jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1901773 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | HUET & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2019, M. C B, représenté par Me Huet, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mis à sa charge au titre des années 2011 et 2012, en droits et pénalités, pour un montant total de 501 284 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a fait l'objet d'une double imposition, en méconnaissance du principe de non bis in idem dès lors que les sommes qu'il détenait sur ses comptes monégasques et luxembourgeois ont été taxées deux fois, une première fois en tant que mutation à titre gratuit et une seconde en tant que revenus d'origine indéterminée ;
- il est fondé à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, pour contester cette double imposition, des réponses ministérielles apportées aux questions n° 77949 et n° 33487 ;
- l'administration a fait une application erronée de la procédure prévue à l'article L. 23 C du livre des procédures fiscales ;
- la somme de 330 000 euros virée le 30 mai 2011 sur son compte monégasque correspond à un prêt que lui a consenti Mme D A et qu'il a ensuite remboursé ;
- la somme de 19 860,35 euros a été virée le 23 mai 2011 sur son compte luxembourgeois par un client de sa société Antibes Boat and Yachts service afin de couvrir les dépenses relatives au navire donné en gestion à cette dernière ;
- le chèque de 119 992 euros crédité sur son compte luxembourgeois le 24 juin 2011 correspond à un prêt que lui a consenti Mme D A et qu'il a ensuite remboursé ;
- les sommes de 60 000 et 50 000 euros ont été virées sur son compte luxembourgeois les 4 et 16 juillet 2012 par un client de sa société afin de couvrir les dépenses relatives au bateau donné en gestion à cette dernière, et notamment les frais de réacheminement ;
- il y a lieu, par voie de conséquence, de le décharger des pénalités mises à sa charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2019, l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction de contrôle fiscal Sud-Est, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- il n'y a pas de double imposition, dès lors que les sommes ayant fait l'objet d'une taxation en matière de droits d'enregistrement au titre des années 2008 et 2010 ne sont pas à l'origine des crédits portés sur les comptes monégasque et luxembourgeois en 2011 et 2012 et qualifiés de revenus d'origine indéterminée ;
- le moyen tiré de l'application erronée de la procédure prévue à l'article L. 23 C du livre des procédures fiscales est inopérant ;
- la réalité des prêts de 330 000 et 120 000 euros de la part de Mme A n'est pas établie, en l'absence, notamment, de contrat, d'échéancier et de contrepartie ; il est impossible de suivre la réalité des flux financiers opérés sur les comptes de Mme A, les sommes provenant des remboursements du requérant ayant été créditées sur un compte détenu en Suisse par cette dernière ;
- le requérant ne justifie pas que le virement de 19 860,35 euros provenant d'un client de sa société aurait été utilisé afin de prendre en charge les dépenses relatives au navire donné en gestion ;
- il ne justifie pas davantage que les virements de 60 000 et 50 000 euros provenant d'une autre société étaient destinés à faire face aux dépenses relatives à la gestion d'un navire ; aucune des pièces ne permet d'établir le lien entre ces virements et les dépenses alléguées ; il n'est jamais fait état, dans le contrat produit, de l'intervention du requérant comme intermédiaire ; l'une des factures produites mentionne, en outre, un paiement en espèces d'un montant de 20 000 euros, ce qui ne permet pas de retracer l'origine des fonds.
Par une ordonnance en date du 6 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 20 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kolf, rapporteure,
- et les conclusions de M. Herold, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B a fait l'objet d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle au titre des années 2011 et 2012. Après avoir demandé au contribuable d'apporter des justifications sur des sommes portées au crédit de comptes bancaires détenus par l'intéressé au Luxembourg et à Monaco et non déclarés en application des dispositions de l'article 1649 A du code général des impôts, l'administration a procédé à la taxation d'office de ces crédits dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée en application des articles L. 16 et L. 69 du livre des procédures fiscales et mis à la charge de M. B des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des contributions sociales au titre des années 2011 et 2012. Par la présente requête, M. B demande au tribunal la décharge de ces impositions, en droits et pénalités.
Sur l'irrégularité de la procédure prévue à l'article L. 23 C du livre des procédures fiscales et la double imposition :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
2. En premier lieu, l'irrégularité alléguée de la procédure prévue par l'article L. 23 C du livre des procédures fiscales est sans incidence sur le bien-fondé des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales en litige. Par suite, le moyen tiré de l'application erronée de cette procédure est inopérant et ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, M. B ne peut, en tout état de cause, utilement soutenir que les revenus en litige, perçus sur ses comptes bancaires luxembourgeois et monégasque en 2011 et 2012, auraient fait l'objet d'une double imposition, dès lors qu'il est constant qu'ils ne provenaient pas des avoirs imposés dans la catégorie des droits de mutation à titre gratuit, en vertu de l'article L. 23 C du livre des procédures fiscales, au titre des années 2008 et 2010.
En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale :
4. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, M. B ne saurait utilement se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des réponses ministérielles apportées aux questions n° 77949 et n° 33487.
Sur les revenus distribués :
5. En application des articles L. 193 et R. 193-1 du livre des procédures fiscales, il incombe à M. B, qui a fait l'objet d'une taxation d'office en vertu des dispositions des articles L. 16 et L. 69 du même livre, d'apporter la preuve du caractère exagéré des impositions litigieuses. A ce titre, il lui est notamment loisible de démontrer que les sommes litigieuses, soit ne constituent pas des revenus imposables, soit se rattachent à une catégorie précise de revenus.
En ce qui concerne les sommes de 119 992 et 330 000 euros :
6. M. B fait valoir que la somme de 119 992 euros créditée le 24 juin 2011 sur son compte bancaire luxembourgeois et celle de 330 000 euros créditée le 30 mai 2011 sur son compte bancaire monégasque correspondent à deux prêts consentis par Mme D A destinés à lui permettre de régler des dettes personnelles. En l'absence de formalité régulière d'enregistrement de ces deux prêts, le requérant ne saurait justifier de leur existence en produisant des reconnaissances de dettes établies par lui-même, dépourvues de date certaine et ne faisant état d'aucun échéancier précis s'agissant du remboursement desdites sommes. Si M. B produit, pour établir l'origine de ces sommes, des attestations de quittances de remboursement des prêts allégués ainsi que les relevés de comptes bancaires et chèques correspondants, ces éléments ne sont pas de nature à établir de manière certaine que les sommes dont il s'agit procèderaient de prêts et ne seraient pas imposables, tandis qu'il résulte de l'instruction que les sommes ont été remboursées plusieurs années plus tard, postérieurement aux opérations de contrôle en litige, sans donner lieu au versement d'intérêts et sans qu'aucune justification ne soit apportée sur ce dernier point. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas que c'est à tort que l'administration a taxé ces sommes dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée.
En ce qui concerne la somme de 19 860,35 euros :
7. Si M. B soutient que cette somme a été versée sur son compte par la société Sea Mainland Ltd, cliente de la société Antibes Boat et Yacht services dont il est le fondateur, afin de couvrir les dépenses relatives au navire donné en gestion à cette dernière, les éléments qu'il produit au soutien de ses allégations, à savoir des contrats de travail conclus entre la société cliente et du personnel de bord, des ordres de virement émanant de M. B afin de payer ces salariés et des factures d'achat d'articles de golf, qui portent sur un montant total de 12 900 euros, ne permettent pas d'établir que ces fonds auraient effectivement été dépensés par le requérant pour le compte de la société Sea Mainland Ltd, alors que les factures produites sont libellées au nom de cette société. Dans ces conditions, ce dernier n'établit pas la nature exacte des revenus en provenance de la société Sea Mainland Ltd. Par suite, c'est à bon droit que la somme correspondante a été qualifiée de revenu d'origine indéterminée par l'administration fiscale.
En ce qui concerne les sommes de 60 000 et 50 000 euros :
8. Enfin, si le requérant fait valoir que les sommes de 60 000 et 50 000 euros virées sur son compte luxembourgeois les 4 et 16 juillet 2012 proviennent de la société Angel Consultants Ltd qui a conclu un contrat de charter avec la société Sea Wind Associates LLC pour un bateau appartenant à cette dernière et visaient à couvrir les dépenses relatives à ce bateau, les éléments qu'il produit au soutien de ses allégations ne permettent pas, d'une part, de justifier du rôle d'intermédiaire joué par M. B ou par sa société Antibes Boat et Yacht services pour la gestion de ce navire ni, d'autre part, d'établir que les fonds dont il s'agit ont effectivement été engagés par le requérant pour le compte de la société Angel Consultants Ltd, alors que les factures sont libellées au nom de celle-ci. Dans ces conditions, M. B, qui n'établit pas la nature des revenus en cause ni leur caractère non imposable, n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration les a imposés à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction de contrôle fiscal Sud-Est.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mear, présidente,
Mme Kolf, conseillère,
M. Cherief, conseiller,
Assistés de Mme Martin, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
La rapporteure,
signé
S. KOLF
La présidente,
signé
J. MEARLa greffière,
signé
C. MARTIN
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026