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AccueilJurisprudence administrativeN° 470187

Conseil d'État — Décision N° 470187

vendredi 30 juin 2023

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier470187
ECLIECLI:FR:CECHS:2023:470187.20230630
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation8ème chambre jugeant seule
Avocat requérantSCP GASCHIGNARD, LOISEAU, MASSIGNON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

La société anonyme (SA) SNCF Réseau a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Marseille, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner solidairement les sociétés à responsabilité limitée (SARL) Sogefy, Question Déco, MED et VET Distribution et la société civile immobilière (SCI) Pierres et Terres à lui verser une provision de 309 369,16 euros, assortie des intérêts moratoires, représentant le montant des indemnités d'occupation du domaine public ferroviaire qu'elle lui estime dues par ces sociétés pour la période du 1er janvier 2016 au 31 juillet 2019 et, à titre subsidiaire, de les condamner à lui verser une provision de 226 652,37 euros, représentant le montant des indemnités dues pour cette même occupation et calculé selon la méthode arrêtée par l'expert immobilier mandaté par la société Sogefy.

Par une ordonnance n° 1902742 du 5 février 2020, le juge des référés de ce tribunal a condamné les sociétés Sogefy, Question Déco, MED et VET Distribution et Pierres et Terres à verser à la société SNCF Réseau la somme de 226 652,37 euros, augmentée des intérêts moratoires.

Par un arrêt n° 20MA00771 du 4 novembre 2022, la cour administrative d'appel de Marseille a rejeté l'appel formé contre cette ordonnance par les sociétés Sogefy, Question Déco, MED et VET Distribution et Pierres et Terres.

Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 4 et 19 janvier 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, les sociétés Sogefy, Question Déco, MED et VET Distribution et Pierres et Terres demandent au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler cet arrêt ;

2°) de mettre à la charge de la société SNCF Réseau la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de M. Jean-Marc Vié, maître des requêtes,

- les conclusions de M. Romain Victor, rapporteur public ;

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Gaschignard, Loiseau, Massignon, avocat de la société Sogefy et autres ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".

2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'elles attaquent, les sociétés Sogefy, Question Déco, MED et VET Distribution et Pierres et Terres soutiennent que la cour administrative d'appel de Marseille a :

- dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que la parcelle qu'elles occupaient ne correspondait pas à celle ayant précédemment fait l'objet d'une convention d'occupation entre la société SNCF et la société Sud Céréales ;

- dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que la convention conclue entre ces deux sociétés pour l'exploitation d'embranchements privés ne concernait pas la voie qui longeait historiquement le hangar en litige ;

- dénaturé les faits de l'espèce et les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant qu'un quai découvert et une cour de marchandises avaient existé autrefois sur l'emplacement couvert aujourd'hui par le hangar en litige ;

- commis une erreur de droit en examinant, pour juger de la domanialité publique du hangar en litige, les aménagements qui avaient pu être installés sur la parcelle d'assiette de ce hangar et non sur la seule partie occupée par celui-ci ;

- donné aux faits de l'espèce une inexacte qualification juridique en estimant que les critères d'appartenance au domaine public de ce hangar étaient remplis ;

- dénaturé les stipulations de la convention n° 121-05 du 10 mai 2005 en jugeant que le montant de la redevance d'occupation qu'elle fixait tenait compte d'importants travaux qu'elles avaient pris en charge dans le cadre de la convention n° 32442 du 16 juin 2003 ;

- commis une erreur de droit en les condamnant solidairement à indemniser la société SNCF Réseau du préjudice résultant pour elle de l'occupation irrégulière du domaine public ferroviaire, sans limiter le montant des sommes mises à leur charge à l'avantage que chacune d'entre elles en avait effectivement retiré.

3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

D E C I D E :

--------------

Article 1er : Le pourvoi de la société Sogefy et autres n'est pas admis.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société à responsabilité limitée Sogefy, première dénommée pour l'ensemble des requérants.

Copie en sera adressée aux sociétés civiles professionnelles Douhaire-Avazeri-Bonetto et BR Associés, respectivement administrateur et mandataire judiciaires des sociétés Sogefy et Question Déco, et à la société anonyme SNCF Réseau.

Délibéré à l'issue de la séance du 1er juin 2023 où siégeaient : M. Pierre Collin, président de chambre, présidant ; M. Hervé Cassagnabère, conseiller d'Etat et M. Jean-Marc Vié, maître des requêtes-rapporteur.

Rendu le 30 juin 2023.

Le président :

Signé : M. Pierre Collin

Le rapporteur :

Signé : M. Jean-Marc Vié

La secrétaire :

Signé : Mme Michelle Bailleul

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