Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
La SCI Villa Emma a demandé au tribunal administratif de Nice d’annuler l’arrêté du 26 février 2021 par lequel le maire de la commune de Nice a fait opposition à la déclaration préalable pour la surélévation de la toiture, la création d’une fenêtre de toit et la création d’une véranda sur un terrain cadastré section MV n° 118 et situé 203, route de Bellet à Nice, ensemble la décision du 10 juin 2021 par laquelle le maire de la commune de Nice a rejeté son recours gracieux.
Par un jugement n° 2104222 du 18 janvier 2024, le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 15 mars 2024, la SCI Villa Emma, représentée par Me Zago, doit être regardée comme demandant à la cour :
1°) d’annuler le jugement n° 2104222 du tribunal administratif de Nice du 18 janvier 2024 ;
2°) de faire droit à sa demande de première instance ;
3°) d’enjoindre à la commune de Nice de lui délivrer un certificat de non-opposition à déclaration préalable ;
4°) mettre à la charge de la commune de Nice la somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l’arrêté attaqué méconnait les dispositions de l’article 2.1.3.2 du règlement de la zone Ufb5 du plan local d’urbanisme de la métropole Nice Côte d’Azur (PLUm) ;
- l’arrêté attaqué est illégal en ce que les travaux entrepris n’aggravent pas la non-conformité de la construction aux dispositions du PLUm et sont étrangers à ces dispositions ;
- les juges de première instance ont commis une erreur de droit.
La requête a été communiquée à la commune de Nice, qui n’a pas produit de mémoire.
Vu
le jugement attaqué ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
le rapport de M. Portail, président ;
les conclusions de M. Quenette, rapporteur public ;
et les observations de Me Tordo, avocat de la SCI Villa Emma.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Villa Emma a demandé au tribunal administratif de Nice d’annuler l’arrêté du 26 février 2021 par lequel le maire de la commune de Nice a fait opposition à sa déclaration préalable pour la surélévation de la toiture, la création d’une fenêtre de toit et la création d’une véranda sur un terrain cadastré section MV n° 118 et situé 203, route de Bellet à Nice, ensemble la décision du 10 juin 2021 par laquelle le maire de la commune de Nice a rejeté son recours gracieux. Par un jugement du 18 janvier 2024, dont la SCI Villa Emma relève appel, le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.
Sur le bien-fondé du jugement contesté :
2. Aux termes de l’article 2.1.3.2 du règlement de la zone Ufb5 du plan local d’urbanisme de la métropole Nice Côte d’Azur (PLUm) : « Les constructions doivent s’implanter à une distance minimale de 3m des limites séparatives. / Spécificité(s) locale(s) (…) – Nice : peuvent être autorisées dans les reculs induits, en l’absence de polygone d’implantation : / o Les débords de toiture si leur saillie ne dépasse pas 1 m, / o les travaux sur les bâtiments existants sans augmentation de leur volume, / o les escaliers de secours et ascenseurs rajoutés à un bâtiment existant, /o les locaux techniques et industriels des administrations publiques et assimilés, / o les parties de bâtiment situées au-dessous du niveau du terrain naturel, et affectées au stationnement des véhicules, mes accès à conditions qu’ils soient limités au minimum, / o les accès à condition qu’ils soient limités au minimum, / o les murs de soutènement inférieurs à 2 m. La hauteur des murs de soutènement n’est pas limitée dans le cas de reconstitution du terrain existant, ou dans le cas ils sont nécessaires à la réalisation des accès, / o les bassins d’eaux pluviales à condition qu’ils soient enterrés, / o Les travaux relatifs à la protection et à la mise en valeur des bâtiments à conserver et protégés au titre de l’article L.151-19 du Code de l’Urbanisme, / o Les aires de rassemblement des conteneurs d’ordures ménagères. Cette aire, éventuellement couverte et/ou grillagée devra être à un niveau sensiblement égal à celui de la voie, agrémentée de végétation, / o Les ouvrages de séparations, / o Les escaliers lorsqu’ils sont rattachés à une construction s’ils sont limités au minimum et non fermés. (…) ».
Il ressort des pièces du dossier que la construction faisant l’objet des travaux est implantée en limite séparative de la parcelle voisine au nord-est. La règle de prospect s’apprécie par rapport au terrain voisin. Il en ressort aussi que la voie privée située à l’ouest du terrain d’assiette du projet n’est pas ouverte à la circulation publique. C’est dès lors par rapport à cette voie que doit être appliquée la règle de prospect par rapport aux limites séparatives. L’implantation du bâtiment existant ne respecte pas une distance de 3 mètres par rapport à cette voie. Alors que l’article 2.1.3.2 du règlement de la zone du PLUm précise au titre des spécificités locales de la commune de Nice que « peuvent être autorisés dans les reculs induits en l’absence de polygone d’implantation : les travaux sur les bâtiments existants sans augmentation de leur volume », le projet portant sur la surélévation de la toiture et la couverture d’une terrasse par la création d’une véranda entraîne une modification du volume du bâtiment existant. De ce fait, le projet méconnait les dispositions de l’article 2.1.3.2 du règlement de la zone Ufb5 du PLUm relatives aux règles de prospects.
L’article 23 des dispositions générales du règlement de la zone Ufb5 du PLUm de Nice indique : « lorsqu’une construction existante, régulièrement autorisée, n’est pas conforme aux dispositions édictées par le présent règlement, ne peuvent être autorisées sur cette construction que les travaux qui n’aggravent pas la non-conformité de la construction aux dispositions méconnues, ou qui sont étrangers à ces dispositions ».
Il est constant que la construction existante n’est pas implantée en conformité avec les dispositions précitées de l’article 2.1.3.2 du règlement de la zone Ufb5 du PLUi relatives aux règles de prospect. Si la SCI Villa Emma fait valoir que les travaux projetés sont étrangers à la non-conformité de la construction, une demande d’autorisation d’urbanisme portant sur la modification de la pente de la toiture d’une construction non conforme aux règles d’implantation, telles que prévues par le PLUi, ne peut être légalement délivrée compte tenu du fait qu’il s’agit de travaux non étrangers aux dispositions méconnues. Il en est de même des travaux portant sur la couverture de la terrasse par création d’une véranda, implantée dans la bande des 3 mètres de distance minimale imposée par l’article 2.1.3.2. Dès lors, les travaux projetés qui ne sont pas étrangers aux dispositions méconnues de l’article 2.1.3.2, ne sont pas non plus conformes à celles-ci et aggravent la non-conformité initiale.
Il résulte de ce qui précède que la SCI Emma n’est pas fondée à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.
Sur les frais liés au litige :
Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Nice, qui n’est pas la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Villa Emma est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la SCI Villa Emma et à la commune de Nice.
Délibéré après l'audience du 15 janvier 2026, à laquelle siégeaient :
M. Portail, président de chambre,
- Mme Hameline, présidente assesseure,
- M. Claudé-Mougel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 29 janvier 2026.
Le président,
Signé
Philippe Portail
La présidente assesseure,
Signé
Marie-Laure Hameline
La greffière,
signé
Nancy Juarez
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,