mercredi 18 décembre 2024
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 492541 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2024:492541.20241218 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 7ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SCP PIWNICA & MOLINIE |
Vu la procédure suivante :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Nantes de condamner solidairement l'Etat, la société Réseau Ferré de France et la société Eiffage Rail Express à lui verser la somme de 1 487 710 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de la création de la ligne à grande vitesse (LGV) Bretagne Pays de la Loire. Par un jugement n° 1502965 du 9 avril 2019, le tribunal administratif de Nantes a condamné la société Eiffage Rail Express à lui verser la somme de 743 854 euros majorée des intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2015.
Par un arrêt n° 19NT02166 du 26 mars 2021, la cour administrative d'appel de Nantes a, sur appel de la société Eiffage Rail Express, appels provoqués de la société SNCF Réseau, du ministre de la transition écologique et solidaire et appel incident de M. B, annulé ce jugement, condamné la société SNCF Réseau à verser à M. B la somme de 743 854 euros, cette somme portant intérêt au taux légal à compter du 26 janvier 2015, mis les frais de l'expertise à la charge de la société SNCF Réseau et rejeté les conclusions d'appel de M. B et de l'Etat.
Par une décision n° 452985 du 8 février 2022, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux a annulé cet arrêt et a renvoyé l'affaire à la cour administrative d'appel de Nantes.
Par un arrêt avant dire droit n° 22NT00356 du 1er juillet 2022, la cour administrative d'appel de Nantes a, avant de statuer sur la requête de la société Eiffage Rail Express et sur les conclusions présentées par la voie de l'appel incident par M. B, ordonné une expertise afin d'obtenir les éléments lui permettant d'apprécier les nuisances de toute nature engendrées par la présence et le fonctionnement de la ligne à grande vitesse Bretagne - Pays de la Loire susceptibles d'influer sur la valeur vénale de la propriété de M. B et d'évaluer, le cas échéant, la perte de valeur vénale de cette propriété.
Par un arrêt n° 22NT00356 du 12 janvier 2024, la cour administrative d'appel de Nantes a condamné la société Eiffage Rail Express à verser à M. B la somme de 657 920 euros, cette somme portant intérêt au taux légal à compter du 26 janvier 2015 et les intérêts échus à la date du 19 mars 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date étant capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts, réformé le jugement du 9 avril 2019 du tribunal administratif de Nantes en ce qu'il a de contraire, mis les frais de l'expertise à la charge définitive de la société Eiffage Rail Express et rejeté les autres conclusions des parties.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 mars et 12 juin 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Eiffage Rail Express demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler ces arrêts en tant qu'ils lui font grief ;
2°) réglant l'affaire au fond dans cette mesure, de faire droit à son appel ;
3°) de mettre à la charge solidaire de M. B et de la société SNCF Réseau la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'ordonnance n° 2004-559 du 17 juin 2004 ;
- le décret n° 2011-917 du 1er août 2011 ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Alexandre Denieul, auditeur,
- les conclusions de M. Marc Pichon de Vendeuil, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Foussard, Froger, avocat de la Société Eiffage Rail Express ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2. Pour demander l'annulation de l'arrêt avant dire droit du 1er juillet 2022 qu'elle attaque, la société Eiffage Rail Express soutient que la cour administrative d'appel de Nantes a :
- dénaturé les faits de l'espèce et les pièces du dossier en écartant le moyen qu'elle soulevait tiré du caractère insuffisamment motivé du jugement de première instance ;
- insuffisamment motivé son arrêt avant dire droit en se bornant à relever, pour écarter le moyen qu'elle soulevait tiré de l'insuffisance de motivation du jugement du tribunal administratif de Nantes, que ce dernier avait cité les textes pertinents.
3. Pour demander l'annulation de l'arrêt du 12 janvier 2024 qu'elle attaque, la société Eiffage Rail Express soutient que la cour administrative d'appel de Nantes a :
- commis une erreur de droit en écartant comme inopérante la circonstance tirée de ce que le tracé de la ligne à grande vitesse Bretagne - Pays de Loire avait été décidé avant la signature du contrat de partenariat et lui avait donc été imposé ;
- dénaturé les stipulations de l'article 36.1 du contrat de partenariat en estimant qu'elles pouvaient être interprétées comme faisant peser sur elle la responsabilité des dommages en cause dans le présent litige ;
- commis une erreur de droit et dénaturé les faits de l'espèce et les pièces du dossier en ne prenant pas en compte, pour interpréter les stipulations contractuelles, la commune intention des parties à la date de conclusion du contrat et l'impossibilité qu'elle ait pu accepter un transfert de risques non acceptés ou imprévisibles ;
- inexactement qualifié les faits de l'espèce et, à tout le moins, dénaturé ces faits et les pièces du dossier en estimant que les préjudices retenus, liés à la présence et au fonctionnement de la ligne à grande vitesse Bretagne - Pays de Loire, présentaient un caractère anormal et spécial.
4. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de la société Eiffage Rail Express n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Eiffage Rail Express.
Copie en sera adressée à M. A B, à la ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation et à la société SNCF Réseau.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026