Conseil d'État — Décision N° 472035
mercredi 24 mai 2023
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 472035 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2023:472035.20230524 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | Z |
| Formation | 3ème chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Versailles d'une part, d'annuler la décision implicite par laquelle le recteur de l'académie de Versailles a rejeté sa réclamation indemnitaire préalable du 11 juin 2015, ainsi que la décision du 8 juillet 2015 par laquelle le ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche a proposé de lui verser une indemnité totale de 140 000 euros, sous déduction de la somme de 132 510 euros correspondant au montant total des pensions de retraite déjà rappelées, d'autre part, de condamner l'Etat à lui verser une indemnité totale de 1 010 386,17 euros ou, à défaut, une indemnité globale et forfaitaire de 500 000 euros, assortie des intérêts légaux et de leur capitalisation, et, enfin, d'enjoindre à l'Etat de compenser la dette relative au rappel de ses pensions de retraite avec sa créance indemnitaire et de reconstituer sa carrière et ses droits à pension, en prenant à sa charge leurs parts patronale et salariale. Par un jugement n° 1506076 du 4 juin 2018, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Par un arrêt n° 18VE03825 du 16 juin 2022, la cour administrative d'appel de Versailles a, sur appel de Mme A, en premier lieu, condamné l'Etat à lui verser une indemnité de 5 000 euros en réparation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence qu'elle a subis du fait de l'illégalité de l'arrêté du 3 avril 2013, en deuxième lieu, condamné l'Etat à lui verser l'indemnité représentative du préjudice financier qu'elle a subi du fait de l'illégalité de l'arrêté du 3 avril 2013, telle que définie dans les motifs de l'arrêt, en troisième lieu, renvoyé Mme A devant l'administration pour qu'il soit procédé à la liquidation de l'indemnité représentative de ce préjudice financier, en quatrième lieu, assorti des intérêts au taux légal les indemnités susmentionnées à compter du 15 juin 2015, en cinquième lieu, annulé ce jugement en ce qu'il a de contraire à son arrêt et en sixième lieu, rejeté le surplus de ses conclusions.
Par un pourvoi, enregistré le 10 mars 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme A demande au Conseil d'Etat d'annuler cet arrêt en tant qu'il n'a pas fait entièrement droit à ses conclusions de première instance reprises en appel.
Par une décision du 18 octobre 2022, notifiée le 26 octobre 2022, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle de Mme A.
Par une ordonnance n° 468858 du 30 décembre 2022, notifiée le 9 janvier 2023, le président de la section du contentieux a rejeté le recours formé contre ce refus d'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ". Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 822-5 du même code : " Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d'avocat (), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre ".
2. Aux termes de l'article R. 821-3 du même code : " Le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'Etat, des recours en cassation, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ". En vertu du deuxième alinéa de l'article R. 612-1 du code de justice administrative, des conclusions présentées en méconnaissance de cette obligation, lorsqu'elle a été mentionnée dans la notification de la décision contestée, peuvent être rejetées sans demande de régularisation préalable.
3. Le pourvoi de Mme A tend à l'annulation de l'arrêt du 16 juin 2022 de la cour administrative d'appel de Versailles en tant qu'il n'a pas fait entièrement droit à ses conclusions de première instance reprises en appel. Aucun texte ne dispense un tel pourvoi en cassation de l'obligation du ministère d'avocat. Or, le pourvoi de Mme A, dont la demande d'aide juridictionnelle a été rejetée, n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, alors que la notification de la décision attaquée faisait mention de cette obligation. Dès lors, son pourvoi n'est pas recevable et ne peut être admis.
O R D O N N E :
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Article 1er : Le pourvoi de Mme A n'est pas admis.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera adressée au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Fait à Paris, le 24 mai 2023
Le Président : Stéphane VERCLYTTE
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :
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