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AccueilJurisprudence administrativeN° 462700

Conseil d'État — Décision N° 462700

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier462700
ECLIECLI:FR:CECHS:2022:462700.20221222
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation3ème chambre jugeant seule
Avocat requérantSCP MELKA-PRIGENT-DRUSCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Lyon :

1°) d'annuler et de déclarer inexistants les règlements de scolarité adoptés par le conseil d'administration de l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques (ENSSIB) les 30 mars 2007 et 19 décembre 2013, la décision du 22 février 2016 par laquelle le directeur de l'ENSSIB lui a imposé un nouveau cursus de scolarité de dix-huit mois en qualité de conservateur des bibliothèques stagiaire, la décision du 22 mars 2016 par laquelle le directeur de l'ENSSIB l'a mis en demeure de réintégrer l'établissement avant le 4 avril 2016 et de reprendre son poste ou de démissionner en vue d'une réintégration dans son corps d'origine et la décision du 11 avril 2016 par laquelle la même autorité a suspendu son traitement pour absence de service fait à compter du 4 avril 2016 ;

2°) subsidiairement, d'annuler les délibérations des 30 mars 2007 et 19 décembre 2013 par lesquelles le conseil d'administration de l'ENSSIB a approuvé les règlements de scolarité, ainsi que les décisions de son directeur des 22 février 2016, 22 mars 2016 et 11 avril 2016 ;

3°) d'enjoindre au directeur de l'ENSSIB de mettre en paiement, dans le délai de trois mois, sa rémunération afférente aux mois d'avril, mai et juin 2016 et au recteur de l'académie de Nancy-Metz et au ministre de l'éducation nationale de reconstituer sa carrière, dans un délai de trois mois.

Par un jugement n° 1603314 du 6 février 2019, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.

Par un arrêt n° 19LY01419 du 27 janvier 2022, la cour administrative d'appel de Lyon a :

- annulé le jugement du tribunal administratif de Lyon d'une part, en ce qu'il ne fait pas droit au recours en déclaration d'inexistence des règlements de scolarité approuvés les 30 mars 2007 et 19 décembre 2013, et des décisions prises les 22 février, 22 mars et 11 avril 2016 par le directeur de l'ENSSIB pour la gestion de la situation statutaire de M. B, d'autre part, en ce qu'il rejette la demande d'annulation du règlement de scolarité approuvé le 30 mars 2007, enfin, en ce qu'il rejette la demande d'annulation de la décision du 22 février 2016 par laquelle le directeur de l'ENSSIB a soumis M. B à l'obligation d'accomplir un nouveau stage de conservateur de dix-huit mois ;

- rejeté le recours en déclaration d'inexistence des règlements de scolarité approuvés les 30 mars 2007 et 19 décembre 2013 par le conseil d'administration de l'ENSSIB, et des décisions des 22 février, 22 mars et 11 avril 2016 par lesquelles le directeur de l'ENSSIB a successivement soumis M. B à l'obligation d'accomplir un nouveau stage de conservateur de bibliothèques d'une durée de dix-huit mois, l'a mis en demeure de réintégrer l'établissement au début du mois d'avril 2016 et a suspendu le versement de son traitement pour absence de service fait ;

- annulé la délibération du 30 mars 2007 par laquelle le conseil d'administration de l'ENSSIB a approuvé le règlement de scolarité, en tant qu'elle ne pondère pas les notes à attribuer aux matières optionnelles et au mémoire d'étude et de recherche et qu'elle ne détermine pas les conditions d'organisation d'épreuves de rattrapage ouvertes aux stagiaires empêchés de participer aux épreuves de classement ;

- annulé la décision du 22 février 2016 par laquelle le directeur de l'ENSSIB a soumis M. B à l'obligation d'accomplir un nouveau stage de dix-huit mois ;

- rejeté le surplus des conclusions de M. B.

Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 28 mars et 28 juin 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler cet arrêt en tant qu'il ne fait pas doit à l'ensemble de ses conclusions d'appel ;

2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à ces conclusions ;

3°) de mettre à la charge de l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques (ENSSIB) une somme de 5 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du CJA.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 92-26 du 9 janvier 1992 ;

- le décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 ;

- le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de M. Aurélien Caron, maître des requêtes,

- les conclusions de Mme Marie-Gabrielle Merloz, rapporteure publique ;

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Delvolvé et Trichet, avocat de M. A B ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".

2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'il attaque, M. B soutient que la cour administrative d'appel de Lyon :

- l'a rendu à l'issue d'une procédure irrégulière car le sens des conclusions du rapporteur public n'a pas été mis en ligne dans un délai raisonnable avant l'audience publique du 6 janvier 2022 et les mentions relatives à celui-ci ne permettaient pas de connaître sa position dans ce délai ;

- l'a entaché de dénaturation des pièces du dossier en jugeant qu'il n'était pas fondé à soutenir que le jugement du tribunal administratif de Lyon aurait à tort rejeté comme irrecevables ses conclusions dirigées contre la délibération du 19 décembre 2013 par laquelle le conseil d'administration de l'établissement a approuvé le règlement de scolarité pour la promotion 2013/2014 dès lors que, bien qu'en détachement auprès de l'ENSSIB après le 30 juin 2008, il n'y avait suivi aucune période de stage avant la mise en demeure du 22 mars 2016 et n'aurait donc pas été intégré à la promotion 2013/2014, de sorte que le règlement de scolarité de cette promotion n'avait pu porter atteinte à sa situation individuelle et que, faute d'intérêt à agir, son recours en déclaration d'inexistence de ce règlement était irrecevable ;

- l'a insuffisamment motivé, a méconnu le caractère contradictoire de la procédure et l'a entaché d'erreur de droit en jugeant que ses conclusions dirigées contre la décision du 22 mars 2016 du directeur de l'ENSSIB qui le mettait en demeure de reprendre son poste avant le 4 avril 2016 sous peine d'être soumis à une retenue sur traitement devaient être rejetées au motif qu'il n'avait pas critiqué l'irrecevabilité opposée par le jugement du tribunal administratif de Lyon en première instance à sa demande d'annulation de cette décision.

3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

D E C I D E :

--------------

Article 1er : Le pourvoi de M. B n'est pas admis.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée à l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques (ENSSIB) et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Délibéré à l'issue de la séance du 29 novembre 2022 où siégeaient : M. Guillaume Goulard, président de chambre, présidant ; M. Christian Fournier, conseiller d'Etat et M. Aurélien Caron, maître des requêtes-rapporteur.

Rendu le 22 décembre 2022.

Le président :

Signé : M. Guillaume Goulard

Le rapporteur :

Signé : M. Aurélien Caron

La secrétaire :

Signé : Mme Elisabeth Ravanne

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