mercredi 25 octobre 2023
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-21NC01117 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | autres |
| Avocat requérant | BUYNOWSKI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société à responsabilité limitée (SARL) OLIMAR a demandé au tribunal administratif de Strasbourg de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des suppléments d'impôt sur les sociétés qui lui ont été assignés au titre des années 2015, 2016 et 2017.
Par un jugement n° 1906536 du 16 février 2021, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté cette demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 19 avril 2021, la SARL OLIMAR, représentée par Me Becker et Me Buynowski, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de prononcer la décharge en droits et pénalités des impositions contestées ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'avis de mise en recouvrement ne comporte pas les mentions requises par les articles L. 256, R. 256-1 et L. 257 du livre des procédures fiscales et l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration ; cet acte n'est en outre pas signé ;
- les impositions de l'exercice clos le 30 juin 2015 sont prescrites au regard des dispositions de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, la date de notification de la proposition de rectification n'étant pas établie ;
- la charge de la preuve ne saurait lui incomber en application de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales dès lors qu'elle a contesté les rectifications ; les frais de déplacements comptabilisés en charges sont parfaitement justifiés et au demeurant ne sont pas excessifs.
Par un mémoire enregistré le 28 octobre 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens invoqués par la SARL OLIMAR n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Agnel, président assesseur, pour statuer par ordonnance sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL OLIMAR, ayant une activité d'horlogerie-bijouterie, a fait l'objet d'un contrôle sur pièces au titre de la période du 1er juillet 2014 au 30 juin 2017 à l'issue duquel l'administration fiscale a porté à sa connaissance qu'elle envisageait selon la procédure contradictoire prévue à l'article L. 55 du livre des procédures fiscales, des rehaussements de ses bénéfices imposables à l'impôt sur les sociétés, par une proposition de rectification du 9 août 2018. Ces rectifications ont été partiellement confirmées par une lettre du 18 octobre 2018 en réponse aux observations de la société. Les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 15 février 2019 et la réclamation préalable de la SARL OLIMAR a fait l'objet d'une décision de rejet du 7 juillet 2019. La SARL OLIMAR relève appel du jugement du 16 février 2021 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à la décharge de ces impositions.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".
3. La société requérante reprend en appel, sans apporter aucun élément nouveau, les moyens, ci-dessus visés, tirés du caractère irrégulier de l'avis de mise en recouvrement au regard des dispositions du livre des procédures fiscales et du code des relations entre le public et l'administration. Il y a lieu de les écarter en adoptant les motifs retenus à juste titre par le jugement attaqué.
4. La société requérante reprend en appel, sans apporter aucun élément nouveau, les moyens, ci-dessus visés, tirés de la prescription du supplément d'impôt sur les sociétés de l'année 2015. Il y a lieu de les écarter en adoptant les motifs retenus à juste titre par le jugement attaqué.
5. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts rendu applicable en matière d'impôt sur les sociétés par l'article 209 du même code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature () ". Pour l'application des dispositions du 1° du 1 de l'article 39 du code général des impôts, il incombe toujours au contribuable de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité.
6. Il résulte de l'instruction que la SARL OLIMAR a comptabilisé en charges les sommes de 7 650 euros au titre de l'exercice clos en 2015, de 7 750 euros au titre de l'exercice clos en 2016 et de 7 390 euros au titre de l'exercice clos en 2017, correspondant à des remboursements de frais de déplacements à son gérant à raison de l'utilisation professionnelle de ses véhicules personnels. Ces écritures n'étaient appuyées d'aucune pièce justificative, le gérant ayant indiqué qu'il ne faisait jamais d'états de frais de déplacements. La société OLIMAR a produit le 9 février 2018 des copies de tableau établis par ses soins, pour les besoins du contrôle, faisant état de calculs théoriques basés sur des estimations des trajets entre le bureau et le magasin ainsi que des déplacements ponctuels dépourvus de date exacte, document insusceptible de constituer une justification des charges litigieuses au sens des règles ci-dessus rappelées. La société requérante, à qui la charge de la preuve incombe en vertu des règles ci-dessus rappelées, se bornant à produire devant cette cour exactement le même justificatif des déplacements professionnels de son gérant, elle n'est pas fondée soutenir que c'est à tort que l'administration a réintégré ces sommes dans ses bénéfices imposables. Elle ne saurait par ailleurs se prévaloir d'un avis rendu par la commission des impôts directs dans un litige concernant une autre société dont il est le gérant.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL OLIMAR n'est manifestement pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions y compris celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la SARL OLIMAR est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la SARL OLIMAR et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Fait à Nancy le 25 octobre 2023.
Le président assesseur désigné,
Signé : M. Agnel
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Schramm
Cour Administrative d'Appel de Nancy — N° CAA54-24NC00807
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