mardi 3 juin 2025
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 504732 |
| ECLI | ECLI:FR:CEORD:2025:504732.20250603 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
M. B A a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Melun, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au président du conseil départemental de Seine-et-Marne et à la principale du collège Pierre de Montereau de lui accorder l'autorisation spéciale d'absence qu'il a sollicitée le 5 mai 2025 au titre de l'article L. 214-3 du code général de la fonction publique pour assister à la réunion du bureau et de la commission exécutive de l'Union départementale des syndicats CGT de Seine-et-Marne les 15 et 16 mai 2025. Par une ordonnance n° 2506594 du 14 mai 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Melun a enjoint au président du conseil départemental de Seine-et-Marne d'accorder immédiatement à M. A l'autorisation spéciale d'absence qu'il a sollicitée pour assister à la réunion du bureau et de la commission exécutive de l'Union départementale des syndicats CGT de Seine-et-Marne les 15 et 16 mai 2025 et décidé que son ordonnance serait, en application de l'article R. 522-13 du code de justice administrative, immédiatement exécutoire.
Par une requête, enregistrée le 27 mai 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, le département de Seine-et-Marne demande au juge des référés du Conseil d'Etat, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'annuler l'ordonnance du 14 mai 2025 du juge des référés du tribunal administratif de Melun ;
2°) de rejeter la demande de première instance de M. A.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- sa requête n'est pas dépourvue d'objet dès lors que les effets de l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Melun perdurent eu égard, d'une part, au décompte des heures de travail, des congés et des quotas d'autorisation spéciale d'absence de M. A et, d'autre part, à sa condamnation à verser à M. A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
- c'est à tort que le juge des référés du tribunal administratif de Melun a retenu qu'il était porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté syndicale de M. A dès lors que le refus d'autorisation spéciale d'absence pour les 15 et 16 mai 2025 était justifié par les nécessités du service, compte tenu de l'impossibilité de remplacer cet agent à son poste de cuisinier qu'il occupe seul au service de demi-pension du collège Pierre de Montereau et des incidences d'une absence sur le fonctionnement et la qualité du service sur une semaine complète, et alors que M. A bénéficiait déjà d'une autorisation spéciale d'absence pour les 13 et 14 mai 2025.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. M. A a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Melun, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au président du conseil départemental de Seine-et-Marne et à la principale du collège Pierre de Montereau de lui accorder l'autorisation spéciale d'absence qu'il avait sollicitée le 5 mai 2025 au titre de l'article L. 214-3 du code général de la fonction publique pour assister à la réunion du bureau et de la commission exécutive de l'Union départementale des syndicats CGT de Seine-et-Marne les 15 et 16 mai 2025. Par une ordonnance du 14 mai 2025, rendue immédiatement exécutoire en application de l'article R. 522-13 du code de justice administrative, le juge des référés du tribunal administratif de Melun a fait droit à cette demande et enjoint au président du conseil départemental de Seine-et-Marne d'accorder immédiatement à M. A l'autorisation spéciale d'absence qu'il avait sollicitée pour assister à cette réunion.
3. Par une requête enregistrée le 27 mai 2025 au secrétariat du Conseil d'Etat, le département de Seine-et-Marne a formé appel de cette ordonnance. Toutefois, les réunions pour lesquelles l'autorisation spéciale d'absence avait été sollicitée ayant eu lieu les 15 et 16 mai 2025, cette ordonnance avait, à la date d'introduction de la requête du département, épuisé ses effets. Ses conclusions d'appel étaient dès lors dépourvues d'objet et, par suite, manifestement irrecevables. Le constat de cette perte d'objet ne saurait être infirmé par les circonstances invoquées par le département tirées, l'une, de ce que l'absence ainsi obtenue par M. A a eu un effet concret sur le décompte de ses heures de travail, de ses congés et de ses quotas d'autorisation spéciale d'absence, et l'autre, de ce qu'il aurait intérêt à obtenir l'inversion de la solution retenue par le juge des référés du tribunal administratif de Melun et l'annulation de son ordonnance en ce qu'elles lui permettraient d'obtenir la restitution de la somme que ce juge avait, en première instance, mise à sa charge au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en qualité de partie perdante.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
------------------
Article 1er : La requête du département de Seine-et-Marne est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au département de Seine-et-Marne.
Copie en sera adressée à M. B A.
Fait à Paris, le 3 juin 2025
Signé : Emilie Bokdam-Tognetti
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026