vendredi 28 février 2025
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 491188 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2025:491188.20250228 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SCP GUÉRIN - GOUGEON |
Vu la procédure suivante :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Melun de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015, ainsi que des pénalités correspondantes. Par un jugement
nos 1901298, 1901299, 1902039 du 7 octobre 2022, ce tribunal a constaté qu'il n'y avait pas lieu à statuer à hauteur de dégrèvements intervenus en cours d'instance au titre de l'année 2015, et a rejeté le surplus des conclusions de sa demande.
Par un arrêt n° 22PA05153 du 13 décembre 2023, la cour administrative d'appel de Paris a réduit la base d'imposition assignée à M. A au titre de l'impôt sur le revenu pour 2014 et prononcé la décharge correspondante ainsi que la décharge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2015 pour un montant de 10 000 euros.
Par un pourvoi, enregistré le 25 janvier 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique demande au Conseil d'Etat d'annuler l'article 3 de cet arrêt en tant qu'il prononce la décharge pour un montant supérieur au quantum en litige.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Agathe Lieffroy, maîtresse des requêtes en service extraordinaire,
- les conclusions de M. Bastien Lignereux, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Guérin - Gougeon, avocat de M. A ;
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que dans le cadre d'un contrôle sur pièces au titre des années 2014 et 2015, l'administration fiscale a remis en cause la déductibilité des charges déclarées par M. A au titre d'une pension alimentaire versée à son ex-épouse. Par un jugement du 7 octobre 2022, le tribunal administratif de Melun a constaté qu'il n'y avait pas lieu de statuer à hauteur de dégrèvements intervenus en cours d'instance et a rejeté le surplus des conclusions tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu résultant de cette rectification. Par un arrêt du
13 décembre 2023, la cour administrative d'appel de Paris a réduit la base d'imposition assignée à M. A au titre de l'impôt sur le revenu pour 2014 et prononcé la décharge correspondante ainsi que la décharge des suppléments d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2015 pour un montant de 10 000 euros. Le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique demande l'annulation de l'article 3 de cet arrêt en tant qu'il prononce une décharge pour un montant supérieur au quantum en litige.
2. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond, ainsi que le soutient le ministre et que le reconnaît M. A, que le montant des impositions restant en litige, au titre de l'année 2015, s'élevait, avant que la cour ne se prononce, à 3 929 euros. Par suite, en fixant au montant de 10 000 euros la décharge totale des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de cette année qu'elle prononçait, alors que ce montant correspondait à celui des charges admises par la cour au point 3 de son arrêt en déduction des revenus du requérant pour 2015 et non aux impositions afférentes, la cour a commis une erreur de droit.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens du pourvoi, que le ministre est fondé à demander l'annulation de l'article 3 de l'arrêt qu'il attaque, en tant que celui-ci a déchargé M. A de cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et de pénalités d'un montant supérieur à 3 929 euros au titre de l'année 2015.
4. Aucune question ne restant à juger, il n'y a lieu ni de statuer au fond en application de l'article L. 821-2 du code de justice administrative, ni de renvoyer l'affaire.
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
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Article 1er : L'article 3 de l'arrêt du 13 décembre 2023 de la cour administrative d'appel de Paris est annulé en tant qu'il a déchargé M. A de cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et des pénalités correspondantes pour un montant supérieur à 3 929 euros au titre de l'année 2015.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B A et à la ministre chargée des comptes publics.
Délibéré à l'issue de la séance du 30 janvier 2025 où siégeaient : Mme Anne Egerszegi, présidente de chambre, présidant ; M. Nicolas Polge, conseiller d'Etat et Mme Agathe Lieffroy, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure.
Rendu le 28 février 2025.
La présidente :
Signé : Mme Anne Egerszegi
La rapporteure :
Signé : Mme Agathe Lieffroy
Le secrétaire :
Signé : M. Brian Bouquet
La République mande et ordonne à ministre chargée des comptes publics en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026