lundi 28 novembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-22MA02368 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | suspension sursis |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL SINDRES - AVOCATS MARSEILLE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Par délibération du 13 décembre 2017, le conseil municipal de la commune de Lançon-Provence a approuvé le plan local d'urbanisme communal.
Par un jugement n° 1804632 du 23 juin 2022, le tribunal administratif de Marseille a annulé cette délibération ainsi que la décision rejetant le recours gracieux de la chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône.
Par une requête enregistrée le 29 août 2022, et un mémoire complémentaire enregistré le 10 novembre 2022, la métropole Aix Marseille Provence, représentée par Me Sindres, demande à la Cour d'ordonner le sursis à exécution du jugement du 23 juin 2022 en ce qu'il annule la délibération du 13 décembre 2017 et la décision rejetant le recours gracieux de la chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône.
Elle soutient que :
- elle demande le sursis du jugement du 23 juin 2022 en application des dispositions de l'article R. 811-15 du code de justice administrative en développant des moyens sérieux dans sa requête d'appel ;
- le tribunal a jugé à tort que le rapport de présentation du plan local d'urbanisme est insuffisant ;
- le plan local d'urbanisme n'est pas incompatible avec le SCOT Agglopole Provence ;
- le classement en zone NE n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- les moyens retenus par le tribunal n'étaient pas de nature à entraîner l'annulation du plan local d'urbanisme dans sa totalité.
Par un mémoire enregistré le 28 octobre 2022, la chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône, représentée par Me Dumolié, demande à la Cour de rejeter la requête et de mettre à la charge de la métropole Aix Marseille Provence la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas sérieux .
Vu :
- la requête 22MA02363, par laquelle la métropole Aix-Marseille Provence relève appel du jugement du 23 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Marseille a annulé la délibération du 13 décembre 2017 du conseil municipal de Lançon-Provence approuvant le plan local d'urbanisme de la commune.
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 novembre 2022 :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Chavalarias, représentant la métropole Aix-Marseille Provence, et de Me Tagnon, substituant Me Debeaurain, représentant la chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône ;
Considérant ce qui suit :
1. La chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler la délibération du 13 décembre 2017 par laquelle le conseil municipal de Lançon-Provence a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune. Par un jugement du 23 juin 2022, le tribunal administratif de Marseille a annulé cette délibération. La métropole Aix-Marseille Provence demande à la Cour de prononcer le sursis à exécution de ce jugement.
Sur la demande de sursis à exécution :
2. Aux termes de l'article R. 811-14 du code de justice administrative : " Sauf dispositions particulières, le recours en appel n'a pas d'effet suspensif s'il n'en est autrement ordonné par le juge d'appel dans les conditions prévues par le présent titre. ". Aux termes de l'article R. 811-15 du code de justice administrative : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ".
3. En l'état de l'instruction, le moyen susvisé tiré de ce que le tribunal administratif de Marseille a prononcé à tort l'annulation totale de la délibération en litige paraît sérieux et de nature à justifier, outre la réformation du jugement attaqué, le rejet partiel des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement. En revanche, les moyens tirés de ce que le tribunal a jugé à tort que le rapport de présentation du plan local d'urbanisme est insuffisant en ce qui concerne les zones NE, que la création des zones NE est incompatible avec le SCOT Agglopole Provence et que le classement en zone NE est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ne paraissent pas sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement.
4. Il résulte de ce qui précède que la métropole Aix-Marseille Provence est fondée à demander le sursis à exécution du jugement attaqué en ce qu'il prononce l'annulation de la délibération en litige, hormis en ce qui concerne le classement au sein de la zone naturelle " N " de deux secteurs classés en zone " Ne " destinés à accueillir des projets photovoltaïques, Calissanne (Font de Leu) au Sud et Camp Long (Guiennas) au nord-est de la commune.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Jusqu'à ce qu'il ait été statué sur l'appel de la métropole Aix-Marseille Provence contre le jugement du tribunal administratif de Marseille du 23 juin 2022, il est sursis à l'exécution de ce jugement en ce qu'il prononce l'annulation de la totalité de la délibération en litige, hormis en ce qui concerne le classement au sein de la zone naturelle " N " de deux secteurs classés en zone " Ne " destinés à accueillir des projets photovoltaïques, Calissanne (Font de Leu) au Sud et Camp Long (Guiennas) au nord-est de la commune.
Article 2 : Le surplus des conclusions de chacune des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la métropole Aix-Marseille Provence et à la chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône
Copie en sera adressée à la commune de Lançon-Provence.
Fait à Marseille le 28 novembre 2022. nb
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