samedi 4 octobre 2025
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 508788 |
| ECLI | ECLI:FR:CEORD:2025:508788.20251004 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | AARPI ANDOTTE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
La Ligue des droits de l’homme (LDH) et autres ont demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nancy, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 30 septembre 2025 de la préfète des Vosges instaurant un périmètre de protection au sein de la commune de Saint-Dié-des-Vosges afin d’assurer la sécurité lors du 36ème festival intercommunal de géographie. Par une ordonnance n° 2503168 du 3 octobre 2025, la juge des référés du tribunal administratif de Nancy a rejeté leur demande.
Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la Ligue des droits de l’homme demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d’annuler l’ordonnance du 3 octobre 2025 de la juge des référés du tribunal administratif de Nancy ;
2°) de suspendre l’exécution de l’arrêté litigieux ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l’arrêté attaqué porte atteinte à la liberté d’aller et venir, à la liberté de manifestation, à la liberté d’expression collective des idées et des opinions et au droit au respect de la vie privée et familiale ;
- les conditions de mise en œuvre de l’article L. 226-1 du code de la sécurité intérieure ne sont pas remplies car il n’est pas démontré que l’évènement serait exposé à un risque d’acte de terrorisme ;
- l’arrêté est illégal en ce qu’il institue une interdiction de manifester au sein de du périmètre de protection.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
2. La Ligue des droits de l’homme et autres ont saisi le juge des référés du tribunal administratif de Nancy d’une demande tendant à ce que soit ordonnée la suspension, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de l’exécution de l’arrêté du 30 septembre 2025 de la préfète des Vosges instaurant un périmètre de protection au sein de la commune de Saint-Dié-des-Vosges afin d’assurer la sécurité lors du 36ème festival intercommunal de géographie. La Ligue des droits de l’homme relève appel de l’ordonnance du 3 octobre 2025 par laquelle la juge des référés du tribunal administratif de Nancy a rejeté leur demande.
3. Pour rejeter la demande de l’association requérante, la juge des référés du tribunal administratif de Nancy a relevé que le niveau de la menace terroriste sur le territoire national était élevé, le plan Vigipirate étant maintenu au niveau « urgence attentat », que l’affluence attendue pour ce festival était supérieure à 30 000 personnes, et que si cette manifestation avait pour objet la géographie, elle renvoyait à des problématiques géopolitiques particulièrement sensibles et notamment à la question du conflit israélo-palestinien, une table ronde sur le Moyen-Orient abordant ces thématiques devant notamment être organisée dimanche 5 octobre. Elle en a déduit que l’événement en question pouvait être regardé comme exposé à un risque d'actes de terrorisme à raison de sa nature et de l'ampleur de sa fréquentation, conformément aux dispositions de l’article L. 226-1 du code de sécurité intérieure. En cause d’appel, l’association requérante n’apporte aucun élément de nature à remettre en cause ces appréciations du premier juge, dont il a déduit que l’arrêté contesté ne portait pas d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Enfin, contrairement à ce que soutient l’association requérante, l’article L. 226-1 du code de la sécurité intérieure autorise le représentant de l’Etat à prévoir les règles de circulation des personnes dans le périmètre de protection, et donc à y interdire les manifestations. La requête de la Ligue des droits de l’homme ne peut donc manifestement être accueillie et il y a lieu de la rejeter en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative
O R D O N N E :
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Article 1er : La requête de la Ligue des droits de l’homme est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la Ligue des droits de l’homme.
Copie en sera adressée au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur.
Fait à Paris, le 4 octobre 2025
Signé : Rozen Noguellou
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026