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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-23NC00026

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-23NC00026

jeudi 23 mars 2023

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-23NC00026
TypeDécision
Recoursrectif. erreur matérielle
Formation1ère chambre - formation à 3
Avocat requérantSELARL LE TEMPS DES DROITS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Par un arrêt no 19NC01273 du 30 décembre 2022 la cour administrative d'appel de Nancy a notamment annulé les articles 2 et 3 du jugement du tribunal administratif de Strasbourg n° 1703901 du 26 février 2019 et a condamné solidairement les Hôpitaux universitaires de Strasbourg et la Société hospitalière d'assurances mutuelles à verser, à compter de la date de mise à disposition de son arrêt et jusqu'à la majorité d'Héloïse, à M. E A et Mme D B, en leur qualité de représentants légaux de leur fille, une rente trimestrielle de 41 500,05 euros au titre des frais d'assistance par une tierce personne et à verser, à compter de la date de mise à disposition de l'arrêt et jusqu'à la majorité d'Héloïse, à M. E A et Mme D B, en qualité de représentants légaux de leur fille, une rente annuelle de 6 600 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 3 janvier 2023, M. E A F, représentés par Me Beynet, demandent à la cour de rectifier les erreurs matérielles affectant le point 15, l'article 1er et l'article 2 de l'arrêt du 30 décembre 2022.

Ils soutiennent que :

- l'arrêt est entaché d'une première erreur matérielle dès lors qu'il ne statue pas sur les demandes d'indemnisation des préjudices des proches sur lesquels le tribunal administratif s'est prononcé aux articles 5 à 10 de son jugement.

- l'arrêt est entaché d'une erreur matérielle sur le montant de la rente qui selon les calculs devrait s'élever à 43 033,35 euros et non 41 500,05 euros comme mentionné aux points 15 et article 2 de l'arrêt.

Par une ordonnance du 6 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée le 6 février 2023 à 12h00.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2023, les Hôpitaux universitaires de Strasbourg et la SHAM, représentés par la Sarl Le Prado-Gilbert, concluent au rejet de la requête.

Ils soutiennent que l'arrêt n'est entaché d'aucune erreur matérielle.

Par un mémoire complémentaire, enregistré le 3 février 2023, M. E A F, se désistent de leur demande relative au montant de la rente et maintiennent leur demande en ce qui concerne les préjudices des proches.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Wallerich, président,

- les conclusions de Mme Antoniazzi, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 833-1 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision d'une cour administrative d'appel ou du Conseil d'Etat est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification. Ce recours doit être présenté dans les mêmes formes que celles dans lesquelles devait être introduite la requête initiale. Il doit être introduit dans un délai de deux mois qui court du jour de la notification ou de la signification de la décision dont la rectification est demandée. Les dispositions des livres VI et VII sont applicables ".

2. Il résulte de ces dispositions que le recours en rectification d'erreur matérielle n'est ouvert qu'en vue de corriger des erreurs de caractère matériel de la juridiction qui ne sont pas imputables aux parties et qui ont pu avoir une influence sur le sens de la décision. L'objet de ce recours à l'encontre d'un arrêt d'une cour administrative d'appel n'est pas de remettre en question des appréciations d'ordre juridique portées par cette dernière sur l'affaire qui lui était soumise.

3. En premier lieu, dans son arrêt du 30 décembre 2022, la Cour a annulé les articles 2 et 3 du jugement n° 1703901 du tribunal administratif de Strasbourg et a réformé l'article 1er de ce même jugement. Dans la mesure où les appelants n'ont pas entendu contester au fond les articles 5 à 10 du jugement par lesquels les premiers juges ont statué sur les préjudices des proches de la victime, la cour qui n'avait pas à confirmer expressément les parties du dispositif dont elle n'était pas saisie par l'effet dévolutif de l'appel, et qui sont définitifs faute d'avoir été contestés, n'a commis aucune erreur matérielle.

4. En second lieu, au point 15 de son arrêt la cour a estimé que " pour l'avenir, les Hôpitaux universitaires de Strasbourg et la SHAM doivent être condamnés à verser, jusqu'à la majorité d'Héloïse, une rente trimestrielle, qui sera payée aux parents de l'enfant, déterminée sur la base de 24 heures par jour, d'un montant horaire de 20 euros et d'une année de 365 jours, et après déduction de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé, d'un montant mensuel à la date du présent arrêt de 766,65 euros, sous réserve d'évolutions concernant la perception de cette allocation, ou d'une autre aide équivalente, dont les représentants de la victime devront informer les débiteurs et qui donneront lieu à adaptation du montant de la rente. Cette rente, d'un montant de 41 500,05 euros, à verser à chaque trimestre échu, sera revalorisée par application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale ".

5. Les consorts A qui soutenaient que la rente trimestrielle allouée au titre de l'assistance n'est pas de 41 500,05 euros par trimestre mais de 43 033,35 euros par trimestre en raison de la déduction d'une unique somme de 766,65 euros, se sont désistés de leur demande de rectification dans la mesure où la cour n'a commis aucune erreur ni entaché son arrêt de contradiction de motifs pour calculer la rente trimestrielle en déduisant un montant de 2 299,95 euros correspondant à la somme de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé perçue au cours d'un trimestre. Rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte de ce désistement.

6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A F ne sont pas fondés à demander la rectification pour erreur matérielle de l'arrêt rendu le 30 décembre 2022.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de la demande présentée par M. A F en ce qui concerne le montant de la rentre trimestrielle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête présentée par M. A F est rejeté.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. E A, représentant unique des autres requérants en application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la caisse primaire d'assurance maladie du Bas-Rhin, à la Société hospitalière d'assurances mutuelles et aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg.

Délibéré après l'audience du 2 mars 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Wallerich, président de chambre,

- M. Sibileau, premier conseiller,

- Mme Barrois, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 23 mars 2023.

Le président rapporteur,

Signé : M. CL'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

Signé : J.-B. Sibileau

La greffière,

Signé : S. Robinet

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

S. Robinet

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