mercredi 6 mars 2024
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 475655 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2024:475655.20240306 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SAS BOULLOCHE, COLIN, STOCLET ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
D'une part, la société à responsabilité limitée (SARL) à associé unique Bianchinnocenti a demandé au tribunal administratif de Marseille de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2013 et du rappel de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2013. D'autre part, M. et Mme C et B A ont demandé à ce tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2013. Par un jugement n° 1806970, 1806971, 1807004 du 11 mars 2020, le tribunal administratif a joint les demandes, réduit les bases d'imposition à l'impôt sur les sociétés de la société Bianchinnocenti et à l'impôt sur le revenu de M. et Mme A de 42 675 euros, prononcé la décharge des suppléments d'impôts correspondants, déchargé la société des rappels de taxe sur la valeur ajoutée à hauteur de 2 845 euros, et rejeté le surplus des conclusions des demandes.
Par un arrêt nos 20MA01795, 20MA01796, 20MA01802 du 4 mai 2023, la cour administrative d'appel de Marseille a, faisant droit à l'appel formé par la société et M. et Mme A et rejetant l'appel incident formé par le ministre, annulé l'article 7 de ce jugement, puis confirmé le rejet du surplus des demandes de décharge.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 5 juillet et 5 octobre 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Bianchinnocenti et M. et Mme A doivent être regardés comme demandant au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler les articles 1er à 3 de cet arrêt ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Alianore Descours, maîtresse des requêtes en service extraordinaire,
- les conclusions de Mme Karin Ciavaldini, rapporteure publique ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Boulloche, Colin, Stoclet et associés, avocat de la société Bianchinnocenti et autres ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. ".
2. Pour demander l'annulation des articles 1er à 3 de l'arrêt qu'ils attaquent, la société Bianchinnocenti et M. et Mme A soutiennent que la cour administrative d'appel de Marseille :
- a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis et l'a entaché d'une contradiction de motifs en se fondant sur le refus de la gérante de la société de procéder à une pesée contradictoire des doses unitaires de glace offertes à la vente pour confirmer la régularité de la procédure de contrôle, alors qu'une pesée contradictoire a finalement été réalisée ;
- a méconnu les règles gouvernant la charge de la preuve et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que la société n'établissait pas que les renseignements obtenus par la pesée effectuée de manière non contradictoire le 4 août 2016 n'auraient pas été débattus lors d'entretiens ultérieurs avec les vérificateurs ;
- a méconnu les règles gouvernant la charge de la preuve et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que l'administration n'avait pas manqué à son devoir de loyauté ;
- a méconnu les règles gouvernant la charge de la preuve et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que la société n'établissait pas que le vérificateur aurait menti quant à l'existence d'un entretien avec la confédération nationale des glaciers de France, et quant à la réalité des réponses obtenues dans ce cadre ;
- a commis une erreur de droit et dénaturé les faits en considérant que la société n'était pas fondée à soutenir que les renseignements issus de cet entretien devaient être écartés des débats dès lors que le président de la confédération avait attesté que les déclarations en litige n'étaient pas pertinentes ;
- l'a insuffisamment motivé, a dénaturé les faits et a commis une erreur de droit et une contradiction de motifs en jugeant que la pesée opérée le 4 août 2016 était représentative et qu'il n'était pas besoin d'en réaliser d'autre.
3. Aucun de ces moyens n'est de nature à justifier l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de la société Bianchinnocenti et de M. et Mme A n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société à responsabilité limitée à associé unique Bianchinnocenti et à M. C A et Mme B A.
Copie en sera adressée au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré à l'issue de la séance du 8 février 2024 où siégeaient : M. Thomas Andrieu, président de chambre, présidant ; M. Hervé Cassagnabère, conseiller d'Etat et Mme Alianore Descours, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure.
Rendu le 6 mars 2024.
Le président :
Signé : M. Thomas Andrieu
La rapporteure :
Signé : Mme Alianore Descours
La secrétaire :
Signé : Mme Sandrine Mendy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026