LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° 508842

Conseil d'État — Décision N° 508842

mercredi 15 octobre 2025

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier508842
ECLIECLI:FR:CEORD:2025:508842.20251015
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge des référés
Avocat requérantALI-MAGAMOOTOO-YEN PON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. B... A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de la Réunion, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’annuler l’arrêté d’expulsion du préfet de la Réunion n° 2025/202 du 16 septembre 2025 notifié le 17 septembre 2025. Par une ordonnance n° 2501569 du 22 septembre 2025, la juge des référés du tribunal administratif de la Réunion a rejeté sa demande.

Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de lui accorder le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’annuler cette ordonnance ;

3°) d’enjoindre au préfet de la Réunion de faire procéder, aux frais de l’Etat, à son retour à la Réunion et de lui restituer son titre de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros à verser à son conseil, Me Ali, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l’Etat au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.



Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que, contrairement à ce qu’a retenu la juge des référés du tribunal administratif de la Réunion, la décision d’expulsion continue à produire ses effets en lui interdisant tout retour sur le territoire réunionnais ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à plusieurs libertés fondamentales ;
- l’arrêté contesté est insuffisamment motivé dès lors que sa situation particulière n’a pas été examinée, en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l’administration ;
- il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à l’intérêt supérieur de l’enfant dès lors qu’il l’éloigne de ses enfants avec lesquels il entretient des relations intenses et anciennes ;
- son comportement actuel ne représente aucune menace grave à l’ordre public.



Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative ;






Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

2. Le préfet de La Réunion a, par arrêté du 16 septembre 2025, ordonné l’expulsion de M. A..., ressortissant malgache né le 26 mars 1988. Cet arrêté a été exécuté le 19 septembre 2025. M. A... interjette appel de l’ordonnance du 22 septembre 2025 par laquelle la juge des référés a rejeté ses conclusions, présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, tendant à ce qu’il soit enjoint au préfet de La Réunion d’organiser son retour sur le territoire français.

3. Pour rejeter sa demande, le juge des référés a relevé, d’une part, que M. A... avait été condamné par un jugement du 3 mars 2025 à une peine de deux ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis probatoire, pour des faits d’agression sexuelle incestueuse sur mineure par un majeur ayant autorité sur la victime du 1er mai 2021 au 24 février 2022 et avait fait l’objet de condamnations antérieures pour des délits routiers, d’autre part, que si M. A... était père d’un enfant français, il ne ressortait pas des documents produits qu’il entretiendrait des relations avec cet enfant, ce qui ressort notamment de l’avis favorable rendu par la commission d’expulsion. Ayant également relevé que M. A... n’était pas dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine, qu’il avait quitté à 27 ans et où résident son père et l’une de ses sœurs, le juge des référés a estimé qu’au regard de ces éléments, le préfet de La Réunion avait pu considérer qu’il présentait une menace grave pour l’ordre public et prononcer, sans porter une atteinte grave et manifestement illégale aux droits et libertés garantis par les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ni à l’intérêt supérieur de l’enfant, son expulsion du territoire français. Il en a déduit par voie de conséquence que sa demande tendant à ce qu’il soit enjoint au préfet de La Réunion d’organiser le retour de M. A... sur le territoire ne pouvait qu’être rejetée. Si M. A... soutient que le préfet de La Réunion n’aurait pas tenu compte d’un autre de ses enfants et que le juge des référés aurait indiqué à tort que les attestations de paiement d’une pension alimentaire n’étaient pas corroborées par des relevés bancaires, ces circonstances, non plus que les autres pièces des dossiers de première instance et d’appel, ne sont pas de nature à remettre en cause l’appréciation portée par le premier juge selon laquelle au regard de l’ensemble des circonstances de l’espèce, le préfet de La Réunion, qui a procédé à un examen particulier de la situation de l’intéressé, n’a pas porté, en décidant son expulsion du territoire français, une atteinte grave et manifestement illégale aux droits et libertés qu’il invoque.

4. Il résulte de ce qui précède que M. A... n’est manifestement pas fondé à soutenir que c’est à tort que, par l’ordonnance attaquée, le juge des référés du tribunal administratif de La Réunion a rejeté sa demande. Son appel ne peut, par suite et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition d’urgence, qu’être rejeté selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sans qu’il y ait lieu de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.





O R D O N N E :
------------------

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....




Fait à Paris, le 15 octobre 2025

Signé : Gilles Pellissier



Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions