jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 466530 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2023:466530.20230309 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SCP BAUER-VIOLAS - FESCHOTTE-DESBOIS - SEBAGH |
Vu la procédure suivante :
La société par actions simplifiée Georges holding et la société en nom collectif Constellation ont demandé au tribunal administratif de Montreuil de condamner l'établissement public territorial Plaine Commune à leur verser la somme de 767 210 euros en réparation du préjudice qu'elles estiment avoir subi du fait de l'illégalité de la décision du 8 juin 2015 par laquelle cet établissement a préempté deux lots de copropriété du volume 1 de l'ensemble immobilier situé 12 rue Pinel et huit emplacements de stationnement situés 1, rue Traverse, 35, rue de la Légion d'honneur, 14-14 bis rue Pinel et rue de Toul à Saint-Denis, avec intérêts au taux légal et capitalisation à compter du 31 mai 2018, date de la notification de la réclamation indemnitaire préalable. Par un jugement n° 1808760 du 4 décembre 2019, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté cette demande.
Par un arrêt n° 20VE00515 du 9 juin 2022, la cour administrative d'appel de Versailles a, sur l'appel des sociétés Georges holding et Constellation, annulé ce jugement et condamné l'établissement public territorial Plaine Commune à verser à la société Constellation une somme de 767 210 euros en réparation du préjudice financier causé par la décision illégale de préemption du 8 juin 2015, avec intérêts au taux légal et capitalisation à compter de la date de la notification de la demande indemnitaire préalable du 31 mai 2018.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 9 août et 8 novembre 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, l'établissement public territorial Plaine Commune demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cet arrêt ;
2°) réglant l'affaire au fond, de rejeter l'appel de la société Georges holding et de la société Constellation ;
3°) de mettre à la charge des sociétés Georges holding et Constellation la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Anne Redondo, maître des requêtes,
- les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Bauer-Violas, Feschotte-Desbois, Sebagh, avocat de l'établissement public territorial Plaine Commune ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'il attaque, l'établissement public territorial Plaine Commune soutient que :
- la cour administrative d'appel a commis une erreur de droit en faisant droit aux conclusions de la société Constellation tendant à l'indemnisation du préjudice qui résulterait, à raison de la préemption illégale du bien immobilier en cause, de la perte des bénéfices escomptés de la revente de ce bien après réalisation des travaux envisagés, sans avoir préalablement recherché ni caractérisé l'existence de circonstances particulières permettant de regarder ce préjudice comme présentant un caractère direct et certain ;
- elle a commis une erreur de droit et a inexactement qualifié les faits qui lui étaient soumis en se fondant, pour faire droit aux conclusions de la société Constellation tendant à l'indemnisation du préjudice qui résulterait, à raison de la préemption illégale du bien immobilier en cause, de la perte des bénéfices escomptés de la revente de ce bien après réalisation des travaux envisagés, sur des hypothèses financières élaborées plusieurs mois avant la signature de la promesse de vente et sur des données relatives à la commercialisation d'autres biens, à l'exclusion de toute information relative à l'existence d'engagements souscrits par les acquéreurs potentiels du bien en cause, de négociations commerciales ou d'étude relative à la faisabilité de l'opération immobilière envisagée ;
- elle a entaché son arrêt d'une insuffisance de motivation en ne répondant pas au moyen tiré de ce que le préjudice invoqué par les sociétés Georges holding et Constellation ne présentait pas de caractère certain en l'absence notamment de la réalisation par celles-ci de démarches tendant à obtenir, aux fins de la réalisation de l'opération immobilière envisagée, les autorisations requises au titre du code de l'urbanisme, du code de la construction et de l'habitation et des règles relatives à la copropriété, de la justification de ce que ces autorisations pouvaient être obtenues, de la production d'une étude de faisabilité et de toute information relative à d'éventuels futurs acquéreurs ;
- elle a méconnu son office en s'abstenant de faire usage de ses pouvoirs d'instruction, a commis une erreur de droit et a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis dans l'évaluation du préjudice invoqué par les sociétés Georges holding et Constellation alors que, selon les écritures de ces sociétés elles-mêmes, la valeur de près d'un tiers de l'ensemble immobilier auquel appartient le bien faisant l'objet de la décision de préemption illégale, visé par la promesse de vente dont elles se prévalent, faisait l'objet d'une surévaluation ;
- elle a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que la promesse de vente dont se prévaut la société Constellation prévoyait la cession du bien immobilier en cause à un prix très avantageux au regard du prix moyen constaté sur le marché local, alors qu'elle ne disposait pas d'élément pertinent relatif aux prix pratiqués sur le marché de la vente de locaux commerciaux appelés à occuper près de la moitié de l'ensemble immobilier dont relève ce bien ;
- elle a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que les travaux à accomplir avant la commercialisation de l'ensemble immobilier dont relève le bien en cause présentaient un caractère restreint alors que les écritures des sociétés Georges holding et Constellation montraient qu'il s'agissait de travaux significatifs ;
- elle a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que les travaux envisagés avant la commercialisation de l'ensemble immobilier n'étaient pas susceptibles d'affecter la structure de l'immeuble et que leurs coûts étaient surévalués, sans disposer d'élément lui permettant de l'affirmer ;
- elle a commis une erreur de droit et a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en faisant droit aux conclusions indemnitaires de la société Constellation sans tenir compte des frais de commission d'agence et des frais d'actes que celle-ci aurait dû débourser en cas d'acquisition du bien en cause.
3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de l'établissement public territorial Plaine Commune n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à l'établissement public territorial Plaine Commune.
Copie en sera adressée à la société par actions simplifiée Georges holding, première dénommée, pour les deux sociétés défenderesses.
Délibéré à l'issue de la séance du 16 février 2023 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Jean-Luc Nevache, conseiller d'Etat et Mme Anne Redondo, maître des requêtes-rapporteure.
Rendu le 9 mars 2023.
La présidente :
Signé : Mme Gaëlle Dumortier
La rapporteure :
Signé : Mme Anne Redondo
Le secrétaire :
Signé : M. Mickaël Lemasson
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
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01/06/2026