vendredi 16 mai 2025
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 470567 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHR:2025:470567.20250516 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | B |
| Formation | 4ème et 1ère chambres réunies |
| Avocat requérant | SARL CABINET BRIARD, BONICHOT ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Le Syndicat des orthodontistes de France a porté plainte contre M. B A devant la chambre disciplinaire de première instance d'Ile-de-France de l'ordre des chirurgiens-dentistes. Le conseil départemental des Yvelines de l'ordre des chirurgiens-dentistes s'est associé à la plainte. Par une décision du 21 octobre 2021, la chambre disciplinaire de première instance a infligé à M. A la sanction du blâme.
Par une décision du 17 novembre 2022, la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des chirurgiens-dentistes a, sur appel du Syndicat des orthodontistes de France, relaxé M. A des fins de la poursuite, réformé la décision de la chambre disciplinaire de première instance en ce qu'elle a de contraire à cette décision, et rejeté la requête d'appel.
Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique, enregistrés les 17 janvier, 17 avril et 11 décembre 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, le Syndicat des orthodontistes de France demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cette décision ;
2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à son appel ;
3°) de mettre à la charge de M. A la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Cécile Fraval, maîtresse des requêtes en service extraordinaire,
- les conclusions de M. Jean-François de Montgolfier, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Boré, Salve de Bruneton, Mégret, avocat du Syndicat des orthodontistes de France et à la SARL cabinet Briard, Bonichot et associés, avocat de M. B A ;
Considérant ce qui suit :
1. Au nombre des règles générales de procédure qui s'imposent, même sans texte, à toutes les juridictions disciplinaires, figure celle selon laquelle l'appel ne peut préjudicier à l'appelant. Il s'ensuit que la juridiction disciplinaire d'un ordre professionnel, saisie, en appel, d'un seul recours aux fins d'aggravation de la sanction infligée à un professionnel en première instance, ne peut relaxer ce dernier ou lui infliger une sanction moins sévère que celle prononcée par les premiers juges. Il en va ainsi y compris si la juridiction d'appel estime qu'aucun manquement ne peut être reproché à la personne poursuivie. En ce cas, il lui appartient seulement de rejeter la requête d'appel dont elle est saisie.
2. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que, saisie d'une plainte du Syndicat des orthodontistes de France, à laquelle s'est associé le conseil départemental des Yvelines de l'ordre des chirurgiens-dentistes, la chambre disciplinaire de première instance d'Ile-de-France de l'ordre des chirurgiens-dentistes a, par une décision du 21 octobre 2021, prononcé à l'encontre de M. A la sanction du blâme. Sur appel du syndicat tendant à l'aggravation de cette sanction, la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des chirurgiens-dentistes a, par la décision attaquée, contre laquelle se pourvoit en cassation le Syndicat des orthodontistes de France, relaxé M. A des fins de la poursuite, alors que M. A n'avait pas interjeté appel de la décision prise par les premiers juges. En statuant ainsi, alors que, comme il a été dit au point précédent, lorsqu'elle est saisie d'un seul recours tendant à l'aggravation de la sanction prononcée par les premiers juges à l'encontre de la personne poursuivie, la juridiction disciplinaire d'appel ne peut relaxer le professionnel mis en cause, y compris si elle estime qu'il n'a commis aucune faute, la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des chirurgiens-dentistes s'est, ainsi que le Syndicat des orthodontistes de France le soutient, méprise sur son office.
3. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens du pourvoi, le Syndicat des orthodontistes de France est fondé à demander l'annulation de la décision du 17 novembre 2022 de la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des chirurgiens-dentistes qu'il attaque.
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par le Syndicat des orthodontistes de France au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les mêmes dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du Syndicat des orthodontistes de France qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
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Article 1er : La décision de la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des chirurgiens-dentistes du 17 novembre 2022 est annulée.
Article 2 : L'affaire est renvoyée à la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des chirurgiens-dentistes.
Article 3 : Les conclusions présentées par M. A et par le Syndicat des orthodontistes de France au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente décision sera notifiée au Syndicat des orthodontistes de France et à M. B A.
Copie en sera adressée au Conseil national de l'ordre des chirurgiens-dentistes.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026