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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-26PA02748

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-26PA02748

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-26PA02748
TypeOrdonnance
Recoursplein contentieux
FormationJuge des référés
Avocat requérantDENIS

Résumé IA

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... qui contestait un jugement du tribunal administratif de Montreuil ayant refusé la décharge de cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu pour 2012 et 2013. La cour a constaté que la requête était tardive, car le délai d’appel de deux mois, majoré de deux mois pour résidence à Monaco, avait expiré le 20 avril 2026, alors que la requête n’a été enregistrée que le 5 mai 2026. Cette irrecevabilité manifeste a été sanctionnée sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Montreuil de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2012 et 2013.

Par un jugement n° 2305165 du 5 décembre 2025, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 5 mai 2026, M. B..., représenté par Me Denis, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement ;

2°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2012 et 2013, ainsi que des pénalités et intérêts de retard correspondants ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 10 000 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement (…) des cours (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser (…) ».

2. D’une part, aux termes de l’article R. 811-13 du code de justice administrative : « Sauf dispositions contraires prévues par le présent titre, l’introduction de l’instance devant le juge d'appel suit les règles relatives à l'introduction de l'instance de premier ressort définies au livre IV. / Sont de même applicables les dispositions des livres VI et VII ».

3. D’autre part, aux termes de l'article R. 811-2 du code de justice administrative : « Sauf disposition contraire, le délai d'appel est de deux mois. Il court contre toute partie à l'instance à compter du jour où la notification a été faite à cette partie (...) ». Aux termes de l'article R. 811-5 du même code : « Les délais supplémentaires de distance prévus à l'article R. 421-7 s'ajoutent aux délais normalement impartis (...) ». Enfin, aux termes de l’article R. 421-7 de même code : « Lorsque la demande est portée devant un tribunal administratif qui a son siège en France métropolitaine ou devant le Conseil d’Etat en premier et dernier ressort, le délai de recours prévu à l’article R. 421-1 est augmenté d’un mois pour les personnes qui demeurent en Guadeloupe, en Guyane, à la Martinique, à La Réunion, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin, à Mayotte, à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Polynésie française, dans les îles Wallis et Futuna, en Nouvelle-Calédonie et dans les Terres australes et antarctiques françaises. (…) Ce même délai est augmenté de deux mois pour les personnes qui demeurent à l’étranger. (…) ». Il résulte de ces dispositions, applicables devant le juge d’appel, que le délai pour introduire une requête d’appel dirigée contre un jugement d’un tribunal administratif qui a son siège en France métropolitaine devant une cour administrative d’appel qui a également son siège en France métropolitaine est de quatre mois lorsque le requérant demeure à l’étranger.

4. Il ressort des pièces du dossier que le jugement attaqué du tribunal administratif de Montreuil du 5 décembre 2025, accompagné d’un courrier mentionnant les voies et délais de recours, a été notifié au domicile de M. B..., à Monaco, le 18 décembre 2025, ainsi qu’il ressort des mentions de l’accusé de réception. Le délai d’appel de deux mois majoré d’un délai de distance de deux mois, qui lui était imparti, qui revêt le caractère d’un délai franc, a expiré le lundi 20 avril 2026. La requête de l’intéressé n’a toutefois été enregistrée au greffe de la cour que le 5 mai 2026, soit après l’expiration du délai de quatre mois. Dans ces conditions, la requête de M. B... est tardive et, par suite, manifestement irrecevable.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par M. B... peut être rejetée, en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative doivent, également, être rejetées.




ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Copie en sera adressée au ministre de l’action et des comptes publics et au directeur chargé de la direction des impôts des non-résidents.


Fait à Paris, le 1er juillet 2026.


Le président de la 5ème chambre,
A. BARTHEZ


La République mande et ordonne au ministre de l'action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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