mercredi 9 août 2023
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 470560 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2023:470560.20230809 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 7ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SARL MATUCHANSKY, POUPOT, VALDELIEVRE |
Vu la procédure suivante :
M. B a demandé au tribunal administratif de Strasbourg, en premier lieu, de condamner la chambre de métiers et de l'artisanat de la Moselle à lui verser la somme de 537 211,38 euros correspondant à une reconstitution de carrière normale entre le 9 août 2002 et le 27 janvier 2011, en deuxième lieu, d'enjoindre à la chambre de métiers et de l'artisanat de la Moselle de corriger ses droits à pension et de verser les cotisations sociales dues sur une base supplémentaire de 431 564,08 euros, en troisième lieu, de condamner la chambre de métiers et de l'artisanat de la Moselle à lui verser la somme de 360 365,28 euros au titre de l'indemnité de licenciement, en quatrième lieu, de la condamner à lui verser la somme de 97 054,58 euros correspondant au montant de ses loyers et frais de déplacement à Verdun entre le 9 août 2002 et le 27 janvier 2011, en cinquième lieu, de la condamner à lui verser la somme de 30 980,28 euros en réparation du préjudice résultant de la privation d'un véhicule de fonctions entre le 9 août 2002 et le 27 janvier 2011 et, en dernier lieu, de la condamner à lui verser une somme de 150 000 euros en réparation des troubles dans ses conditions d'existence et de son préjudice moral entre 1993 et 2011. Par un jugement no 1502258 du 22 mai 2019, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande.
Par un arrêt n° 19NC02056 du 17 novembre 2022, la cour administrative d'appel de Nancy a rejeté l'appel formé par M. B contre ce jugement.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 17 janvier et 17 avril 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cet arrêt ;
2°) de mettre à la charge de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Moselle la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le traité sur l'Union européenne ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la directive n° 89/301/CEE du Conseil du 12 juin 1989 ;
- le code du travail ;
- la loi du 1er juin 1924 mettant en vigueur la législation civile française dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle ;
- la loi n° 52-1311 du 10 décembre 1952 ;
- le décret n° 64-1362 du 30 décembre 1964 ;
- le statut du personnel administratif des chambres de métiers et de l'artisanat adopté par la commission paritaire nationale le 13 novembre 2008 ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Alexandre Denieul, auditeur,
- les conclusions de M. Nicolas Labrune, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, au Cabinet Rousseau, Tapie, avocat de M. B ;
Vu la note en délibéré, enregistrée le 10 juillet 2023, présentée par M. B ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'il attaque, M. B soutient que la cour administrative d'appel de Nancy :
- l'a rendu au terme d'une procédure irrégulière en se fondant sur une pièce produite postérieurement à la clôture de l'instruction sans rouvrir l'instruction et, par conséquent, sans tenir compte des autres pièces produites concomitamment ;
- l'a insuffisamment motivé faute d'avoir recherché si, comme il le soutenait, la chambre de métiers et de l'artisanat de la Moselle avait commis une faute en s'abstenant de lui délivrer une proposition d'intégration dans son nouvel emploi ;
- a commis une erreur de droit en jugeant que la grille indiciaire applicable ne lui permettait pas de bénéficier d'un avancement à un indice supérieur à l'indice 979 alors qu'il résulte des dispositions de l'article 21 des statuts du personnel de 1971 que cette grille se borne à fixer des indices minimaux ;
- a méconnu son office et commis une erreur de droit en ne sollicitant pas la communication de toutes les grilles des indices de rémunération adoptées par la chambre de métiers et de l'artisanat de la Moselle et applicables à son personnel pour la période comprise entre le 9 août 2002 et le 30 juin 2009 ;
- a inexactement qualifié les faits ou, à tout le moins, les a dénaturés en jugeant que le reclassement de M. B à l'indice 1 100 ne l'avait pas fait régresser en termes de rémunération indiciaire et indemnitaire globale ;
- l'a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en se fondant sur la circonstance que la rémunération de son successeur n'aurait pas été régulière en raison de l'impossibilité de classer à un rang supérieur à 6 le secrétaire général de toute chambre de métiers, sans rechercher si, ainsi qu'il le soutenait, un classement supérieur était possible en vertu des dispositions de l'article 4 de l'annexe XIX du statut national du personnel rénové le 13 novembre 2008 ;
- a commis une erreur de droit au regard des règles relatives à la reconstitution de carrière des agents publics illégalement évincés en jugeant qu'il ne pouvait se prévaloir de la rémunération et des avantages consentis à son successeur et, par suite, en jugeant qu'il n'avait pas été victime de discrimination ;
- a commis une erreur de droit en jugeant qu'un licenciement pour abandon de poste avait pu être prononcé à son encontre sans qu'une nouvelle mise en demeure de rejoindre son poste ne lui ait été adressée à la suite de la décision n° 316636 du 27 octobre 2010 par laquelle le Conseil d'Etat statuant au contentieux a annulé la décision du 15 octobre 2002 le radiant des cadres pour abandon de poste et a enjoint à la chambre des métiers et de l'artisanat de la Moselle a de procéder à sa réintégration ;
- a commis une erreur de droit en ne jugeant pas illégale la procédure suivie alors que la chambre des métiers s'était fondée sur l'article 42-III du statut du personnel du 13 novembre 2008 sans en respecter les conditions d'application ;
- a commis une erreur de droit en jugeant que la décision de radiation des cadres pour abandon de poste avait pu être prononcée à son encontre le 27 janvier 2011 alors qu'il avait formellement manifesté son intention de reprendre le service en donnant son préavis au service médical interprofessionnel meusien par un courrier recommandé du 27 août 2010 ;
- s'est méprise sur la portée de ses écritures et, par suite, a insuffisamment motivé son arrêt en se bornant à rechercher si le président de la chambre, et non pas ce président et le comité directeur, avait pris en compte l'ensemble des courriers échangés entre le 8 août et le 14 octobre 2002 ;
- à titre subsidiaire, l'a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en estimant que le comité directeur n'avait pas à être saisi de ces échanges de courriers, sans en préciser les raisons ;
- a commis une erreur de droit en estimant que l'envoi des mises en demeure relevait de la compétence du seul président et non du comité directeur ;
- a commis une erreur de droit en jugeant que la circonstance qu'il aurait manifesté son intention de reprendre son poste était sans influence sur la qualification juridique de l'abandon de poste ;
- l'a insuffisamment motivé, faute d'avoir statué sur l'ensemble des fautes qu'il invoquait ;
- a commis une erreur de droit en jugeant qu'il n'établissait pas l'existence d'un préjudice en lien avec la faute tenant à l'absence de soumission de sa demande de mise à disposition auprès du service médical interprofessionnel meusien dès lors qu'il avait la possibilité soit de reprendre son poste de secrétaire général, soit de demeurer sur ses fonctions de directeur du service médical interprofessionnel meusien, alors que cette illégalité a emporté une perte de chance d'obtenir sa mise à disposition, laquelle lui aurait permis de conserver son emploi tout en continuant d'être rattaché à la chambre ;
- s'est méprise sur la portée de ses écritures dès lors qu'il avait constamment soutenu et établi que les nombreuses fautes commises par la chambre de métiers et de l'artisanat de la Moselle lui avaient causé un préjudice moral ;
- a dénaturé les faits en jugeant qu'il n'établissait pas en quoi les décisions de la chambre de métiers relatives à son successeur au poste de secrétaire général de la chambre et à son organisation interne caractériseraient un comportement fautif de la chambre ;
- a dénaturé les faits en jugeant qu'il ne précisait pas la nature du dommage résultant du maintien de son successeur au poste de secrétaire général, alors qu'il ressortait des pièces du dossier que son préjudice était d'ordre moral ;
- l'a entaché de contradiction de motifs et a dénaturé les faits en retenant que la chambre de métiers n'avait pas commis de faute sur la période postérieure à juin 2001.
3.Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
--------------
Article 1er : Le pourvoi de M. B n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée à la chambre de métiers et de l'artisanat de la Moselle.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026