mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 459379 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2022:459379.20220928 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SCP BUK LAMENT - ROBILLOT |
Vu la procédure suivante :
La région Grand Est, le département du Haut-Rhin, la commune de Wittenheim et l'association Alsace Nature ont demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler l'arrêté du 23 mars 2017 par lequel le préfet du Haut-Rhin a prolongé pour une durée illimitée l'autorisation délivrée à la société Les Mines de potasse d'Alsace de stockage souterrain en couches géologiques profondes de produits dangereux non radioactifs sur le territoire de la commune de Wittelsheim. Par un jugement nos 1701939, 1702675, 1703732, 1705267 du 5 juin 2019, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté ces demandes.
Par un arrêt nos 19NC02483, 19NC02516, 19NC02517 du 15 octobre 2021, la cour administrative d'appel de Nancy a, sur appel de la collectivité européenne d'Alsace, venant aux droits du département du Haut-Rhin, annulé ce jugement ainsi que l'arrêté du préfet du Haut-Rhin du 23 mars 2017 et prononcé un non-lieu à statuer sur les requêtes d'appel présentées par l'association Alsace Nature et l'association Consommation, logement et cadre de vie - Union départementale du Haut Rhin.
Par un pourvoi et un nouveau mémoire, enregistrés le 13 décembre 2021 et le 22 août 2022, la société Les Mines de potasse d'Alsace demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler les articles 1er, 3, 4, 6, 7 et 9 de cet arrêt ;
2°) réglant l'affaire au fond, de rejeter l'appel de la collectivité européenne d'Alsace ;
3°) de mettre à la charge de la collectivité européenne d'Alsace, de l'association Alsace Nature et de l'association Consommation, logement et cadre de vie - Union départementale du Haut-Rhin la somme globale de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de commerce ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Vincent Daumas, conseiller d'Etat,
- les conclusions de M. Stéphane Hoynck, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Piwnica, Molinié, avocat de la société Les Mines de potasse d'Alsace ;
Vu la note en délibéré, enregistrée le 2 septembre 2022, présentée par la société Les Mines de potasse d'Alsace ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'elle attaque, la société Les Mines de potasse d'Alsace soutient que la cour administrative d'appel de Nancy l'a entaché :
- d'une erreur de qualification juridique des faits et d'une dénaturation des pièces du dossier en ce qu'elle a jugé que le département du Haut-Rhin justifiait d'un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 23 mars 2017 ;
- d'une erreur de qualification juridique des faits et d'une dénaturation des pièces du dossier en ce qu'elle a jugé que la région Grand Est justifiait d'un intérêt suffisant, eu égard à la nature et à l'objet du litige, pour intervenir au soutien de cette demande d'annulation ;
- d'une erreur de droit et d'une dénaturation des pièces du dossier en ce qu'elle a jugé que, eu égard à sa situation juridique et ses modalités de financement, elle ne justifiait pas disposer de capacités financières la mettant à même d'assurer, pour une durée illimitée, le stockage autorisé par l'arrêté du 23 mars 2017 et d'assumer l'ensemble des exigences susceptibles d'en découler, au regard notamment des intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 du code de l'environnement ;
- d'une erreur de droit et d'une dénaturation des pièces du dossier en ce qu'elle a jugé que le préfet du Haut-Rhin avait méconnu les dispositions de l'article L. 515-7 du code de l'environnement en ne procédant pas à une nouvelle évaluation des garanties financières exigées ;
- d'une erreur de droit, d'une dénaturation des pièces du dossier et d'une insuffisance de motivation en ce qu'elle s'est abstenue de faire usage de ses pouvoirs de juge de plein contentieux pour autoriser elle-même, à titre provisoire, la poursuite du stockage, dans l'attente de la régularisation de la situation ;
- d'une erreur de droit et d'une dénaturation des pièces du dossier en ce qu'elle a jugé que le dossier de demande d'autorisation était insuffisamment précis et étayé s'agissant des capacités financières dont elle était en mesure de disposer, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 515-11 du code de l'environnement.
3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de la société Les Mines de potasse d'Alsace n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Les Mines de potasse d'Alsace.
Copie en sera adressée au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, à la collectivité européenne d'Alsace, à l'association Alsace Nature et à l'association Consommation, logement et cadre de vie - Union départementale du Haut-Rhin.
Délibéré à l'issue de la séance du 1er septembre 2022 où siégeaient : M. Cyril Roger-Lacan, assesseur, présidant ; Mme Suzanne von Coester, conseillère d'Etat et M. Vincent Daumas, conseiller d'Etat-rapporteur.
Rendu le 28 septembre 2022.
Le président :
Signé : M. Cyril Roger-Lacan
Le rapporteur :
Signé : M. Vincent Daumas
La secrétaire :
Signé : Mme Marie-Adeline Allain
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026