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AccueilJurisprudence administrativeN° 444515

Conseil d'État — Décision N° 444515

mercredi 25 mai 2022

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier444515
ECLIECLI:FR:CECHS:2022:444515.20220525
TypeOrdonnance
RecoursRectif. d'erreur matérielle
PublicationZ
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP FOUSSARD, FROGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Montreuil de condamner l'Etat à lui verser une somme de 5 180 518 euros en réparation des préjudices causés par l'octroi illégal d'une licence aérienne de type A à la société SEBCE devenue Euralair Horizons dont il s'estime victime. Par un jugement n° 1502239 du 16 juillet 2015, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.

Par un arrêt n° 16VE01469 du 18 juin 2019, la cour administrative d'appel de Versailles a rejeté l'appel formé par M. A contre ce jugement.

Par une décision no 433457 du 9 juillet 2020, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, n'a pas admis les conclusions du pourvoi de M. A dirigées contre l'arrêt du 18 juin 2019 de la cour administrative d'appel de Versailles.

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 14 septembre 2020 et 26 octobre 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A demande au Conseil d'Etat :

1°) de rectifier pour erreur matérielle la décision n° 433457 du 9 juillet 2020 ;

2°) statuant à nouveau sur son pourvoi, de faire droit à ses conclusions.

Par un courrier du 24 septembre 2020, notifié le 28 septembre 2020, M. A a été invité à régulariser sa requête dans un délai d'un mois à compter de la réception de cette lettre.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la ministre de la transition écologique conclut au rejet de la requête. Elle soutient que la requête de M. A est irrecevable à défaut pour l'intéressé d'avoir produit la décision attaquée.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 122-12 du code de justice administrative : " () les conseillers d'Etat mentionnés au quatrième alinéa de l'article R. 122-7 peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ".

2. Aux termes de l'article R. 833-1 du même code : " Lorsqu'une décision () du Conseil d'Etat est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification. / Ce recours doit être présenté dans les mêmes formes que celles dans lesquelles devait être introduite la requête initiale. () ". Aux termes de l'article R. 821-6 du même code : " Sauf dispositions contraires prévues par le présent titre, l'introduction du pourvoi en cassation suit les règles relatives à l'introduction de l'instance devant le Conseil d'Etat définies au livre IV. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ". Il résulte de ces dispositions que les pourvois en cassation présentés devant le Conseil d'Etat doivent être accompagnés de la décision attaquée et doivent être rejetés comme irrecevables dès lors que leurs auteurs ne l'ont pas produite. Par suite, le recours en rectification d'erreur matérielle dirigé contre la décision de ne pas admettre de tels pourvois doit également être accompagné de la décision attaquée.

4. Le recours en rectification d'erreur matérielle de M. A n'était pas accompagné de la décision du 9 juillet 2020 par laquelle le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, n'a pas admis les conclusions de son pourvoi dirigées contre l'arrêt du 18 juin 2019 de la cour administrative d'appel de Versailles. Dès lors que cette irrecevabilité avait été expressément invoquée en défense par la ministre de la transition écologique, dans son mémoire communiqué le 27 septembre 2021 et notifié le 28 septembre 2021 à l'avocat de M. A, le Conseil d'Etat n'était pas tenu d'inviter M. A à régulariser sa demande. Or, M. A n'a pas régularisé son recours en produisant la décision attaquée et n'a pas davantage justifié d'une impossibilité de produire cette pièce en dépit de la fin de non-recevoir opposée par la ministre de la transition écologique. Par suite, le recours n'est pas recevable et ne peut dès lors être admis.

O R D O N N E :

--------------------

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Fait à Paris, le 25 mai 202Le conseiller d'Etat désigné : Christian FOURNIER

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

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