Jurisprudence CJUE62025TJ0632

Arrêt du Tribunal (cinquième chambre) du 2 septembre 2026.#Xaipix sp. z o.o. contre Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle.#* Langue de procédure : l’anglais. Marque de l’Union européenne – Procédure d’opposition – Demande de marque de l’Union européenne figurative Aipix – Marque internationale verbale antérieure VAPIX – Motif relatif de refus – Risque de confusion – Article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (UE) 2017/1001 – Obligation de motivation – Article 94, paragraphe 1, du règlement 2017/1001».#Affaire T-632/25.

CELEX62025TJ0632
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 2 septembre 2026

Texte intégral

DOCUMENT DE TRAVAIL

ARRÊT DU TRIBUNAL (cinquième chambre)

2 septembre 2026

(*) Marque de l’Union européenne – Procédure d’opposition – Demande de marque de l’Union européenne figurative Aipix – Marque internationale verbale antérieure VAPIX – Motif relatif de refus – Risque de confusion – Article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (UE) 2017/1001 – Obligation de motivation – Article 94, paragraphe 1, du règlement 2017/1001 »

Dans l’affaire T‑632/25,

Xaipix sp. z o.o., établie à Varsovie (Pologne), représentée par Me K. Pyszków, avocate,

partie requérante,

contre

Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), représenté par M. J. Ivanauskas, en qualité d’agent,

partie défenderesse,

l’autre partie à la procédure devant la chambre de recours de l’EUIPO, intervenant devant le Tribunal, étant

Axis AB, établie à Lund (Suède), représentée par Mes J. Norderyd et T. Carlsson, avocats,

LE TRIBUNAL (cinquième chambre),

composé de M. M. Sampol Pucurull, président, Mme M. Stancu (rapporteure) et M. W. Valasidis, juges,

greffier : M. V. Di Bucci,

vu la phase écrite de la procédure,

vu l’absence de demande de fixation d’une audience présentée par les parties dans le délai de trois semaines à compter de la signification de la clôture de la phase écrite de la procédure et ayant décidé, en application de l’article 106, paragraphe 3, du règlement de procédure du Tribunal, de statuer sans phase orale de la procédure,

rend le présent

Arrêt

1 Par son recours fondé sur l’article 263 TFUE, la requérante, Xaipix sp. z o.o., demande l’annulation de la décision de la première chambre de recours de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) du 17 juillet 2025 (affaire R 161/2025-1) (ci-après la « décision attaquée »).

I. Antécédents du litige

2 Le 24 février 2023, la requérante a présenté à l’EUIPO une demande d’enregistrement de marque de l’Union européenne pour le signe figuratif suivant :

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3 La marque demandée désignait les produits relevant de la classe 9 au sens de l’arrangement de Nice concernant la classification internationale des produits et des services aux fins de l’enregistrement des marques, du 15 juin 1957, tel que révisé et modifié, et correspondant à la description suivante : « Systèmes de vidéosurveillance ; enregistrements vidéo téléchargeables ; logiciels vidéo interactifs ».

4 Le 14 septembre 2023, l’intervenante, Axis AB, a formé opposition à l’enregistrement de la marque demandée pour les produits visés au point 3 ci-dessus.

5 L’opposition était fondée, notamment, sur l’enregistrement international désignant l’Union européenne de la marque verbale antérieure VAPIX, déposée et enregistrée le 12 mai 2021, sous le numéro 1 618 680, couvrant, entre autres, des produits relevant de la classe 9 et correspondant à la description suivante : « Interface pour appareils et instruments cinématographiques, optiques ; interface pour appareils et instruments de mesurage, de signalisation et de commande (surveillance) ; interface pour appareils pour l’enregistrement, la réception, la transmission ou la reproduction de sons et d’images ; interface (pour ordinateurs) ; logiciels d’applications informatiques à utiliser en tant qu’interface de programmation d’applications (API) ; interfaces de programmation d’applications (API) pour systèmes de surveillance, appareils de prise de vues, contrôle d’accès, interphones audio et vidéo, radars et haut-parleurs ; appareils de surveillance de sécurité ; appareils de vidéosurveillance ; installations électriques et électroniques de vidéosurveillance, appareils de prise de vues, y compris, entre autres, appareils de prise de vues numériques, appareils de prise de vues réseau, appareils de prise de vues Web, appareils de prise de vues IP, appareils de prise de vues thermiques ; appareils de contrôle d’accès ; installations de contrôle d’accès ; appareils d’intercommunication ; installations d’intercommunication ; systèmes d’intercommunication vidéo ; systèmes d’interphones audio ; logiciels pour appareils de vidéosurveillance, appareils d’intercommunication et appareils de contrôle d’accès ; accessoires, parties et composants pour appareils de vidéosurveillance, appareils d’intercommunication et appareils de contrôle d’accès ; logiciels informatiques ; logiciels d’applications informatiques pour ordinateurs personnels portatifs et dispositifs mobiles ; serveurs en nuage ; radars ; microphones ; haut-parleurs élémentaires ».

6 Le motif invoqué à l’appui de l’opposition était celui visé à l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (UE) 2017/1001 du Parlement européen et du Conseil, du 14 juin 2017, sur la marque de l’Union européenne (JO 2017, L 154, p. 1).

7 Le 27 novembre 2024, la division d’opposition a rejeté l’opposition dans son intégralité.

8 Le 22 janvier 2025, l’intervenante a formé un recours auprès de l’EUIPO contre la décision de la division d’opposition.

9 Par la décision attaquée, la chambre de recours a accueilli le recours au motif que, compte tenu de la similitude visuelle inférieure à la moyenne et de la similitude phonétique moyenne des signes en conflit, du degré normal de caractère distinctif de la marque antérieure ainsi que de l’identité et de la forte similitude des produits couverts par les marques en conflit, il existait un risque de confusion au moins dans l’esprit du grand public espagnol faisant preuve d’un niveau d’attention moyen.

II. Conclusions des parties

10 La requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– annuler la décision attaquée et déclarer qu’il y a lieu de procéder à l’enregistrement de la marque demandée pour les produits en cause ;

– condamner l’intervenante aux dépens, y compris ceux exposés au cours des procédures devant la division d’opposition et la chambre de recours, et l’EUIPO aux dépens exposés dans le cadre de la procédure devant le Tribunal ;

– à titre subsidiaire, annuler la décision attaquée et condamner l’EUIPO et l’intervenante aux dépens exposés dans le cadre de la procédure devant le Tribunal.

11 L’EUIPO conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– rejeter le recours ;

– condamner la requérante aux dépens en cas de convocation à une audience.

12 L’intervenante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– rejeter le recours ;

– condamner la requérante aux dépens.

III. En droit

A. Sur la compétence du Tribunal

13 En ce qui concerne la seconde partie du premier chef de conclusions de la requérante tel que présenté à titre principal et tendant à ce que le Tribunal déclare qu’il y a lieu de procéder à l’enregistrement de la marque demandée, il suffit de rappeler que, dans le cadre du contrôle de légalité fondé sur l’article 263 TFUE, le Tribunal n’a pas compétence pour prononcer des jugements déclaratoires (voir, en ce sens, ordonnance du 9 décembre 2003, Italie/Commission, C‑224/03, non publiée, EU:C:2003:658, points 20 et 21, et arrêt du 4 février 2009, Omya/Commission, T‑145/06, EU:T:2009:27, point 23). Il s’ensuit qu’il y a lieu de rejeter cette partie du premier chef de conclusions de la requérante pour cause d’incompétence.

B. Sur le fond

14 À l’appui de ses conclusions en annulation, la requérante soulève formellement quatre moyens, lesquels peuvent être regroupés comme suit. En premier lieu, dans le cadre de ses premier à troisième moyens, la requérante se prévaut, en substance, d’une violation de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 en ce que la chambre de recours aurait conclu à tort à un risque de confusion. En second lieu, dans le cadre de son quatrième moyen, la requérante estime que la chambre de recours a violé l’article 94, paragraphe 1, du règlement 2017/1001 en ne satisfaisant pas, dans la décision attaquée, à l’obligation de motivation qui lui incombait.

15 Le Tribunal estime opportun d’examiner en premier lieu le quatrième moyen du recours avant d’examiner, conjointement, les premier à troisième moyens.

1. Sur le quatrième moyen tiré de l’insuffisance de motivation de la décision attaquée

16 Dans le cadre de son quatrième moyen, la requérante soutient que la chambre de recours a violé l’obligation de motivation qui lui incombe en vertu de l’article 94, paragraphe 1, du règlement 2017/1001 en émettant, à plusieurs reprises dans la décision attaquée, des affirmations arbitraires et non étayées.

17 En premier lieu, la requérante reproche à la chambre de recours de ne pas avoir étayé de manière suffisante et adéquate plusieurs des appréciations émises dans le cadre de son analyse relative à la similitude des signes en conflit. Ainsi, premièrement, la chambre de recours n’aurait pas suffisamment expliqué la raison pour laquelle les différences existantes entre les parties initiales des marques en conflit et leur longueur limitée devaient être considérées comme insuffisantes pour exclure toute similitude auprès du public pertinent. Deuxièmement, la chambre de recours n’aurait pas étayé à suffisance de droit sa considération selon laquelle l’élément figuratif de la marque demandée était purement décoratif et sans pertinence réelle aux fins de la comparaison avec la marque antérieure.

18 En second lieu, la requérante se prévaut de plusieurs imprécisions entachant l’analyse de l’appréciation globale du risque de confusion. Premièrement, la chambre de recours aurait considéré à tort et sans justification que les titulaires des marques en conflit seraient des concurrentes directes et que, par conséquent, les signes en conflit auraient dû être suffisamment éloignés l’un de l’autre afin d’éviter tout risque de confusion. Deuxièmement, la requérante fait valoir une confusion dans l’analyse de la chambre de recours en ce qui concerne les premières lettres « ai » de la marque demandée. À cet égard, il aurait été allégué que, même si le public pertinent comprenait lesdites premières lettres comme faisant référence à l’intelligence artificielle, cela ne suffirait pas pour considérer que les marques en conflit seraient dissemblables sur le plan conceptuel dès lors qu’un tel élément serait descriptif et ne pourrait avoir qu’une incidence limitée sur la comparaison desdits signes. La requérante soutient au contraire que la signification claire d’une marque peut influencer la comparaison des marques même dans l’hypothèse où celle-ci est descriptive.

19 L’EUIPO et l’intervenante contestent les arguments de la requérante.

20 Aux termes de l’article 94, paragraphe 1, du règlement 2017/1001, les décisions de l’EUIPO sont motivées. L’obligation de motivation, ainsi consacrée, a la même portée que celle découlant de l’article 296 TFUE. Il est de jurisprudence constante que la motivation exigée par l’article 296 TFUE doit faire apparaître, de façon claire et non équivoque, le raisonnement de l’auteur de l’acte de manière à permettre aux intéressés de connaître les justifications de la mesure prise et à la juridiction compétente d’exercer son contrôle. Il n’est pas exigé que la motivation spécifie tous les éléments de fait et de droit pertinents, dans la mesure où la question de savoir si la motivation d’un acte satisfait aux exigences de l’article 296 TFUE doit être appréciée au regard non seulement de son libellé, mais aussi de son contexte ainsi que de l’ensemble des règles juridiques régissant la matière concernée [arrêts du 21 octobre 2004, KWS Saat/OHMI, C‑447/02 P, EU:C:2004:649, points 63 à 65, et du 13 février 2020, Repsol/EUIPO (INVENTEMOS EL FUTURO), T‑8/19, non publié, EU:T:2020:66, point 34].

21 En outre, il y a lieu de rappeler que l’obligation de motivation constitue une formalité substantielle qui doit être distinguée de la question du bien-fondé de la motivation, celui-ci relevant de la légalité au fond de l’acte litigieux. En effet, la motivation d’une décision consiste à exprimer formellement les motifs sur lesquels repose cette décision. Si ces motifs sont entachés d’erreurs, celles-ci entachent la légalité au fond de la décision, mais non la motivation de celle-ci, qui peut être suffisante tout en exprimant des motifs erronés [voir, en ce sens, arrêts du 19 septembre 2018, Volkswagen/EUIPO – Paalupaikka (MAIN AUTO WHEELS), T‑623/16, non publié, EU:T:2018:561, point 71, et du 14 septembre 2022, Lotion/EUIPO (BLACK IRISH), T‑498/21, non publié, EU:T:2022:543, point 63].

22 En l’espèce, il ressort des points 21 à 30 et 32 à 35 de la décision attaquée que la chambre de recours a, contrairement à ce que soutient la requérante, motivé à suffisance de droit son analyse concernant, respectivement, la similitude des signes en conflit et l’appréciation globale de l’existence d’un risque de confusion. Elle a ainsi permis, d’une part, à la requérante de connaître les motifs de la décision attaquée à ces égards afin de défendre ses droits et, d’autre part, au Tribunal saisi de la présente affaire d’exercer son contrôle de la légalité sur ces aspects de la décision attaquée.

23 En effet, s’agissant, en premier lieu, de la similitude des signes en conflit, il convient de relever que, aux points 21 à 30 de la décision attaquée, la chambre de recours a procédé, de manière détaillée, à une comparaison desdits signes sur les plans visuel, phonétique et conceptuel.

24 À cette occasion, force est de constater, premièrement, que la chambre de recours a notamment expliqué les raisons pour lesquelles lesdits signes devaient être considérés comme étant, en dépit des différences existantes dans leurs parties initiales, similaires à un degré inférieur à la moyenne sur le plan visuel et similaires à un degré moyen sur le plan phonétique. Ainsi, sur le plan visuel, la chambre de recours a indiqué, au point 28 de la décision attaquée, que, même si les consommateurs remarquaient les différences existantes entre les parties initiales des signes en conflit, la coïncidence existante au niveau de leur dernière syllabe « pix » ne saurait passer inaperçue auprès du public pertinent espagnol, et ce d’autant plus que la lettre « x » serait visuellement frappante et peu utilisée en espagnol. Sur le plan phonétique, la chambre de recours, après avoir constaté que l’élément figuratif du signe contesté n’avait pas vocation à être prononcé, a relevé, au point 29 de la décision attaquée, que les signes en conflit coïncidaient par la prononciation de leur dernière syllabe « pix », qui serait, en outre, celle que les consommateurs espagnols accentueraient d’après les règles de prononciation espagnoles.

25 Deuxièmement, il importe de relever que, aux points 25 et 26 de la décision attaquée, la chambre de recours a indiqué que l’élément verbal « aipix » de la marque figurative demandée devait être considéré comme étant l’élément le plus distinctif de ladite marque compte tenu de ce que l’élément figuratif de ce signe, en ce qu’il consiste en la représentation de quatre lignes légèrement incurvées de couleur turquoise disposées par paires, était purement décoratif. La chambre de recours a également précisé, à cet égard, que les consommateurs portaient généralement leur attention sur les éléments verbaux d’une marque complexe plutôt que sur ses éléments figuratifs.

26 Il en résulte donc que, contrairement à ce que soutient la requérante, la chambre de recours a exposé à suffisance de droit, dans le cadre de son analyse de la comparaison des signes en conflit, non seulement les raisons pour lesquelles lesdits signes devaient être considérés comme étant similaires à un degré inférieur à la moyenne sur le plan visuel et similaires à un degré moyen sur le plan phonétique, et ce malgré les différences existantes dans leur partie initiale, mais également celles pour lesquelles elle a estimé que l’élément figuratif du signe demandé était, avant tout, purement décoratif.

27 Quant à la question de savoir si de telles appréciations sont justifiées, il y a lieu de relever que celle-ci relève du bien-fondé de la motivation de la décision attaquée et non de l’existence ou de la suffisance de motivation de celle-ci, si bien qu’elle est dénuée de pertinence dans le cadre du présent moyen (voir point 21 ci-dessus).

28 S’agissant, en second lieu, de l’appréciation globale de l’existence d’un risque de confusion, il y a lieu de relever que, aux points 32 à 35 de la décision attaquée, la chambre de recours a également détaillé de façon précise et compréhensible les raisons pour lesquelles, selon elle, il existait un risque de confusion au moins dans l’esprit du grand public espagnol.

29 Ainsi, au point 34 de la décision attaquée, la chambre de recours a fait application du principe d’interdépendance et considéré que, compte tenu de l’impression d’ensemble similaire générée par les signes en conflit, de l’identité ou de la forte similitude des produits en cause, du caractère distinctif normal de la marque antérieure et du fait que les titulaires des marques en conflit étaient des concurrentes directes, les différences existantes entre lesdits signes n’étaient pas suffisamment importantes pour permettre d’exclure tout risque de confusion. Par souci d’exhaustivité, la chambre de recours a également ajouté, au point 35 de la décision attaquée, que, même si le public espagnol comprenait la partie initiale « ai » du signe contesté comme l’abréviation anglaise de « artificial intelligence » (intelligence artificielle), et donc comme une indication descriptive des produits en cause, une telle circonstance ne suffisait pas pour considérer que les marques en conflit étaient dissemblables sur le plan conceptuel, car un élément descriptif ne pouvait avoir qu’un impact limité sur la comparaison des signes.

30 Or, eu égard, premièrement, à l’appréciation contestée par la requérante selon laquelle les titulaires des marques en conflit étaient des concurrentes directes, il convient de relever qu’une telle appréciation fait suite à l’analyse développée aux points 16 à 20 de la décision attaquée par laquelle la chambre de recours a constaté que les produits couverts par les marques en conflit étaient identiques ou très similaires. Compte tenu d’une telle identité ou de la grande similitude des produits couverts par les marques en conflit, au demeurant non contestée par la requérante dans le cadre du présent recours, cette dernière était donc en mesure de comprendre la raison pour laquelle la chambre de recours a considéré qu’elle constituait une concurrente directe de l’intervenante.

31 En ce qui concerne, deuxièmement, l’analyse prétendument confuse de la partie initiale « ai » du signe demandé, il suffit de relever que l’argumentation de la requérante tend en réalité à contester le bien-fondé de la motivation de la décision attaquée, de sorte que celle-ci est dénuée de pertinence dans le cadre du présent moyen, au regard de la jurisprudence citée au point 21 ci-dessus. En tout état de cause, la formulation de cette partie de l’analyse de la décision attaquée, rappelée au point 29 ci-dessus, a mis la requérante en mesure d’en comprendre les motifs et de formuler un argument à cet égard tel qu’il ressort du point 18 ci-dessus.

32 Il résulte de l’ensemble des considérations qui précèdent que la requérante n’est donc pas fondée à soutenir que la chambre de recours a motivé insuffisamment ou de manière non compréhensible les fondements de la décision attaquée.

33 Dès lors, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

2. Sur les premier à troisième moyens, tirés de la violation de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001

34 Dans le cadre de ses premier à troisième moyens, qu’il convient d’examiner conjointement, la requérante se prévaut, en substance, d’une violation de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, en ce que la chambre de recours aurait conclu à tort à un risque de confusion.

35 Ainsi, par son premier moyen, la requérante estime que la chambre de recours a apprécié de manière erronée le niveau d’attention du public pertinent. Par son deuxième moyen, la requérante soutient que la chambre de recours a commis des erreurs dans l’appréciation de la similitude des signes en conflit. Par son troisième moyen, la requérante se prévaut d’une mauvaise application, par la chambre de recours, du principe d’interdépendance et, partant, d’une évaluation erronée du risque de confusion.

36 Aux termes de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, sur opposition du titulaire d’une marque antérieure, la marque demandée est refusée à l’enregistrement lorsque, en raison de son identité ou de sa similitude avec une marque antérieure et en raison de l’identité ou de la similitude des produits ou des services que les deux marques désignent, il existe un risque de confusion dans l’esprit du public du territoire sur lequel la marque antérieure est protégée. Le risque de confusion comprend le risque d’association avec la marque antérieure. Par ailleurs, en vertu de l’article 8, paragraphe 2, sous a), iv), du règlement 2017/1001, il convient d’entendre par « marques antérieures » les marques qui ont fait l’objet d’un enregistrement international ayant effet dans l’Union, dont la date de dépôt est antérieure à celle de la demande de marque de l’Union européenne.

37 Constitue un risque de confusion le risque que le public puisse croire que les produits ou les services en cause proviennent de la même entreprise ou d’entreprises liées économiquement. Le risque de confusion doit être apprécié globalement, selon la perception que le public pertinent a des signes et des produits ou des services en cause, et en tenant compte de tous les facteurs pertinents en l’espèce, notamment de l’interdépendance de la similitude des signes et de celle des produits ou des services désignés [voir arrêt du 9 juillet 2003, Laboratorios RTB/OHMI – Giorgio Beverly Hills (GIORGIO BEVERLY HILLS), T‑162/01, EU:T:2003:199, points 30 à 32 et jurisprudence citée].

38 Aux fins de l’application de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, un risque de confusion présuppose à la fois une identité ou une similitude des marques en conflit et une identité ou une similitude des produits ou des services qu’elles désignent. Il s’agit là de conditions cumulatives [voir arrêt du 22 janvier 2009, Commercy/OHMI – easyGroup IP Licensing (easyHotel), T‑316/07, EU:T:2009:14, point 42 et jurisprudence citée].

39 Lorsque la protection de la marque antérieure s’étend à l’ensemble de l’Union, il y a lieu de prendre en compte la perception des marques en conflit par le consommateur des produits et des services en cause sur ce territoire. Toutefois, il convient de rappeler que, pour refuser l’enregistrement d’une marque de l’Union européenne, il suffit qu’un motif relatif de refus au sens de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 existe dans une partie de l’Union [voir, en ce sens, arrêt du 14 décembre 2006, Mast-Jägermeister/OHMI – Licorera Zacapaneca (VENADO avec cadre e.a.), T‑81/03, T‑82/03 et T‑103/03, EU:T:2006:397, point 76 et jurisprudence citée].

40 C’est à la lumière de ces considérations qu’il y a lieu d’examiner si c’est à juste titre que la chambre de recours a conclu qu’il existait, en l’espèce, un risque de confusion dans l’esprit du public pertinent, au sens de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001.

a) Sur le public pertinent et son niveau d’attention

41 Aux points 13 à 15 de la décision attaquée, la chambre de recours, d’une part, a estimé que le territoire pertinent était celui de l’Union et, en approuvant l’approche adoptée par la division d’opposition, elle a apprécié le risque de confusion entre les marques en conflit par rapport au public espagnol, après avoir indiqué que l’enregistrement de la marque demandée devait être refusé même lorsque le risque de confusion n’existait que dans une partie de l’Union. D’autre part, elle a constaté que les produits en cause s’adressaient tant au grand public, dont le niveau d’attention est moyen, qu’aux professionnels faisant preuve d’un niveau d’attention accru. En outre, faisant application du principe selon lequel, lorsque le public pertinent est composé à la fois de consommateurs finaux et de professionnels, le public ayant le niveau d’attention le moins élevé doit être pris en considération, elle en a déduit que, s’agissant des marques en conflit, le public pertinent pour l’appréciation du risque de confusion était le grand public disposant d’un niveau d’attention moyen.

42 Dans le cadre de son premier moyen, la requérante conteste le niveau d’attention moyen du public pertinent retenu par la chambre de recours, faisant valoir que les acheteurs potentiels des produits en cause font preuve d’un niveau élevé d’attention, et ce même dans le cas où ces derniers appartiennent au grand public.

43 L’EUIPO et l’intervenante contestent l’argumentation de la requérante.

44 En ce qui concerne la définition du public pertinent à prendre en compte pour apprécier l’existence d’un risque de confusion, il importe de rappeler que celui-ci est constitué des utilisateurs susceptibles d’utiliser tant les produits ou les services visés par la marque antérieure que ceux visés par la marque demandée. Ainsi, en règle générale, lorsque les produits ou les services de l’une des marques en conflit sont inclus dans la désignation plus large visée par l’autre marque, le public pertinent est défini par référence au libellé le plus spécifique [voir arrêt du 24 mai 2011, ancotel/OHMI – Acotel (ancotel.), T‑408/09, non publié, EU:T:2011:241, points 38 et 39 et jurisprudence citée].

45 De même, dans le cadre de l’appréciation globale du risque de confusion, il convient de prendre en compte le consommateur moyen de la catégorie de produits concernée, normalement informé et raisonnablement attentif et avisé. Il y a également lieu de prendre en considération le fait que le niveau d’attention du consommateur moyen est susceptible de varier en fonction de la catégorie de produits ou de services en cause [voir arrêt du 13 février 2007, Mundipharma/OHMI – Altana Pharma (RESPICUR), T‑256/04, EU:T:2007:46, point 42 et jurisprudence citée].

46 Dans l’hypothèse où les services visés par les deux marques en conflit s’adressent à un même public pertinent, composé à la fois du grand public et des professionnels, le public ayant le niveau d’attention le moins élevé doit être pris en considération [voir arrêt du 20 mai 2014, Argo Group International Holdings/OHMI – Arisa Assurances (ARIS), T‑247/12, EU:T:2014:258, points 27 à 29 et jurisprudence citée].

47 En l’espèce, il convient d’observer, à titre liminaire, que les produits couverts par les marques en conflit et ayant été jugés identiques ou similaires par la chambre de recours correspondent, en substance, à du matériel et des produits informatiques compris dans la classe 9, en lien notamment avec la vidéosurveillance.

48 En outre, il y a lieu de relever que, par son argumentation, la requérante ne remet en cause ni le constat de la chambre de recours selon lequel le territoire pertinent est en l’espèce celui de l’Union ni l’approche visant à apprécier le risque de confusion entre les marques en conflit du point de vue de la partie du public espagnol. Elle ne conteste pas non plus l’appréciation selon laquelle, pris dans leur ensemble, les produits visés par les marques en conflit sont destinés à la fois au grand public et à des professionnels.

49 En revanche, la requérante conteste le niveau d’attention du public pertinent retenu par la chambre de recours, à savoir un niveau d’attention moyen, considérant que, compte tenu de la technicité, de la nature et de la destination des produits en cause ainsi que du fait qu’ils ne sont pas achetés quotidiennement, il en résulte un niveau élevé d’attention des acheteurs potentiels, et ce même dans le cas où ces derniers appartiennent au grand public.

50 À cet égard, il importe de relever qu’il ressort de la jurisprudence que, au sein de l’Union, le matériel informatique et les produits informatiques, tels que ceux relevant de la classe 9, correspondent, pour une grande part, à des produits standardisés, simples d’utilisation, peu techniques, largement distribués dans tous types de commerces, et ce à des coûts abordables [voir, en ce sens, arrêt du 18 novembre 2020, LG Electronics/EUIPO – Staszewski (K7), T‑21/20, non publié, EU:T:2020:550, point 33 et jurisprudence citée]. Ainsi, si certains produits relevant de la classe 9 peuvent avoir un prix d’achat relativement élevé et faire l’objet d’un usage s’étendant sur plusieurs années, la plupart de ces produits sont des produits électroniques s’adressant au grand public, qui, de nos jours, sont relativement peu onéreux, ont une durée de vie relativement courte et ne nécessitent pas de connaissances techniques particulières (voir, en ce sens, arrêt du 18 novembre 2020, K7, T‑21/20, non publié, EU:T:2020:550, point 36 et jurisprudence citée). Il en résulte qu’il ne peut être considéré que le grand public fait preuve nécessairement d’un niveau d’attention élevé eu égard aux produits en cause en ce que ceux-ci constituent du matériel et des produits informatiques compris dans la classe 9.

51 En outre, force est de constater que la requérante se contente d’alléguer, d’une part, que les produits couverts par les marques en conflit constituent, dans leur ensemble, des produits dont la nature et la destination sont techniques et, d’autre part, que de tels produits ne sont pas achetés quotidiennement, de sorte que leur acquisition nécessite un niveau d’attention plus élevé, sans pour autant étayer de telles allégations par des éléments de fait et de preuve. Or, si la requérante entendait soutenir que le niveau d’attention était plus élevé que celui retenu par la chambre de recours en ce qui concerne certains produits, il lui revenait d’étayer cette prétention d’éléments de fait et de preuve pour chacun de ces produits [voir, en ce sens, arrêt du 26 octobre 2017, Hello Media Group/EUIPO – Hola (#hello media group), T‑331/16, non publié, EU:T:2017:760, point 26 et jurisprudence citée], ce qu’elle est restée en défaut de faire.

52 Dès lors, contrairement à ce qu’affirme la requérante, il ne peut être considéré que les produits couverts par les marques en conflit et ayant été jugés identiques ou similaires par la chambre de recours, en ce qu’ils relèvent simplement de la classe 9, revêtent une technicité telle qu’ils donnent lieu, dans leur ensemble, à un niveau d’attention élevé des acheteurs potentiels, et ce même dans le cas où ces derniers appartiennent au grand public.

53 Il s’ensuit que, en l’espèce, il n’y a pas lieu de remettre en cause l’appréciation de la chambre de recours quant au public pertinent et à son niveau d’attention.

b) Sur la comparaison des produits en cause

54 Il ressort des points 16 à 20 de la décision attaquée que la chambre de recours a considéré que les produits visés par la marque demandée étaient soit identiques soit très similaires aux produits couverts par la marque antérieure.

55 Il n’y a pas lieu de remettre en cause ces appréciations, au demeurant non contestées par la requérante.

c) Sur la comparaison des signes

56 L’appréciation globale du risque de confusion doit, en ce qui concerne la similitude visuelle, phonétique ou conceptuelle des signes en conflit, être fondée sur l’impression d’ensemble produite par ceux-ci, en tenant compte, notamment, de leurs éléments distinctifs et dominants. La perception des marques qu’a le consommateur moyen des produits ou des services en cause joue un rôle déterminant dans l’appréciation globale dudit risque. À cet égard, le consommateur moyen perçoit normalement une marque comme un tout et ne se livre pas à un examen de ses différents détails (voir arrêt du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P, EU:C:2007:333, point 35 et jurisprudence citée).

57 En l’espèce, avant de traiter la question de la similitude des signes en conflit sur les plans visuel, phonétique et conceptuel, il y a lieu d’examiner l’appréciation des éléments distinctifs et dominants desdits signes effectuée par la chambre de recours.

1) Sur les éléments distinctifs et dominants des signes en conflit

58 Aux points 23 et 24 de la décision attaquée, la chambre de recours a conclu, faisant siennes les conclusions de la division d’opposition, que le signe antérieur était perçu dans son ensemble par le public espagnol pertinent sans que ce dernier le décompose en ses deux éléments verbaux « va » et « pix », étant donné qu’aucun de ces éléments n’avait de signification en espagnol. La chambre de recours a notamment indiqué qu’il n’avait pas été démontré que l’abréviation « pix » faisait partie du vocabulaire anglais courant et pouvait être comprise dans l’ensemble de l’Union comme désignant des « images ». Partant, la chambre de recours a considéré qu’aucun élément du signe antérieur n’était plus distinctif ou dominant qu’un autre.

59 S’agissant du signe demandé, la chambre de recours a constaté, aux points 25 et 26 de la décision attaquée, que ledit signe se composait d’un élément verbal stylisé « aipix », lequel était précédé d’un élément figuratif sous la forme de quatre lignes incurvées de couleur turquoise disposées par paires. La chambre de recours a également indiqué que, dans la mesure où l’élément figuratif serait avant tout perçu comme servant simplement à des fins décoratives et que, par ailleurs, les consommateurs portaient généralement leur attention sur les éléments verbaux d’un signe complexe plutôt que sur ses éléments figuratifs, l’élément le plus distinctif du signe demandé était son élément verbal « aipix ».

60 Dans le cadre de son deuxième moyen, la requérante ne conteste pas l’analyse de la chambre de recours relative à l’absence d’élément plus distinctif ou plus dominant s’agissant du signe antérieur. En revanche, eu égard au signe demandé, la requérante estime que la chambre de recours n’a pas accordé l’importance qu’il convenait à l’élément figuratif de ce signe en le qualifiant de purement décoratif.

61 L’EUIPO et l’intervenante contestent l’argumentation de la requérante.

62 À cet égard, il convient de rappeler que, pour l’appréciation du caractère dominant d’un ou plusieurs composants déterminés d’une marque complexe, il convient de prendre en compte, notamment, les qualités intrinsèques de chacun de ces composants en les comparant à celles des autres composants [arrêt du 23 octobre 2002, Matratzen Concord/OHMI – Hukla Germany (MATRATZEN), T‑6/01, EU:T:2002:261, point 35].

63 En outre, selon la jurisprudence, lorsqu’une marque est composée d’éléments verbaux et figuratifs, les premiers sont, en principe, plus distinctifs que les seconds, car le consommateur moyen fera plus facilement référence au produit en cause en citant le nom qu’en décrivant l’élément figuratif de la marque [voir arrêt du 28 septembre 2022, Copal Tree Brands/EUIPO – Sumol + Compal Marcas (COPAL TREE), T‑572/21, non publié, EU:T:2022:594, point 31 et jurisprudence citée].

64 En l’espèce, il n’y a pas de raison de s’écarter de cette jurisprudence et de la conséquence qui en découle, à savoir que l’élément verbal du signe demandé est l’élément le plus distinctif dudit signe tandis que l’élément figuratif de ce signe est purement décoratif.

65 En effet, il est constant que l’élément figuratif du signe demandé est constitué de quatre lignes incurvées de couleur turquoise, disposées par paires et représentées de manière identique côte à côte. Cette configuration n’est ni particulièrement fantaisiste ni particulièrement stylisée et ne permet pas l’identification, par le public pertinent, de caractères d’écriture, de sorte que c’est à juste titre que la chambre de recours a considéré que ledit public percevra l’élément figuratif du signe demandé comme une représentation purement graphique sans signification concrète.

66 Il s’ensuit que l’appréciation de la chambre de recours relative aux éléments distinctifs et dominants du signe demandé est exempte d’erreurs.

2) Sur la comparaison visuelle et phonétique des signes en conflit

67 La chambre de recours a considéré, aux points 28 et 29 de la décision attaquée, que les signes en conflit étaient similaires à un degré inférieur à la moyenne sur le plan visuel et à un degré moyen sur le plan phonétique. À cet égard, elle a souligné, en substance, que même si les signes en conflit différaient dans leur partie initiale, l’élément verbal du signe demandé, qui était l’élément le plus distinctif dudit signe, avait la même longueur que le signe antérieur et coïncidait par quatre lettres sur cinq avec celui-ci, parmi lesquelles trois lettres, à savoir la séquence de lettres « pix », occupaient exactement la même position. Or, une telle coïncidence au niveau de leur dernière syllabe « pix » ne passerait pas inaperçue, sur le plan visuel, auprès des consommateurs espagnols, et ce d’autant plus que la lettre « x », placée à la fin d’un mot, était visuellement frappante et peu utilisée en espagnol. De même, sur le plan phonétique, la chambre de recours a constaté que l’élément figuratif du signe demandé n’avait pas vocation à être prononcé et que les signes en conflit coïncidaient par la prononciation de la syllabe finale « pix », laquelle serait d’ailleurs celle que le public pertinent espagnol accentuerait conformément aux règles de prononciation espagnoles.

68 Dans le cadre de son deuxième moyen, la requérante soutient que la chambre de recours a commis des erreurs dans l’appréciation de la similitude des signes en conflit et fait valoir que lesdits signes ne sauraient être considérés comme créant une impression d’ensemble similaire. À cet égard, la requérante reproche à la chambre de recours de ne pas avoir suffisamment tenu compte, premièrement, de la différence existante entre les parties initiales des signes en conflit ainsi que de celle résultant de l’élément figuratif de la marque demandée, deuxièmement, du fait que les signes en conflit sont plutôt courts et que, par conséquent, même de légères différences sont susceptibles de produire une impression générale différente et, troisièmement, du fait que les différences visuelles entre les marques en conflit ont plus de poids que leurs similitudes phonétiques dès lors que les produits en cause seront normalement achetés après une inspection visuelle.

69 L’EUIPO et l’intervenante contestent les arguments de la requérante.

70 Selon la jurisprudence, rien ne s’oppose à ce que soit vérifiée l’existence d’une similitude visuelle entre une marque verbale et une marque figurative, étant donné que ces deux types de marques ont une configuration graphique capable de donner lieu à une impression visuelle [voir arrêt du 26 septembre 2014, Koscher + Würtz/OHMI – Kirchner & Wilhelm (KW SURGICAL INSTRUMENTS), T‑445/12, EU:T:2014:829, point 51 et jurisprudence citée].

71 De plus, il ressort de la jurisprudence que, lorsqu’une marque figurative comportant des éléments verbaux est comparée, sur le plan visuel, à une marque verbale, les marques sont jugées similaires sur ce plan si elles ont en commun un nombre significatif de lettres dans la même position et si l’élément verbal du signe figuratif n’est pas hautement stylisé, nonobstant la représentation graphique des lettres dans des polices de caractères différentes, en italiques ou en caractères gras, en minuscules ou en majuscules, ou encore en couleur [voir, en ce sens, arrêt du 9 septembre 2019, SLL Service/EUIPO – Elfa International (LUMIN8), T‑680/18, non publié, EU:T:2019:565, point 32 et jurisprudence citée].

72 De surcroît, selon la jurisprudence, dans le cas où une similitude visuelle entre les éléments verbaux des signes en conflit est constatée, il convient de vérifier si l’élément graphique ou figuratif additionnel, propre à la marque demandée, est susceptible de constituer un élément de différenciation suffisant pour écarter l’existence d’une similitude visuelle des signes en conflit aux yeux du public de référence [voir, en ce sens, arrêt du 20 avril 2005, Faber Chimica/OHMI – Industrias Quimicas Naber (Faber), T‑211/03, EU:T:2005:135, point 39 et jurisprudence citée].

73 Or, en l’espèce, s’agissant, en premier lieu, de la comparaison visuelle des signes en conflit, c’est à juste titre que la chambre de recours a considéré que, nonobstant les différences existantes dans les parties initiales desdits signes, ceux-ci présentaient un degré de similitude inférieur à la moyenne.

74 En effet, force est de constater, premièrement, que les signes en conflit coïncident en leurs éléments verbaux par leur longueur, ainsi que par quatre des cinq lettres les composant, dont trois, formant la suite de lettres « pix », sont placées dans le même ordre et occupent la position finale de chacun de ces éléments verbaux. Ainsi, la majorité des lettres qui composent les éléments verbaux des signes en conflit sont identiques.

75 Il convient de relever, deuxièmement, qu’aucun des éléments verbaux des signes en conflit ne saurait être qualifié de hautement stylisé. Leur dissemblance résultant des caractères minuscules et majuscules utilisés dans chacun de ces signes est sans incidence dès lors que la protection qui découle de l’enregistrement d’une marque verbale porte sur le mot indiqué dans la demande d’enregistrement et non sur les aspects graphiques ou stylistiques particuliers que cette marque pourrait éventuellement revêtir [voir, en ce sens, arrêt du 22 mai 2008, Radio Regenbogen Hörfunk in Baden/OHMI (RadioCom), T‑254/06, non publié, EU:T:2008:165, point 43].

76 Eu égard à l’élément figuratif additionnel, propre au signe demandé, il suffit de relever, troisièmement, que celui-ci n’est pas susceptible de constituer un élément de différenciation suffisant pour écarter l’existence de toute similitude visuelle des signes en conflit aux yeux du public pertinent dès lors que ledit élément figuratif, eu égard à son apparence dans le signe demandé, sert plutôt de décoration par rapport à l’élément verbal « aipix » et est donc secondaire par rapport à celui-ci, qui constitue l’élément le plus distinctif du signe demandé (voir points 64 à 65 ci-dessus).

77 Ainsi, l’existence d’un certain degré de similitude visuelle entre les signes en conflit du fait de leurs éléments verbaux ne saurait être totalement neutralisée par la présence, dans le signe demandé, d’un élément figuratif qui est peu distinctif.

78 Dans ces conditions, c’est sans commettre d’erreur que la chambre de recours a estimé que, nonobstant les différences existantes dans les parties initiales desdits signes, ceux-ci présentaient un degré de similitude visuelle inférieur à la moyenne.

79 Pour ce qui concerne, en second lieu, la comparaison phonétique des signes en conflit, c’est également à bon droit que la chambre de recours a conclu que ceux-ci présentaient un degré moyen de similitude.

80 En effet, à cet égard, il convient de relever, premièrement, que, l’élément figuratif du signe demandé n’ayant pas vocation à être prononcé par le public pertinent compte tenu de son caractère purement décoratif, le seul élément pertinent dudit signe devant être pris en considération aux fins de la comparaison phonétique des signes en conflit est son élément verbal « aipix ».

81 Il y a lieu de relever, deuxièmement, que l’élément verbal du signe demandé et le signe antérieur, d’une part, concordent, par leur structure et leur rythme, dès lors qu’ils se composent tous les deux de deux syllabes, à savoir « va » et « pix », s’agissant du signe antérieur, et « ai » et « pix », s’agissant du signe demandé. D’autre part, lesdits signes coïncident par la prononciation de leur dernière syllabe « pix ».

82 Il convient d’ajouter, troisièmement, ainsi que l’a relevé la chambre de recours, que la dernière syllabe « pix » sera celle que le public pertinent espagnol accentuera conformément aux règles de prononciation espagnoles, de sorte que lesdits signes coïncident également par leur intonation.

83 Dans ces conditions, la chambre de recours a donc pu valablement considérer que les signes en conflit présentent un degré moyen de similitude sur le plan phonétique.

84 Compte tenu de l’ensemble des considérations qui précèdent, il y a lieu de conclure que la chambre de recours n’a commis aucune erreur s’agissant de la similitude visuelle et phonétique des signes en conflit.

85 Cette conclusion ne saurait être infirmée par les arguments de la requérante.

86 En effet, premièrement, pour autant que la requérante se prévaut de l’attention accrue prêtée au début des signes en cause, il importe de relever que la règle selon laquelle une attention accrue est prêtée au début des signes ne saurait valoir dans tous les cas et ne saurait remettre en cause le principe général selon lequel l’examen de la similitude des marques doit prendre en compte l’impression d’ensemble produite par ces dernières, dès lors que le consommateur moyen perçoit normalement une marque comme un tout et ne se livre pas à l’examen de ses différents détails. Le Tribunal peut ainsi considérer que la fin des signes faisant l’objet de la procédure d’opposition est plus distinctive ou dominante que le début de ces signes ou, encore, que l’un des éléments desdits signes n’est pas plus distinctif ou dominant que l’autre [voir arrêt du 2 juillet 2025, Camilla and Marc Operations/EUIPO – C&A (C&M), T‑380/24, non publié, EU:T:2025:648, point 41 et jurisprudence citée].

87 Or, en l’espèce, il importe notamment de rappeler que c’est à juste titre que la chambre de recours a considéré que l’élément figuratif présent au début du signe demandé occupait une place secondaire par rapport à son élément verbal « aipix » (voir point 76 ci-dessus).

88 Quant aux différences existantes dans les parties initiales des éléments verbaux des signes en conflit, il convient de rappeler que le signe antérieur et l’élément verbal « aipix » du signe demandé sont perçus, avant tout, dans leur ensemble par le public espagnol pertinent, sans que ce dernier les décompose en leurs deux syllabes, à savoir « va » et « pix », d’une part, et « ai » et pix », d’autre part (voir points 58 à 66 ci-dessus).

89 Ainsi, il n’y a pas lieu, conformément à la jurisprudence rappelée au point 86 ci-dessus, de partir de la prémisse selon laquelle le consommateur prêtera une plus grande attention au début de ces éléments verbaux plutôt qu’à la fin, de sorte que, ainsi que l’a relevé la chambre de recours, la coïncidence existante entre les signes en conflit au niveau de leur dernière syllabe « pix » ne saurait passer inaperçue auprès du public pertinent, que ce soit sur le plan visuel ou phonétique.

90 Il s’ensuit que, contrairement à ce que soutient la requérante, les différences existantes dans les parties initiales des signes en conflit, qu’elles résultent de l’élément figuratif du signe demandé ou de la première syllabe des éléments verbaux des signes en conflit, ne peuvent être considérées comme faisant l’objet d’une attention accrue de la part du public pertinent.

91 Deuxièmement, quant à la circonstance invoquée par la requérante selon laquelle, en présence de signes courts, même de légères différences sont susceptibles de produire une impression générale différente, il y a lieu de constater qu’il ressort de la jurisprudence que, s’agissant des signes relativement brefs comportant des éléments verbaux comme en l’espèce, les éléments du début des signes sont aussi importants que les autres éléments, y compris ceux de la fin des signes [voir, en ce sens, arrêt du 28 avril 2021, FCA Italy/EUIPO – Bettag (Pandem), T‑191/20, non publié, EU:T:2021:226, point 39 et jurisprudence citée].

92 Ainsi, même à l’égard de signes courts, la présence, dans chacun des signes, de plusieurs lettres dans le même ordre importe dans l’appréciation d’ensemble de leur similitude [voir, en ce sens, arrêt du 7 février 2024, Darila/EUIPO – Original Buff (Buffet), T‑101/23, non publié, EU:T:2024:65, points 40 et 42 et jurisprudence citée].

93 Or, en l’espèce, ainsi que l’a relevé à juste titre la chambre de recours, la coïncidence des trois lettres formant la séquence de lettres « pix » à la fin des signes en conflit ne saurait être négligée dans l’appréciation d’ensemble de la similitude des signes en cause.

94 Dès lors, la chambre de recours n’a donc commis aucune erreur en considérant que les signes en cause présentaient, nonobstant leur caractère court, un degré de similitude inférieur à la moyenne sur le plan visuel et un degré de similitude moyen sur le plan phonétique.

95 Troisièmement, quant à la circonstance invoquée par la requérante selon laquelle les différences visuelles entre les signes en conflit auraient plus de poids que leurs similitudes phonétiques dès lors que les produits en cause seraient normalement achetés après une inspection visuelle, il suffit de relever que celle-ci relève de l’appréciation globale du risque de confusion au sens de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, examinée ci-après (voir points 100 à 117 ci-dessous).

96 L’analyse de la chambre de recours concernant les similitudes visuelle et phonétique des signes en conflit doit donc être considérée comme étant exempte d’erreurs.

3) Sur la comparaison conceptuelle

97 La chambre de recours a considéré, au point 30 de la décision attaquée, qu’aucun des signes en conflit ne présentait de signification claire pour les consommateurs espagnols, de sorte qu’ils ne pouvaient pas être comparés sur le plan conceptuel.

98 Or, il ressort d’une jurisprudence constante que, lorsqu’aucun des signes en cause n’a de signification pris dans son ensemble, il doit être constaté que la comparaison sur le plan conceptuel n’est pas possible [voir arrêt du 29 janvier 2025, Atusa Grupo Empresarial/EUIPO – Hans Sasserath (SYC), T‑21/24, non publié, EU:T:2025:111, point 33 et jurisprudence citée].

99 Il s’ensuit que, en l’espèce, il n’y a pas lieu de remettre en cause l’appréciation de la chambre de recours relative à l’impossibilité de comparer les signes en conflit sur le plan conceptuel, qui n’est, au demeurant, pas contestée par la requérante.

d) Sur le risque de confusion

100 Selon une jurisprudence constante de la Cour, l’existence d’un risque de confusion dépend de nombreux facteurs et notamment de la connaissance de la marque sur le marché, de l’association qui peut en être faite avec le signe utilisé ou enregistré, du degré de similitude entre la marque et le signe et entre les produits ou les services désignés. Le risque de confusion doit donc être apprécié globalement en tenant compte de tous les facteurs pertinents du cas d’espèce (voir arrêt du 12 juin 2019, Hansson, C‑705/17, EU:C:2019:481, point 41 et jurisprudence citée).

101 L’appréciation globale du risque de confusion implique une certaine interdépendance des facteurs pris en compte et, notamment, de la similitude des marques et de celle des produits ou des services désignés. Ainsi, un faible degré de similitude entre les produits ou les services désignés peut être compensé par un degré élevé de similitude entre les marques, et inversement (arrêts du 29 septembre 1998, Canon, C‑39/97, EU:C:1998:442, point 17, et du 14 décembre 2006, VENADO avec cadre e.a., T‑81/03, T‑82/03 et T‑103/03, EU:T:2006:397, point 74).

102 En l’espèce, après avoir précisé que le caractère distinctif de la marque antérieure devait être considéré comme normal, la chambre de recours a considéré, au point 34 de la décision attaquée, que, compte tenu de cette circonstance, de la similitude visuelle inférieure à la moyenne des signes en cause, de leur similitude phonétique moyenne et de la forte similitude ou identité des produits concernés, il existait un risque de confusion au moins dans l’esprit du grand public espagnol faisant preuve d’un niveau d’attention moyen.

103 Dans le cadre de son troisième moyen, la requérante conteste cette conclusion et fait valoir que la chambre de recours a fait une mauvaise application du principe d’interdépendance. La requérante rappelle que ce principe ne saurait être interprété de telle sorte que toute similitude entre des marques impliquant des produits identiques entraîne automatiquement un risque de confusion. Or, en l’occurrence, il existerait des différences manifestes entre les marques en conflit qui auraient été sous-estimées par la chambre de recours et qui auraient dû la conduire à constater qu’il n’existait aucun risque de confusion entre elles.

104 L’EUIPO et l’intervenante contestent les arguments de la requérante.

105 En l’espèce, il convient de rappeler, premièrement, que, ainsi que cela a été constaté au point 54 ci-dessus, les produits visés par la marque demandée sont soit identiques soit très similaires aux produits couverts par la marque antérieure.

106 Deuxièmement, pour les raisons exposées aux points 70 à 84 ci-dessus, les signes en conflit présentent un degré de similitude inférieur à la moyenne sur le plan visuel et moyen sur le plan phonétique. En outre, ils ne peuvent être comparés sur le plan conceptuel.

107 Troisièmement, il y a lieu d’entériner l’appréciation de la chambre de recours, au demeurant non contestée par la requérante, selon laquelle la marque antérieure revêtait un caractère distinctif normal.

108 Dans ces circonstances, la chambre de recours a conclu, à juste titre, qu’il existait un risque de confusion en vertu du principe d’interdépendance des différents facteurs qui doivent être pris en compte dans ce contexte.

109 Une telle conclusion ne saurait être remise en cause par l’argumentation de la requérante selon laquelle les différences visuelles existantes entre les signes en conflit auraient plus de poids que leurs similitudes phonétiques dès lors que les produits en cause seraient normalement achetés après une inspection visuelle (voir point 95 ci-dessus) ou encore que le principe d’interdépendance ne saurait être interprété de telle sorte que toute similitude entre des marques impliquant des produits identiques entraînerait automatiquement un risque de confusion.

110 En effet, eu égard à l’importance des différences visuelles existantes entre les signes en conflit par rapport aux similitudes phonétiques desdits signes, tout d’abord, il convient de relever que, certes, les aspects visuel, phonétique ou conceptuel des signes en conflit n’ont pas toujours le même poids et il importe alors d’analyser les conditions objectives dans lesquelles les marques en cause peuvent se présenter sur le marché. Ainsi, si un produit désigné par une marque donnée est uniquement vendu sur commande orale, les aspects phonétiques du signe en question revêtiront nécessairement une plus grande importance dans l’esprit du public pertinent que les aspects visuels. Au contraire, le degré de similitude phonétique entre deux marques est d’une importance réduite dans le cas de produits qui sont commercialisés de telle manière que, habituellement, le public pertinent, lors de l’achat, perçoit la marque les désignant de façon visuelle [voir, en ce sens, arrêt du 29 janvier 2014, Goldsteig Käsereien Bayerwald/OHMI – Vieweg (goldstück), T‑47/13, non publié, EU:T:2014:37, point 41 et jurisprudence citée].

111 Toutefois, en l’espèce, force est de constater que la requérante n’a apporté aucun élément permettant d’étayer son allégation selon laquelle, dans l’appréciation globale du risque de confusion des signes en conflit, les différences visuelles entre lesdits signes sont plus importantes que leurs éventuelles similitudes phonétiques compte tenu de ce que les produits en cause sont normalement achetés après une inspection visuelle.

112 En outre, il convient de relever que le Tribunal a déjà estimé, s’agissant des ordinateurs, des accessoires informatiques ou encore des logiciels informatiques relevant de la classe 9, tels que les produits couverts par les marques en conflit, que bien que ces produits peuvent être effectivement « vendus à vue » en libre-service aux consommateurs, présentés sur des rayonnages, une discussion orale quant aux caractéristiques des produits et à leur marque est également susceptible d’avoir lieu au moment de l’achat. En outre, lesdits produits peuvent faire l’objet d’une publicité orale à la télévision ou sur Internet [voir, en ce sens, arrêts du 23 septembre 2011, NEC Display Solutions Europe/OHMI – C More Entertainment (see more), T‑501/08, non publié, EU:T:2011:527, point 53, et du 13 mars 2019, Wirecard Technologies/EUIPO – Striatum Ventures (supr), T‑297/18, non publié, EU:T:2019:160, point 77].

113 Il s’ensuit que, en l’espèce, compte tenu des produits couverts par les marques en conflit, le degré de similitude phonétique desdites marques a, dans l’appréciation du risque de confusion, un poids au moins aussi important que leur similitude visuelle. Le grief soulevé par la requérante à cet égard doit donc être rejeté.

114 Quant à l’argument de la requérante selon lequel le principe d’interdépendance ne saurait être interprété de telle sorte que toute similitude entre des marques impliquant des produits identiques entraînerait automatiquement un risque de confusion, il convient de rappeler que, certes, selon la jurisprudence, il ne saurait être question d’appliquer mécaniquement le principe d’interdépendance, sans tenir compte de l’ensemble des facteurs pertinents. En particulier, rien ne s’oppose à constater que, eu égard aux circonstances d’un cas d’espèce, il n’existe pas de risque de confusion, même en présence de produits identiques et d’un faible degré de similitude entre les signes en conflit. Les mêmes considérations prévalent a fortiori, le cas échéant, en présence de produits moyennement ou faiblement similaires et de signes dont la similitude est faible. En effet, l’analyse du risque de confusion repose sur une appréciation globale de tous les facteurs pertinents [voir, en ce sens, arrêt du 15 octobre 2020, Laboratorios Ern/EUIPO – Bio-tec Biologische Naturverpackungen (BIOPLAST BIOPLASTICS FOR A BETTER LIFE), T‑2/20, non publié, EU:T:2020:493, point 79 et jurisprudence citée].

115 Toutefois, en l’espèce et contrairement à ce que soutient la requérante, il ne ressort pas de la décision attaquée que la chambre de recours a appliqué le principe d’interdépendance de telle sorte qu’elle a considéré que l’identité ou la similitude des produits couverts par les marques en conflit suffisait à elle seule à établir un risque de confusion, et ce indépendamment du degré de similitude existant entre lesdites marques.

116 Au contraire, c’est au regard de l’ensemble des considérations rappelées aux points 105 à 108 ci-dessus que la chambre de recours a conclu, en application du principe d’interdépendance, à l’existence d’un risque de confusion s’agissant des marques en conflit. Ainsi, la chambre de recours a notamment tenu compte, en plus de l’identité et de la grande similitude des produits en cause, de la circonstance que la marque antérieure revêtait un caractère distinctif normal ainsi que du degré de similitude inférieur à la moyenne sur le plan visuel des signes en conflit et de leur degré de similitude moyen sur le plan phonétique, étant entendu qu’il convient d’attacher la même importance aux similitudes phonétiques des signes en cause qu’à leur ressemblance d’un point de vue visuel.

117 Partant, il convient d’écarter le troisième moyen de la requérante comme étant non fondé.

118 Au vu de l’ensemble des considérations qui précèdent, aucun des moyens invoqués par la requérante au soutien de ses conclusions en annulation ne devant être accueilli, il y a lieu de rejeter le recours dans son intégralité.

IV. Sur les dépens

119 Aux termes de l’article 134, paragraphe 1, du règlement de procédure du Tribunal, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens.

120 En l’espèce, la requérante ayant succombé, il y a lieu de la condamner aux dépens exposés par l’intervenante, conformément aux conclusions de cette dernière. En revanche, l’EUIPO n’ayant conclu à la condamnation de la requérante aux dépens qu’en cas de convocation à une audience, il convient, en l’absence d’organisation d’une telle audience, de décider que l’EUIPO supportera ses propres dépens.

Par ces motifs,

LE TRIBUNAL (cinquième chambre)

déclare et arrête :

1) Le recours est rejeté.

2) Xaipix sp. z o.o. supportera, outre ses propres dépens, ceux exposés par Axis AB.

3) L’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) supportera ses propres dépens.

Sampol Pucurull

Stancu

Valasidis

Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 2 septembre 2026.

Signatures


* Langue de procédure : l’anglais.

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