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AccueilJurisprudence administrativeN° 460018

Conseil d'État — Décision N° 460018

vendredi 6 mai 2022

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier460018
ECLIECLI:FR:CECHS:2022:460018.20220506
TypeOrdonnance
RecoursRectif. d'erreur matérielle
PublicationZ
Formation7ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. B A a demandé à la commission départementale d'aide sociale de Paris d'annuler la décision du 13 juillet 2015 par laquelle la caisse primaire d'assurance maladie de Paris lui a refusé le bénéfice de la protection complémentaire en matière de santé. Par une décision du 1er avril 2016, la commission départementale a rejeté sa demande.

Par une décision du 26 septembre 2018, la Commission centrale d'aide sociale a rejeté l'appel formé par M. A contre cette décision.

Par une décision n° 426501 du 24 avril 2019, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, n'a pas admis le pourvoi formé par M. A contre la décision de la Commission centrale d'aide sociale, a refusé de transmettre au Conseil constitutionnel la question de la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions de l'article 4 de la loi du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques, et a rejeté ses conclusions à fin d'indemnisation.

Par une décision n° 437025 du 29 décembre 2020, le Conseil d'Etat, saisi sur le fondement de l'article R. 833-1 du code de justice administrative, a rejeté le recours en rectification d'erreur matérielle formé par M. A contre la décision n° 426501 du 24 avril 2019 et a refusé de transmettre au Conseil constitutionnel les questions de la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions de l'article 4 de la loi du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques et de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Par une ordonnance n° 448398 du 21 décembre 2021, le président de la 3ème chambre de la section du contentieux du Conseil d'Etat, saisi sur le fondement de l'article R. 833-1 du code de justice administrative, a rejeté le recours en rectification d'erreur matérielle formé par M. A contre la décision n° 437025 du 29 décembre 2020 ainsi que la décision n° 426501 du 24 avril 2019.

Par une requête, enregistrée le 30 décembre 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A demande au Conseil d'Etat :

1°) de rectifier pour erreur matérielle l'ordonnance n° 448398 du 21 avril 2021 du président de la 3ème chambre de la section du contentieux du Conseil d'Etat et les décisions n° 437025 du 29 décembre 2020 et n° 426501 du 24 avril 2019 du Conseil d'Etat statuant au contentieux ;

2°) statuant à nouveau sur son pourvoi et ses requêtes, de faire droit à l'ensemble de ses conclusions.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 122-12 du code de justice administrative : " Le président de la section du contentieux, les présidents adjoints de cette section, les présidents de chambre et les conseillers d'Etat mentionnés au quatrième alinéa de l'article R. 122-7 peuvent, par ordonnance : / () 4°) Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens. / () 7°) Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ".

2. Aux termes de l'article R. 833-1 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision d'une cour administrative d'appel ou du Conseil d'Etat est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification. Ce recours doit être présenté dans les mêmes formes que celles dans lesquelles devait être introduite la requête initiale. Il doit être introduit dans un délai de deux mois qui court du jour de la notification ou de la signification de la décision dont la rectification est demandée ". Il résulte des dispositions de l'article R. 833-1 du code de justice administrative précitées que le recours en rectification d'erreur matérielle prévu par ces dispositions n'est ouvert qu'en vue de corriger des erreurs de caractère matériel qui ne sont pas imputables aux parties et qui ont pu avoir une influence sur le sens de la décision.

Sur les conclusions tendant à la rectification pour erreur matérielle des décisions n° 437025 du 29 décembre 2020 et n° 426501 du 24 avril 2019 du Conseil d'Etat statuant au contentieux :

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a reçu notification des décisions n° 437025 et n° 426501 du Conseil d'Etat statuant au contentieux qu'il attaque, respectivement, le 29 décembre 2020 et le 25 avril 2019. En application de l'article R. 833-1 du code de justice administrative précité, le délai de recours en rectification d'erreur matérielle de deux mois contre ces décisions était expiré lors de la présentation de la présente requête de M. A, qui n'a été enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat que le 30 décembre 2021. Les conclusions de la requête tendant à la rectification pour erreur matérielle des décisions n° 437025 et n° 426501 du Conseil d'Etat, statuant au contentieux, ont donc été présentées tardivement et se trouvent, dès lors, entachée d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance.

Sur les conclusions tendant à la rectification pour erreur matérielle de l'ordonnance n° 448398 du 21 décembre 2021 du président de la 3ème chambre de la section du contentieux du Conseil d'Etat :

4. En premier lieu, si M. A soutient que l'ordonnance du 21 décembre 2021 a été rendue au terme d'une procédure irrégulière dès lors que le sens des conclusions du rapporteur et du réviseur ne lui a pas été communiqué en méconnaissance des dispositions des articles L. 5 et R. 712-1 du code de justice administrative, ce moyen ne peut qu'être écarté dès lors que ces dispositions ne sont pas applicables aux ordonnances prises sur le fondement de l'article R. 122-12 de ce code.

5. En deuxième lieu, si le requérant soutient que l'ordonnance attaquée n'est ni datée ni signée par son auteur, ce moyen manque en fait dès lors que la minute de l'ordonnance est datée et signée par le président de la 3ème chambre de la section du contentieux du Conseil d'Etat, conformément aux dispositions R. 742-5 du code de justice administrative.

6. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le président de la 3ème chambre de la section du contentieux du Conseil d'Etat aurait dénaturé le sens de ses écritures de M. A.

7. Les autres moyens de la requête ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

8. Il résulte de ce qui précède que l'ordonnance attaquée n'est entachée d'aucune erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire. Par suite, le recours de M. A ne satisfait pas aux conditions fixées par l'article R. 833-1 du code de justice administrative.

9. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ". En l'espèce, la requête de M. A présente un caractère abusif. Il y a lieu d'infliger à M. A, en application de ces dispositions, une amende de 200 euros.

O R D O N N E :

---------

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A est condamné à verser une amende pour recours abusif de 200 euros.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France.

Copie en sera adressée à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.

Fait à Paris, le 6 mai 2022.

Signé : O. Japiot

La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

N. Pelat

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