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AccueilJurisprudence administrativeN° 490820

Conseil d'État — Décision N° 490820

vendredi 22 novembre 2024

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier490820
ECLIECLI:FR:CECHS:2024:490820.20241122
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation8ème chambre jugeant seule
Avocat requérantSAS BOULLOCHE, COLIN, STOCLET ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. et Mme B A ont demandé au tribunal administratif de Montreuil, à titre principal, de prononcer la réduction, à hauteur de la somme de 16 679 euros, de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2014 et, à titre subsidiaire, de saisir la Cour de justice de l'Union européenne d'une question préjudicielle, de transmettre au Conseil d'Etat une demande d'avis en application de l'article L. 113-1 du code de justice administrative et de surseoir à statuer jusqu'à ce que le Conseil d'Etat se soit prononcé sur le recours pour excès de pouvoir formé par un membre de leur famille. Par un jugement n° 1800646 du 6 avril 2021, le tribunal administratif a rejeté leurs demandes.

Par un arrêt n° 21PA02583 du 10 novembre 2023, la cour administrative d'appel de Paris a rejeté l'appel formé par M. et Mme A contre ce jugement.

Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 10 janvier et 9 avril 2024, M. et Mme A demandent au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler cet arrêt ;

2°) subsidiairement, de saisir la Cour de justice de l'Union européenne d'une question préjudicielle et la Cour européenne des droits de l'homme d'une demande d'avis ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale et son premier protocole additionnel ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la directive 90/434/CEE du Conseil du 23 juillet 1990 ;

- la directive 2009/133/CE du Conseil du 19 octobre 2009 ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de M. Jean-Marc Vié, conseiller d'Etat,

- les conclusions de Mme Karin Ciavaldini, rapporteure publique ;

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Boulloche, Colin, Stoclet et associés, avocat de M. et Mme A ;

Vu la note en délibéré, enregistrée le 10 octobre 2024, présentée par M. et Mme A ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".

2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'ils attaquent, M. et Mme A soutiennent que la cour administrative d'appel de Paris a :

- commis une erreur de droit en jugeant qu'ils ne pouvaient, malgré les effets induits par les directives concernant le régime fiscal commun applicable aux fusions, scissions, apports d'actifs et échanges d'actions des sociétés d'Etats membres différents sur la mise en œuvre des dispositions législatives relatives au report d'imposition, se prévaloir de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne pour contester le refus de l'administration de leur accorder le bénéfice d'un abattement pour durée de détention pour le calcul de la plus-value, résultant d'une opération d'échange d'actions intervenus en 1998, dont le report d'imposition avait pris fin en 2014 ;

- commis une erreur de droit en écartant le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations combinées des articles 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 1er du premier protocole additionnel à cette convention, et, plus particulièrement, en écartant l'existence d'une atteinte à une espérance légitime d'un bien qui aurait été la leur et en jugeant qu'il existait un rapport raisonnable de proportionnalité entre les moyens employés et le but poursuivi par la loi pour en déduire que la différence de traitement en matière d'assujettissement des plus-values nées d'opérations d'échange de titres selon que sont concernées à la fois des sociétés françaises et des sociétés d'autres Etats membres ou seulement les premières pouvait être regardée comme répondant à une justification objective et raisonnable.

3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

D E C I D E :

--------------

Article 1er : Le pourvoi de M. et Mme A n'est pas admis.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme B A.

Copie en sera adressée au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics.

Délibéré à l'issue de la séance du 10 octobre 2024 où siégeaient : M. Thomas Andrieu, président de chambre, présidant ; M. Jonathan Bosredon, conseiller d'Etat et M. Jean-Marc Vié, conseiller d'Etat-rapporteur.

Rendu le 22 novembre 2024.

Le président :

Signé : M. Thomas Andrieu

Le rapporteur :

Signé : M. Jean-Marc Vié

Le secrétaire :

Signé : M. Aurélien Engasser

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