Jurisprudence CJUE62025TJ0675

Arrêt du Tribunal (première chambre) du 2 septembre 2026.#Royal contre Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle.#Marque de l’Union européenne – Demande de marque de l’Union européenne figurative ROYAL – Motifs absolus de refus – Absence de caractère distinctif – Article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement (UE) 2017/1001 – Absence de caractère distinctif acquis par l’usage – Article 7, paragraphe 3, du règlement 2017/1001.#Affaire T-675/25.

CELEX62025TJ0675
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 2 septembre 2026

Texte intégral

DOCUMENT DE TRAVAIL

ARRÊT DU TRIBUNAL (première chambre)

2 septembre 2026 (*)

« Marque de l’Union européenne – Demande de marque de l’Union européenne figurative ROYAL – Motifs absolus de refus – Absence de caractère distinctif – Article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement (UE) 2017/1001 – Absence de caractère distinctif acquis par l’usage – Article 7, paragraphe 3, du règlement 2017/1001 »

Dans l’affaire T‑675/25,

Royal, établie à La Rinconada (Espagne), représentée par Mes C. Casas Feu, M. González Rodríguez et Á. Flores Horgué, avocats,

partie requérante,

contre

Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), représenté par M. D. Gája, en qualité d’agent,

partie défenderesse,

LE TRIBUNAL (première chambre),

composé de M. E. Buttigieg, président, Mme M. Kancheva (rapporteure) et M. F. Bestagno, juges,

greffier : M. J. Čuboň, administrateur,

vu la phase écrite de la procédure,

à la suite de l’audience du 24 juin 2026,

rend le présent

Arrêt

1 Par son recours fondé sur l’article 263 TFUE, la requérante, Royal, demande l’annulation de la décision de la quatrième chambre de recours de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) du 3 septembre 2025 (affaire R 2486/2024‑4) (ci-après la « décision attaquée »).

Antécédents du litige

2 Le 20 février 2024, la requérante a présenté à l’EUIPO une demande d’enregistrement de marque de l’Union européenne pour le signe figuratif suivant :

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3 La marque demandée désignait les produits et les services relevant des classes 29, 31 et 35 au sens de l’arrangement de Nice concernant la classification internationale des produits et des services aux fins de l’enregistrement des marques, du 15 juin 1957, tel que révisé et modifié, et correspondant, pour chacune de ces classes, à la description suivante :

– classe 29 : « Fruits congelés » ;

– classe 31 : « Légumes frais ; graines à planter, à l’exception des produits suivants: semences (graines) de plantes ornementales ; produits agricoles à l’état brut ; produits horticoles à l’état brut, à l’exception des produits suivants : ornements et semences (graines) de plantes ornementales ; produits forestiers à l’état brut ; tous les produits précités autres que ceux appartenant aux genres botaniques suivants : lolium, agrostis, dactylis, festuca, festulolium, phalaris, phleum, poa, salix, gerbera, solanum, glycine, secale, triticale, triticum, triticosecale, hordeum, cicer, pisum, et campanula ; fruits frais » ;

– classe 35 : « Publicité ; services d’importation et d’exportation ; services de vente en gros et au détail dans des commerces et via des réseaux informatiques mondiaux, vente directe, vente par le biais d’émissions télévisées, vente par des sites web, vente par le biais d’applications téléchargeables, vente par téléphone et vente télématique en rapport avec les produits suivants : congelés (fruits -), légumes, légumes verts et légumineuses frais, fruits frais, semences, plantes et fleurs naturelles, produits agricoles (à l’état brut), produits horticoles à l’état brut, produits forestiers à l’état brut ».

4 Par décision du 11 décembre 2024, l’examinateur a rejeté, en tant qu’elle visait l’ensemble des produits et des services compris dans les classes 29, 31 et 35, la demande d’enregistrement de ladite marque, sur le fondement de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement (UE) 2017/1001 du Parlement européen et du Conseil, du 14 juin 2017, sur la marque de l’Union européenne (JO 2017, L 154, p. 1), lu conjointement avec l’article 7, paragraphes 2 et 3, dudit règlement.

5 Le 24 décembre 2024, la requérante a formé un recours auprès de l’EUIPO contre la décision de l’examinateur.

6 Par la décision attaquée, la chambre de recours a rejeté le recours sur le fondement de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, en considérant que la marque demandée était composée d’un simple terme laudatif, « royal », que le public pertinent anglophone n’éprouvera aucune difficulté à identifier immédiatement comme un terme de base qui véhicule un message simple, clair et non équivoque, sans pour autant constituer une indication d’origine commerciale. Dans la mesure où la qualité des produits et des services constitue une caractéristique très attrayante, selon la chambre de recours, le public percevra l’élément « royal » comme une simple incitation à l’achat, qui n’est pas de nature à lui conférer une originalité ou une prégnance particulière, à nécessiter un minimum d’effort d’interprétation ou à déclencher un processus cognitif. La chambre de recours a également rejeté le recours sur le fondement de l’article 7, paragraphe 3, dudit règlement, en considérant que la requérante n’avait pas présenté des preuves directes de l’acquisition du caractère distinctif par l’usage de la marque demandée pour les produits et les services concernés à l’égard du public pertinent anglophone irlandais et maltais.

Conclusions des parties

7 La requérante conclut, en substance, à ce qu’il plaise au Tribunal :

– annuler la décision attaquée ;

– rendre un arrêt autorisant l’enregistrement de la marque demandée pour l’ensemble des produits et des services désignés ;

– condamner l’EUIPO aux dépens.

8 L’EUIPO conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– rejeter le recours ;

– condamner la requérante aux dépens exposés par l’EUIPO si une audience est organisée.

En droit

9 La requérante invoque, en substance, deux moyens, tirés, le premier, de la violation de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 et, le second, de la mise en œuvre erronée de l’article 7, paragraphe 3, du même règlement.

Sur la compétence du Tribunal pour connaître du deuxième chef de conclusions de la requérante

10 À titre liminaire, il y a lieu d’observer que, par le deuxième chef de conclusions, la requérante demande au Tribunal de rendre un arrêt accordant l’enregistrement de la marque demandée.

11 L’EUIPO considère, en substance, que le deuxième chef de conclusions de la requérante est irrecevable car le Tribunal n’a pas la compétence pour rendre un arrêt accordant explicitement l’enregistrement d’une marque de l’Union européenne.

12 À cet égard, les conclusions de la requérante tendant à ce que l’enregistrement de la marque demandée lui soit accordé pourraient être regardées comme des conclusions visant à ce que le Tribunal réforme la décision attaquée au sens de l’article 72, paragraphe 3, du règlement 2017/1001, en adoptant la décision que la chambre de recours aurait dû prendre, conformément aux dispositions dudit règlement. Or, les instances de l’EUIPO compétentes en la matière n’adoptent pas de décision formelle constatant l’enregistrement d’une marque de l’Union européenne qui pourrait faire l’objet d’un recours. Par conséquent, la chambre de recours n’est pas compétente pour connaître d’une demande visant à ce qu’elle accorde l’enregistrement d’une marque de l’Union européenne. Dans ces circonstances, il n’appartient pas davantage au Tribunal de connaître d’une demande de réformation visant à ce qu’il modifie la décision d’une chambre de recours en ce sens [voir, en ce sens, arrêt du 14 mai 2025, Biogena/EUIPO – ACRAF (BIOGENA MOMENTS), T‑418/24, non publié, EU:T:2025:491, point 15 et jurisprudence citée].

13 Eu égard à ce qui précède, le deuxième chef de conclusions doit être rejeté pour incompétence du Tribunal à en connaître.

Sur le premier moyen, tiré de la violation de l’article 7 paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001

14 La requérante soutient, en substance, d’une part, que la marque demandée jouit d’un minimum de caractère distinctif intrinsèque lui permettant d’être enregistrée, et, d’autre part, que son aspect figuratif contribue à ce que le public pertinent garde ladite marque en mémoire en tant qu’indication de l’origine commerciale des produits et des services qu’elle désigne.

15 L’EUIPO conteste l’argumentation de la requérante.

16 Aux termes de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, sont refusées à l’enregistrement les marques qui sont dépourvues de caractère distinctif. En vertu de l’article 7, paragraphe 2, du même règlement, l’article 7, paragraphe 1, est applicable même si les motifs de refus n’existent que dans une partie de l’Union européenne.

17 Le caractère distinctif d’une marque au sens de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 signifie que cette marque permet d’identifier le produit ou le service pour lequel l’enregistrement est demandé comme provenant d’une entreprise déterminée et donc de distinguer ce produit de ceux d’autres entreprises (voir, en ce sens, arrêt du 21 janvier 2010, Audi/OHMI, C‑398/08 P, EU:C:2010:29, point 33 et jurisprudence citée).

18 Le caractère distinctif d’une marque, au sens de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 doit être apprécié, d’une part, par rapport aux produits ou aux services pour lesquels l’enregistrement est demandé et, d’autre part, par rapport à la perception du public pertinent (voir arrêt du 29 avril 2004, Henkel/OHMI, C‑456/01 P et C‑457/01 P, EU:C:2004:258, point 35 et jurisprudence citée).

19 La notion d’« intérêt général » sous-jacente à l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 se confond avec la fonction essentielle de la marque qui est de garantir au consommateur ou à l’utilisateur final l’identité d’origine du produit ou du service désigné par la marque, en lui permettant de distinguer sans confusion possible ce produit ou ce service de ceux qui ont une autre provenance (voir, en ce sens, arrêt du 29 avril 2004, Henkel/OHMI, C‑456/01 P et C‑457/01 P, EU:C:2004:258, point 48).

20 S’agissant des marques composées de signes ou d’indications qui sont par ailleurs utilisés en tant que slogans publicitaires, indications de qualité ou expressions incitant à acheter les produits ou les services visés par ces marques, leur enregistrement n’est pas exclu en raison d’une telle utilisation (arrêt du 21 octobre 2004, OHMI/Erpo Möbelwerk, C‑64/02 P, EU:C:2004:645, point 41).

21 Quant à l’appréciation du caractère distinctif de telles marques, la Cour a jugé qu’il n’y avait pas lieu d’appliquer à celles-ci des critères plus stricts que ceux applicables à d’autres signes [arrêts du 21 janvier 2010, Audi/OHMI, C‑398/08 P, EU:C:2010:29, point 36, et du 22 mars 2017, Hoffmann/EUIPO (Genius), T‑425/16, non publié, EU:T:2017:199, point 27].

22 Il résulte de la jurisprudence que, si toutes les marques composées de signes ou d’indications qui sont, par ailleurs, utilisés en tant que slogans publicitaires, indications de qualité ou expressions incitant à acheter les produits ou les services désignés par ces marques véhiculent, par définition, dans une mesure plus ou moins grande, un message objectif, même simple, elles peuvent néanmoins être aptes à indiquer au consommateur l’origine commerciale des produits ou des services en cause. Tel peut notamment être le cas lorsque ces marques ne se réduisent pas à un message publicitaire ordinaire, mais possèdent une certaine originalité ou prégnance, nécessitent un minimum d’effort d’interprétation ou déclenchent un processus cognitif auprès du public concerné (arrêts du 21 janvier 2010, Audi/OHMI, C‑398/08 P, EU:C:2010:29, points 56 et 57, et du 22 mars 2017, Genius, T‑425/16, non publié, EU:T:2017:199, point 28).

23 Il s’ensuit qu’une marque constituée d’un slogan publicitaire ou d’une indication de qualité doit être considérée comme dépourvue de caractère distinctif si elle n’est susceptible d’être perçue par le public pertinent que comme une simple formule promotionnelle. En revanche, une telle marque doit se voir reconnaître un caractère distinctif si, au-delà de sa fonction promotionnelle, elle peut être perçue d’emblée par le public pertinent comme une indication de l’origine commerciale des produits et des services visés [arrêts du 6 juin 2013, Interroll/OHMI (Inspired by efficiency), T‑126/12, non publié, EU:T:2013:303, point 24, et du 22 mars 2017, Genius, T‑425/16, non publié, EU:T:2017:199, point 29].

24 De plus, il convient également de tenir compte du fait que les consommateurs moyens n’ont pas pour habitude de présumer l’origine des produits et des services en se fondant sur des formules promotionnelles (voir, en ce sens, arrêt du 21 octobre 2004, OHMI/Erpo Möbelwerk, C‑64/02 P, EU:C:2004:645, point 35 et jurisprudence citée).

25 C’est à la lumière de ces considérations qu’il convient d’examiner le présent moyen.

26 Premièrement, s’agissant du public pertinent, la chambre de recours a constaté, en substance, aux points 22 à 27 de la décision attaquée, que le public pertinent était composé pour partie du grand public et pour partie d’un public professionnel, son niveau d’attention variant de moyen à élevé. Selon la chambre de recours, le public pertinent est le public anglophone de l’Union, notamment le public irlandais et maltais, même si d’autres segments du public de l’Union pourraient également être pertinents, dès lors qu’ils sont susceptibles de comprendre le terme « royal ». Ces appréciations ne sont pas contestées par la requérante.

27 Deuxièmement, s’agissant de la signification de la marque demandée, la chambre de recours a, tout d’abord, considéré, aux points 28 à 33 de la décision attaquée, que le signe demandé se composait d’un « élément verbal en anglais : “royal” ». Ensuite, la chambre de recours a relevé que, selon le dictionnaire Collins, le terme « royal » signifiait, entre autres, « bon ou impressionnant, supérieur à la qualité normale ou habituelle ». Enfin, la chambre de recours a précisé que l’usage du terme « royal » en anglais pour désigner une qualité supérieure était un fait notoire, confirmé à de multiples reprises par le Tribunal. Partant, elle a conclu que ledit terme pouvait revêtir une signification intrinsèquement laudative ou élogieuse, indiquant la qualité supérieure de certains produits et services.

28 Troisièmement, s’agissant du rapport entre la signification de la marque demandée et les produits et les services visés par cette marque, tout d’abord, la chambre de recours a conclu, aux points 34 et 35 de la décision attaquée, que le terme « royal » sera perçu par le public pertinent anglophone comme une indication de qualité supérieure ou d’excellence pour les produits relevant des classes 29 et 31, ainsi que pour les services relevant de la classe 35. Ensuite, elle a relevé que, dans la mesure où la qualité des produits et des services constitue une caractéristique très attrayante, voire essentielle, le public percevra le terme « royal » comme une simple incitation à l’achat par la mise en avant d’une qualité prétendument supérieure. Enfin, la chambre de recours a vérifié si ce constat n’était pas remis en cause par la représentation graphique de la marque demandée, en considérant, au point 37 de la décision attaquée, que la condition décisive à cet égard n’était pas remplie, car la police de caractères utilisée dans la marque demandée était plutôt standard et courante. De même, la couleur dorée de l’élément « royal », ainsi que la lettre initiale majuscule « R » apparaissant en taille supérieure et avec des jambages allongés ne changeaient pas, du point de vue du public pertinent, la signification claire et non équivoque de ladite marque par rapport aux produits ou aux services concernés. Ainsi, la chambre de recours a conclu que la marque demandée n’était pas dotée du caractère distinctif intrinsèque minimal lui permettant d’être enregistrée et, conformément à l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, elle a rejeté les arguments de la requérante.

29 La requérante allègue, d’une part, que le terme « royal » possède un caractère distinctif faible, voire très faible, mais que celui-ci n’est pas inexistant, ce qui suffirait, conformément à la jurisprudence du Tribunal, pour enregistrer la marque demandée. De plus, ledit terme ne serait pas utilisé pour désigner la qualité supérieure des produits et des services concernés. En effet, le terme « royal » ne correspondrait à aucune des qualités d’un produit ou d’un service désigné par la marque demandée et le fait que les définitions le caractérisant comme étant « au-dessus de la norme habituelle ou normale en termes de standards, de taille, qualité, etc. » et « exceptionnellement bon ou impressionnant ; de première classe » se trouvent seulement à la quatrième et à la cinquième place dans le dictionnaire Collins, utilisé par la chambre de recours, démontrerait à suffisance que ce terme n’est pas utilisé habituellement pour désigner une caractéristique d’un produit. D’autre part, quant à l’aspect figuratif de la marque demandée, la requérante soutient que la représentation graphique en couleur dorée est suffisamment distinctive et caractéristique pour que le public conserve ce signe en mémoire lors de son choix entre plusieurs marques.

30 En premier lieu, il n’y a pas lieu de remettre en cause l’appréciation de la chambre de recours selon laquelle le terme « royal » peut être notamment compris comme signifiant « bon ou impressionnant, supérieur à la qualité normale ou habituelle ». Tout en relevant que cette signification n’est pas la plus usuelle, la requérante ne conteste pas que le terme « royal » peut être ainsi compris par le public pertinent.

31 En deuxième lieu, quant au lien entre la signification du signe demandé et les produits et les services visés par celui-ci, la requérante a produit les annexes A.6 et A.7 de la requête afin de prouver que ledit terme ne correspondait à aucune des qualités des produits et des services désignés par la marque demandée. Toutefois, il suffit de relever, à l’instar de la chambre de recours, que le fait que le terme « royal » ne fournisse pas d’information précise quant à la qualité des produits et des services contestés ne fait pas obstacle à l’application du motif absolu de refus prévu à l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001. En effet, selon la jurisprudence, un signe peut être laudatif non seulement en vantant des qualités concrètes qui sont directement attribuables aux produits et aux services visés, mais également en vantant leurs qualités abstraites [voir ordonnance du 11 septembre 2018, Hermann Biederlack/EUIPO (Feeling home), T‑715/17, non publiée, EU:T:2018:578, point 31 et jurisprudence citée], ce qui est le cas en l’espèce.

32 Partant, il y a lieu de considérer que, eu égard au fait que la qualité est une caractéristique essentielle de tous les produits et les services, le terme « royal », contrairement à ce qui est soutenu par la requérante, indique au consommateur que les produits et les services désignés par la marque demandée sont d’une qualité supérieure.

33 À cet égard, il convient de relever que la requérante ne conteste pas la considération de la chambre de recours selon laquelle il est notoire que le terme « royal » est intrinsèquement laudatif et renvoie uniquement une information à caractère promotionnel, lorsqu’il est utilisé en anglais pour désigner une qualité supérieure. En effet, tel est le cas dès lors que ledit terme n’est pas utilisé dans son sens premier, à savoir visant l’appartenance à une famille royale, mais en tant qu’adjectif associé à des produits ou à des services, comme en l’espèce. Dans un tel cas, le public pertinent percevra le signe demandé uniquement comme une incitation à l’achat d’un produit ou d’un service d’une qualité prétendument supérieure, digne d’un roi, plutôt que comme une indication de l’origine commerciale de ces produits et services. Ainsi, il y a lieu d’écarter, comme étant non fondé, l’argument de la requérante selon lequel le terme « royal » n’est pas habituellement utilisé s’agissant des produits et des services désignés par la marque demandée.

34 Or, il convient de rappeler que, dans la mesure où le public pertinent est peu attentif à l’égard d’un signe qui ne lui donne pas d’emblée une indication sur la provenance ou la destination de ce qu’il souhaite acheter, mais plutôt une information exclusivement promotionnelle et abstraite, il ne s’attardera pas à la mémoriser en tant que marque [voir arrêt du 24 septembre 2019, Daimler/EUIPO (ROAD EFFICIENCY), T‑749/18, non publié, EU:T:2019:688, point 39 et jurisprudence citée].

35 Dès lors, il y a lieu de conclure que le terme « royal » sera perçu par le public pertinent exclusivement comme une formule laudative, en raison de son sens, direct et intrinsèquement promotionnel, de « qualité supérieure » des produits et des services désignés par la marque demandée, plutôt que comme une indication d’origine commerciale, ainsi que l’a considéré en substance, à juste titre, la chambre de recours au point 36 de la décision attaquée.

36 En troisième lieu, quant à l’aspect figuratif de la marque demandée, il convient de considérer que l’allégation de la requérante selon laquelle la représentation graphique en couleur dorée serait suffisamment distinctive et caractéristique pour que le public pertinent identifie l’origine commerciale des produits et des services concernés n’est pas fondée. Ainsi que la chambre de recours l’a relevé, à juste titre, au point 37 de la décision attaquée, en l’espèce, le graphisme et la police de caractères en couleur dorée ne sont pas suffisants pour détourner l’attention du consommateur de la signification promotionnelle de l’élément verbal [arrêt du 11 juillet 2012, Laboratoire Garnier/OHMI (natural beauty), T‑559/10, non publié, EU:T:2012:362, points 26 et 27]. De même, aucune particularité ne distingue spécifiquement le graphisme et la police de caractères, de sorte à donner une indication sur l’origine commerciale [voir, en ce sens, arrêt du 15 mars 2018, Hermann Bock/EUIPO (Push and Ready), T‑279/17, non publié, EU:T:2018:149, point 30].

37 Partant, l’aspect graphique de la marque demandée, dès lors qu’il n’est pas apte à détourner l’attention du public pertinent de la signification promotionnelle du message envoyé aux consommateurs, ne saurait modifier la conclusion exposée, au point 35 ci-dessus, selon laquelle le signe demandé « Royal », s’agissant des produits et des services qu’il désigne, sera perçu uniquement comme une simple incitation à l’achat en raison d’une qualité supérieure. La couleur dorée, symbolisant la royauté ou la qualité supérieure, renforce l’aspect promotionnel du message envoyé par le contenu sémantique dudit terme, ce dernier étant spontanément compréhensible et clair pour les consommateurs pertinents des produits et des services en cause.

38 Dès lors, il ressort des considérations qui précèdent que c’est sans commettre d’erreur dans l’application de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 que la chambre de recours a conclu à l’absence de caractère distinctif de la marque demandée. Partant, le premier moyen doit être rejeté comme étant non fondé.

39 Cette conclusion n’est pas remise en cause par les autres arguments de la requérante selon lesquels, en substance, l’EUIPO a entretenu une pratique décisionnelle depuis de nombreuses années, consistant à enregistrer sa « famille de marques comportant l’élément “royal” ». Cette pratique aurait créé une attente légitime quant au caractère enregistrable de la marque demandée. De même, la requérante rappelle plusieurs décisions de l’EUIPO en matière d’opposition constatant le caractère distinctif minimal de ses marques antérieures comportant l’élément « royal », servant de fondement à ces oppositions, ce qui prouverait que la marque demandée, très semblable auxdites marques antérieures, posséderait le caractère distinctif minimal nécessaire pour être enregistrée. De plus, une multitude de marques comportant l’élément « royal » ou constituées par cet élément auraient été enregistrées dans l’Union et au Royaume-Uni. À titre de preuve de l’existence de cette pratique, la requérante a présenté une liste de marques, ce qui suffirait pour dégager le critère que l’EUIPO aurait appliqué depuis de nombreuses années.

40 À titre liminaire, s’agissant de l’argument de la requérante tiré d’une famille de marques, il suffit, pour le rejeter comme étant non fondé, de rappeler que le concept de la famille de marque ne relève pas des motifs absolus de refus, mais uniquement des motifs relatifs de refus (voir, en ce sens, arrêt du 24 mars 2011, Ferrero/OHMI, C‑552/09 P, EU:C:2011:177, point 97 et jurisprudence citée), de sorte que la chambre de recours devait apprécier le caractère distinctif de la marque demandée au regard de ses caractéristiques propres, sans prendre en considération les autres marques prétendument similaires dont était titulaire la requérante [voir arrêt du 5 février 2025, Quality First/EUIPO (MORE Nutrition), T‑219/24, non publié, EU:T:2025:128, point 42 et jurisprudence citée].

41 Il convient également de rejeter comme étant non fondé l’argumentation de la requérante selon laquelle, en substance, l’EUIPO aurait reconnu un caractère distinctif minimal des marques de la requérante antérieurement enregistrées et comportant l’élément « royal » dans des procédures d’opposition fondées sur ces marques. En effet, il convient de relever qu’il est de jurisprudence constante que toute marque enregistrée est dotée d’un minimum de caractère distinctif. Néanmoins, ce constat n’est pas transposable à une demande d’enregistrement de marque, laquelle doit être évaluée uniquement au regard du règlement 2017/1001. Par conséquent, cette demande ne peut être sujet à aucune présomption permettant d’indiquer si elle peut être enregistrée ou pas [arrêt du 11 juin 2009, Baldesberger/OHMI (Forme d’une pincette), T‑78/08, non publié, EU:T:2009:199, points 35 à 39].

42 En outre, il convient d’observer, à l’instar de la chambre de recours, que l’avis favorable de l’EUIPO quant à l’enregistrement des marques antérieures de la requérante comportant l’élément « royal », au regard des motifs absolus visés à l’article 7, du règlement 2017/1001, n’émane que de décisions d’examinateurs et les chambres de recours ne sauraient, en tout état de cause, être liées par les décisions d’instances inférieures de l’EUIPO [voir, en ce sens, arrêts du 22 mai 2014, NIIT Insurance Technologies/OHMI (EXACT), T‑228/13, non publié, EU:T:2014:272, point 48, et du 4 juillet 2018, Deluxe Entertainment Services Group/EUIPO (deluxe), T‑222/14 RENV, non publié, EU:T:2018:402, point 71].

43 Quant à l’argumentation relative à la prétendue pratique décisionnelle de l’EUIPO, tout d’abord, il convient de rappeler que, selon une jurisprudence constante, les décisions que les chambres de recours sont conduites à prendre en vertu du règlement 2017/1001 concernant l’enregistrement d’un signe en tant que marque de l’Union européenne relèvent de l’exercice d’une compétence liée et non pas d’un pouvoir discrétionnaire. Dès lors, la légalité des décisions des chambres de recours doit être appréciée uniquement sur la base de ce règlement, tel qu’interprété par le juge de l’Union, et non sur la base d’une pratique décisionnelle antérieure à celles‑ci (voir arrêt du 26 avril 2007, Alcon/OHMI, C‑412/05 P, EU:C:2007:252, point 65 et jurisprudence citée).

44 Ensuite, en l’espèce, il ressort de l’examen du premier moyen que la chambre de recours a, à juste titre, conclu, sur la base d’un examen diligent et complet et en tenant compte de la perception du public pertinent et des produits et des services visés par la marque demandée dans le contexte de leur utilisation, que ladite marque se heurtait au motif absolu de refus énoncé à l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, de sorte que la requérante ne saurait utilement invoquer, aux fins d’infirmer cette conclusion, des décisions antérieures de l’EUIPO. En effet, l’enregistrement d’un signe en tant que marque dépend de critères spécifiques, applicables dans le cadre des circonstances factuelles du cas d’espèce, destinés à vérifier si le signe en cause ne relève pas d’un motif de refus (voir arrêt du 10 mars 2011, Agencja Wydawnicza Technopol/OHMI, C‑51/10 P, EU:C:2011:139, point 77 et jurisprudence citée).

45 Enfin, et en tout état de cause, il y a lieu de relever que la requérante ne conteste pas l’appréciation de la chambre de recours selon laquelle les huit marques de l’Union européenne concernées par la pratique décisionnelle invoquée ne sont pas identiques à la marque demandée en l’espèce.

46 Dès lors, il ressort des considérations qui précèdent que l’argumentation de la requérante doit être rejetée comme étant inopérante.

Sur le deuxième moyen, tiré de la violation de l’article 7, paragraphe 3, du règlement 2017/1001

47 La requérante soutient, en substance, que la chambre de recours a violé l’article 7, paragraphe 3, du règlement 2017/1001, en considérant que la preuve suffisante de l’acquisition d’un caractère distinctif par l’usage de la marque demandée n’a pas été apportée.

48 L’EUIPO conteste les allégations de la requérante.

49 En vertu de l’article 7, paragraphe 3, du règlement 2017/1001, les motifs absolus de refus visés à l’article 7, paragraphe 1, sous b) à d), de ce règlement ne s’opposent pas à l’enregistrement d’une marque si celle‑ci a acquis, pour les produits ou les services pour lesquels l’enregistrement est demandé, un caractère distinctif après l’usage qui en a été fait.

50 L’acquisition d’un caractère distinctif par l’usage de la marque exige qu’au moins une fraction significative du public pertinent identifie grâce à celle-ci les produits ou les services concernés comme provenant d’une entreprise déterminée [voir arrêt du 15 décembre 2005, BIC/OHMI (Forme d’un briquet à pierre), T‑262/04, EU:T:2005:463, point 61 et jurisprudence citée ; voir également, par analogie, arrêt du 4 mai 1999, Windsurfing Chiemsee, C‑108/97 et C‑109/97, EU:C:1999:230, point 52].

51 Les éléments de preuve produits doivent permettre de démontrer que la marque est de nature à identifier le produit concerné comme provenant d’une entreprise déterminée et donc à distinguer ce produit de ceux d’autres entreprises. L’appréciation du caractère distinctif de la marque faisant l’objet d’une demande d’enregistrement peut s’effectuer en prenant en considération des éléments tels que les parts de marché détenues par la marque, l’intensité, l’étendue géographique et la durée de l’usage de cette marque, l’importance des investissements faits par l’entreprise pour la promouvoir, la proportion des milieux intéressés qui identifie le produit comme provenant d’une entreprise déterminée grâce à la marque ainsi que les déclarations de chambres de commerce et d’industrie ou d’autres associations professionnelles [voir arrêt du 6 mars 2024, Lidl Stiftung/EUIPO – MHCS (Nuance de la couleur orange), T‑652/22, non publié, EU:T:2024:152, point 99 et jurisprudence citée].

52 Toutefois, certains éléments sont considérés comme jouissant d’une force probante plus importante que d’autres. En particulier, les chiffres de ventes et le matériel publicitaire ne peuvent être considérés que comme des preuves secondaires qui peuvent corroborer, le cas échéant, les preuves directes du caractère distinctif acquis par l’usage, telles que rapportées par des enquêtes ou des études de marché ainsi que des déclarations d’associations professionnelles ou des déclarations du public spécialisé (voir arrêt du 6 mars 2024, Nuance de la couleur orange, T‑652/22, non publié, EU:T:2024:152, point 100 et jurisprudence citée).

53 S’agissant de l’étendue géographique de la preuve du caractère distinctif acquis par l’usage, il convient de rappeler qu’un signe ne peut être enregistré en tant que marque de l’Union européenne, en vertu de l’article 7, paragraphe 3, du règlement 2017/1001, que si la preuve est rapportée qu’il a acquis, par l’usage qui en a été fait, un caractère distinctif dans la partie de l’Union dans laquelle il n’avait pas ab initio un tel caractère, au sens du paragraphe 1, sous b), du même article. Il s’ensuit que, s’agissant d’une marque dépourvue de caractère distinctif ab initio dans l’ensemble des États membres, une telle marque ne peut être enregistrée en vertu de l’article 7, paragraphe 3, de ce règlement que s’il est démontré qu’elle a acquis un caractère distinctif par l’usage dans l’ensemble du territoire de l’Union (voir arrêt du 25 juillet 2018, Société des produits Nestlé e.a./Mondelez UK Holdings & Services, C‑84/17 P, C‑85/17 P et C‑95/17 P, EU:C:2018:596, points 75 et 76 et jurisprudence citée).

54 S’il n’est pas nécessaire, aux fins de l’enregistrement, sur le fondement de l’article 7, paragraphe 3, du règlement 2017/1001, d’une marque dépourvue ab initio de caractère distinctif dans l’ensemble des États membres de l’Union, que la preuve soit apportée, pour chaque État membre pris individuellement, de l’acquisition par cette marque d’un caractère distinctif par l’usage, les preuves apportées doivent néanmoins permettre de démontrer une telle acquisition dans l’ensemble des États membres de l’Union. En effet, dans le cas d’une marque qui ne possède pas un caractère distinctif intrinsèque dans l’ensemble de l’Union, le caractère distinctif acquis par l’usage de cette marque doit être démontré dans l’ensemble de ce territoire, et non seulement dans une partie substantielle ou la majorité du territoire de l’Union, de sorte que, bien qu’une telle preuve puisse être rapportée de façon globale pour tous les États membres concernés ou bien de façon séparée pour différents États membres ou groupes d’États membres, il n’est, en revanche, pas suffisant que celui à qui en incombe la charge se borne à produire des éléments de preuve d’une telle acquisition qui ne couvriraient pas une partie de l’Union, même consistant en un seul État membre [voir arrêt du 19 octobre 2022, Louis Vuitton Malletier/EUIPO – Wisniewski (Représentation d’un motif à damier II), T‑275/21, non publié, EU:T:2022:654, point 28 et jurisprudence citée].

55 En l’espèce, la chambre de recours a examiné les éléments de preuve présentés par la requérante aux fins de l’établissement du caractère distinctif acquis par l’usage de la marque demandée pour le public pertinent irlandais et maltais, conformément à l’article 7, paragraphe 3, du règlement 2017/1001. À cet égard, elle a considéré, au point 55 de la décision attaquée, qu’il ne s’agissait pas d’éléments de preuve directs de l’acquisition du caractère distinctif démontrant spécifiquement le degré de familiarisation du public irlandais et maltais avec le signe demandé s’agissant des produits et des services désignés. La chambre de recours a, ainsi, relevé que les éléments de preuve secondaires concernant l’Irlande étaient insuffisants, alors que le territoire de Malte n’était pas visé par les arguments de la requérante ou par les éléments de preuve présentés à l’appui desdits arguments. Dès lors, elle a rejeté le recours dans son ensemble et confirmé la décision attaquée en tout point.

56 La requérante a produit les annexes A.12 à A.26 de la requête devant le Tribunal, les annexes A.24 et A.25 étant produites pour la première fois, et soutient sur la base de ces éléments que l’acquisition d’un caractère distinctif par l’usage de la marque demandée a été établie à suffisance pour les territoires du Danemark, de l’Irlande, des Pays-Bas, de la Finlande et de la Suède. La requérante soutient, en substance, que le périmètre de l’étendue géographique du public pertinent, en l’espèce, devrait inclure les territoires de ces États membres, où le caractère distinctif acquis par l’usage de la marque demandée aurait été établi par les éléments de preuve qu’elle a produits. Selon elle, les éléments de preuve se rapportant au territoire du Royaume-Uni devraient également être pris en compte.

57 S’agissant de l’étendue géographique de la preuve du caractère distinctif acquis par l’usage, il convient de considérer que la chambre de recours a examiné la situation la plus avantageuse pour la requérante, en limitant le territoire pour lequel la preuve de l’acquisition d’un caractère distinctif par l’usage devait être établie. Si la chambre de recours avait pris en compte les pays où l’anglais est également compris, la preuve de l’usage aurait dû être apportée également pour les territoires de ces pays. Or, la requérante ne soutient pas qu’il faille extrapoler et que les éléments de preuve qu’elle a produits devant le Tribunal sont également valables pour les territoires de l’Irlande et de Malte, mais uniquement qu’ils doivent être pris en compte pour prouver l’acquisition d’un caractère distinctif sur les territoires de pays qu’elle vise.

58 Dans ce cas, ainsi que l’a relevé à juste titre la chambre de recours au point 67 de la décision attaquée, sans être contredite par la requérante, à supposer que la preuve d’un caractère distinctif acquis par l’usage au Danemark, aux Pays-Bas, en Finlande et en Suède soit établie, conformément à la jurisprudence, cette preuve ne pourrait pas combler l’absence d’éléments de preuve directs, constatée par la chambre de recours pour les territoires de Malte et d’Irlande [arrêt du 21 avril 2015, Louis Vuitton Malletier/OHMI – Nanu-Nana (Représentation d’un motif à damier marron et beige), T‑359/12, EU:T:2015:215, point 120 ; voir, également, arrêt du 19 octobre 2022, Représentation d’un motif à damier II, T‑275/21, non publié, EU:T:2022:654, point 28 et jurisprudence citée].

59 La requérante ne conteste pas les conclusions relatives à l’absence d’éléments de preuve directs concernant les territoires de Malte et de l’Irlande, ainsi que cela a été également relevé par la chambre de recours au point 67 de la décision attaquée. En dépit des considérations de la chambre de recours effectuées aux points 66 à 68 de ladite décision, l’argumentation de la requérante ne fait pas référence au territoire de Malte. Il convient de relever, à cet égard, qu’aucun élément de preuve produit au cours de la procédure administrative ou devant le Tribunal ne porte sur le territoire de cet État membre. Ainsi que la requérante l’a confirmé explicitement lors de l’audience, son argumentation ne mentionne pas ce territoire pertinent et ne prétend pas que l’on puisse extrapoler et que les éléments de preuve présentés durant la procédure administrative ou devant le Tribunal sont également valables s’agissant de ce territoire.

60 Or, conformément à la jurisprudence citée au point 54 ci-dessus, les preuves apportées doivent permettre de démontrer l’acquisition du caractère distinctif par l’usage dans l’ensemble des États membres de l’Union constituant le territoire du public pertinent et pas seulement dans une partie substantielle ou dans la majorité du territoire de l’Union, de sorte qu’il n’est pas suffisant que celui à qui incombe la charge de la preuve, en l’espèce, la requérante, se borne à produire des éléments de preuve de l’acquisition d’un caractère distinctif par l’usage qui ne couvriraient pas une partie de l’Union, même consistant en un seul État membre.

61 Par conséquent, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité des éléments de preuve présentés pour la première fois devant le Tribunal (voir point 56 ci-dessus), ni d’examiner d’avantage l’argumentation de la requérante, il convient de relever que celle-ci n’est pas de nature à démontrer que la marque demandée a acquis un caractère distinctif par l’usage qu’il en aurait été fait, au sens de l’article 7, paragraphe 3, du règlement 2017/1001, sur tout le territoire du public pertinent anglophone et ainsi remettre en cause la conclusion de la chambre de recours. Partant, il convient d’écarter le deuxième moyen comme étant non fondé.

62 Au vu de l’ensemble des considérations qui précèdent, il y a lieu de rejeter le recours dans son intégralité.

Sur les dépens

63 Aux termes de l’article 134, paragraphe 1, du règlement de procédure du Tribunal, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens.

64 La requérante ayant succombé et compte tenu de l’organisation d’une audience, il y a lieu de la condamner aux dépens, conformément aux conclusions de l’EUIPO.

Par ces motifs,

LE TRIBUNAL (première chambre)

déclare et arrête :

1) Le recours est rejeté.

2) Royal est condamnée aux dépens.

Buttigieg

Kancheva

Bestagno

Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 2 septembre 2026.

Signatures


* Langue de procédure : l’espagnol.

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