mardi 8 février 2022
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 460872 |
| ECLI | ECLI:FR:CEORD:2022:460872.20220208 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | Z |
| Avocat requérant | THIEBAUT |
Vu la procédure suivante :
M. A B a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Toulon, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'une part, de faire cesser l'atteinte grave et manifestement illégale portée à la liberté d'aller et de venir par l'arrêté du préfet du Var du 21 janvier 2022 fixant les modalités du port du masque dans le département du Var à compter du samedi 22 janvier 2022 et jusqu'au mardi 1er février 2022 inclus, et d'autre part, de condamner le préfet du Var aux entiers dépens. Par une ordonnance n° 2200150 du 25 janvier 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande.
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 26 janvier et 3 février 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B demande au juge des référés du Conseil d'Etat, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) de faire cesser l'atteinte grave et manifestement illégale portée à la liberté d'aller et de venir par l'arrêté du préfet du Var du 21 janvier 2022 fixant les modalités du port du masque dans le département du Var à compter du samedi 22 janvier 2022 et jusqu'au mardi 1er février 2022 inclus ;
3°) d'enjoindre au préfet du Var d'abroger l'arrêté préfectoral du 21 janvier 2022 portant obligation du port du masque dans le département du Var ;
4°) de mettre à la charge du préfet du Var la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de le condamner aux entiers dépens.
Il soutient que :
- l'urgence est satisfaite dès lors que le préfet du Var n'a pas exclu certaines zones territoriales du champ d'application de la mesure de police contestée, telles que les entrées des établissements universitaires et n'a pas déterminé des périodes horaires durant lesquelles le port du masque est obligatoire ;
- il est portée une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et de venir et à la liberté personnelle ;
- l'arrêté préfectoral contesté méconnaît l'objectif à valeur constitutionnelle de protection de la santé dès lors qu'il accentue la propagation du virus en ce que les usagers des établissements universitaires sont susceptibles de se réunir dans des lieux fermés privés potentiellement exigus sans respecter les gestes barrières ;
- les mesures prescrites ne sont pas strictement proportionnées aux risques sanitaires encourus et ne déterminent pas de périodes horaires quotidiennes au cours desquelles le port du masque est obligatoire ;
- elles ne sont pas proportionnées aux circonstances propres aux lieux dans lesquels elles s'appliquent, dès lors que, en premier lieu, la couverture vaccinale contre la Covid-19 est élevée dans le département du Var chez les personnes les plus jeunes, qui constituent la grande majorité des usagers de l'université de Toulon, en deuxième lieu, le nombre de cas positifs au sein de l'université est en forte baisse depuis le 3 janvier 2022, en troisième lieu, la mesure impose le port obligatoire du masque à l'entrée des établissements universitaires, alors que ces derniers sont des lieux de passage fluide, contrairement aux établissements primaires et secondaires qui génèrent des rassemblements ;
- le secrétaire général de la préfecture, signataire de l'arrêté contesté, n'était pas compétent pour édicter une mesure de police administrative spéciale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2022, le ministre des solidarités et de la santé conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête. Il soutient que la requête a perdu son objet en cours d'instance, dès lors que la mesure contestée n'était en vigueur que jusqu'au mardi 1er février 2022 et n'a pas été prorogée à compter de cette date par un nouvel arrêté préfectoral.
La requête a été communiquée au Premier ministre et au ministre de l'intérieur qui n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la Constitution, notamment son Préambule ;
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 2021-689 du 31 mai 2021 ;
- le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit.
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". La liberté individuelle, la liberté d'aller et de venir et la liberté de réunion, qui impliquent en particulier que chacun ne puisse subir de contraintes excédant celles qu'imposent la sauvegarde de l'ordre public ou le respect des droits d'autrui, constituent des libertés fondamentales au sens des dispositions de cet article.
2. M. B a formé devant le juge des référés du Conseil d'Etat un appel dirigé contre l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Toulon du 25 janvier 2022 tendant, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, à la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet du Var du 21 janvier 2022 portant obligation du port du masque dans les communes de ce département.
3. Toutefois, aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 21 janvier 2022, l'obligation du port du masque en extérieur s'appliquait dans le département du Var à compter 22 janvier 2022 à 0 heure jusqu'au 1er février 2022 à minuit. Il résulte par ailleurs de l'instruction que la mesure contestée n'a, compte tenu de l'évolution de la situation sanitaire, pas été prorogée au-delà de cette dernière date par un nouvel arrêté préfectoral. Il s'ensuit qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet du Var du 21 janvier 2022.
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
------------------
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet du Var du 21 janvier 2022 portant obligation du port du masque dans les communes de ce département.
Article 2 : Les conclusions de la requête de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre des solidarités et de la santé.
Copie en sera adressée au préfet du Var.
Fait à Paris, le 8 février 2022.
Signé : Benoît Bohnert460872
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026