mercredi 2 février 2022
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 439577 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2022:439577.20220202 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | CABINET COLIN - STOCLET |
Vu la procédure suivante :
L'organisme de gestion de l'école catholique (OGEC) Saliège a demandé au tribunal administratif de Toulouse de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2017, pour un montant restant en litige de 4 541 euros. Par un jugement n° 1804808 du 14 janvier 2020, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.
Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique, enregistrés les 16 mars et 24 août 2020 et 9 septembre 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, l'OGEC Saliège demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Catherine Fischer-Hirtz, conseillère d'Etat,
- les conclusions de Mme Céline Guibé, rapporteure publique ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Boulloche, Colin, Stoclet et Associés, avocat de l'organisme de gestion de l'école catholique (OGEC) ;
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier soumis au juge du fond que l'organisme de gestion de l'école catholique Saliège, ci-après désigné " OGEC Saliège ", a été assujetti à la taxe d'habitation au titre de l'année 2017 dans les rôles de la commune de Balma à raison de l'ensemble immobilier qu'il y exploite. Par un jugement du 14 janvier 2020, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à la décharge de l'imposition laissée à sa charge par l'administration fiscale à l'issue d'un dégrèvement partiel. Il se pourvoit en cassation contre ce jugement.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 17 décembre 2021, l'administration fiscale a accordé à l'association " OGEC Saliège " un dégrèvement d'un montant de 2 221 euros, en droits et pénalités, de la taxe d'habitation litigieuse correspondant au réfectoire. Le pourvoi de l'OGEC Saliège est devenu, dans cette mesure, sans objet. Il n'y a, par suite, pas lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions du pourvoi :
3. D'une part, aux termes de l'article 1658 du code général des impôts : " Les impôts directs () sont recouvrés en vertu de rôles rendus exécutoires par arrêté du préfet. ". Ces rôles doivent comporter l'identification du contribuable, ainsi que le total par nature d'impôt et par année des sommes à acquitter. Ils ne sont en revanche pas soumis à l'obligation d'indiquer les bases de la liquidation imposée par les dispositions de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, qui ne portent que sur les créances non fiscales.
4. Par suite et alors que l'OGEC Saliège n'invoquait devant les juges du fond pas d'autre irrégularité que celle tenant à l'absence de mention des bases de liquidation du rôle dont il avait reçu communication, le tribunal administratif, en jugeant que ce rôle n'avait pas à comporter une telle mention et que le requérant ne soutenait pas qu'il serait dépourvu des autres mentions devant y figurer, n'a entaché le jugement attaqué ni d'erreur de droit ni d'insuffisance de motivation.
5. D'autre part, en vertu de l'article 1407 du code général des impôts, ne sont pas imposables à la taxe d'habitation " les locaux destinés au logement des élèves dans les écoles et pensionnats ". Les paragraphes 100 et 110 de l'instruction référencée BOI-IF-TH-10-40-10 du 12 septembre 2012 énoncent que cette exonération : " ne vise expressément que les locaux affectés au logement des élèves, tels que dortoirs, réfectoires et installations sanitaires, dans les écoles et pensionnats " mais qu' " il y a lieu, toutefois, d'admettre que les locaux affectés à l'instruction des élèves (salles de classe, études, etc.) peuvent être exclus des bases de la taxe d'habitation". Ces énonciations sont d'interprétation stricte.
6. Après avoir relevé, par une appréciation souveraine exempte de dénaturation, d'une part, que les locaux affectés à l'administration de l'établissement, au service des professeurs et des personnels d'éducation, les locaux techniques, la chapelle ainsi que les parkings restant en litige ne présentaient aucun lien avec le logement des élèves, et d'autre part, n'étaient pas librement accessibles au public et aux élèves ou ouverts à leur circulation sans aucune restriction, le tribunal administratif a pu en déduire, sans commettre ni erreur de droit ni erreur de qualification juridique, que ces locaux n'entraient pas dans le champ de l'exonération précitée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que le surplus des conclusions du pourvoi de l'OGEC Saliège, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doit être rejeté.
D E C I D E :
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Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions du pourvoi de l'OGEC Saliège à concurrence du dégrèvement prononcé en cours d'instance.
Article 2 : Le surplus des conclusions du pourvoi de l'OGEC Saliège est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à l'organisme de gestion de l'école catholique Saliège et au ministre de l'économie, des finances et de la relance.
Délibéré à l'issue de la séance du 13 janvier 2022 où siégeaient : M. Frédéric Aladjidi, président de chambre, présidant ; M. Lionel Ferreira, maître des requêtes en service extraordinaire et Mme Catherine Fischer-Hirtz, conseillère d'Etat-rapporteure.
Rendu le 2 février 2022.
Le président :
Signé : M. Frédéric Aladjidi
La rapporteure :
Signé : Mme Catherine Fischer-Hirtz
La secrétaire :
Signé : Mme B A439577
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026