jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 460663 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2022:460663.20220721 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | BARBIER VINCENT |
Vu la procédure suivante :
Mme A D et M. E C ont demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler les opérations électorales qui se sont déroulées les 20 et 27 juin 2021 pour la désignation des conseillers départementaux de la Loire, dans le canton de Roanne 1.
Par un jugement n° 2105180 du 21 décembre 2021, le tribunal administratif de Lyon a rejeté leur protestation.
Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme A D et M. E C demandent au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de faire droit à leur protestation.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code électoral ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Paul Bernard, maître des requêtes,
- les conclusions de M. Philippe Ranquet, rapporteur public ;
Considérant ce qui suit :
1.A l'issue des opérations électorales qui se sont déroulées les 20 et 27 juin 2021 pour l'élection des conseillers départementaux du canton de Roanne 1 (Loire), le binôme constitué par Mme F G et M. H B a obtenu 50,17 % des suffrages exprimés et 2 550 voix, soit 17 voix de plus que le binôme constitué par M. E C et Mme A D, lequel a obtenu 49,83 % des suffrages exprimés et 2 553 voix. Mme D et M. C relèvent appel du jugement du 21 décembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté leur protestation tendant à l'annulation de ces opérations électorales.
Sur la campagne électorale :
2.En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que le maintien entre les deux tours de scrutin des panneaux électoraux attribués aux candidats évincés à l'issue du premier tour ait été de nature à entraîner une confusion chez les électeurs et ait ainsi porté atteinte à la sincérité du scrutin.
3.En deuxième lieu, si les requérants se prévalent des insuffisances constatées dans la distribution de la propagande électorale, les dysfonctionnements en cause, qui ne sont pas propres au canton de Roanne 1, ont affecté l'ensemble des candidats et, eu égard à la multiplicité des vecteurs offerts à ceux-ci pour diffuser leur propagande électorale, n'ont pas eu pour effet de les priver de la possibilité de s'adresser aux électeurs afin de leur faire connaître leur programme. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que cette carence aurait altéré la sincérité du scrutin ou aurait provoqué de l'abstention.
4.En troisième lieu, il résulte de l'instruction que le n° 157 du bulletin municipal de la commune de Mably du mois de mai 2021 se bornait à faire état de la présence de M. B, en sa qualité de conseiller départemental, et de son suppléant, lors de la cérémonie du 19 mars 2021 relative à la journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc. Une telle mention, tout comme les autres articles au contenu purement informatif parus durant la campagne, ne sauraient être regardés comme constitutifs d'une campagne de promotion publicitaire ou d'un avantage consenti à un des candidats, au sens des dispositions des articles L. 52-1 et L. 52-8 du code électoral.
Sur les opérations de vote :
5.En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article R. 42 du code électoral : " Chaque bureau de vote est composé d'un président, d'au moins deux assesseurs et d'un secrétaire choisi par eux parmi les électeurs de la commune ". L'article R. 44 du même code dispose, en son deuxième alinéa, que chaque candidat, binôme de candidats ou liste en présence a le droit de désigner un seul assesseur titulaire par bureau de vote et, en son troisième alinéa, que des assesseurs supplémentaires peuvent être désignés par le maire parmi les conseillers municipaux dans l'ordre du tableau puis, le cas échéant, parmi les électeurs de la commune. Si Mme D et M. C soutiennent qu'ils auraient été privés de la possibilité de disposer d'assesseurs, il ne résulte pas de l'instruction qu'ils auraient désigné des personnes pour exercer de telles fonctions et qu'un refus leur aurait été opposé. S'ils se prévalent de la non-désignation d'un de leurs sympathisants, il résulte de l'instruction que celui-ci s'était porté candidat, en sa qualité d'électeur, pour être désigné comme assesseur supplémentaire, sans que le fait que sa candidature n'ait pas été retenue soit constitutif d'une manœuvre.
6.En deuxième lieu, si un électeur non-inscrit a, par erreur, voté dans le bureau n° 3 de la commune de Mably (bureau des Sables), il résulte de l'instruction qu'une voix a été retirée, lors du décompte des suffrages, au binôme arrivé en tête, afin de neutraliser cette erreur. Dès lors, cette irrégularité, qui, à elle seule, ne saurait caractériser une organisation défaillante des opérations de vote, n'a pas eu d'incidence sur les résultats du scrutin.
7.En troisième lieu, aux termes de l'article L. 62-1 du code électoral : " () Le vote de chaque électeur est constaté par sa signature apposée à l'encre en face de son nom sur la liste d'émargement ". Il résulte de l'instruction que, sur les trente-huit signatures figurant sur les listes d'émargement mises en cause par les requérants, dix présentent des différences significatives entre les deux tours de scrutin. Toutefois, pour chacune d'entre elles, une attestation de l'électeur concerné a été produite, justifiant des différences constatées. En tout état de cause, cette seule circonstance n'est pas de nature, eu égard à l'écart de dix-sept voix qui séparait les deux listes, à remettre en cause la sincérité du scrutin, ni à établir l'absence alléguée de contrôle de l'identité des électeurs, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 60 du code électoral.
8.En quatrième lieu, si Mme D et M. C produisent l'attestation d'un électeur indiquant que sa procuration n'a été reçue que postérieurement au scrutin, il n'apparaît pas qu'elle ait été établie en temps utile, de sorte qu'il n'en résulte aucune irrégularité. En tout état de cause, cette seule circonstance n'est pas de nature à établir l'existence de difficultés ayant empêché plusieurs électeurs de voter par procuration, comme le soutiennent, sans plus de précision, les requérants.
9.Il résulte de tout ce qui précède que Mme D et M. C ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lyon a rejeté leur protestation dirigée contre les opérations électorales qui se sont déroulées les 20 et 27 juin 2021 dans le canton de Roanne 1.
10.Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants une somme au profit de Mme G et de M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
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Article 1er : La requête de Mme D et de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Mme G et M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme A D, à M. E C, à Mme F G, à M. H B et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026