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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-23DA01302

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-23DA01302

lundi 25 septembre 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-23DA01302
TypeOrdonnance
Recoursautres
PublicationD
Avocat requérantSCP CARON-AMOUEL-PEREIRA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A C B a demandé au tribunal administratif d'Amiens d'annuler l'arrêté du préfet de la Somme du 15 décembre 2022 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans les trente jours et fixation du pays de renvoi.

Par un jugement n° 2300751 du 25 mai 2023, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté cette demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 6 juillet 2023, M. B, représenté par Me Emmanuelle Pereira, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Douai du 29 juin 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur la vie privée et familiale :

2. Si M. B est entré en France avec un visa long séjour en octobre 2013 et a obtenu un titre de séjour " étudiant " jusqu'en octobre 2018, il n'a pas exécuté une obligation de quitter le territoire français de mars 2019, malgré sa validation par le tribunal administratif en mars 2020, puis une obligation de quitter le territoire français de juin 2020 et s'est maintenu en France jusqu'au dépôt d'une demande de titre de séjour " étudiant " en octobre 2022.

3. Si M. B a suivi un parcours universitaire sauf en 2018/2019, il a été défaillant en 2015/2016, 2016/2017, 2017/2018 et 2019/2020. S'il a validé ses années 2020/2021 et 2021/2022, il est sans emploi et n'a pas justifié son dire selon lequel il " reçoit des virements de sa mère ". La condition de " moyens d'existence suffisants " de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est donc pas remplie.

4. M. B est connu au fichier du traitement des antécédents judiciaires pour outrage à une personne chargée d'une mission de service public le 25 septembre 2016 et pour des faits, pour lesquels il a été placé en garde à vue, de violence sur conjoint suivie d'incapacité en présence d'un mineur commis entre le 1er et le 3 juillet 2022. Il ressort de sa demande de titre de séjour qu'il n'a pas travaillé depuis 2015.

5. M. B, né en 1994, a vécu la majeure partie de sa vie au Gabon où résident ses parents. S'il se déclare en couple avec une compatriote dont il a reconnu l'enfant né en février 2022, il s'est déclaré célibataire dans sa demande de titre de séjour, de même que cette compatriote dans sa demande de renouvellement de son titre de séjour, et ne vit pas avec l'enfant et sa mère qui résident dans le Doubs. En tout état de cause, le requérant n'invoque aucune circonstance faisant obstacle à la reconstitution de la cellule familiale au Gabon.

6. Dans ces conditions, l'arrêté n'a pas violé les articles 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. Il résulte de ce qui précède que tous les moyens ci-dessus invoqués, par voie d'action ou d'exception, doivent être écartés.

8. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif a rejeté sa demande.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. La présente décision n'implique aucune mesure d'exécution pour l'application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

10. La demande présentée par le requérant et son conseil, partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B et à Me Emmanuelle Pereira.

Fait à Douai, le 25 septembre 2023

Le président de la 4ème chambre,

Signé : Marc Heinis

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Par délégation,

La greffière,

Nathalie Roméro

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