mardi 13 mai 2025
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 493375 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2025:493375.20250513 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SAS BOULLOCHE, COLIN, STOCLET ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Strasbourg de prononcer la décharge des cotisations primitives de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 dans les rôles de la commune de Woippy (Moselle), à raison de plusieurs terrains dont elle est propriétaire. Par un jugement n° 2200063 du 12 février 2024, ce tribunal a rejeté sa demande.
Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 12 avril et 12 juillet 2024 et le 17 janvier 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme A demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Vincent Mahé, conseiller d'Etat,
- les conclusions de Mme Karin Ciavaldini, rapporteure publique ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Boulloche, Colin, Stoclet et associés, avocat de Mme A ;
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que Mme A est propriétaire de terrains situés à Woippy (Moselle), à raison desquels elle a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2019 et 2020. Mme A se pourvoit en cassation contre le jugement du 12 février 2024 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à la réduction de ces cotisations.
2. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1381 du même code : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : () / 5° A l'exception de ceux mentionnés au dernier alinéa de l'article 1393, les terrains non cultivés employés à un usage commercial ou industriel, tels que chantiers, lieux de dépôt de marchandises et autres emplacements de même nature, soit que le propriétaire les occupe, soit qu'il les fasse occuper par d'autres à titre gratuit ou onéreux ".
3. En premier lieu, il résulte des dispositions citées au point précédent qu'entrent dans le champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties les terrains non cultivés employés à un usage commercial, même en l'absence d'aménagement spécial par leur propriétaire. Par suite, en déduisant de la nature des activités exercées par les sociétés Jean Lefebvre, Go Formations 57, Educarest et Unibéton l'emploi à un usage commercial des terrains qu'elles louent à la requérante, sans rechercher si les terrains en cause avaient préalablement fait l'objet par Mme A des aménagements nécessaires à l'exploitation d'une activité commerciale, le tribunal n'a pas commis d'erreur de droit.
4. En second lieu, il résulte de ces mêmes dispositions que les terrains non cultivés affectés à un usage commercial ou industriel sont imposés à la taxe foncière sur les propriétés bâties, alors même que l'exploitation à laquelle ils ont concouru serait interrompue, du moment qu'ils n'ont pas été rendus disponibles à d'autres usages.
5. D'une part, s'agissant du terrain auparavant loué à la société Ineo, il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond, notamment de l'avenant de résiliation de ce bail, que ce terrain était jusqu'en 2015 pris à bail par la société Inéo à usage de lieu de dépôt d'engins et de matériaux nécessaires à son activité commerciale de réalisation de travaux électriques, que ce terrain avait été goudronné et que le preneur y avait réalisé des travaux d'installation et d'alimentation en réseaux d'électricité, d'eau potable et d'assainissement, d'éclairage du terrain et de lignes de téléphone et d'internet, qu'il s'était engagé à laisser lors de son départ en bon état de fonctionnement. En jugeant, pour confirmer l'assujettissement de ce terrain à la taxe foncière sur les propriétés bâties, que ce terrain était auparavant loué à la société Inéo comme lieu de dépôts de marchandises et qu'il ne résultait pas de l'instruction que ce terrain avait été, au titre des années d'imposition en litige, rendu disponible pour un autre usage après que cette société avait cessé en 2015 de l'occuper, le tribunal, qui a suffisamment motivé son jugement, n'a ni commis d'erreur de droit, ni dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis.
6. D'autre part, en ce qui concerne les terrains loués aux sociétés Go Formations 57 et Educarest, en jugeant que Mme A n'établissait pas qu'une partie des surfaces données à bail auraient été rendues disponibles à d'autres usages, au motif qu'elles seraient restées inutilisées pour les besoins de l'activité commerciale de ces sociétés, le tribunal n'a ni commis d'erreur de droit, ni dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation du jugement qu'elle attaque.
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de Mme A est rejeté.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026