mercredi 9 mars 2022
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 456401 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2022:456401.20220309 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 7ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SCP FOUSSARD, FROGER |
Vu la procédure suivante :
La société Groupe Pizzorno Environnement a demandé au tribunal administratif de Strasbourg, à titre principal, d'annuler le contrat portant sur le lot n° 1 du marché ayant pour objet des " prestations de service en vue du transport et du traitement des ordures ménagères et du tri et conditionnement des déchets valorisables sur l'ensemble de son territoire ", conclu le 10 novembre 2015, par le syndicat mixte de transport et de traitement des déchets ménagers et assimilés de Lorraine Nord (SYDELON) avec la société SITA Nord Est, devenue la société Suez RV Nord Est, et de condamner le SYDELON à lui verser la somme de 1 378 080 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de la réclamation préalable et la capitalisation des intérêts, à raison du préjudice qu'elle estime avoir subi compte tenu des irrégularités entachant la procédure de passation du marché ayant conduit à écarter son offre, ou, à titre subsidiaire, de désigner avant dire droit un expert pour définir la marge bénéficiaire nette qu'elle aurait réalisée si elle avait été attributaire du marché. Par un jugement n° 1601985 du 21 février 2018, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté ces demandes.
Par un arrêt n° 18NC01262 du 6 juillet 2021, la cour administrative d'appel de Nancy a rejeté l'appel formé par la société Groupe Pizzorno Environnement contre ce jugement.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 6 septembre et 6 décembre 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Groupe Pizzorno Environnement demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cet arrêt ;
2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à son appel ;
3°) de mettre à la charge solidaire du SYDELON et de la société Suez RV Nord Est la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Frédéric Gueudar Delahaye, conseiller d'Etat,
- les conclusions de M. Marc Pichon de Vendeuil, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Foussard, Froger, avocat de la société Groupe Pizzorno Environnement ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'elle attaque, la société Groupe Pizzorno Environnement soutient que la cour administrative d'appel de Nancy a :
- commis une erreur de droit, ou à tout le moins dénaturé les faits et pièces du dossier, en écartant le moyen tiré du caractère irrégulier de l'offre de la société SITA Nord Est, alors que celle-ci ne justifiait pas de capacités suffisantes pour assurer l'exécution des prestations prévues au lot n° 1 jusqu'au terme du marché ;
- insuffisamment motivé son arrêt en ne répondant pas au moyen tiré de ce que le SYDELON a commis une erreur manifeste d'appréciation en retenant l'offre de la société Sita Nord Est comme économiquement la plus avantageuse sur la durée totale du marché alors que l'autorisation préfectorale d'exploitation dont elle bénéficie pour l'un de ses sites arrivera à expiration avant le terme du marché ;
- commis une erreur de droit et dénaturé les faits et pièces du dossier en jugeant que le SYDELON avait correctement défini au préalable l'étendue des besoins à satisfaire ;
- commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que les critères techniques de sélection des offres étaient suffisamment précis ;
- dénaturé les pièces du dossier en écartant le moyen tiré de ce que le pouvoir adjudicateur a dénaturé le contenu de son offre et commis une erreur manifeste dans l'appréciation des mérites respectifs des deux offres concurrentes en valorisant le fait que l'offre de l'attributaire proposait un traitement des lixiviats in situ, alors que son offre proposait également le même procédé technique ;
- entaché son arrêt d'erreur de droit en jugeant, d'une part, que l'obligation résultant des dispositions de l'article 46 du code des marchés publics relatif aux documents à fournir par le candidat dont l'offre est retenue ne trouvait pas à s'appliquer à la société attributaire, au motif qu'elle a été créée moins de six mois avant l'attribution du marché et, d'autre part, que le pouvoir adjudicateur n'avait pas à justifier d'en avoir exigé la communication avant la signature du marché.
3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de la société Groupe Pizzorno Environnement n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Groupe Pizzorno Environnement.
Copie en sera adressée au syndicat mixte de transports et de traitement des déchets ménagers et assimilés de Lorraine Nord et à la société Suez RV Nord Est.
Délibéré à l'issue de la séance du 18 février 2022 où siégeaient : M. Olivier Japiot, président de chambre, présidant ; M. Gilles Pellissier, conseiller d'Etat et M. Frédéric Gueudar Delahaye, conseiller d'Etat-rapporteur.
Rendu le 9 mars 2022.
Le président :
Signé : M. Olivier Japiot
Le rapporteur :
Signé : M. Frédéric Gueudar Delahaye
La secrétaire :
Signé : Mme B A
456401
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026