mardi 2 janvier 2024
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 471892 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2024:471892.20240102 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | CABINET FRANÇOIS PINET |
Vu la procédure suivante :
Mme A B a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris de condamner l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) à lui verser, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, une provision de 1 156 990,86 euros. Appelée en la cause, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Paris a demandé au juge des référés de condamner l'AP-HP à lui verser, sur le fondement des mêmes dispositions, une provision de 319 422,24 euros. Par une ordonnance n° 2112760/6-2 du 17 novembre 2022, le juge des référés a condamné l'AP-HP à verser à Mme B une indemnité provisionnelle de 376 169,43 euros ainsi qu'une rente trimestrielle provisionnelle de 36 565 euros payable par trimestre échu à compter de la date de cette ordonnance, et à verser à la CPAM de Paris une provision de 319 422,24 euros.
Par une ordonnance n° 22PA05124 du 20 février 2023, le juge des référés de la cour administrative d'appel de Paris a, sur appel de l'AP-HP, et appel incident de Mme B, annulé cette ordonnance et rejeté les demandes de Mme B et de la CPAM de Paris.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 6 mars et 16 mars 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) statuant en référé, de rejeter l'appel de l'AP-HP et de faire droit à son appel incident ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Hortense Naudascher, auditrice,
- les conclusions de M. Florian Roussel, rapporteur public.
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Delamarre, Jéhannin, avocat de Mme B et au Cabinet François Pinet, avocat de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier soumis au juge des référés que Mme A B, atteinte d'un anévrisme de l'aorte, a subi en décembre 2018 à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière une intervention chirurgicale à la suite de laquelle elle reste atteinte de paraplégie. La commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) d'Ile-de-France, saisie par Mme B, a prescrit une expertise. Au vu de l'expertise, rendue le 14 août 2020, la CCI, par un avis du 3 décembre 2020, a estimé que la responsabilité de l'AP-HP était engagée pour l'ensemble des préjudices subis par Mme B. L'AP-HP s'étant abstenue de faire une offre d'indemnisation, Mme B a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Paris de conclusions tendant au versement d'une provision. Par une ordonnance du 17 novembre 2022, le juge des référés du tribunal administratif a condamné l'AP-HP à verser, d'une part, à Mme B une indemnité provisionnelle de 376 169,43 euros ainsi qu'une rente trimestrielle provisionnelle de 36 565 euros, d'autre part une provision de 319 422,24 euros à la CPAM de Paris, appelée en cause sur le fondement de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale. Mme B se pourvoit en cassation contre l'ordonnance du 20 février 2023 par laquelle le juge des référés de la cour administrative d'appel de Paris a, sur l'appel formé par l'AP-HP, annulé l'ordonnance du 17 novembre 2022 et rejeté les demandes de première instance.
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
3. En premier lieu, il ressort des énonciations de l'ordonnance attaquée que pour juger que les éléments qui lui étaient soumis en appel par Mme B et l'AP-HP n'étaient pas de nature à établir l'existence d'une obligation non sérieusement contestable avec un degré suffisant de certitude, le juge des référés de la cour administrative d'appel ne s'est pas fondé, contrairement à ce qui est soutenu, sur le fait qu'une seule expertise avait été réalisée, mais a porté une appréciation sur les conclusions de l'expertise, en les confrontant à des éléments nouveaux produits devant lui. En se fondant ainsi sur l'ensemble des éléments du dossier qui lui était soumis, le juge des référés n'a ni commis d'erreur de droit, ni méconnu son office.
4. En deuxième lieu, si le rapport d'expertise remis le 14 août 2020 a retenu que l'indication de l'intervention pratiquée sur Mme B n'était pas conforme aux règles de l'art dès lors que, selon la Société française de chirurgie cardiaque, une telle intervention ne devrait être réalisée que lorsque l'aorte thoracique descendante présente un anévrisme d'au moins 60 millimètres de diamètre et que l'anévrisme de Mme B présentait un diamètre inférieur, l'AP-HP a produit en appel un article de synthèse de littérature médicale intitulé " Anévrismes de l'aorte thoracique : à partir de quel diamètre doit-on intervenir ' ", faisant ressortir des recommandations d'intervention plus nuancées, et faisait valoir que l'intervention était en l'espèce justifiée au vu de l'évolution défavorable du diamètre de l'anévrisme de Mme B depuis 2015, et de l'existence de plusieurs facteurs de risque chez la patiente. En retenant, au vu de l'ensemble de ces éléments sur lesquels elle a porté une appréciation souveraine exempte de dénaturation, que le caractère fautif de l'intervention chirurgicale pratiquée sur Mme B n'était pas établi avec un degré suffisant de certitude pour faire naître à la charge de l'AP-HP une créance non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, le juge des référés n'a pas inexactement qualifié les faits de l'espèce.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'ordonnance du juge des référés de la cour administrative de Paris qu'elle attaque.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'AP-HP qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de Mme B est rejeté.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A B et à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Copie en sera adressée à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.
Délibéré à l'issue de la séance du 7 décembre 2023 où siégeaient : Mme Fabienne Lambolez, assesseure, présidant ; M. Alain Seban, conseiller d'Etat et Mme Hortense Naudascher, auditrice-rapporteure.
Rendu le 2 janvier 2024.
La présidente :
Signé : Mme Fabienne Lambolez
La rapporteure :
Signé : Mme Hortense Naudascher
La secrétaire :
Signé : Mme Nathalie Pilet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026