vendredi 14 octobre 2022
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 462343 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2022:462343.20221014 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SARL DIDIER-PINET |
Vu les procédures suivantes :
Par trois requêtes distinctes, d'une part, l'association " Vent de discorde ", Mme P L, M. AA R, Mme X T, M. M B, M. et Mme A D, AB AF A W, AB Q J, AB AE J, AC I, M. et Mme A G et M. et Mme H, d'autre part, M. L O, et enfin, M. et Mme Z, M. et Mme A C, M. Y S et Mme Q U, Mme N A AD et M. F K ont demandé au tribunal administratif de Rennes d'annuler l'arrêté du 15 mai 2018 par lequel le préfet du Morbihan a délivré à la société EE Noyal une autorisation unique d'exploiter un parc éolien composé de trois éoliennes et de deux postes de livraison, sur le territoire de la commune de Noyal-Muzillac.
Par un jugement nos 1804403, 1804404, 1804641 du 1er octobre 2020, après avoir donné acte du désistement de Mmes J, de Mme I, de Mme T, de M. B, de Mme A AD et de M. K, le tribunal administratif de Rennes a rejeté ces trois demandes.
Par un arrêt nos 20NT03738, 20NT03774 du 15 février 2022, la cour administrative d'appel de Nantes a, sur les appels de M. E O reprenant l'instance engagée par M. L O, d'une part, de l'association " Vent de discorde ", M. et Mme A C, M. et Mme H, M. et Mme Z, M. S, Mme U, M. et Mme A D, AB A W, et M. et Mme A G, d'autre part, annulé ce jugement ainsi que l'arrêté du 15 mai 2018 du préfet du Morbihan.
1° Sous le n° 462343, par un pourvoi sommaire et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 15 mars, 7 juin et le 12 septembre 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société EE Noyal demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cet arrêt ;
2°) de mettre à la charge de M. O et de l'association " Vent de discorde " et autres une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
2° Sous le n° 462345, par une requête enregistrée le 15 mars 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société EE Noyal demande au Conseil d'Etat :
1°) d'ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de cet arrêt ;
2°) de mettre à la charge de M. O et de l'association " Vent de discorde " et autres une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- l'ordonnance n° 2017-80 du 26 janvier 2017 ;
- l'ordonnance n° 2014-355 du 20 mars 2014 ;
- le décret n° 2017-82 du 26 janvier 2017 ;
- le décret n° 2014-450 du 2 mai 2014 ;
- le code de justice administrative.
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Pauline Hot, auditrice,
- les conclusions de M. Nicolas Agnoux, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Boulloche, Colin, Stoclet et associés, avocat de la société EE Noyal et à la SARL Didier-Pinet, avocat de l'association " Vent de discorde " et autres ;
Vu les notes en délibéré, enregistrées les 15 et 19 septembre 2022, présentées par la société EE Noyal dans l'instance n° 462343 ;
Considérant ce qui suit :
1. Le pourvoi de la société EE Noyal et sa requête aux fins de sursis à exécution sont dirigés contre le même arrêt du 15 février 2022 de la cour administrative d'appel de Nantes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision.
2. D'une part, le désistement de la société EE Noyal de sa requête aux fins de sursis à exécution est pur et simple. Dès lors, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
4. Pour demander l'annulation de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes qu'elle attaque, la société EE Noyal soutient que :
- la cour a méconnu son office et entaché son arrêt d'erreur de droit, en exerçant un contrôle entier, et en exerçant office de juge de plein contentieux, sur les conditions de mise en œuvre des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- il est entaché d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en ce qu'il retient que le projet méconnaît ces dispositions, d'une part, sans avoir dans un premier temps analysé la qualité du site d'implantation du projet, ni dans un second temps les incidences du projet sur le paysage, d'autre part, en prenant en compte l'incidence du projet sur les intérêts particuliers des appelants ;
- il est entaché de dénaturation des pièces du dossier en ce qu'il estime que le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- il est entaché d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'environnement en ce qu'il juge que le projet méconnaît ces dispositions, sans distinguer les atteintes résultant de la construction des éoliennes de celles résultant de leur exploitation ;
- il est entaché d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'environnement en ce qu'il juge que le projet méconnaît ces dispositions en assimilant le préjudice de vue résultant de la construction des éoliennes à une atteinte à la commodité du voisinage au sens de cet article ;
- il est entaché de dénaturation des pièces du dossier en ce qu'il estime que le projet méconnaît les dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'environnement ;
- il est entaché d'une erreur de droit ou, à tout le moins, d'une dénaturation des pièces du dossier, en ce que la cour a estimé que le vice dont est entachée l'autorisation n'était pas susceptible d'être régularisé en application du I de l'article L. 181-18 du code de l'environnement.
5. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par l'association " Vent de discorde " et autres au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
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Article 1er : Il est donné acte du désistement de la société EE Noyal de ses conclusions présentées sous le n° 462345 tendant à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'arrêt du 15 février 2022 de la cour administrative d'appel de Nantes.
Article 2 : Le pourvoi n° 462343 de la société EE Noyal n'est pas admis.
Article 3 : Les conclusions de l'association " Vent de discorde " et autres, présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à la société EE Noyal et à l'association " Vent de discorde ", première défenderesse dénommée.
Délibéré à l'issue de la séance du 15 septembre 2022 où siégeaient : Mme Isabelle de Silva, présidente de chambre, présidant ; Mme Suzanne von Coester, conseillère d'Etat et Mme Pauline Hot, auditrice-rapporteure.
Rendu le 14 octobre 2022.
La présidente :
Signé : Mme Isabelle de Silva
La rapporteure :
Signé : Mme Pauline Hot
La secrétaire :
Signé : Mme Valérie Peyrisse
Nos 462343, 462345
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026