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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-26PA01606

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-26PA01606

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-26PA01606
TypeOrdonnance
Recoursautres
FormationJuge des référés
Avocat requérantHAIK

Résumé IA

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, annule partiellement l’ordonnance du tribunal administratif de Montreuil qui avait rejeté la demande de Mme B... au titre des frais de justice (article L. 761-1 du code de justice administrative). La cour estime que le tribunal a commis une erreur en refusant d’allouer ces frais à la requérante, alors qu’elle avait maintenu ses conclusions sur ce point et que ni l’équité ni sa situation économique ne justifiaient un rejet. En conséquence, l’État est condamné à verser 1 000 euros à Mme B... pour les frais exposés en première instance. La décision se fonde sur les articles R. 222-1 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Montreuil d’annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour et de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une ordonnance n° 2509906 du 26 janvier 2026, le président de la 12ème chambre du tribunal administratif de Montreuil a pris acte de son désistement et a rejeté le surplus des conclusions de la requête.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 14 mars 2026, Mme B..., représenté par Me Haik, demande à la cour :

1°) d’annuler l’ordonnance du tribunal administratif de Montreuil en tant que ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ont été rejetées ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés pour sa défense dans le cadre de la procédure devant le tribunal administratif de Montreuil en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative

Elle soutient que ni l’équité ni la situation économique de la partie perdante ne justifiaient un rejet des conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B..., ressortissante congolaise (République Démocratique du Congo) est née en 1982. Elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour auprès de la préfecture de la Seine-Saint-Denis. Par une décision implicite le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance du titre sollicité. Par une ordonnance du 26 janvier 2026, le tribunal administratif de Montreuil, d’une part, a pris acte de son désistement. Mme B... relève appel de cette ordonnance en tant qu’elle a rejeté ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

2. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, d’une part, « Les (…) présidents des formations de jugement des cours (…) peuvent, par ordonnance (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 », d’autre part, « les présidents des formations de jugement des cours (…) peuvent, en outre, par ordonnance ( …) annuler une ordonnance prise en application des 1° à 5° «et 7°» du présent article à condition de régler l'affaire au fond par application» «des 1° à 7°» .

3. Aux termes de l’article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation ».

4. Par un courrier du 6 octobre 2025, le tribunal administratif a adressé à Mme B... une demande de maintien de sa requête. Mme B... a, par un mémoire enregistré le 21 octobre 2025, maintenu expressément ses conclusions tendant à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces conclusions, distinctes des conclusions au principal, étaient ainsi régulièrement soumises au premier juge. Dès lors que Mme B..., qui n’a bénéficié d’aucune aide juridictionnelle en première instance, a eu recours à un conseil pour obtenir l’annulation de la décision implicite de rejet, et que ni l’équité ni la situation économique de la partie perdante n’y font obstacle, c’est à tort que le tribunal administratif de Montreuil a rejeté ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions précitées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, qui ne subordonnent pas la fixation du montant alloué à la présentation de justificatifs. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B... est fondée à soutenir que c’est à tort que, par l’ordonnance attaquée, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l’application de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

5. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros, demandée en appel, au titre des frais de la première instance exposés par Mme B....
ORDONNE :


Article 1er : L’Etat versera à Mme B... une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés dans l’instance n° 2509906 devant le tribunal administratif de Montreuil.

Article 2 : L’ordonnance n° 2509906 du président de la 12ème chambre du tribunal administratif de Montreuil du 26 janvier 2026 est réformée en ce qu’il a de contraire à la présente ordonnance.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Paris, le 1er juillet 2026.


La présidente de la 7ème chambre,
V. Chevalier-Aubert



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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