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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-21BX00514

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-21BX00514

jeudi 7 juillet 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-21BX00514
TypeDécision
Recourscontentieux répressif
Formation1ère chambre - formation à 3
Avocat requérantTIRAULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Le grand port maritime de la Martinique a saisi, le 22 novembre 2019, le tribunal administratif de la Martinique d'un procès-verbal de contravention de grande voirie, daté du

6 novembre 2019, dressé à l'encontre du capitaine du navire immatriculé ARSH-PE-0073 opérant pour la société à responsabilité limitée " Poissonnerie Bapté " pour avoir enfreint les dispositions des articles R. 5333-8 et R. 5333-14 du code des transports en omettant de signaler, le lundi 4 novembre précédent, ses mouvements à la capitainerie du port et en dépassant le temps imparti à ses opérations commerciales, infractions passibles d'une amende définie à l'article L. 5337-5 du même code.

Par un jugement n°1900683 du 10 juillet 2020, signifié au contrevenant le

4 janvier 2021, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de la Martinique a condamné la société Poissonnerie Bapté à payer une amende de 8 000 euros.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 11 février 2021, la SARL Poissonnerie Bapté, représentée par Me Tirault, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de la Martinique du 10 juillet 2020 ;

2°) de fixer l'amende due à un montant de 500 euros ;

3°) de mettre à la charge du grand port maritime de la Martinique une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que le montant de l'amende fixé à 8 000 euros par l'article L. 5337-5 du code de transports pour les bâtiments n'obtempérant pas aux signaux ou aux ordres de la capitainerie ne concerne que les navires d'une longueur comprise entre 20 et 100 mètres de long, alors que la longueur de son navire n'est que de 14,30 mètres.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de procédure pénale ;

- le code des transports ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A B,

- et les conclusions de M. Romain Roussel, rapporteur public,

Considérant ce qui suit :

1. Le 4 novembre 2019, le commandant du port de Fort-de-France a constaté que le navire commercial " Alicia Estrella ", opérant pour le compte de la SARL Poissonnerie Bapté, avait accosté le même jour au niveau du quai de la Batellerie de ce port sans avoir signalé son mouvement à la capitainerie et était resté accosté en dépassant le délai imparti à son opération commerciale malgré un ordre contraire donné à son capitaine. Un procès-verbal de contravention de grande voirie a été dressé le 6 novembre 2019. Le grand port maritime de la Martinique a saisi, le 21 novembre 2019, le tribunal administratif de la Martinique de ce procès-verbal et doit être regardé comme ayant sollicité la condamnation de la société Poissonnerie Bapté à l'amende prévue par l'article L. 5337-5 du code des transports. La société Poissonnerie Bapté relève appel du jugement du 10 juillet 2020, notifié le 4 janvier 2021, par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de la Martinique l'a condamnée à payer une amende d'un montant de 8 000 euros.

Sur le bien-fondé du jugement :

2. Aux termes de l'article L. 5334-5 du code des transports : " Dans les limites administratives du port maritime (), tout capitaine, maître ou patron d'un navire, d'un bateau ou de tout autre engin flottant est tenu d'obtempérer aux signaux réglementaires ou aux ordres donnés, par quelque moyen que ce soit, par les officiers de port, officiers de port adjoints ou surveillants de port concernant le mouvement de son navire, bateau ou engin ". Selon l'article L. 5337-5 du même code : " Le fait, pour un capitaine, maître ou patron d'un navire, d'un bateau ou de tout autre engin flottant de ne pas obtempérer aux signaux ou aux ordres conformément aux dispositions de l'article L. 5334-5 est passible d'une amende calculée comme suit: / 1° Pour le navire, bateau ou autre engin flottant d'une longueur hors tout inférieure ou égale à 20 mètres : 500 € ; / 2° Pour le navire, bateau ou autre engin flottant d'une longueur hors tout supérieure à 20 mètres et inférieure ou égale à 100 mètres : 8 000 € ; / 3° Pour le navire, bateau ou autre engin flottant d'une longueur hors tout supérieure à 100 mètres : 20 000 €. / En cas de nouveau manquement commis moins de cinq ans après le prononcé d'une première condamnation, l'amende peut être portée au double ".

3. Il résulte de l'instruction que le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de la Martinique a condamné la société Poissonnerie Bapté à verser une amende de 8 000 euros en faisant application du 2° de l'article L. 5337-5 du code des transports qui concerne les navires d'une longueur supérieure à 20 mètres et inférieure à 100 mètres. Or, aux termes du certificat d'immatriculation du navire incriminé, produit pour la première fois en appel par la société requérante et non contesté par le grand port maritime de la Martinique, la longueur de ce navire atteint seulement 14,30 mètres. Ainsi, alors que les faits constatés ne sont pas davantage contestés, ce navire relevait du 1° de cet article qui concerne les navires d'une longueur inférieure à 20 mètres et pour lesquels le montant de l'amende est fixé à 500 euros.

4. Il résulte de ce qui précède que la société Poissonnerie Bapté est fondée à contester le montant de l'amende infligée par le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de La Martinique dans le jugement attaqué, qui doit être ramené à 500 euros.

Sur les frais liés au litige :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du grand port maritime de la Martinique le versement à la société Poissonnerie Bapté de la somme qu'elle réclame sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : Le montant de l'amende fixée par le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de la Martinique dans son jugement du 10 juillet 2020 est ramené à 500 euros.

Article 2 : Ce jugement est réformé en ce qu'il est contraire au présent arrêt.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la société Poissonnerie Bapté est rejeté.

Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la société anonyme à responsabilité limitée Poissonnerie Bapté et au grand port maritime de la Martinique.

Délibéré après l'audience du 23 juin 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Marianne Hardy, présidente,

Mme Fabienne Zuccarello, présidente-assesseure,

Mme Christelle Brouard-Lucas, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.

La rapporteure,

Christelle BLa présidente,

Marianne Hardy

La greffière,

Stéphanie Larrue

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

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