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AccueilJurisprudence administrativeN° 448462

Conseil d'État — Décision N° 448462

mardi 21 décembre 2021

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier448462
ECLIECLI:FR:CECHS:2021:448462.20211221
TypeOrdonnance
RecoursRectif. d'erreur matérielle
PublicationZ
Formation3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. A B a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Marseille, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, :

- d'ordonner toutes les mesures conservatoires nécessaires pour mettre un terme aux atteintes portées à ses droits et libertés par la direction régionale des finances publiques Provence-Alpes-Côte d'Azur par l'intermédiaire du service des impôts des particuliers d'Aubagne (Bouches-du-Rhône) ;

- d'ordonner la constatation d'un trop perçu d'un montant de 831, 19 euros sur le recouvrement d'un impôt sur le revenu supplémentaire au titre de l'année 2008 et sa restitution immédiate ;

- d'ordonner le dégrèvement conservatoire des intérêts moratoires sur l'impôt sur le revenu 2008 d'un montant de 420, 12 euros prélevés prématurément sur ce trop perçu ;

- d'ordonner la restitution conservatoire des montants prélevés pour le recouvrement d'un impôt sur le revenu supplémentaire 2009 avec pénalités et intérêts d'un montant de 2 978, 29 euros ;

- d'ordonner la rectification du montant de la prime pour l'emploi 2012 versée par le service des impôts des particuliers d'Aubagne et qu'il soit fixé à 718 euros ;

- d'ordonner le dégrèvement conservatoire du montant prélevé de 2 272 euros au titre de l'impôt sur le revenu 2008 ;

- d' ordonner la communication des documents administratifs adressés à l'organisme Audiens et à la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail pour organiser le prélèvement des impôts réclamés au titre de 2008 et 2009, ainsi que l'ensemble de la correspondance échangée à son sujet par les services fiscaux.

Par un mémoire distinct, M. B a également demandé au juge des référés du tribunal administratif de Marseille, sur le fondement de l'article 61-1 de la Constitution et des articles 23-1 et 23-2 de l'ordonnance

n° 58-1067 du 7 novembre 1958, de transmettre au Conseil d'Etat la question prioritaire de constitutionnalité relative à la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Par une ordonnance n° 1804779 du 19 juin 2018, le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a refusé de transmettre au Conseil d'Etat la question prioritaire de constitutionnalité soulevée devant lui par M. B, et statuant sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, rejeté sa demande.

Par une décision n° 421978 du 29 avril 2019, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, n'a pas admis le pourvoi formé par M. B contre cette ordonnance, et refusé de transmettre au Conseil constitutionnel la question de la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Par une décision n° 431639 du 27 janvier 2020, le Conseil d'Etat, saisi en application de l'article R. 833-1 du code de justice administrative, a rejeté le recours en rectification d'erreur matérielle formée par M. B contre la décision n° 421978 du 29 avril 2019.

Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2020 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B demande au Conseil d'Etat :

1°) de rectifier pour erreur matérielle la décision n° 431639 du 27 janvier 2020 ;

2°) statuant à nouveau sur son pourvoi, de faire droit à ses conclusions.

Par une lettre du 15 septembre 2021, réputée notifiée le

17 septembre 2021, M. B a été invité à régulariser son pourvoi dans un délai de quinze jours à compter de la réception de cette lettre.

Par une décision du 25 mars 2021, notifiée le 12 avril 2021, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle de

M. B.

Par une ordonnance du 28 juin 2021, notifiée le 3 juillet 2021, le président de la section du contentieux a confirmé ce refus d'aide juridictionnelle.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 122-12 du code de justice administrative : " () les présidents de chambre () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article R. 833-1 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision d'une cour administrative d'appel ou du Conseil d'Etat est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification. / Ce recours doit être présenté dans les mêmes formes que celles dans lesquelles devait être introduite la requête initiale () ". Aux termes de l'article

R. 821-3 de ce même code : " Le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'Etat, des recours en cassation, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ". Il résulte de ces dispositions que les pourvois en cassation doivent être présentés par l'intermédiaire d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation dès lors qu'ils concernent une matière qu'aucun texte ne dispense du ministère d'avocat. Par suite, le recours en rectification d'erreur matérielle dirigé contre la décision statuant sur un précédent recours en rectification d'erreur matérielle lui-même dirigé contre une décision de ne pas admettre de tels pourvois doit également être présenté par le ministère d'un avocat.

3. En vertu de l'article R. 612-1 de ce même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ". Selon l'article R. 611-8-6 de ce même code : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles. () "

4. M. B a accepté l'usage, pour l'instance considérée, du téléservice mentionné à l'article R. 414-2 du code de justice administrative, permettant ainsi au Conseil d'Etat, en vertu de l'article R. 611-8-6 de ce code, de lui adresser la demande de régularisation au moyen de l'application Télérecours citoyen. La demande de régularisation du 15 septembre 2021, qui a été mise à disposition dans cette application le même jour, n'a pas été consulté par M. B dans un délai de deux jours ouvrés à compter de cette date ainsi qu'en atteste l'application. Par suite, M. B est, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative, réputé avoir reçu notification de la demande de régularisation à l'expiration de ce délai, soit le 17 septembre 2021.

5. La requête de M. B tend à la rectification pour erreur matérielle de la décision n° 431639 du 27 janvier 2020 par laquelle le Conseil d'Etat a rejeté son précédent recours en rectification d'erreur matérielle dirigé contre la décision n° 421978 du 29 avril 2019 refusant d'admettre son pourvoi en cassation relatif à une matière qu'aucun texte ne dispense de l'obligation du ministère d'avocat. Par suite, la requête en rectification d'erreur matérielle de

M. B doit, conformément aux dispositions précitées de l'article

R. 833-1 du code de justice administrative, être présentée par le ministère d'un avocat. Or, cette requête, dont la demande d'aide juridictionnelle a été rejetée, n'a pas été présentée par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, en dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée. Dès lors, sa requête n'est pas recevable et ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au ministre de l'économie, des finances et de la relance.

Fait à Paris, le 21 décembre 2021

Le président : Guillaume Goulard

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la relance en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le secrétaire :

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