mercredi 23 novembre 2022
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 460942 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2022:460942.20221123 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SCP ROCHETEAU, UZAN-SARANO & GOULET |
Vu la procédure suivante :
M. A B a demandé à la Cour nationale du droit d'asile d'annuler la décision du 1er décembre 2020 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile et de lui reconnaître la qualité de réfugié ou, à défaut, de lui accorder le bénéfice de la protection subsidiaire.
Par une ordonnance n° 21000533 du 17 février 2021, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté sa demande.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 31 janvier 2022 et 28 avril 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) subsidiairement, de surseoir à statuer et renvoyer à la Cour de justice de l'Union européenne sur le fondement de l'article 267 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne la question préjudicielle suivante : " l'article 46 de la directive 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale et l'article 47 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doivent-ils s'interpréter en ce sens qu'ils s'opposent à une réglementation nationale qui permet au juge de l'asile de rejeter par ordonnance un recours considéré comme ne présentant aucun élément sérieux, sans audience publique préalable, sans information utile donné au requérant de ce qu'il est envisagé de statuer sur le recours par ordonnance ou sans devoir attendre la production d'observations complémentaires annoncées ni impartir au requérant de les produire dans un délai déterminé et attendre l'expiration de ce délai ' " ;
3°) de saisir pour avis facultatif la Cour européenne des droits de l'homme des questions suivantes en application du protocole n° 16 à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1) Quels sont les critères pertinents pour apprécier si une restriction à l'effectivité d'un recours juridictionnel poursuit, au regard de l'exigence inscrite à l'article 13 de la convention, un objectif d'utilité publique fondé sur des critères objectifs et rationnels, en rapport avec les buts de la loi l'établissant qui, en l'espèce, vise à assurer un délai de traitement court des recours contre les décisions rendues par l'autorité administrative en matière de droit d'asile ' 2) Un objectif de bonne administration de la justice, de célérité des procédures et de gestion des flux juridictionnels peut-il justifier, sans porter une atteinte disproportionnée au droit effectif au recours garanti par l'article 13 de la convention, un dispositif permettant au juge du droit d'asile de rejeter les recours dont il est saisi comme ne présentant aucun élément sérieux, sans audience publique contradictoire au cours de laquelle le demandeur d'asile aura pu présenter sa cause en étant assisté d'un défenseur, sans que le requérant ait été utilement informé de ce que son recours pourrait être rejeté par ordonnance, ni mis à même de compléter son recours introductif par des éléments de nature à en démontrer le sérieux avant qu'une ordonnance de rejet ne soit prise, ni ne se soit vu impartir un délai pour présenter de tels éléments ' 3) Compte tenu de son objet et de ses effets, directs comme indirects, sur la situation personnelle du demandeur d'asile, sur son droit de vivre une vie privée et familiale normale, sur son droit à séjourner régulièrement dans le pays lui accordant la protection, sur son droit à travailler et à subvenir ainsi à ses besoins et ceux de sa famille, y-a-t-il lieu de considérer qu'une procédure juridictionnelle relative à l'octroi de la qualité de réfugié met en jeu des obligations de caractère civil au sens de l'article 6§1 de la convention et doit ainsi se voir appliquer les garanties prévues par cette stipulation ' "
4°) de mettre à la charge de l'OFPRA la somme de 3500 euros, à verser à son avocat, la SCP Rocheteau et Uzan-Sarano, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967 relatifs au statut des réfugiés ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la directive 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Paul Bernard, maître des requêtes,
- les conclusions de M. Philippe Ranquet, rapporteur public,
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Rocheteau, Uzan-Sarano et Goulet, avocat de M. B ;
Considérant ce qui suit :
1.Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2.Pour demander l'annulation de la décision qu'il attaque, M. B soutient que la Cour nationale du droit d'asile a :
- entaché sa décision d'irrégularité en statuant par ordonnance sur le fondement du 5° de l'article R. 532-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que le régime applicable à ces ordonnances méconnaît le droit au recours tel que garanti par l'article 46 de la directive 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale, l'article 47 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que le droit à un procès équitable garanti par le paragraphe 1 de l'article 6 de cette même convention ;
- entaché sa décision d'irrégularité en recourant de manière abusive à la possibilité de statuer par ordonnance ;
- dénaturé les faits, insuffisamment motivé son ordonnance et commis une erreur de droit en jugeant que les risques de persécution en cas de retour au Sénégal n'étaient pas établis.
3.Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de M. B n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026