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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE02177

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE02177

mardi 5 avril 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE02177
TypeDécision
Recoursrectif. erreur matérielle
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSIMMONS & SIMMONS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise de condamner l'Assistance-Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) à l'indemniser des différents préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux, résultant de la défectuosité des prothèses de hanche qui lui ont été implantées au centre hospitalier Raymond Poincaré de Garches, dont la somme s'élève respectivement à 434 353,82 euros et à 83 365 euros.

Par un jugement n° 1501373 du 30 janvier 2018, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a condamné l'AP-HP à verser à M. B une somme de 21 280,25 euros, à la CPAM des Yvelines une somme de 17 897,83 euros ainsi que l'indemnité forfaitaire de gestion, et a mis les frais d'expertise à la charge de l'AP-HP.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 1er avril 2018, M. B, représenté par Me Filmont, avocat, a demandé à la cour de condamner l'AP-HP à lui verser une somme de 594 425,15 euros.

Par un arrêt n° 18VE01123 du 28 mai 2021, la cour administrative d'appel de Versailles a rejeté sa requête.

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 27 juillet et 4 août 2021, M. B, représenté par Me Filmont, avocat, demande de rectifier l'erreur matérielle contenue dans l'arrêt de la cour du 28 mai 2021.

Il soutient que la cour n'a pas répondu à sa critique du jugement sur le poste des souffrances temporaires endurées pour lequel il demandait une somme de 20 000 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Le Gars,

- les conclusions de Mme Grossholz, rapporteure publique,

- et les observations de Me Filmont pour M. B.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 833-1 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision d'une cour administrative d'appel ou du Conseil d'Etat est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercée une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification. " .

2. Par un arrêt rendu le 28 mai 2021, la cour a rejeté la requête présentée par M. B tendant à la condamnation de l'AP-HP à lui verser une somme de 594 425,15 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis. Cet arrêt ne s'est toutefois pas prononcé sur le chef de préjudice relatif aux souffrances temporaires endurées pour lequel M. B demandait de porter l'indemnité réparatrice de 7 000 euros accordée par le tribunal administratif, à la somme de 20 000 euros. Cette omission de statuer est constitutive d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire. Il y a lieu, dès lors, de se prononcer sur ce chef de préjudice.

3. Il résulte de l'instruction que M. B a subi le 12 juillet 2007, à l'âge de 34 ans, une intervention chirurgicale d'implantation d'une prothèse totale de la hanche gauche, destinée à traiter une ostéonécrose bilatérale de la hanche gauche. Le 11 janvier 2008, lui est implantée une prothèse totale de hanche droite dans ce même établissement. Alerté par des grincements au niveau des hanches, M. B a appris en septembre 2010 que les prothèses dont il était porteur avaient été depuis retirées du marché. Des analyses ayant révélé la présence d'un taux anormalement élevé de cobalt et de chrome dans le sang de M. B, le retrait en urgence des prothèses a été décidé. Il a été opéré le 10 novembre 2010 et le 12 janvier 2011 à la clinique des Franciscaines à Versailles. M. B demandait réparation des préjudices résultant de l'implantation des prothèses défectueuses.

4. Il résulte de l'instruction que les souffrances temporaires endurées par M. B en lien avec les interventions chirurgicales nécessaires pour retirer les prothèses défectueuses ont été évaluées par l'expert à 4 sur une échelle de 7. Compte tenu de la durée de la période en cause, le tribunal a justement apprécié ce chef de préjudice en fixant l'indemnité réparatrice à la somme de 7 000 euros.

5. Il y a lieu de rectifier ainsi l'erreur commise dans les motifs de l'arrêt du 28 mai 2021.

DÉCIDE :

Article 1er : Les motifs de l'arrêt n° 18VE01123 du 28 mai 2021 sont complétés en ajoutant, s'agissant des préjudices temporaires à caractère extrapatrimonial, le point 4 du présent arrêt relatif aux souffrances temporaires endurées.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B, à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines, à la société Depuy France et au ministre des solidarités et de la santé.

Délibéré après l'audience du 8 mars 2022, à laquelle siégeaient :

M. Brotons, président,

Mme Le Gars, présidente assesseure,

M. Coudert, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2022.

La rapporteure,

A-C. LE GARSLe président,

S. BROTONSLa greffière,

V. MALAGOLI

La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

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