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AccueilJurisprudence administrativeN° 448398

Conseil d'État — Décision N° 448398

mardi 21 décembre 2021

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier448398
ECLIECLI:FR:CECHS:2021:448398.20211221
TypeOrdonnance
RecoursRectif. d'erreur matérielle
PublicationZ
Formation3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. B A a demandé à la commission départementale d'aide sociale de Paris d'annuler la décision du 13 juillet 2015 par laquelle la caisse primaire d'assurance maladie de Paris lui a refusé le bénéfice de la protection complémentaire en matière de santé. Par une décision du 1er avril 2016, la commission départementale a rejeté sa demande.

Par une décision du 26 septembre 2018, la Commission centrale d'aide sociale a rejeté l'appel formé par M. A contre cette décision.

Par une décision n° 426501 du 24 avril 2019, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, a refusé d'admettre le pourvoi formé par M. A contre la décision de la Commission centrale d'aide sociale, a refusé de transmettre au Conseil constitutionnel la question de la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions de l'article 4 de la loi du

31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques, et a rejeté ses conclusions à fin d'indemnisation.

Par une décision n° 437025 du 29 décembre 2020, le Conseil d'Etat, saisi en application de l'article R. 833-1 du code de justice administrative, a rejeté le recours en rectification d'erreur matérielle formée par M. A contre la décision n° 426501 du 24 avril 2019, et a refusé de transmettre au Conseil constitutionnel les questions de la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions de l'article 4 de la loi du

31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques et de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Par une requête et six autres mémoires, enregistrés les 30 décembre 2020, et 5 janvier, 8 janvier, 11 janvier, 12 janvier, 16 septembre, et 22 août 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A demande au Conseil d'Etat :

1°) de rectifier pour erreur matérielle la décision n° 437025 du 29 décembre 2020 ainsi que la décision n° 426501 du 24 avril 2019 ;

2°) statuant à nouveau sur son pourvoi, de faire droit à ses conclusions.

Par un mémoire distinct, enregistré le 10 novembre 2021,

M. A demande au Conseil d'Etat, en application de l'article 23-5 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 et à l'appui de sa requête, de renvoyer au Conseil constitutionnel la question de la conformité aux droit et libertés garantis par la Constitution des dispositions de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 771-19 du code de justice administrative, inséré dans la section II du chapitre relatif à la question prioritaire de constitutionnalité : " L'application des dispositions de la présente section ne fait pas obstacle à l'usage des pouvoirs que les présidents chambres tiennent des dispositions des articles R. 122-12 et R. 822-5 ". Aux termes de l'article

R. 122-12 du même code : " () les présidents de chambre () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ".

2. Aux termes de l'article R. 833-1 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision () du Conseil d'Etat est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification. / Ce recours doit être présenté dans les mêmes formes que celles dans lesquelles devait être introduite la requête initiale. Il doit être introduit dans un délai de deux mois qui court du jour de la notification ou de la signification de la décision dont la rectification est demandée. " Il résulte de ces dispositions que le recours en rectification d'erreur matérielle n'est ouvert qu'en vue de corriger des erreurs de caractère matériel qui ne sont pas imputables aux parties et qui ont pu avoir une influence sur le sens de la décision.

Sur la question prioritaire de constitutionnalité relative à l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique :

3. L'objet des recours en rectification d'erreur matérielle à l'encontre d'une décision du Conseil d'Etat statuant au contentieux n'est pas, conformément à ce qui a été dit au point précédent, de remettre en question l'appréciation d'ordre juridique portée par ce dernier sur les mérites de la cause qui lui était soumise. Dès lors, ne peuvent être regardées comme applicables au présent litige les dispositions de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dont le Conseil d'Etat a fait application pour statuer sur le recours en rectification d'erreur matérielle n° 437025.

4. Par suite, sans qu'il soit besoin de renvoyer au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité invoquée, le moyen tiré de ce que les dispositions de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique porteraient atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution ne peut qu'être écarté.

Sur les conclusions tendant à la rectification pour erreur matérielle de la décision n° 426501 du 24 avril 2019 :

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a reçu notification de la décision dont il demande la rectification pour erreur matérielle le 25 avril 2019. En application du deuxième alinéa de l'article R. 833-1 du code de justice administrative précité, le délai de recours en rectification pour erreur matérielle contre cette décision a expiré le 26 juin 2019. La requête de M. A n'a toutefois été enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat que le 30 décembre 2020, soit après l'expiration de ce délai. Elle a donc été présentée tardivement et se trouve, dès lors, en tant qu'elle est dirigée contre la décision

n° 426501 du 24 avril 2019, entachée d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance. Elle ne peut, par suite, qu'être rejetée.

Sur les conclusions tendant à la rectification pour erreur matérielle de la décision n° 437025 du 29 décembre 2020 :

6. M. A soutient, à l'appui de ses conclusions tendant à la rectification pour erreur matérielle de la décision n° 437025, d'une part, qu'en s'étant abstenu de surseoir à statuer sur sa troisième demande d'aide juridictionnelle, le Conseil d'Etat aurait violé les dispositions de l'article 43-1 du décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991, d'autre part, qu'en ayant jugé que le moyen tiré de ce que la décision du 1er avril 2016 de la commission départementale d'aide sociale de Paris avait méconnu le droit à un procès équitable était inopérant, le Conseil d'Etat aurait dénaturé ses écritures de cassation. Il soutient en outre que la décision de la Caisse centrale d'aide sociale du 26 septembre 2018 méconnaîtrait l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme, l'article 1er de son premier protocole additionnel, les articles 1er, 6 et 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, l'article 1er de la Constitution de 1958, ainsi que les articles

L. 5 et L. 911-1 à 911-10 du code de justice administrative. Par cette argumentation, M. A conteste en réalité des appréciations d'ordre juridique auxquelles s'est livré le Conseil d'Etat. De tels moyens sont, conformément à ce qui a été dit au point 2, irrecevables dans le cadre du recours en rectification d'erreur matérielle.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de renvoyer au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par M. A.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.

Fait à Paris, le 21 décembre 2021

Le président : Guillaume Goulard

La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

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