jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1900901 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | COURTAUD PICCERELLE ZANOTTI GUIGON-BIGAZZI AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 28 février 2019, le 8 décembre 2020, la communauté du pays de Grasse et le syndicat de copropriétaires de l'immeuble Parc Aroma Grasse 1, représentés par Me Ravot, demandent au tribunal :
1°) de constater la reprise d'instance et fixer la créance du syndicat des copropriétaires Parc Aroma Grasse 1 au passif de la liquidation judiciaire de la société Massilia Etanchéité à titre chirographaire à la somme de 280 444,85 euros outre les intérêts au taux légal l'an à échoir jusqu'à parfait paiement ;
2°) de condamner la société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics (SMABTP) au versement de la même somme et des mêmes accessoires ;
3°) de mettre à la charge de la SMABTP une somme de 2 500 euros pour chacun des requérants, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-selon l'expert, l'entrepreneur en charge des travaux aurait dû s'assurer de la bonne tenue des différentes fixations et déceler la désolidarisation entre les vis et rondelles ; les relevés d'étanchéité ne sont pas conformes aux documents techniques unifiés en vigueur ; l'ensemble des toitures-terrasses doit faire l'objet d'une réfection complète à hauteur de 259 193, 63 euros toutes taxes comprises ; le marché ne nécessitait pas l'instauration d'une maîtrise d'œuvre ; aucune réunion de chantier n'a été organisée ; les malfaçons n'étaient pas visibles à la réception ; le devis invoqué par la SMABTP n'a été établi que postérieurement à l'expertise, à la demande de l'assureur et ne correspond pas au périmètre du litige ;
-la société Tomcos a subi de fortes nuisances, qui ont affecté confort et exploitation financière ;
-la copropriété a dû engager des mesures conservatoires ;
-les désordres subis, notamment les infiltrations, sont de nature décennale ;
-le tribunal administratif est compétent pour statuer sur l'exécution par la SMABTP de sa garantie décennale à raison des malfaçons de nature décennale imputables à son assuré.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mars 2019, M. D B, liquidateur judiciaire de la société Massilia Etanchéité indique s'en remettre à la sagesse du tribunal et confirme que le syndicat des copropriétaires a été relevé de la forclusion par ordonnance du 24 septembre 2018.
Par un mémoire enregistré le 26 novembre 2020, la SMABTP, représentée par Me Zanotti, demande au tribunal:
1°) de rejeter la requête.
2°) à titre subsidiaire, de limiter la responsabilité retenue à l'encontre de la société Massilia à 40% du préjudice évalué ;
3°) à titre subsidiaire, de réduire la somme mise à sa charge au montant de 172 926, 61 euros toutes charges comprises ;
4°) de rejeter les conclusions présentées au titre du préjudice moral ;
5°) de mettre à la charge de la communauté du pays de Grasse et du syndicat des copropriétaires Parc Aroma Grasse 1 une somme de 2 000 euros chacun en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
-la juridiction administrative n'est pas compétente pour statuer sur l'action directe du maître d'ouvrage à l'encontre de l'assureur de l'auteur du dommage ;
-la société Massilia ne peut être tenue pour responsable de l'intégralité du dommage dans la mesure où le chantier a été affecté d'un défaut de direction et de surveillance de la maîtrise d'œuvre, assurée par la direction construction patrimoine et déplacements de la communauté d'agglomération Pôle Azur Provence ;
-elle n'a effectué une reprise de l'étanchéité horizontale que sur les bâtiments E et F, sa prestation se limitant aux relevés d'étanchéité sur les bâtiments B et D ; la préconisation de réfection complète émise par l'expert n'est dans ces conditions pas justifiée ; le devis retenu n'est pas le bon ;
-le syndicat n'a subi aucun préjudice moral et n'est pas recevable à solliciter l'indemnisation d'un préjudice moral qui aurait été subi par la société Tomcos, non partie à l'audience.
Par une ordonnance du 6 janvier 2021, la clôture d'instruction a été fixée au même jour.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article L.611-7 du code de justice administratif de ce que le tribunal est susceptible de se fonder sur le moyen relevé d'office tiré de l'incompétence du juge administratif pour connaitre des conclusions tendant à la reprise d'instance et à la fixation au passif de la société Massilia de la créance détenue par le syndicat de copropriétaires requérant.
Par un mémoire, enregistré le 29 septembre 2022, les requérantes ont déclaré se désister de leurs conclusions tendant à la reprise d'instance à la fixation de leurs créances au passif de la société Massilia étanchéité.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 30 juillet 2020, par laquelle la présidente du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par M. A, expert.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dalmassot, substituant Me Ravot, représentant la communauté du Pays de Grasse et le syndicat de copropriétaires de l'immeuble du Parc Aroma Grasse 1, et de Me Guigon-Bigazzi, représentant la société Massilia étanchéité.
Considérant ce qui suit :
1. La communauté d'agglomération Pôle Azur Provence, aux droits de laquelle vient la communauté du Pays de Grasse, était propriétaire de l'ensemble immobilier de bâtiments à usage industriels et de bureaux intitulé " Aroma Grasse 1 " implanté boulevard Marcel Pagnol à Grasse. Une partie de l'ensemble a fait l'objet d'un état descriptif de division et d'un règlement de copropriété par acte authentique du 24 septembre 2012. La copropriété regroupe les copropriétaires des bâtiments D, E et F, formant le lot 18, au sein de laquelle la communauté Pôle Azur Provence est copropriétaire. La Communauté Pôle Azur Provence a engagé fin 2012 une procédure de marché public à procédure adaptée en vue de la réfection des toitures terrasses des bâtiments B, D, E et F de l'ensemble immobilier Aroma Grasse 1. La société Massilia Etanchéité s'est vue attribuer deux marchés de réfection d'étanchéité des toitures terrasses de ces bâtiments. Par lettre du 20 février 2015, la communauté du Pays de Grasse, venant aux droits de la communauté Pôle Azur Provence, a saisi la société Massilia Etanchéite des désordres issus de l'exécution de ces marchés. La société Massilia Etanchéite a été placée, le 15 février 2018, par jugement du Tribunal de commerce d'Aix-en-Provence, sous le bénéfice d'une procédure de sauvegarde judiciaire et a fait l'objet le 18 décembre 2018 d'un jugement de conversion en liquidation judiciaire de la procédure de sauvegarde. Par la présente requête, la Communauté du Pays de Grasse et le syndicat des copropriétaires de la résidence Parc Aroma Grasse 1 demandent au tribunal de constater la reprise d'instance, de fixer la créance du syndicat de copropriétaires Parc Aroma Grasse 1 au passif de la liquidation judiciaire de la société Massilia Etanchéité à la somme de 280 444, 85 euros et de condamner son assureur, la SMABTP, au titre de la garantie décennale, à les indemniser du préjudice subi.
Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :
En ce qui concerne la compétence de la juridiction administrative pour statuer sur l'action directe contre l'assureur :
2. L'action directe ouverte à la victime d'un dommage contre l'assureur de l'auteur responsable dudit dommage est distincte de son action en responsabilité contre ce dernier. Si ces deux actions sont fondées l'une et l'autre sur le droit de la victime à la réparation du préjudice qu'elle a subi, l'action directe ne poursuit que l'exécution de l'obligation de l'assureur à cette réparation, laquelle est une obligation de droit privé. Il s'ensuit qu'elle relève de la compétence des tribunaux de l'ordre judiciaire, que ceux-ci aient été compétents pour statuer sur l'action en responsabilité de la victime contre l'auteur du dommage ou que la compétence a l'égard de cette dernière action ait, comme en l'espèce, appartenu aux tribunaux de l'ordre administratif. Dès lors, les conclusions des requérantes dirigées contre la SMABTP doivent être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions tendant à la reprise de l'instance et à la fixation au passif d'une entreprise placée en liquidation judiciaire de sa créance :
3. Par un mémoire, enregistré le 29 septembre 2022, les requérantes ont déclaré se désister de leurs conclusions tendant à la reprise d'instance et à la fixation de leur créance au passif de la société Massilia étanchéité. Ce désistement est pur est simple et il y a lieu, dès lors, d'en donner acte.
4. Compte tenu de ce qui a été dit aux points qui précèdent, les conclusions indemnitaires présentées par les requérantes ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les dépens :
5. Dans les circonstances de l'espèce, les frais d'expertise devront être laissés à la charge de la communauté d'agglomération du Pays de Grasse et du syndicat des copropriétaires de l'immeuble Aroma Grasse 1.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que soit mise à la charge de la SMABTP, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme de 2 500 euros demandée par chacune des requérantes. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge conjointe des requérantes le versement d'une somme de 1 500 euros, au bénéfice de la SMABTP en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de la communauté du Pays de Grasse et du syndicat de copropriétaires de l'immeuble Parc Aroma Grasse 1 en ce qui concerne leurs conclusions tendant à la reprise de l'instance et à la fixation de leur créance au passif de la société Massilia étanchéité.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les frais d'expertise sont laissés à la charge de la communauté d'agglomération du Pays de Grasse et du syndicat des copropriétaires de l'immeuble Aroma Grasse 1.
Article 4 : La communauté du Pays de Grasse et du syndicat de copropriétaires de l'immeuble Parc Aroma Grasse 1 verseront conjointement à la Smabtp une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la communauté du Pays de Grasse, au syndicat des copropriétaires de l'immeuble parc Aroma Grasse 1, à M. B et à la SMABTP.
Délibéré après l'audience 4 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
L. C
La présidente,
signé
V. Chevalier-Aubert La greffière,
signé
B.P. Antoine
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026