m », « o », « o » et « v », voire « i », et différaient par leurs terminaisons, à savoir leur dernière lettre respective, « t » pour l’une et « a » pour l’autre, ainsi que par la présence de l’élément verbal « almaviva group » dans la marque contestée. Selon la chambre de recours, ces différences entre les marques en conflit ne seraient pas suffisantes pour faire obstacle à l’existence d’une certaine similitude entre les signes étant donné que les débuts identiques des signes sont accrocheurs. À cet égard, la chambre de recours soutient que la double voyelle « o » est très accrocheuse, parce que le « o », par sa forme ronde, est l’une des lettres les plus volumineuses et parce que les mots contenant un double « o » sont plutôt inhabituels en français et en espagnol. Ainsi, la chambre de recours a conclu que les marques en conflit présentaient un degré moyen de similitude sur le plan visuel.

74 La requérante conteste cette analyse en affirmant que les marques en conflit sont différentes sur le plan visuel au motif que les éléments verbaux « moovit » et « moova » diffèrent, que l’élément figuratif de la marque contestée se lit « moova » plutôt que « moovia » et que la marque contestée contient en outre l’élément distinctif « almaviva ». Par ailleurs, la requérante soutient que la référence faite par la chambre de recours au fait que le double « o » soit très accrocheur sur le plan visuel ne repose sur aucune base juridique.

75 L’EUIPO conteste l’argumentation de la requérante.

76 Selon l’EUIPO, la chambre de recours a conclu à juste titre que les marques en conflit commençaient par la même suite de lettres « m », « o », « o », « v », « (i) », qui occupait la position initiale sur le plan visuel. À cet égard, l’EUIPO soutient que la question de savoir si l’élément verbal de la marque contestée se lit « moovia » ou « moova » est dénuée de pertinence étant donné que la chambre de recours a expressément apprécié les deux perceptions possibles.

77 À titre liminaire, le Tribunal rappelle qu’il résulte de la jurisprudence que rien ne s’oppose à ce que soit vérifiée l’existence d’une similitude visuelle entre une marque verbale et une marque figurative, étant donné que ces deux types de marques ont une configuration graphique capable de donner lieu à une impression visuelle [voir arrêt du 4 mai 2005, Chum/OHMI – Star TV (STAR TV), T‑359/02, EU:T:2005:156, point 43 et jurisprudence citée].

78 À cet égard, il y a lieu de constater que les marques en conflit comportent toutes deux les lettres « m », « o », « o » et « v », ce qui implique un certain degré de similitude entre elles.

79 En outre, il y a également lieu de constater que les signes en conflit présentent un certain nombre de différences sur le plan visuel.

80 En premier lieu, si les marques en conflit ont les lettres « m », « o », « o » et « v » en commun, celles-ci apparaissent dans des polices de caractères et des couleurs sensiblement différentes au sein de la marque contestée. Certes, il est vrai que, lorsqu’une marque est composée d’éléments verbaux et figuratifs, les premiers sont, en principe, plus distinctifs que les seconds, car le consommateur moyen fera plus facilement référence au produit en cause en citant le nom qu’en décrivant l’élément figuratif de la marque [arrêt du 14 juillet 2005, Wassen International/OHMI – Stroschein Gesundkost (SELENIUM-ACE), T‑312/03, EU:T:2005:289, point 37]. Néanmoins, une marque figurative comporte, par définition, une figuration particulière, laquelle, à moins d’être totalement négligeable, doit, même si elle est dominée par des éléments verbaux, être prise en compte dans l’appréciation globale de la similitude des signes en conflit [voir arrêt du 11 décembre 2024, López-Ibor Aliño/EUIPO – Dimensión Estratégica Quality Research (LOPEZ-IBOR ABOGADOS), T‑672/22, non publié, EU:T:2024:892, point 60 et jurisprudence citée]. En l’espèce, les éléments figuratifs de la marque contestée ne sont pas négligeables.

81 En deuxième lieu, les marques en conflit diffèrent par les terminaisons des éléments « moovit » et « moov(i)a », à savoir les deux dernières lettres respectives de ces derniers, « i » et « t » pour l’un, et « (i) » et « a » pour l’autre.

82 En troisième lieu, la marque contestée présente des éléments supplémentaires, notamment l’élément verbal « almaviva group ». Comme cela est indiqué au point 57 ci-dessus, l’élément verbal distinctif « almaviva group », en ce qu’il indique l’origine commerciale des produits et des services en cause, n’est pas négligeable et doit être pris en considération dans l’appréciation globale du risque de confusion.

83 S’il convient d’admettre que les quatre lettres « m », « o », « o » et « v » se retrouvent dans les marques en conflit, la similitude visuelle de ces dernières est limitée à la seule présence de cette combinaison de lettres commune. Les différences entre les signes en conflit, dues aux représentations graphiques différentes de l’élément commun « moov », aux terminaisons des éléments « moovit » et « moov(i)a » et à la présence d’éléments supplémentaires dans la marque contestée, à savoir l’élément verbal « almaviva group » et l’élément figuratif qui constitue la branche droite de la lettre « v », contribuent, dans une mesure considérable, à distinguer sur le plan visuel les marques en conflit.

84 Par conséquent, il y a lieu de conclure, contrairement à la décision de la chambre de recours, que les signes en conflit ne présentent qu’un faible degré de similitude visuelle.

Sur la comparaison phonétique

85 La chambre de recours a considéré que les signes présentaient une coïncidence phonétique s’agissant de la prononciation de leur élément initial commun, à savoir « moov(i) », et différaient par la prononciation des terminaisons de leurs éléments respectifs, à savoir « it » et « (i)a ». En ce qui concerne l’élément verbal « almaviva group » présent dans la marque contestée, la chambre de recours a conclu que cet élément pourrait ne pas être prononcé du tout en raison de sa position à la fin du signe, de sa petite taille et de son importance secondaire dans ce signe. Étant donné que les terminaisons divergentes ne sauraient compenser les débuts identiques, sur lesquels l’attention est généralement focalisée, la chambre de recours a conclu que les marques en conflit avaient un degré moyen de similitude phonétique.

86 La requérante fait valoir que c’est à tort que la chambre de recours s’est concentrée sur la suite de lettres initiales commune « m », « o », « o », « v » et qu’elle a rejeté l’élément distinctif « almaviva » de la marque contestée, en affirmant qu’il ne serait probablement pas prononcé.

87 L’EUIPO conteste l’argumentation de la requérante et fait valoir que la chambre de recours a considéré à juste titre que, s’agissant des marques en conflit, des terminaisons divergentes ne sauraient compenser des débuts identiques. L’EUIPO ajoute que l’affirmation de la requérante selon laquelle l’élément « almaviva group » sera nécessairement prononcé ne tient pas compte de la configuration factuelle de la marque contestée. En effet, cette dénomination sociale ne jouerait qu’un rôle secondaire dans ladite marque.

88 À cet égard, il y a lieu de constater, à l’instar de la chambre de recours, que, sur le plan phonétique, les marques en conflit coïncident s’agissant de la prononciation de leur élément verbal commun « moov ».

89 Par ailleurs, les marques en conflit se distinguent par les terminaisons différentes des éléments verbaux « moovit » et « moov(i)a ». À cet égard, il y a lieu d’observer que, en l’espèce, le son des lettres finales respectives de ces éléments crée une impression de dissimilitude importante.

90 En ce qui concerne l’élément verbal « almaviva group » de la marque contestée, il y a lieu de constater, comme cela est indiqué au point 82 ci-dessus, que cet élément n’est pas négligeable et doit être pris en considération dans l’appréciation globale du risque de confusion. En effet, compte tenu du caractère distinctif de l’élément « almaviva group », rien ne permet de supposer que, comme le souligne l’EUIPO, le public pertinent ne prononcera pas cet élément de la marque contestée.

91 Néanmoins, compte tenu de l’identité phonétique partielle des signes en conflit résultant de la présence de leur élément verbal commun « moov », les différences relevées ne sont pas suffisantes pour écarter, chez le consommateur pertinent, l’impression selon laquelle ces marques présentent un certain degré de similitude sur le plan phonétique.

92 Dans ces conditions, la chambre de recours a pu conclure, à juste titre, à l’existence d’un degré moyen de similitude phonétique entre les signes en conflit.

Sur la comparaison conceptuelle

93 Au point 94 de la décision attaquée, la chambre de recours a considéré qu’aucune comparaison conceptuelle ne pouvait être effectuée étant donné qu’aucun des signes en conflit, pris dans son ensemble, n’avait de signification qui soit clairement et immédiatement comprise par les consommateurs concernés.

94 La requérante fait valoir que la marque antérieure sera comprise comme l’injonction « move it » et qu’elle est ainsi dotée d’une signification, contrairement à la marque contestée, qui en est dépourvue. Partant, les marques en conflit seraient différentes sur le plan conceptuel.

95 L’EUIPO conteste l’argumentation de la requérante et fait valoir qu’aucun des signes en conflit, pris dans son ensemble, ne véhicule de signification qui soit clairement et immédiatement comprise par les parties hispanophone et francophone du public pertinent.

96 D’une part, comme cela est indiqué au point 71 ci-dessus, en l’espèce, les parties hispanophone et francophone du public pertinent décomposeront la marque antérieure en deux éléments verbaux, « moov » et « it », et percevront donc celle-ci comme l’injonction « move it », à laquelle ils associeront la notion de mouvement.

97 D’autre part, aucune des parties ne conteste la conclusion de la chambre de recours selon laquelle la marque contestée est dépourvue de signification.

98 Ainsi, il y a lieu de constater que la marque antérieure présente une signification aux yeux du public pertinent, tandis que la marque contestée en est dépourvue.

99 Sur cette base il y a lieu de constater que les marques en conflit présentent des différences sur le plan conceptuel.

Sur le caractère distinctif intrinsèque de la marque antérieure

100 La chambre de recours a conclu, au point 99 de la décision attaquée, que la marque antérieure possédait un caractère distinctif moyen, étant donné que l’élément verbal « moovit » n’avait aucun lien avec les produits et les services compris dans les classes 9 et 42.

101 La requérante soutient, en premier lieu, que l’élément « moov » de la marque antérieure est générique et largement utilisé dans les marques de l’Union européenne désignant des produits compris dans la classe 9 et des services compris dans la classe 42, ce qui le rend dépourvu de caractère distinctif ou seulement très faiblement distinctif.

102 En second lieu, la requérante fait valoir que le terme « moovit » sera compris par le public pertinent comme l’expression « move it » (à savoir « déplace-le »). Ainsi, ce terme est descriptif des services et des produits dans le secteur de la mobilité.

103 L’EUIPO conteste l’argumentation de la requérante.

104 Premièrement, en ce qui concerne le premier grief de la requérante, l’EUIPO fait valoir que le caractère distinctif d’une marque doit être apprécié du point de vue du public pertinent, et non en comptant les entrées d’une base de données.

105 Deuxièmement, en ce qui concerne le deuxième grief de la requérante, l’EUIPO soutient que le public pertinent percevra l’élément « moovit » de la marque antérieure comme un élément fantaisiste n’ayant aucun lien avec les produits et les services compris dans les classes 9 et 42.

106 Il convient de rappeler que, aux fins de l’appréciation du caractère distinctif d’une marque ou d’un élément composant une marque, il y a lieu d’examiner l’aptitude plus ou moins grande de cet élément à contribuer à identifier les produits pour lesquels la marque a été enregistrée comme provenant d’une entreprise déterminée et donc à distinguer ces produits de ceux d’autres entreprises. Lors de cette appréciation, il convient de prendre en considération notamment les qualités intrinsèques de l’élément en cause au regard de la question de savoir si celui-ci est ou non dénué de tout caractère descriptif des produits pour lesquels la marque a été enregistrée [arrêt du 11 novembre 2020, Deutsche Post/EUIPO – Pošta Slovenije (Représentation d’un cor stylisé), T‑25/20, non publié, EU:T:2020:537, point 38].

107 S’agissant du premier grief de la requérante selon lequel il existe de nombreuses marques de l’Union européenne qui comportent l’élément « moov », il y a lieu de souligner que le facteur pertinent aux fins de la contestation du caractère distinctif d’un élément consiste dans sa présence effective sur le marché, et non dans des registres ou des bases de données [arrêt du 8 mars 2013, Mayer Naman/OHMI – Daniel e Mayer (David Mayer), T‑498/10, non publié, EU:T:2013:117, point 77]. Or, la requérante n’a pas démontré une présence effective, sur le marché des produits et des services en cause, de l’élément « moov ». Ainsi, il y a lieu d’écarter l’argument de la requérante concernant l’existence d’autres marques qui comportent l’élément verbal « moov ».

108 S’agissant du deuxième grief de la requérante, il y a lieu de relever, comme cela est indiqué au point 71 ci-dessus, que le public pertinent percevra la marque antérieure comme étant composée de mots distincts auxquels il associera la notion de mouvement.

109 Partant, étant donné que tous les produits et les services visés par la marque antérieure sont liés aux produits et aux services relatifs au secteur de la mobilité, l’élément verbal de la marque antérieure est descriptif desdits produits et services. Par conséquent, le degré de caractère distinctif de la marque antérieure ne peut être que faible.

110 Dès lors, la chambre de recours a commis une erreur d’appréciation en considérant que la marque antérieure possédait un caractère distinctif moyen.

Sur l’appréciation globale du risque de confusion

111 En l’espèce, aux points 95 à 101 de la décision attaquée, la chambre de recours a considéré, en substance, que, compte tenu de l’identité ou de la similitude des produits et des services en cause, des similitudes visuelle et phonétique des signes en conflit ainsi que du caractère distinctif moyen de la marque antérieure, il existait un risque de confusion pour le public pertinent francophone et hispanophone.

112 La requérante conteste cette conclusion de la chambre de recours. Elle soutient, en substance, qu’il n’existe pas de risque de confusion, compte tenu des différences existant entre les signes en conflit.

113 L’EUIPO conteste l’argumentation de la requérante en faisant valoir que celle-ci n’a pas démontré l’existence d’une quelconque erreur dans l’appréciation globale du risque de confusion effectuée par la chambre de recours.

114 L’existence d’un risque de confusion dans l’esprit du public doit être appréciée globalement en tenant compte de tous les facteurs pertinents du cas d’espèce et le caractère distinctif d’une marque antérieure figure au nombre de ces facteurs pertinents (arrêt du 18 juin 2020, Primart/EUIPO, C‑702/18 P, EU:C:2020:489, point 51 ; voir, également, arrêt du 11 novembre 2020, Représentation d’un cor stylisé, T‑25/20, non publié, EU:T:2020:537, point 48 et jurisprudence citée).

115 Ainsi que cela a été établi précédemment, en l’espèce, les produits compris dans la classe 9 visés par les marques en conflit étaient soit identiques, soit similaires à un degré élevé et les services compris dans la classe 42 désignés par lesdites marques étaient soit identiques, soit similaires à un degré moyen (voir point 41 ci-dessus). En outre, les marques en conflit sont faiblement similaires sur le plan visuel (voir point 84 ci-dessus) et elles présentent une similitude moyenne sur le plan phonétique (voir point 92 ci-dessus). Sur le plan conceptuel, les signes en conflit sont différents (voir point 99 ci-dessus) et la marque antérieure dispose d’un caractère distinctif intrinsèque faible (voir point 109 ci-dessus).

116 Le degré de caractère distinctif de la marque antérieure détermine l’étendue de la protection conférée par celle-ci. Lorsque le caractère distinctif de la marque antérieure est important, une telle circonstance est de nature à augmenter le risque de confusion (voir, en ce sens, arrêt du 5 mars 2020, Foundation for the Protection of the Traditional Cheese of Cyprus named Halloumi/EUIPO, C‑766/18 P, EU:C:2020:170, point 70 et jurisprudence citée). Inversement, lorsque le caractère distinctif de la marque antérieure est faible, l’étendue de la protection conférée par celle-ci est également faible, même si l’existence d’un risque de confusion n’est pas exclue dans ce dernier cas (arrêt du 11 novembre 2020, Représentation d’un cor stylisé, T‑25/20, non publié, EU:T:2020:537, point 49).

117 Selon la jurisprudence, s’agissant d’une marque présentant un caractère distinctif faible, ayant ainsi une capacité réduite à identifier comme provenant d’une entreprise donnée les produits ou les services pour lesquels elle a été enregistrée, le degré de similitude entre les signes doit être élevé pour justifier d’un risque de confusion, sauf à risquer de conférer à cette marque une protection excessive [voir, en ce sens, arrêt du 5 octobre 2020, Eugène Perma France/EUIPO – SPI Investments Group (NATURANOVE), T‑602/19, non publié, EU:T:2020:463, point 56] et de conférer à son titulaire un quasi-monopole sur la notion même de mouvement.

118 Or, en l’espèce, d’une part, la similitude moyenne sur le plan phonétique des signes en conflit est contrebalancée par leur similitude faible sur le plan visuel et par les différences qu’ils présentent sur le plan conceptuel, ce qui les rend globalement faiblement similaires. De plus, en ce qui concerne les services relevant de la classe 42, le public pertinent dispose d’un niveau d’attention supérieur à la moyenne de nature à réduire encore davantage le risque de confusion.

119 Ainsi, en application du principe d’interdépendance des facteurs à prendre en considération rappelé au point 114 ci-dessus et en dépit de l’identité ou de la similitude des produits et des services en cause, force est de conclure qu’aucun risque de confusion dans l’esprit du public pertinent ne saurait être constaté. Il y a donc lieu, pour ces motifs, d’accueillir le moyen unique de la requérante et d’annuler la décision attaquée dans la mesure où la chambre de recours a conclu à l’existence d’un risque de confusion entre les marques en conflit.

Sur le deuxième chef de conclusions de la requérante, visant à déclarer la validité de la marque contestée pour tous les produits restants relevant des classes 9 et 42

120 L’EUIPO conteste la recevabilité du deuxième chef de conclusions de la requérante, invitant le Tribunal à déclarer la validité de la marque contestée pour tous les produits restants relevant des classes 9 et 42.

121 Par ce deuxième chef de conclusions, la requérante demande, en substance, la réformation de la décision attaquée. En effet, ce chef de conclusions doit être compris en ce sens que la requérante souhaite obtenir un arrêt concluant que la demande en nullité formée contre la marque contestée doit être rejetée.

122 À cet égard, il ressort de l’article 72, paragraphes 2 et 3, du règlement 2017/1001 que le Tribunal a compétence aussi bien pour annuler que pour réformer la décision d’une chambre de recours de l’EUIPO. Ce pouvoir de réformation n’a toutefois pas pour effet de conférer au Tribunal la compétence pour procéder à une appréciation sur laquelle la chambre de recours n’a pas encore pris position. L’exercice dudit pouvoir de réformation est en effet limité aux situations dans lesquelles le Tribunal, après avoir contrôlé l’appréciation portée par la chambre de recours, est en mesure de déterminer, sur la base des éléments de droit et de fait tels qu’ils sont établis, la décision que la chambre de recours était tenue de prendre (voir, en ce sens, arrêt du 23 janvier 2025, EUIPO/Neoperl, C‑93/23 P, EU:C:2025:33, points 68 et 69).

123 En l’espèce, après avoir contrôlé l’appréciation portée par la chambre de recours sur le motif lié à l’application de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, le Tribunal est en mesure de déterminer la décision que cette dernière était tenue de prendre, ce dont il résulte qu’il dispose du pouvoir de réformer la décision attaquée.

124 Le moyen unique soulevé par la requérante ayant été accueilli, il en résulte que la chambre de recours devait considérer qu’il n’existait pas de risque de confusion en l’espèce. La chambre de recours était alors tenue de rejeter la demande en nullité formée par l’autre partie à la procédure devant la chambre de recours.

125 Par conséquent, il y a lieu, pour le Tribunal, par réformation de la décision attaquée, de rejeter cette demande en nullité.

Sur les dépens

126 Aux termes de l’article 134, paragraphe 1, du règlement de procédure du Tribunal, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens.

127 La requérante a conclu à ce que l’EUIPO soit condamné aux dépens qu’elle a exposés au titre de la procédure devant le Tribunal ainsi qu’à ceux exposés aux stades antérieurs de la procédure.

128 En l’espèce, l’EUIPO ayant succombé, il y a lieu de le condamner à supporter les dépens exposés par la requérante relatifs à la procédure devant le Tribunal.

129 S’agissant des dépens relatifs aux procédures devant la division d’annulation et devant la chambre de recours, il convient de rappeler que, en vertu de l’article 190, paragraphe 2, du règlement de procédure, les frais indispensables exposés par les parties aux fins de la procédure devant la chambre de recours sont considérés comme dépens récupérables. Il n’en va toutefois pas de même des frais exposés aux fins de la procédure devant la division d’annulation [arrêt du 13 juin 2017, Ball Beverage Packaging Europe/EUIPO – Crown Hellas Can (Canettes), T‑9/15, EU:T:2017:386, point 102].

130 Partant, la demande de la requérante tendant à ce que l’EUIPO soit condamné aux dépens relatifs aux procédures devant la division d’annulation et devant la chambre de recours ne peut être accueillie que s’agissant des seuls dépens exposés aux fins de la procédure devant la chambre de recours.

Par ces motifs,

LE TRIBUNAL (septième chambre)

déclare et arrête :

1) La décision de la cinquième chambre de recours de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) du 27 mai 2025 (affaire R 1891/20245) est annulée dans la mesure où la chambre de recours a conclu à l’existence d’un risque de confusion entre les marques en conflit.

2) La demande en nullité formée par Moovit App Global Ltd est rejetée.

3) L’EUIPO supportera ses propres dépens ainsi que ceux exposés par Almaviva – The Italian Innovation SpA devant le Tribunal et devant la chambre de recours.

Kecsmár

Nihoul

Öberg

Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 9 septembre 2026.

Signatures


* Langue de procédure : l’anglais.

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14/09/2026

Jurisprudence CJUE62026TO0305(01)

Ordonnance du président du Tribunal du 14 septembre 2026.#SNF Group contre Agence européenne des produits chimiques.#Référé – Produits biocides – Liste des substances actives et de leurs fournisseurs prévue à l’article 95 du règlement (UE) no°528/2012 – Inscription d’une société sur la liste en tant que fournisseur autorisé de la substance active sulfate de tétrakis(hydroxyméthyl)phosphonium (2:1) pour les types de produits 6, 11 et 12 – Demande de sursis à exécution – Défaut d’urgence.#Affaire T-305/26 R.

14/09/2026

Jurisprudence CJUE62026TO0359(01)

Ordonnance du président du Tribunal du 14 septembre 2026.#YOU Solutions Germany GmbH contre Agence européenne des produits chimiques.#Référé – Produits biocides – Liste des substances actives et de leurs fournisseurs prévue à l’article 95 du règlement (UE) no 528/2012 – Inscription d’une société sur la liste en tant que fournisseur autorisé de la substance active sulfate de N‑(3‑aminopropyl)‑N‑dodécylpropane‑1,3‑diamine pour les types de produits 2 à 4 – Demande de sursis à exécution – Défaut d’urgence.#Affaire T-359/26 R.

14/09/2026

Jurisprudence CJUE62026TO0304(01)

Ordonnance du président du Tribunal du 14 septembre 2026.#SNF Group contre Agence européenne des produits chimiques.#Référé – Produits biocides – Liste des substances actives et de leurs fournisseurs prévue à l’article 95 du règlement (UE) no 528/2012 – Inscription d’une société sur la liste en tant que fournisseur autorisé de la substance active sulfate de tétrakis(hydroxyméthyl)phosphonium (2:1) pour le type de produits 11 – Demande de sursis à exécution – Défaut d’urgence.#Affaire T-304/26 R.

14/09/2026