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AccueilJurisprudence administrativeN° 488342

Conseil d'État — Décision N° 488342

mardi 23 juillet 2024

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier488342
ECLIECLI:FR:CECHS:2024:488342.20240723
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation8ème chambre jugeant seule
Avocat requérantSCP GUÉRIN - GOUGEON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Marseille, d'une part, d'annuler la décision du 20 juin 2018 lui attribuant une pension militaire d'invalidité en tant que la ministre des armées y a fait figurer, au sujet de l'infirmité " discopathies lombaires ", la mention " radiographie : discopathies dégénératives lombaires étagées " et lui a refusé la qualité de grand mutilé prévue à l'article L. 132-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre, puis d'enjoindre à la ministre des armées de supprimer cette mention de cette décision, de lui reconnaître la qualité de grand mutilé et de procéder sur ces nouvelles bases à la liquidation de ses droits à pension à compter du 17 septembre 2012. Il a demandé d'autre part à ce même tribunal d'annuler la décision du 18 novembre 2019 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de révision de sa pension militaire d'invalidité, ainsi que la décision du 30 septembre 2020 par laquelle la commission de recours de l'invalidité a rejeté le recours administratif qu'il avait formé contre celle-ci, puis d'enjoindre à la ministre des armées de fixer le taux d'aggravation de l'infirmité " séquelles de fracture déplacée de l'extrémité inférieure des deux os de l'avant-bras gauche de type Pouteau-Colles " à 30 % et celui de l'infirmité " Coxarthrose de hanche droite " à 30 %, de procéder à la liquidation de ses droits à pension et d'ouvrir ses nouveaux droits à pension pour une période triennale ou à titre définitif, ou, à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale avant-dire droit. Par deux jugements nos 2003856 et 2009825 du 5 avril 2022, ce tribunal a rejeté ses demandes.

Par un arrêt nos 22MA01547, 22MA01590 du 7 juillet 2023, la cour administrative d'appel de Marseille a, après les avoir joints, rejeté les appels formés par M. A contre ces jugements.

Par un pourvoi et deux nouveaux mémoires, enregistrés les 16 septembre 2023, 11 décembre 2023 et 14 juin 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler cet arrêt ;

2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à ses appels ;

3°) d'ordonner, afin qu'il puisse le consulter, que son dossier médical soit mis à sa disposition à la sous-préfecture de Draguignan ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros à verser à la SCP Guérin - Gougeon, son avocat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Vu la note en délibéré, enregistrée le 11 juillet 2024, présentée par M. A.

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de M. Sébastien Ferrari, maître des requêtes en service extraordinaire,

- les conclusions de M. Romain Victor, rapporteur public ;

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Guérin - Gougeon, avocat de M, A ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".

2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'il attaque, M. A soutient que la cour administrative d'appel de Marseille :

- a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant qu'aucune sciatalgie n'avait été documentée dans les certificats médicaux des 1er avril et 16 mars 2016 et que ce n'est que depuis 2019 qu'une sciatique chronique avait été clairement diagnostiquée ;

- a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en retenant, pour rejeter sa demande tendant à l'annulation de la décision du 20 juin 2018 en tant que la ministre des armées y a fait figurer la mention " discopathies dégénératives lombaires étagées ", qu'il n'établissait pas qu'il souffrait de sciatalgie chronique à la date de présentation de sa demande de révision de pension ;

- a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en ne tenant pas compte, pour statuer sur le bénéfice de l'allocation aux grands mutilés, des éléments apportés dans son mémoire et commis une erreur de droit en se prononçant au regard de la qualité de grand mutilé au lieu du titre correspondant ;

- a méconnu les articles L. 36 et L. 37 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre, dans leur rédaction applicable au litige, en jugeant que la reconnaissance du statut de grand invalide était subordonnée à une condition de détention d'une carte du combattant, qu'il ne remplissait pas à la date de présentation de sa demande de révision de pension ;

- a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant qu'il y avait lieu de se placer à la date du 17 septembre 2012 pour apprécier l'étendue de son droit à pension, y compris en ce qu'il demandait à bénéficier du statut de grand invalide sur le fondement du b de l'article L. 37 précité ;

- l'a insuffisamment motivé, a commis plusieurs erreurs de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en énonçant, pour rejeter sa demande tendant à la révision de sa pension en tant que bénéficiaire du statut de grand invalide, qu'il n'établissait pas que les blessures au titre desquelles il bénéficie d'une pension militaire d'invalidité seraient survenues au cours de sa période de service effectuée à Kinshasa en 1991 ni, à plus forte raison, au cours d'expéditions déclarées campagnes de guerre, sans rechercher seulement s'il ressortait des pièces du dossier que ses blessures étaient imputables au service ou survenues à l'occasion du service ;

- s'est méprise sur la portée de la partie de ses écritures relatives à l'infirmité " séquelles fracture déplacée de l'extrémité de l'os de l'avant-bras de type Pouteau-Colles " et a commis une erreur de droit en se prononçant, s'agissant de celles-ci, au regard des articles L. 151-2, L. 151-5 et L. 152-1 du même code ;

- a méconnu son office en s'abstenant de contraindre l'administration, comme il le lui avait demandé, à indiquer le pourcentage de chaque infirmité ou sous-infirmité impactant son bras gauche ;

- a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant qu'il n'en résultait pas que l'ankylose du poignet gauche dont il souffre n'aurait pas été prise en compte pour évaluer son taux d'invalidité à 35 % au titre de l'infirmité " séquelles fracture déplacée de l'extrémité de l'os de l'avant-bras de type Pouteau-Colles " ;

- a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en ne tenant pas compte de l'aggravation progressive sur vingt ans du pincement articulaire dont il souffre alors que l'expertise qu'il avait produite en ce sens se place bien à la date de sa demande de pension ;

- a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis et commis une erreur de droit en jugeant que n'était pas apportée la preuve de l'existence d'une relation directe et certaine entre l'origine ou l'aggravation de son infirmité " coxarthrose de la hanche droite " et une blessure reçue, un accident subi ou une maladie imputables au service ou survenues à l'occasion du service ;

- a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis et commis une erreur de droit en jugeant qu'il ne résultait pas de l'instruction l'existence d'une relation directe et certaine entre la coxarthrose droite apparue en 2017 et la blessure au genou gauche survenue au cours du service en 1993 et en refusant, en conséquence, de majorer sa pension militaire au titre de cette infirmité nouvelle.

3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

D E C I D E :

--------------

Article 1er : Le pourvoi de M. A n'est pas admis.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au ministre des armées.

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