lundi 28 juillet 2025
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 500525 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2025:500525.20250728 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SARL DELVOLVE ET TRICHET |
Vu les procédures suivantes :
M. B A a demandé au tribunal administratif de La Réunion, d'une part, d'annuler la décision du 1er décembre 2017 par laquelle le ministre de l'éducation nationale a rejeté sa demande d'allocation temporaire d'invalidité et, d'autre part, de condamner l'Etat à lui verser une indemnité globale de 520 031,11 euros à titre principal ou de 434 271 euros à titre subsidiaire en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi. Par un jugement nos 1801668, 1901070 du 24 juin 2021, ce tribunal a rejeté sa demande.
Par une ordonnance n° 21BX03434 du 8 novembre 2022, le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a transmis au Conseil d'Etat, en application de l'article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi et la requête formés par M. A contre ce jugement. Par une décision n° 468914 du 31 juillet 2023, le Conseil d'Etat a attribué à la cour administrative d'appel de Bordeaux le jugement des conclusions de la requête de M. A dirigées contre ce jugement en tant qu'il rejette ses demandes indemnitaires présentées sous le n° 1901070.
Par un arrêt n° 23BX02210 du 14 novembre 2024, la cour administrative d'appel de Bordeaux, après avoir annulé ce jugement en tant qu'il omet de se prononcer sur la demande de M. A tendant à l'engagement de la responsabilité sans faute de l'Etat et à l'indemnisation d'un préjudice d'agrément et d'un déficit fonctionnel temporaire, et avant de statuer sur ces conclusions, a ordonné une expertise médicale contradictoire.
I. Sous le n° 500525, par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique, enregistrés les 13 janvier, 8 avril et 4 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cet arrêt ;
2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à son appel ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
II. Sous le n° 503306, par une requête et un nouveau mémoire, enregistrés les 8 avril et 4 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A demande au Conseil d'Etat :
1°) d'ordonner qu'il soit sursis à l'exécution du même arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2025, la ministre d'Etat, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les conditions fixées par l'article R. 821-5 du code de justice administrative ne sont pas remplies, en l'absence de risque de conséquences difficilement réparables et de moyens sérieux de nature à justifier l'annulation de l'arrêt attaqué.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Benoît Chatard, auditeur,
- les conclusions de M. Bastien Lignereux, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Delvolvé et Trichet, avocat de M. A ;
Considérant ce qui suit :
1. Le pourvoi et la requête à fin de sursis à exécution présentés par M. A sont relatifs au même arrêt. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision.
Sur le pourvoi en cassation :
2. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
3. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'il attaque, M. A soutient que la cour administrative d'appel de Bordeaux :
- l'a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en rejetant sa demande tendant à l'engagement de la responsabilité pour faute de l'Etat pour la période antérieure au 12 juillet 2010 sans, d'une part, répondre au moyen tiré de ce que l'administration avait commis une faute en ne procédant pas à des examens réguliers de son état de santé, ni, d'autre part, rechercher si, dans les circonstances de l'espèce, compte tenu des éléments portés à la connaissance de l'administration dès 1994 concernant son état de santé et la reconnaissance de sa qualité de travailleur handicapé, puis de la reconnaissance en 1995 de l'imputabilité de sa pathologie au service, l'administration n'avait pas commis une faute en ne procédant pas à la mise en place d'une surveillance médicale particulière, comme le prévoit la réglementation, afin de contrôler l'évolution de sa maladie professionnelle inscrite au tableau n° 42 ;
- a dénaturé les pièces du dossier en estimant qu'en l'absence de précision sur les soins pour lesquels il demandait le remboursement de la somme de 204,40 euros, ces frais médicaux ne pouvaient être regardés comme directement imputables à une pathologie causée par le service, alors que les pièces jointes au dossier suffisaient à établir l'imputabilité des soins pratiqués à sa maladie professionnelle ;
- a commis une erreur de droit, dénaturé les pièces du dossier et s'est méprise sur la portée des écritures des parties en jugeant que la responsabilité sans faute de l'Etat, son préjudice indemnisable et la mission de l'expert devaient être limités à la seule aggravation de sa pathologie en raison d'un " probable " état antérieur dû à son activité professionnelle avant 1990, et que la période de responsabilité sans faute de l'Etat ne devait courir qu'à compter de 1990, alors même qu'il ressortait du dossier qu'il avait été, dès 1986, recruté par l'Education nationale en qualité de maître auxiliaire sur un poste d'enseignant pratique de chaudronnerie en lycée professionnel ;
- l'a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en s'abstenant de rechercher s'il remplissait les conditions au droit à bénéficier d'un avancement au choix, si les appréciations littérales émises dans ses différents dossiers de promotion n'étaient pas discriminatoires et si elles étaient conformes à la réglementation.
3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
Sur la requête à fin de sursis à exécution :
4. Le pourvoi formé par M. A contre l'arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux n'étant pas admis, les conclusions qu'il présente aux fins de sursis à exécution de cet arrêt sont devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de M. A n'est pas admis.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A tendant à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'arrêt du 14 novembre 2024 de la cour administrative d'appel de Bordeaux.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B A et à la ministre d'Etat, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Délibéré à l'issue de la séance du 8 juillet 2025 où siégeaient : Mme Anne Egerszegi, présidente de chambre, présidant ; M. Nicolas Polge, conseiller d'Etat et M. Benoît Chatard, auditeur-rapporteur.
Rendu le 28 juillet 2025.
La présidente :
Signé : Mme Anne Egerszegi
Le rapporteur :
Signé : M. Benoît Chatard
Le secrétaire :
Signé : M. Brian Bouquet
La République mande et ordonne à la ministre d'Etat, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :
N°s 500525, 503306
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026