mardi 2 janvier 2024
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 469655 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2024:469655.20240102 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SARL LE PRADO – GILBERT |
Vu la procédure suivante :
Mme B D et M. E F, agissant en leur nom propre et en qualité de représentants de leur fils A, ont demandé au tribunal administratif d'Amiens de condamner le groupe hospitalier du sud de l'Oise (GHPSO) à leur verser la somme globale de 70 057,70 euros en réparation des préjudices ayant résulté des conditions de la naissance de leur enfant le 23 octobre 2015. Par un jugement n° 1801160 du 11 juin 2020, le tribunal administratif a rejeté leur demande.
Par un arrêt n° 20DA01165 du 13 octobre 2022, la cour administrative d'appel de Douai a rejeté l'appel formé Mme D et M. F contre ce jugement.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 décembre 2022 et 13 mars 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme D et M. F demandent au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cet arrêt ;
2°) de mettre à la charge du GHPSO la somme de 1 000 euros au profit de chacun des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Hortense Naudascher, auditrice,
- les conclusions de M. Florian Roussel, rapporteur public.
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Fabiani, Luc-Thaler, Pinatel, avocat de Mme D et de M. F et à la SARL Le Prado - Gilbert, avocat du groupe hospitalier public du sud de l'Oise.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que Mme B D a donné naissance par voie basse à un garçon prénommé A, le 23 octobre 2015, au groupe hospitalier du sud de l'Oise (GHPSO). L'enfant ayant présenté pendant l'accouchement une dystocie des épaules, le sage-femme, qui n'était pas à même de pratiquer la manœuvre obstétricale dite de Mac Roberts, recommandée en première intention en pareil cas, a été conduit à effectuer seul la manœuvre dite de Letellier, recommandée en deuxième intention. L'enfant reste atteint d'une lésion du plexus brachial à l'origine d'une paralysie du bras droit. Par un jugement du 11 juin 2021, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté la demande de Mme D et de M. F, parents de l'enfant, tendant à la condamnation du GHPSO à les indemniser des préjudices subis. Par un arrêt du 13 octobre 2022, la cour administrative d'appel de Douai a jugé que si la circonstance que le sage-femme ne savait pas pratiquer la manœuvre de Mac Roberts constituait dans les circonstances de l'espèce une faute de nature à engager la responsabilité du GHPSO, cette faute ne présentait pas de lien de causalité avec la lésion du plexus brachial dont l'enfant est atteint, et rejeté l'appel de Mme D et M. F, qui se pourvoient en cassation.
2. En premier lieu, les requérants ne se prévalaient à l'appui de leur appel d'aucun moyen tiré d'une faute distincte, consistant en l'absence de médecin accoucheur dans la salle d'accouchement malgré la macrosomie fœtale et le diabète gestationnel de la mère. Par suite, ils ne sont pas fondés à soutenir que la cour a insuffisamment motivé son arrêt en ne recherchant pas l'existence d'une telle faute.
3. En deuxième lieu, si le rapport d'expertise avait conclu, tout en soulignant l'impossibilité de retracer le déroulé précis des faits faute de compte-rendu de l'accouchement, que l'absence de réalisation de la manœuvre de Mac Roberts et les manœuvres obstétricales " incertaines " pratiquées par le sage-femme étaient à l'origine d'une perte de chance de 50 % d'éviter la lésion du plexus brachial, il ressortait du rapport critique du professeur G et du dire du docteur C que la généralisation de la manœuvre de Mac Roberts n'a pas fait diminuer le nombre de traumatismes du plexus brachial en cas de dystocie des épaules, et qu'en l'espèce, la réalisation de la manœuvre de Letellier, dont il n'est pas établi qu'elle ait été mal effectuée, avait permis la naissance rapide de l'enfant, sans séquelle asphyxique. En se fondant, par une appréciation souveraine exempte de dénaturation, sur ces éléments pour écarter l'existence d'un lien de causalité entre la faute du centre hospitalier et l'aggravation du risque de lésion du plexus brachial, la cour administrative d'appel de Douai a suffisamment motivé son arrêt.
4. Il résulte de tout ce qui précède que le pourvoi doit être rejeté, y compris ses conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de Mme D et autre est rejeté.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B D, première requérante dénommée, et au groupe hospitalier du sud de l'Oise.
Délibéré à l'issue de la séance du 7 décembre 2023 où siégeaient : Mme Fabienne Lambolez, assesseure, présidant ; M. Alain Seban, conseiller d'Etat et Mme Hortense Naudascher, auditrice-rapporteure.
Rendu le 2 janvier 2024.
La présidente :
Signé : Mme Fabienne Lambolez
La rapporteure :
Signé : Mme Hortense Naudascher
La secrétaire :
Signé : Mme Nathalie Pilet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026