LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° 461929

Conseil d'État — Décision N° 461929

jeudi 17 novembre 2022

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier461929
ECLIECLI:FR:CECHS:2022:461929.20221117
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème chambre jugeant seule
Avocat requérantROCHETEAU, UZAN-SARANO & GOULET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Mme E G et M. A B ont demandé au tribunal administratif de Pau de les proclamer élus à l'issue des opérations électorales qui se sont déroulées le 27 juin 2021 dans le canton du Moyen-Adour ou, à titre subsidiaire, d'annuler ces opérations électorales et, dans tous les cas, de suspendre le mandat des élus du canton de Moyen-Adour.

Par un jugement n° 2101724 du 1er février 2022, le tribunal administratif de Pau a annulé les opérations électorales des 20 et 27 juin 2021 dans le canton du Moyen-Adour.

Par une requête, un mémoire complémentaire et deux autres mémoires, enregistrés les 28 février, 25 mars, 12 mai et 1er août 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme F I et M. H C demandent au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) de rejeter la protestation de Mme G et M. B ;

3°) de mettre à la charge de Mme G et Monsieur B la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code électoral ;

- la loi n° 2021-191 du 22 février 2021 ;

- l'arrêté du 16 novembre 2018 pris en application des articles R. 5, R. 6 et R. 60 du code électoral ;

- le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de M. Nicolas Labrune, maître des requêtes,

- les conclusions de M. Florian Roussel, rapporteur public.

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Rocheteau, Uzan-Sarano et Goulet, avocat de Mme I et de M. C et à la SCP Gouz-Fitoussi, avocat de Mme G et de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. A l'issue du second tour des opérations électorales qui se sont déroulées le 27 juin 2021 dans les communes de Laloubère et Horgues du canton du Moyen-Adour (Hautes-Pyrénées), le binôme de candidats formé par Mme I et M. C, qui a obtenu 2 509 voix, soit 50,01 % des suffrages exprimés, a été proclamé élu. Le binôme de candidats formé par Mme G et M. B a obtenu 2 508 voix, soit 49,99 % des suffrages exprimés. Mme I et M. C demandent au Conseil d'Etat d'annuler le jugement par lequel le tribunal administratif de Pau, à la demande de Mme G et M. B, a annulé les opérations électorales des 20 et 27 juin 2021 dans le canton du Moyen-Adour.

Sur la régularité du jugement attaqué :

2. D'une part, aux termes des dispositions du II de l'article L. 52-12 du code électoral : " Au plus tard avant 18 heures le dixième vendredi suivant le premier tour de scrutin, chaque candidat ou candidat tête de liste présent au premier tour dépose à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques son compte de campagne et ses annexes accompagné des justificatifs () ". En application de l'article 11 de la loi du 22 février 2021 portant report, de mars à juin 2021 du renouvellement général des conseils départementaux, des conseils régionaux et des assemblées de Corse, de Guyane et de Martinique, la date limite mentionnée au II de l'article L. 52-12 du code électoral est fixée au 17 septembre 2021 à 18 heures pour les élections relatives au renouvellement général des conseils départementaux.

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 118-2 du code électoral : " Si le juge administratif est saisi de la contestation d'une élection dans une circonscription où le montant des dépenses électorales est plafonné, il sursoit à statuer jusqu'à réception des décisions de la commission instituée par l'article L. 52-14 qui doit se prononcer sur les comptes de campagne des candidats à cette élection dans le délai de deux mois suivant l'expiration du délai fixé au deuxième alinéa de l'article L. 52-12 ".

4. Il résulte des dispositions de l'article L. 118-2 du code électoral que le juge administratif, saisi de la contestation d'une élection dans une circonscription où le montant des dépenses électorales est plafonné, sursoit à statuer jusqu'à réception des décisions de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques qui doit se prononcer sur les comptes de campagne des candidats à cette élection dans le délai de deux mois suivant l'expiration du délai fixé au II de l'article L. 52-12 du même code.

5. Enfin, aux termes de l'article R. 114 du code électoral : " En cas de renouvellement général, le tribunal administratif prononce sa décision dans le délai de trois mois à compter de l'enregistrement de la réclamation au greffe (). / () Lorsqu'il est fait application des dispositions de l'article L. 118-2, les délais prévus aux premiers et deuxième alinéas, dans lesquels le tribunal administratif doit se prononcer, courent à partir de la date de réception par le tribunal administratif des décisions de la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques ou, à défaut de décision explicite, à partir de l'expiration du délai de deux mois prévu audit article ".

6. Il résulte de l'instruction que le tribunal administratif de Pau a reçu le 17 novembre 2021, avant l'expiration du délai fixé par l'article L. 118-2 du code électoral, qui a commencé à courir le 17 septembre 2021 en application des dispositions de l'article 11 de la loi du 22 février 2021 mentionnées au point 2, les décisions de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques relatives aux comptes de campagne des candidats à l'élection de conseillers départementaux du canton du Moyen-Adour, circonscription dans laquelle le montant des dépenses électorales est plafonné. Par suite, en application de l'article R. 114 du code électoral, le tribunal administratif disposait, s'agissant du renouvellement général des conseils départementaux, d'un délai de trois mois à compter du 17 novembre 2021 pour se prononcer sur la protestation dont il était saisi. Le tribunal administratif ayant rendu son jugement le 1er février 2022, le moyen tiré de ce que le tribunal aurait statué hors délai ne peut qu'être écarté.

Sur le bien-fondé du jugement attaqué :

7. Il appartient au juge de l'élection de tirer les conséquences des irrégularités commises au cours du scrutin, en rectifiant, le cas échéant, les résultats de l'élection. Lorsqu'il est impossible de déterminer sur quelle liste ou en faveur de quel candidat s'est portée la voix à retrancher ou à ajouter aux suffrages exprimés, le juge de l'élection procède au calcul des résultats qui seraient constatés dans chacune des hypothèses, en vérifiant si la liste ou le candidat arrivé en tête conserve la majorité des suffrages. Pour prononcer l'annulation des opérations électorales qui se sont tenues les 20 et 27 juin 2021 dans le canton du Moyen-Adour, le tribunal administratif de Pau s'est fondé notamment sur le motif tiré de ce que onze suffrages irréguliers devaient être retranchés du décompte des suffrages exprimés le 27 juin 2021 en faveur de Mme I et M. C et que, ce nombre étant supérieur à l'écart d'une voix seulement séparant les deux binômes candidats, et compte tenu de la nature des griefs retenus, ce retrait entraînait l'annulation du second tour des opérations électorales, et, par voie de conséquence, celles du premier tour.

8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 62 du code électoral : " A son entrée dans la salle du scrutin, l'électeur () prend, lui-même, une enveloppe. Sans quitter la salle du scrutin, il doit se rendre isolément dans la partie de la salle aménagée pour le soustraire aux regards pendant qu'il met son bulletin dans l'enveloppe ; () / Dans chaque bureau de vote, il y a un isoloir par trois cents électeurs inscrits ou par fraction. / () ".

9. Il ne résulte pas de l'instruction que les deux électeurs qui ont voté dans le bureau de vote n° 1 de la commune de Laloubère sans passer par l'isoloir auraient été dans l'impossibilité de respecter cette formalité. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les deux votes en cause ne devraient être retranchés ni du nombre des suffrages exprimés, ni du nombre de voix obtenues par les candidats proclamés élus.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 62-1 du code électoral : " () Le vote de chaque électeur est constaté par sa signature apposée à l'encre en face de son nom sur la liste d'émargement ".

11. Il résulte de l'instruction que, dans le bureau de vote n° 1 de la commune de Laloubère, un électeur a voté sans procéder à l'émargement prévu par les dispositions du code électoral citées au point précédent. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que ce suffrage ne devrait être retranché ni du nombre des suffrages exprimés ni du nombre de voix obtenues par les candidats proclamés élus.

12. Il résulte de ce qui a été dit aux points 9 et 11 qu'au moins trois suffrages irréguliers devaient être retranchés des suffrages exprimés et du nombre de voix obtenues par le binôme de candidats proclamé élu. Ce nombre est supérieur à l'écart d'une voix séparant les deux binômes de candidats. Ce motif justifiant à lui seul le dispositif du jugement attaqué, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort ce que le tribunal administratif de Pau a annulé l'ensemble des opérations électorales qui se sont déroulées les 20 et 27 juin 2021 dans le canton du Moyen-Adour, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les moyens critiquant les autres motifs retenus par le jugement attaqué.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de Mme G et de M. B qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à leurs conclusions présentées au même titre.

D E C I D E :

--------------

Article 1er : La requête de Mme I et de M. C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par Mme G et M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme F I, à M. H C, à Mme E G, à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.

Délibéré à l'issue de la séance du 13 octobre 2022 où siégeaient : Mme Fabienne Lambolez, assesseure, présidant ; M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat et M. Nicolas Labrune, maître des requêtes-rapporteur.

Rendu le 17 novembre 2022.

La présidente :

Signé : Mme Fabienne Lambolez

Le rapporteur :

Signé : M. Nicolas Labrune

La secrétaire :

Signé : Mme Nathalie Pilet

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14
← Retour aux décisions
Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026