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AccueilJurisprudence administrativeN° 475084

Conseil d'État — Décision N° 475084

jeudi 23 novembre 2023

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier475084
ECLIECLI:FR:CECHS:2023:475084.20231123
TypeDécision
PublicationD
Formation1ère chambre jugeant seule
Avocat requérantSCP GURY & MAITRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. et Mme F et A D, M. et Mme C et E B et l'association " Les amis des sites de Mesquer " ont demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 4 décembre 2018 par lequel le maire de Mesquer a délivré à la société civile Financière Sainte Marie un permis de construire portant sur l'extension d'une maison d'habitation située 300, boulevard de l'Océan, ainsi que le rejet de leur recours gracieux. Par un jugement n° 1905134 du 28 février 2022, le tribunal administratif de Nantes a rejeté cette demande.

Par un arrêt n° 22NT01312 du 14 avril 2023, la cour administrative d'appel de Nantes a, sur l'appel formé par les époux D et B, annulé ce jugement ainsi que l'arrêté du 4 décembre 2018 et la décision du 15 mars 2019 de rejet de leur recours gracieux.

Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés le 14 juin et le 8 septembre 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Financière Sainte Marie demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler cet arrêt ;

2°) réglant l'affaire au fond, de rejeter l'appel formé par les époux D et B ;

3°) de mettre à la charge de M. et Mme D et de M. et Mme B la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de M. Eric Buge, maître des requêtes en service extraordinaire,

- les conclusions de M. Thomas Janicot, rapporteur public ;

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Gury, Maître, avocat de la société Financière Sainte Marie ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".

2. Pour demander l'annulation de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes qu'elle attaque, la société Financière Sainte Marie soutient que :

- la cour a inexactement qualifié les faits de l'espèce et les a dénaturés en jugeant que l'extension projetée serait visible depuis les propriétés des époux D et B et constituerait pour eux un obstacle à la vue sur l'océan, pour rejeter la fin de non-recevoir qu'elle avait formée et admettre la recevabilité de leur recours, quand le projet attaqué n'était pas, compte tenu de sa faible importance et de la configuration des lieux, de nature à les affecter dans la jouissance de leurs biens ;

- elle a commis une erreur de droit et dénaturé les faits de l'espèce et les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que le terrain d'assiette du projet attaqué faisait partie d'un " cordon dunaire resté pour l'essentiel à l'état naturel " et ne se trouvait pas dans un espace urbanisé au sens et pour l'application de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme, quand ce texte ne prévoit pas, contrairement à l'article L. 121-47 applicable dans la zone des cinquante pas géométriques en outre-mer, qu'à l'intérieur des espaces urbanisés de la bande littorale, certains terrains doivent être préservés et qu'il n'était par suite pas possible d'isoler ce " cordon dunaire " de l'espace urbanisé au sein duquel il se trouvait intégré.

3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

D E C I D E :

--------------

Article 1er : Le pourvoi de la société Financière Sainte Marie n'est pas admis.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société civile Financière Sainte Marie.

Copie en sera adressée à M. et Mme F et A D et à M. et Mme C et Mme E B.

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