vendredi 22 mars 2024
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 468041 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2024:468041.20240322 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 10ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SCP ZRIBI, TEXIER |
Vu la procédure suivante :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux de condamner l'Etat à lui verser une somme de 1 000 euros ainsi qu'une somme de 1 000 euros à sa fille mineure, en réparation des préjudices causés par l'illégalité du refus initial de délivrance d'une carte nationale d'identité et d'un passeport à cette dernière et du délai anormal de délivrance de ces documents. Elle a également saisi ce tribunal de conclusions tendant à l'octroi d'une provision sur le fondement de l'article R. 541 du code de justice administrative. Par un jugement n° 2004489, 2100706 du 3 mai 2022, le tribunal administratif de Bordeaux a jugé qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur les conclusions tendant au versement d'une provision et a rejeté la demande au fond de Mme A.
Par une ordonnance n° 22BX02385 du 4 octobre 2022, enregistrée le 5 octobre 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a transmis au Conseil d'Etat, en application des dispositions de l'article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi, enregistré le 5 septembre 2022 au greffe de cette cour, présenté par Mme A.
Par ce pourvoi et par un mémoire complémentaire, enregistré le 27 décembre 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme A demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 3 mai 2022 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à verser à son avocat, la SCP Zribi, Texier, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 55-1397 du 22 octobre 1955 instituant la carte nationale d'identité ;
- le décret n° 2005-1726 du 30 décembre 2005 relatif aux passeports ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Bruno Delsol, conseiller d'Etat,
- les conclusions de Mme Esther de Moustier, rapporteure publique ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Zribi et Texier, avocat de Mme A ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2. Pour demander l'annulation du jugement qu'elle attaque, Mme A soutient que le tribunal administratif de Bordeaux l'a entaché :
- d'erreur de droit en retenant que le préfet avait pu estimer qu'il existait un doute suffisant sur la réalité de la filiation de l'enfant et partant sur sa nationalité française et lui refuser pour ce motif la délivrance des documents sollicités, alors même que l'enfant était titulaire d'un certificat de nationalité française ;
- d'erreur de droit, d'insuffisance de motivation et de dénaturation des pièces du dossier en jugeant que le préfet pouvait estimer qu'il existait un doute suffisant sur la réalité de la filiation de l'enfant et partant sur sa nationalité française en se fondant sur la seule circonstance que l'auteur de la reconnaissance n'était pas le père biologique de l'enfant, sans caractériser une fraude ;
- de défaut de réponse à moyen en se bornant à rechercher si le délai d'instruction de la demande de délivrance avait été raisonnable sans rechercher si le délai entre la demande et la délivrance avait été raisonnable, faute qui était invoquée par la requérante ;
- d'irrégularité et de méconnaissance du contradictoire en relevant d'office, pour écarter le moyen tiré du retard fautif de l'administration à instruire la demande, des éléments qui ne figuraient pas au dossier et qui ne relevaient pas d'un moyen d'ordre public ;
- de dénaturation des pièces du dossier en relevant que les documents sollicités n'avaient été finalement délivrés, dans le cadre du recours hiérarchique formé devant le ministre de l'intérieur, qu'à la suite du constat que le père biologique de l'intéressée était français ;
- de dénaturation des pièces du dossier en estimant que le délai d'instruction de sa demande initiale n'avait été que de neuf mois alors qu'il avait été de douze mois ;
- d'erreur de qualification juridique, d'insuffisance de motivation et de dénaturation des pièces du dossier en estimant que le délai d'instruction de sa demande initiale ne pouvait être qualifié de déraisonnable.
3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de Mme A n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré à l'issue de la séance du 15 février 2024 où siégeaient : M. Bertrand Dacosta, président de chambre, présidant ; Mme Rozen Noguellou, conseillère d'Etat et M. Bruno Delsol, conseiller d'Etat-rapporteur.
Rendu le 22 mars 2024.
Le président :
Signé : M. Bertrand Dacosta
Le rapporteur :
Signé : M. Bruno Delsol
La secrétaire :
Signé : Mme Chloé-Claudia SediangWE23T6TP
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026