jeudi 11 janvier 2024
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 474371 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2024:474371.20240111 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SCP PIWNICA & MOLINIE |
Vu la procédure suivante :
D'une part, la société à responsabilité limitée (SARL) Cabels Sully a demandé au tribunal administratif de Paris de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2014 et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercice clos en 2012, 2013 et 2014, ainsi que des pénalités correspondantes. Par un jugement n° 1920299 du 13 avril 2021, ce tribunal a rejeté ses demandes.
D'autre part, M. et Mme C et B A ont demandé au même tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2012, 2013 et 2014, ainsi que des pénalités correspondantes. Par un jugement n° 2104578 du 17 mai 2022, ce tribunal a rejeté leurs demandes.
Par un arrêt nos 21PA03005, 22PA03110 du 22 mars 2023, la cour administrative d'appel de Paris, après les avoir joints, a rejeté les appels formés par la société Cabels Sully et M. et Mme A contre ces jugements.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 mai et 22 août 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Cabels Sully et M. et Mme A demandent au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cet arrêt ;
2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à leurs appels.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Benjamin Duca-Deneuve, auditeur,
- les conclusions de Mme Karin Ciavaldini, rapporteure publique ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Piwnica et Molinié, avocat de la société Cabels Sully et de M. et Mme A ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'ils attaquent, la société Cabels Sully et M. et Mme A soutiennent que la cour administrative d'appel de Paris :
- a inexactement qualifié les faits soumis à son appréciation et dénaturé les pièces des dossiers qui lui étaient soumis en n'écartant pas comme radicalement viciée dans son principe et excessivement sommaire la méthode de reconstitution du chiffre d'affaires de la société Cabels Sully retenue par l'administration, qui ne tenait pas compte des boissons chaudes servies tout au long de la journée ;
- a dénaturé les pièces des dossiers qui lui étaient soumis en affirmant que la société n'avait versé ni en première instance ni en appel les " tickets Z " des exercices vérifiés et commis, par voie de conséquence, une erreur de droit en écartant comme injustifiée la méthode alternative de reconstitution de son chiffre d'affaires proposée par la société Cabels Sully, qui se fondait sur les données figurant sur ces tickets ;
- a inexactement qualifié les faits soumis à son appréciation en se fondant, pour juger que l'administration avait à bon droit assorti de la pénalité pour manquement délibéré prévue à l'article 1729 du code général des impôts les rappels de taxe sur la valeur ajoutée et les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés mis à la charge de la société Cabels Sully, après que l'administration a rejeté sa comptabilité à raison de son caractère incomplet et insincère, sur ce que le manquement à ses obligations déclaratives revêtait un caractère délibéré ;
- a commis une erreur de droit au regard du principe d'indépendance des procédures en se fondant, pour juger que l'administration avait à bon droit inclus, en tant que bénéfices distribués, les sommes correspondant au rehaussement des résultats de la société Cabels Sully dans les revenus taxables entre les mains de M. et Mme A dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, sur les motifs de son arrêt relatifs au bien-fondé des impositions auxquelles cette société a été assujettie et, notamment, sur ce que cette dernière n'avait pas établi l'exagération de ces impositions ;
- a dénaturé les pièces du dossier, inexactement qualifié les faits et commis une erreur de droit en estimant que l'administration avait à bon droit regardé les sommes correspondant à ce rehaussement comme des revenus distribués au sens de ces dispositions et avait pu les inclure dans les revenus taxables entre les mains de M. et Mme A alors que la méthode de reconstitution du chiffre d'affaires de la société Cabels Sully retenue était radicalement viciée dans son principe et exagérément sommaire, et qu'elle avait à tort écarté comme injustifiée la méthode alternative proposée par cette société ;
- a commis une erreur de droit en déduisant, pour juger que l'administration avait à bon droit assorti les suppléments d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mis à la charge de M. et Mme A de la pénalité pour manquement délibéré prévue à l'article 1729 du code général des impôts, le caractère délibéré du manquement à leurs obligations de leur qualité de maître de l'affaire, sans rechercher s'ils avaient eu connaissance du caractère imposable des sommes dont ils devaient être réputés avoir bénéficié.
3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de la société Cabels Sully et M. et Mme A n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société à responsabilité limitée Cabels Sully et à M. C A et Mme B A.
Copie en sera adressée au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré à l'issue de la séance du 21 décembre 2023 où siégeaient : M. Thomas Andrieu, président de chambre, présidant ; M. Jonathan Bosredon, conseiller d'Etat et M. Benjamin Duca-Deneuve, auditeur-rapporteur.
Rendu le 11 janvier 2024.
Le président :
Signé : M. Thomas Andrieu
Le rapporteur :
Signé : M. Benjamin Duca-Deneuve
La secrétaire :
Signé : Mme Sandrine Mendy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026