mercredi 2 novembre 2022
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 461405 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2022:461405.20221102 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SCP CELICE, TEXIDOR, PERIER |
Vu la procédure suivante :
L'association Vent de Gâtine, la Société pour la protection des paysages et l'esthétique de la France, M. B A, Mme E D et M. F C ont demandé à la cour administrative d'appel de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2018 par lequel la préfète de la Vienne a délivré à la société La Plaine des Moulins Energies une autorisation unique pour l'implantation et l'exploitation d'un parc éolien sur le territoire des communes de Jazeneuil et de Lavausseau.
Par un arrêt n° 19BX01274 du 4 mai 2021, après avoir modifié l'article 6 de l'arrêté du 30 novembre 2018 et écarté les autres moyens soulevés, la cour administrative d'appel a sursis à statuer sur la légalité de l'autorisation unique pour permettre à la société La Plaine des Moulins Energies de lui notifier une mesure de régularisation du vice tiré de ce que l'autorisation unique, en tant qu'elle porte sur l'éolienne n° 4 située à Jazeneuil, méconnaît l'article A6 du plan local d'urbanisme de cette commune. Par un nouvel arrêt n° 19BX01274 du 14 décembre 2021, la cour administrative d'appel a rejeté la requête.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 11 février et 9 mai 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, l'association Vent de Gâtine et autres demandent au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler ces arrêts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat et de la société la Plaine des Moulins Energies la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Rozen Noguellou, conseillère d'Etat,
- les conclusions de M. Stéphane Hoynck, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Marlange, de la Burgade, avocat de l'association Vent de Gâtine et autres ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2. D'une part, pour demander l'annulation de l'arrêt avant-dire droit du 4 mai 2021 qu'ils attaquent, l'association Vent de Gâtine et autres soutiennent qu'il est entaché :
- d'une dénaturation des pièces du dossier et d'une erreur de droit en ce qu'il juge que l'étude d'impact présentait de façon suffisante les modalités de raccordement des ouvrages au réseau de distribution de l'électricité ;
- d'une erreur de droit en ce qu'il écarte le moyen tiré de l'insuffisance des plans versés au dossier de la demande d'autorisation unique au regard des prescriptions de l'article R. 512-6 du code de l'environnement ;
- d'une dénaturation des pièces du dossier et d'une erreur de droit en ce qu'il admet le caractère suffisant du dossier sur les capacités financières de la société, sans tenir compte de son recours à un emprunt bancaire pour 80 % du financement du projet ;
- d'une dénaturation des pièces du dossier, d'une erreur de droit et d'une insuffisance de motivation en ce qu'il écarte le moyen tiré de l'absence de consultation du président du conseil départemental sur les conditions de démantèlement des câbles en fin d'exploitation ;
- d'une dénaturation des pièces du dossier en ce qu'il relève que la communauté de communes du Haut-Poitou et la communauté urbaine du Grand Poitiers ne sont pas limitrophes de l'unité foncière du projet au sens de l'article R. 423-56-1 du code de l'urbanisme ;
- d'une dénaturation des pièces du dossier en ce qu'il estime que l'absence de versement dans le dossier de l'enquête publique des avis émis par les ministres chargés de l'aviation civile et de la défense et par l'agence régionale de santé n'avait pas nui à l'information du public ni exercé une influence sur le sens de la décision prise ;
- d'une dénaturation des pièces du dossier en ce qu'il écarte les moyens tirés de la méconnaissance des intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 du code de l'environnement, des dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme et de celles de l'article A11 du plan local d'urbanisme de la commune de Jazeneuil ;
- d'une erreur de droit en ce qu'il omet de répondre au moyen tiré de l'absence de dérogation à l'interdiction de la destruction d'espèces protégées au motif que ce moyen serait irrecevable, sans informer les parties d'une telle irrecevabilité ni fixer une nouvelle date de cristallisation des moyens ;
- d'une irrégularité en ce qu'il a été rendu sans que l'instruction soit ré-ouverte pour soumettre au débat contradictoire la note en délibéré produite après l'audience publique.
3. D'autre part, pour demander l'annulation de l'arrêt du 14 décembre 2021 qu'ils attaquent également, l'association Vent de Gâtine et autres soutiennent que cet arrêt doit être annulé par voie de conséquence de l'annulation de l'arrêt avant-dire droit du 4 mai 2021.
4. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de l'association Vent de Gâtine et autres n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à l'association Vent de Gâtine, première dénommée pour l'ensemble des requérants.
Copie en sera adressée à la société la Plaine des Moulins Energies et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Délibéré à l'issue de la séance du 6 octobre 2022 où siégeaient : Mme Suzanne von Coester, asseusseure, présidant ; M. Cyril Roger-Lacan, conseiller d'Etat et Mme Rozen Noguellou, conseillère d'Etat-rapporteure.
Rendu le 2 novembre 2022.
La présidente :
Signé : Mme Suzanne von Coester
La rapporteure :
Signé : Mme Rozen Noguellou
La secrétaire :
Signé : Mme Marie-Adeline Allain
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026